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La France, c’est la beauté même ! Les Français, c’est la débilité même !  —  Par Philippe ARNON

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Je connais la France du Nord au Sud et de l’Ouest à l’Est. J’ai voyagé dans toute l’Europe, de Madrid à Helsinki et de Bucarest à Londres. J’ai séjourné en Amérique du Sud, en Afrique et en Asie. Et j’affirme, haut et fort ! qu’il n’y a pas un pays au monde plus beau que la France. D’ailleurs, ce n’est pas le fait du hasard si elle est la première puissance touristique du monde visitée par un nombre d’étrangers dépassant même le nombre de ses habitants. Il y a dans ce pays quelque chose qu’on ne trouve pas ailleurs, quelque chose d’indicible, quelque chose en fait qui vous transporte dans une émotion d’envoûtement.
Il faut se déplacer en France et surtout, prendre les petites routes. C’est fou à quel point les paysages changent. On se croirait tous les 100 kilomètres, parfois même tous les 50 kilomètres, passer d’un monde à un autre. Et chacun de ces petits mondes successifs a son âme propre. De même pour les villages et les villes qui ont, par leur apparence, leur personnalité propre bref, qui sont comme les gens dans la vie qui se distinguent les uns des autres. Sur le sommet d’une colline, par une petite route serpentant, caché presque derrière des bosquets sauvages, vous découvrirez un hameau fait de maisons construites avec la pierre locale. Vous ressentirez tout l’amour qui y a été consacré pour faire du beau et de l’harmonie, une église qui défie dans son petit coin plusieurs siècles. Dans la vallée d’un fleuve ou d’une rivière, vous serez attiré par je ne sais quoi pour vous arrêter dans la ville que vous étiez pourtant sûr quelques secondes auparavant, de simplement traverser et vous sentirez alors monter en vous une force de vie en parcourant ses rues. C’est qu’en France, la présence et surtout, la puissance de l’histoire se marie toujours subrepticement avec la beauté pour créer une exaltation intérieure. En France, on voudrait vivre dans chaque ville visitée ! C’est en France que sont nés l’art roman, l’art gothique dit art français, que la Renaissance italienne a trouvé son équilibre -admirez les châteaux de la Loire !- l’art classique … et tous ces arts ont été jetés sur tout le pays comme Dieu a jeté la multitude des étoiles dans le ciel. En France, la déclaration d’Henri Bergson est une vérité première : « Le beau ne se réduit pas à une sensation : il est l’expression même de la vie qui s’exhale dans les oeuves d’art et touche notre conscience de l’élan créateur qui dépasse l’individu ». Oui, si les Juifs sont le peuple élu, la France est l’oeuvre du plus grand de tous les artistes : Dieu !
Mais malheureusement, Dieu, dans son immense exaltation, a négligé les habitants de ce sublime pays : les Français. Et là, on ne comprend plus. On est totalement déconcertés. Pour quelle raison n’a t-Il pas fait de ces gens, des être exceptionnels comme est exceptionnel leur pays ? Car les Français -observez-les et verrez que je n’abuse pas !- sont, dans leur majorité, idiots jusqu’à la débilité, grincheux, toujours à geindre, à chouiner, à se plaindre, à s’en prendre à ses voisins tout en se considérant, dans une suffisance déconcertante, les plus intelligents du monde ! Depuis 2000 ans, c’est à dire depuis les Gaulois, ce peuple de toutes petites fourmis aigries, a passé son temps, à se détruire mutuellement. Il a toujours été bourré de haine. Il ne se supporte pas lui-même. D’ailleurs, combien de villages, de villes et de paysages a t-il défiguré par ses sottes prétentions. Combien de bêtises ne s’est-il pas efforcé à répandre dans le monde avec sa Révolution, sa soi-disante démocratie, sa supposée supériorité intellectuelle par exemple, après l’horrible massacre du 7 octobre 2023, en braillant en foule son soutien dans la rue pour le Hamas, en arborant sur le fronton de certaines de ses mairies, le soi-disant drapeau palestinien, en soutenant par la voix de son président psychotique, la création d’un Etat palestinien ? Comment ce pays -qui a eu pourtant tant de génies-, ne voit-il pas qu’il se meurt sous les coups de l’invasion islamique et de l’oeuvre de dégénérescence et de destruction du wokisme, du féminisme malsain et des LGBTQI ? J’en ai les larmes aux yeux.
Alors, comment faire pour que France et Français parviennent à constituer l’équation la plus parfaite qui soit ? Sans doute, n’y a t-il PLUS QUE DIEU DESORMAIS car les Français par eux-mêmes, je n’y crois vraiment pas. Dieu, de grâce, vient vite réparer ta négligence, je t’en supplie !!!
Je suis goy. Vive Israël !
Philippe ARNON

Liban : médiation américano-égyptienne pour éviter une guerre ouverte avec Israël

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Tandis que les tensions montent à la frontière nord, les États-Unis et l’Égypte redoublent d’efforts pour désamorcer la crise entre Israël et le Hezbollah. Des sources diplomatiques confirment que Tom Barrack, envoyé spécial américain, et Hassan Rachad, émissaire du Caire, se sont rendus à Beyrouth ces derniers jours pour empêcher une escalade militaire imminente.

Les négociations se concentrent sur l’application réelle de la résolution 1701 des Nations unies, qui impose au Hezbollah de se retirer au nord du Litani. Mais sur le terrain, l’organisation chiite multiplie les provocations : reconstructions de positions, transferts d’armes, infiltrations de drones.

Jérusalem hausse le ton

À Jérusalem, le ministre de la Défense Israël Katz avertit : « Nous ne tolérerons plus que le Liban devienne un sanctuaire terroriste. » Il a ordonné à Tsahal de renforcer la présence de l’armée dans le nord et d’étendre les zones d’interdiction de survol pour les engins hostiles.
Le chef d’état-major Eyal Zamir a, lui aussi, durci le discours : « Nous répondrons à toute agression, quel qu’en soit le coût. »

Beyrouth dans l’impasse

Le gouvernement libanais, affaibli et divisé, se retrouve pris entre pressions internationales et chantage du Hezbollah. Selon plusieurs analystes locaux, le président Joseph Aoun a reçu des signaux d’agacement de Washington : la tolérance américaine envers les violations répétées de la milice touche à sa fin.
L’Égypte, soucieuse de préserver sa stabilité régionale et ses accords avec Israël, pousse à la retenue, mais rappelle aussi que “le temps joue contre le Liban”.

Une diplomatie au bord du gouffre

Dans cette course contre la montre, chaque jour compte. Les diplomates savent que le moindre incident – roquette, infiltration ou provocation médiatique – pourrait rallumer la guerre. « Si le Liban ne désarme pas le Hezbollah, Israël le fera », résume un haut responsable américain.
Pour Israël, la ligne rouge est claire : aucune reconstitution du front de 2006.

Face à la passivité libanaise et à la duplicité du Hezbollah, Jérusalem se prépare à agir. Mais avant que le tonnerre ne gronde, la diplomatie tente encore d’obtenir ce que les armes exigent : la sécurité.


Cyberattaque iranienne contre Rafael : Téhéran revendique un vol de données, Israël dément tout accès à des informations sensibles

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Téhéran affirme avoir réussi une infiltration numérique dans une société sous-traitante de Rafael Advanced Defense Systems, géant israélien de l’armement. Mais à Haïfa, l’entreprise dément catégoriquement : « Aucun contenu classifié n’a été compromis. » Une bataille d’images s’engage, entre la propagande iranienne et la rigueur du secret israélien.

Selon des médias proches du régime iranien, des vidéos “authentiques” montreraient l’intérieur d’un atelier appartenant à une filiale de Rafael, censé produire des composants liés à la défense. Les hackers, présentés comme affiliés au groupe “Homeland Hands”, auraient exfiltré des données sur plusieurs programmes : le système de défense laser Iron Beam, la batterie d’interception David’s Sling, et le missile de croisière IceBreaker. À Téhéran, les responsables militaires parlent de “grande victoire dans la guerre technologique contre le sionisme”.

Mais du côté israélien, le ton est ferme. Rafael affirme qu’il ne s’agit que d’un fournisseur externe fabriquant des maquettes non opérationnelles, destinées à des salons de défense. « Après vérification approfondie, nous confirmons qu’aucune donnée sensible ni plan technique n’a été exposé », précise le communiqué de la société. « Ce fournisseur réalise uniquement des modèles d’exposition, accessibles au public. Les systèmes stratégiques de Rafael sont totalement protégés. »

Une guerre de communication

Dans le contexte de tension entre Israël et l’Iran, ces annonces participent d’une guerre médiatique bien rodée. Depuis plusieurs années, Téhéran revendique des “succès cybernétiques” contre les infrastructures israéliennes. Or, la plupart de ces opérations s’avèrent plus symboliques que substantielles, souvent destinées à galvaniser l’opinion interne iranienne ou à détourner l’attention d’une crise économique sévère.
À Jérusalem, un haut responsable du renseignement résume : « L’Iran tente d’exister sur le front technologique comme il le fait sur le front militaire. Mais la réalité, c’est qu’Israël conserve une supériorité absolue dans le cyberespace. »

Une industrie sous haute protection

Rafael, basée à Haïfa, est l’un des trois piliers de l’industrie de défense israélienne avec Elbit et Israel Aerospace Industries. L’entreprise conçoit des armes de précision, des missiles, des systèmes de défense active et désormais des lasers anti-drones. Ces programmes sont protégés par des mesures de cybersécurité parmi les plus sophistiquées au monde, en lien direct avec l’unité 8200 du renseignement militaire.
L’affaire survient alors que Rafael vient de signer un accord stratégique à Haïfa avec la Kav Group et la société Mivne, portant sur un nouveau centre de R&D de huit étages. D’une valeur estimée à 45 millions de shekels, ce contrat illustre la vitalité de l’industrie de défense israélienne, malgré la guerre d’octobre 2023 et les menaces régionales persistantes.

L’arme de la désinformation

Les experts en cybersécurité rappellent que le régime iranien utilise la désinformation comme vecteur d’influence. Publier des “preuves vidéo” ou des messages cryptés sur des canaux Telegram fait partie de cette stratégie. Mais Israël, habitué à ces campagnes, préfère le silence et les actes.
Un analyste israélien confie : « Si Téhéran avait réellement pénétré les réseaux classifiés de Rafael, il ne s’en vanterait pas sur Internet. Ce genre de fuite sert surtout à masquer ses propres faiblesses. »

En attendant, la bataille numérique se poursuit, invisible et implacable. Dans cette guerre de l’ombre, Israël garde l’avantage de la technologie, du renseignement et d’une détermination sans faille à protéger ses secrets militaires.

 

Grèce : “meurtriers sionistes non désirés” — des militants visent un navire israélien, les passagers répondent en chantant “Am Israël Haï”

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À Argostoli, sur l’île grecque de Céphalonie, une poignée de militants pro-palestiniens ont tenté d’intimider les passagers d’un navire de croisière israélien. Sous protection policière, les touristes ont débarqué calmement — drapeaux et insultes n’y ont rien changé — et ont répondu par des chants : “Am Israël Haï”. Un nouvel épisode d’une campagne militante qui, depuis l’été, multiplie les actions contre les escales de la Crown Iris de Mano Maritime dans les ports grecs. (ilkha.com)

Depuis juillet, plusieurs incidents ont émaillé les étapes du paquebot : blocage à Syros, attroupements à Kalamata, renforcement des effectifs à Patras et Katakolo. Le scénario est désormais rodé : banderoles, mégaphones, slogans hostiles à Israël, présence massive des forces de l’ordre — puis débarquement sans incident majeur. Les autorités grecques reconnaissent une montée de la tension et ont relevé le niveau de sécurité portuaire, tout en veillant à la liberté de circulation des voyageurs. (The Guardian)

Pour les Israéliens, la ligne rouge est claire : l’antisionisme virulent se confond trop souvent avec l’antisémitisme. Quand des pancartes proclament “Zionist killers not welcome”, ce n’est plus un débat politique, c’est une désignation d’ennemis — des familles, des retraités, des étudiants — parce qu’ils sont israéliens. Athènes s’efforce d’éviter la surenchère. Le gouvernement, allié stratégique de Jérusalem, sait que le tourisme israélien pèse lourd (plus de 600 000 visiteurs en 2024) et que ces débordements ternissent l’image d’un pays qui mise sur l’hospitalité. (The Guardian)

Les militants prétendent viser la “politique d’Israël”. Mais de Syros à Héraklion, les faits parlent d’eux-mêmes : la cible, ce sont les passagers. À Héraklion, la police a dû disperser des groupes venus empêcher la descente à quai ; à Syros en juillet, 1 600 touristes ont été détournés vers Chypre pour raisons de sécurité. Aucune agression grave n’a été documentée, mais l’intimidation est bien l’outil recherché : faire du voyage israélien une épreuve. (ynetglobal)

Politiquement, l’affaire met Athènes au pied du mur. La Grèce a consolidé, ces dernières années, un axe énergético-sécuritaire avec Israël (forages en Méditerranée, exercices militaires, coopération anti-terroriste). Les manifestations, attisées par des groupes radicalisés depuis la guerre d’octobre 2023, cherchent à fragiliser ce partenariat et à exporter dans les ports grecs un conflit instrumentalisé par Téhéran et ses relais. Mise en scène, hashtags, vidéos virales : tout est pensé pour créer l’illusion d’un rejet populaire massif. Or, les autorités grecques martèlent un message simple : liberté de manifester, oui ; entrave et menaces, non. (The Guardian)

Sur le plan de la sécurité, l’enjeu dépasse la croisière. Les services grecs craignent des groupuscules plus durs capables de transformer une agitation de quai en incident international. D’où la doctrine actuelle : renseignement en amont, cordon policier, évacuation des points de friction et coordination continue avec l’armateur. À Argostoli, ce protocole a fonctionné : les passagers ont circulé, ont fait leurs achats, ont chanté — et la vie a repris. (Greek City Times)

Il faut aussi dire un mot des Israéliens qui voyagent. Leur réponse — chanter, filmer, ne pas céder — est devenue un acte civique. Elle dit quelque chose d’un pays éprouvé qui refuse la diabolisation de ses citoyens à l’étranger. “Nous ne laisserons personne gâcher nos vacances ni notre dignité”, résume un touriste, drapeau bleu et blanc à la main. Dans la séquence informationnelle, ces images contrecarrent le narratif victimaire des activistes : non, les Israéliens ne se terrent pas.

Ce bras de fer symbolique continuera probablement tant que les groupes pro-iraniens investiront l’espace public européen. La bonne nouvelle, c’est que l’État grec tient bon et que l’économie locale sait compter : hôtels, restaurants, musées ont tout intérêt à ce que les croisières israéliennes maintiennent leurs escales. À condition, bien sûr, que la sécurité soit assurée et que la parole publique dénonce sans ambiguïté les slogans qui franchissent la ligne jaune. (The Guardian)

Au fond, cette scène d’Argostoli n’est pas qu’une anecdote de quai. Elle raconte un combat culturel : celui d’une Europe qui hésite parfois à nommer l’antisémitisme quand il se drape dans l’anti-israélisme. Les passagers ont chanté “Am Israël Haï”. C’est plus qu’un refrain : c’est une profession d’espérance — la vie, la liberté, le droit de voyager sans être traqués pour son passeport.

 

L’armée israélienne restreint le port d’armes pour les réservistes du camp Shura : crainte d’une vague de suicides

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Une décision rare, presque inédite dans l’histoire de Tsahal. Le rabbinate militaire a ordonné de ne plus autoriser les réservistes du camp Shura, base centrale de la logistique funéraire de l’armée, à porter une arme. La mesure, confirmée par l’état-major, découle d’une inquiétude grandissante : la multiplication de cas d’épuisement psychologique et de tentatives de suicide parmi les soldats de retour du front de Gaza.

L’ordre a été transmis directement par le chef d’état-major du rabbinate, selon un rapport du journaliste Mendy Rizel (Kol Barama). Il stipule que les réservistes ayant servi dans ce camp, notamment ceux ayant participé à l’identification et à la préparation des corps des victimes du 7 octobre, ne pourront temporairement plus porter d’armes à feu, ni être intégrés à d’autres unités de combat. L’armée évoque « une mesure préventive », le temps de leur permettre de récupérer après une exposition prolongée à des scènes de guerre traumatisantes.

Le camp Shura, situé dans le centre du pays, est devenu tristement célèbre depuis la « journée noire » du 7 octobre 2023. C’est là que furent rassemblées les dépouilles des victimes du massacre du Hamas, militaires et civils confondus, avant leur transfert pour identification. Les images des soldats religieux manipulant des centaines de corps, parfois d’enfants, avaient profondément choqué l’opinion israélienne.

Deux ans après, les séquelles psychologiques sont encore palpables. D’après un rapport du centre de recherche de la Knesset, rendu public en septembre, 279 tentatives de suicide ont été enregistrées dans l’armée entre janvier 2024 et juillet 2025, dont une part importante parmi les réservistes. Le ratio alarmant est d’environ sept tentatives pour chaque décès avéré. Plus inquiétant encore, 21 % des suicides recensés concernent des soldats de réserve, un chiffre en hausse constante depuis le début de la guerre.

Face à ces données, le député Osher Shklyan (Likoud) a réclamé une commission d’enquête d’urgence à la Knesset : « Derrière chaque chiffre, il y a un homme, un père de famille, un héros qu’on a laissé seul après le combat. Nous devons stopper cette vague avant qu’elle ne devienne un désastre national. »

Les services de santé mentale de Tsahal reconnaissent la gravité de la situation. Un responsable anonyme, cité par Israel Hayom, admet que les dispositifs actuels sont insuffisants : « Beaucoup de soldats ont vécu l’enfer, puis sont rentrés chez eux sans aucun suivi. Le traumatisme du 7 octobre continue de hanter l’armée de l’intérieur. »

Cette directive de la rabbinate militaire a provoqué un vif débat au sein de l’institution. Certains officiers estiment qu’elle stigmatise les réservistes en les traitant comme des “risques potentiels”, alors qu’ils ont fait preuve d’un courage exceptionnel. D’autres y voient un acte de responsabilité : « Mieux vaut désarmer temporairement quelques-uns que d’avoir à pleurer d’autres morts inutiles », confie un psychologue militaire.

L’état-major a publié un communiqué précisant que chaque demande individuelle de port d’arme ferait désormais l’objet d’un examen psychologique approfondi. Par ailleurs, un nouveau programme de soutien psychique et spirituel sera lancé au camp Shura, en coordination avec le ministère de la Santé.

Cette crise du moral des troupes intervient dans un climat où la société israélienne tente encore de cicatriser. Les rabbins militaires eux-mêmes, témoins directs de l’horreur, sont en première ligne. Beaucoup ont vu des images insoutenables, d’autres ont dû identifier leurs propres camarades. « Nous avons touché les ténèbres », confiait un réserviste dans un témoignage à Kan 11.

Tsahal a tenu à rappeler que toute personne en détresse pouvait contacter la ligne d’urgence d’Eran au 1201 ou via WhatsApp (052-8451201). L’armée affirme « prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger la vie et la dignité de ses soldats ».

Une mesure temporaire, certes, mais qui dit beaucoup du prix humain de la guerre. Dans un Israël en reconstruction, le champ de bataille ne se trouve plus seulement à Gaza — il s’étend aussi dans les âmes de ceux qui ont vu l’indicible.

Fin de la guerre à Gaza : Netanyahu refuse le retour de 200 terroristes, Trump revendique la médiation décisive

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Alors que la trêve entre Israël et le Hamas se consolide difficilement, les dernières 24 heures ont vu s’enchaîner des décisions politiques majeures, des gestes humanitaires et des tensions sécuritaires persistantes. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a ordonné que 200 terroristes du Hamas bloqués dans la zone israélienne de Rafah ne soient pas autorisés à regagner Gaza, malgré la pression internationale. En parallèle, le président américain Donald Trump a revendiqué son rôle dans la conclusion de l’accord de cessez-le-feu, admettant avoir “dû exercer une pression directe sur Netanyahu pour mettre fin à la guerre”.

Selon les informations diffusées par N12, ces 200 hommes armés se trouvent “au-delà de la ligne jaune”, dans un secteur actuellement contrôlé par Tsahal, coincés depuis le retrait partiel des forces israéliennes. Le Premier ministre a tranché : ils ne franchiront pas la frontière “tant qu’ils ne déposeront pas leurs armes et qu’un échange n’aura pas été obtenu pour les corps de soldats israéliens tombés au combat”. Une décision que des officiers supérieurs de Tsahal qualifient de “signal clair” envoyé au Hamas : Israël ne tolérera pas un retour à la situation d’avant-guerre.

Dans la même séquence dramatique, trois corps de soldats israéliens enlevés le 7 octobre 2023 ont été restitués à Israël. Le colonel Assaf Hamami, le capitaine Omer Nautra et le sergent-major Oz Daniel ont été identifiés dans la nuit au centre médico-légal national, en présence de représentants de l’armée et de la police militaire. Les familles ont été informées personnellement par les officiers de Tsahal. “Assaf, Omer et Oz reviennent aujourd’hui à la maison, héros d’un peuple qui ne les oubliera jamais”, a déclaré le ministre de la Défense Yoav Katz.

L’émotion fut particulièrement vive autour du cas d’Omer Nautra, officier israélo-américain dont la disparition symbolisait la brutalité du massacre du 7 octobre. Son père, Ronen Nautra, a confirmé que le président Donald Trump les avait personnellement contactés depuis l’Air Force One. “Nous lui avons dit que rien de tout cela n’aurait été possible sans lui”, a déclaré la famille, remerciant le chef d’État pour sa médiation. Trump, de son côté, a déclaré à la chaîne CBS : “J’ai dû pousser un peu Netanyahu pour qu’il accepte l’accord. Il était temps de clore cette guerre.”

Ce cessez-le-feu, fruit de semaines de négociations menées entre Washington, Le Caire et Doha, prévoit la restitution progressive des dépouilles israéliennes et la libération d’un nombre limité d’otages encore vivants en échange d’un allègement du blocus humanitaire. Selon des sources sécuritaires, Israël a accepté d’autoriser l’entrée d’aide médicale et alimentaire dans la bande de Gaza sous contrôle international, mais sans relâcher la surveillance militaire.

Le chancelier allemand Friedrich Merz s’est entretenu hier soir avec Netanyahu pour l’encourager à maintenir la trêve : “Le cessez-le-feu doit tenir, pour éviter une nouvelle spirale de sang et permettre la libération des derniers captifs.” L’Allemagne, partenaire stratégique d’Israël, soutient la ligne américaine qui privilégie désormais la stabilisation et la reconstruction sous supervision internationale.

Sur le terrain, la situation reste fragile. Tsahal a confirmé avoir éliminé plusieurs terroristes dans le sud de la bande après qu’ils ont franchi la ligne de sécurité. Au Liban, des drones israéliens ont frappé deux véhicules dans la région de Nabatieh, visant des membres du Hezbollah. Les fronts secondaires restent actifs, même après l’annonce du cessez-le-feu.

Du côté iranien, le guide suprême Ali Khamenei a de nouveau exclu toute coopération avec Washington “tant que les États-Unis soutiennent Israël et maintiennent leurs bases militaires au Moyen-Orient”. Il a également reconnu la mort d’Ismaïl Haniyeh, chef du Hamas, tué à Téhéran par un missile ciblé. “Il pensait être intouchable”, a confié un responsable iranien, précisant que le tir avait eu lieu “au moment même où il répondait à un appel téléphonique”.

Dans ce climat mêlant détente et tension, les États arabes observent prudemment la suite des événements. L’Égypte, qui assure le rôle de médiateur principal, a exprimé sa frustration face à “l’attitude ambiguë” d’Israël et des États-Unis concernant la reconstruction de Gaza. “Le Caire ne participera à aucun déploiement sans mandat international clair du Conseil de sécurité”, a déclaré un haut responsable égyptien au quotidien Al-Akhbar.

Mais pour Israël, la ligne rouge est tracée : aucune force étrangère ne prendra le contrôle de la bande sans coordination directe avec Tsahal. Netanyahu, dans ses échanges nocturnes avec Trump, aurait insisté sur ce point : “Israël se battra pour garantir que Gaza ne redevienne jamais un repaire du terrorisme.”

Après 13 mois de guerre, cette trêve — fragile et controversée — s’impose comme un tournant historique. Elle marque la fin d’un cycle d’affrontements sans précédent, mais ouvre une nouvelle phase d’incertitude diplomatique. Trump, qui s’apprête à accueillir les familles des soldats tombés à la Maison-Blanche, l’a résumé d’une phrase : “La paix, en Israël, commence toujours par un acte de force.”

Affaire Yifat Tomer-Yerushalmi : la détention prolongée de l’ex-procureure militaire et de l’ancien procureur de Tsahal

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Le séisme judiciaire se poursuit autour de l’ancienne procureure militaire en chef, Yifat Tomer-Yerushalmi, et de l’ex-procureur militaire principal, le colonel Matan Solomash. Le tribunal de Tel-Aviv a décidé, lundi 3 novembre, de prolonger leur garde à vue de trois jours. Motif : risque de subornation de témoins et dangerosité présumée. L’audience, exceptionnellement ouverte au public, a livré un tableau tendu d’une enquête qui plonge les instances judiciaires de Tsahal dans la tourmente.

La juge a résumé la décision en des termes clairs : « Il existe un soupçon raisonnable de tentative d’entrave à la justice, ainsi qu’un risque concret pour l’enquête. » Le parquet, représenté par la policière en charge du dossier, a confirmé que des téléphones et du matériel informatique avaient été saisis, et qu’au moins cinq suspects étaient actuellement entendus. “C’est une affaire complexe”, a-t-elle insisté, tout en reconnaissant que “les autorités n’ont aucun intérêt à maintenir la détention au-delà du strict nécessaire.”

Tomer-Yerushalmi, arrêtée la veille après plusieurs heures de disparition, est arrivée non menottée au tribunal, visiblement épuisée. Selon la police, elle avait quitté son domicile dimanche matin en laissant une lettre d’adieu, déclenchant une vaste opération de recherche sur la côte nord de Tel-Aviv. Son véhicule a été retrouvé vide près de la plage Ha-Tsuk, ses vêtements trempés. Certains médias avaient d’abord évoqué une tentative de suicide — une thèse aujourd’hui écartée par les enquêteurs, qui soupçonnent une mise en scène. “Tout semble avoir été planifié”, a confié une source proche du dossier. “Elle avait deux téléphones sur elle, l’un pour être localisée, l’autre destiné à être jeté à la mer.”

Au tribunal, l’avocat de la procureure, Me Dori Klagsbald, a dénoncé une “détention théâtrale” et “une violation du principe de proportionnalité”. “Il n’existe aucune raison de croire que ma cliente cherche à perturber l’enquête”, a-t-il plaidé. “Cinq suspects ont déjà été interrogés, leurs téléphones saisis, et toutes les communications WhatsApp pertinentes récupérées. Rien ne justifie un maintien en cellule.”

La policière, elle, a rejeté ces arguments : “Le risque de manipulation est réel. Nous n’avons pas encore terminé le scan complet des appareils saisis, et certaines actions d’enquête ne peuvent être menées que sous garde.” Un rapport secret a été présenté à la juge, renforçant la décision de prolonger la détention.

Quant au colonel Matan Solomash, l’ancien procureur militaire, il a également été entendu. Son avocat, Me Nati Shimhoni, a tenté de convaincre la cour qu’il n’était “en rien impliqué dans l’affaire de la fuite du dossier de Sdé Teyman” — la fameuse vidéo qui, selon l’accusation, aurait été autorisée par Tomer-Yerushalmi elle-même pour contrer une “campagne de désinformation”. “Il a quitté ses fonctions en août 2025, et la réponse au recours devant la Cour suprême a été soumise en septembre. Il n’était déjà plus dans le circuit”, a rappelé Me Shimhoni.

Mais la juge n’a pas suivi ces arguments. “Les soupçons sont sérieux”, a-t-elle tranché, évoquant des “actes d’entrave et de violation de la confiance publique.”

Le dossier, extrêmement sensible, mêle désormais les sphères judiciaires et politiques. Après l’éclatement de “l’affaire de la fuite”, l’ex-procureure — deuxième femme de l’histoire de Tsahal à atteindre le grade de général — avait été mise en cause pour avoir autorisé la diffusion d’un enregistrement interne du parquet militaire. Ce document, censé contrer une campagne médiatique hostile à l’armée, aurait au contraire provoqué un scandale international et contribué à son éviction.

Depuis, la trajectoire de Tomer-Yerushalmi a viré au drame personnel : effondrement médiatique, disparition inquiétante, puis arrestation spectaculaire. Dans les coulisses du pouvoir, certains y voient la conséquence directe des luttes internes qui minent l’appareil judiciaire militaire depuis la guerre de Gaza. D’autres, plus sévères, estiment qu’elle “a franchi les limites du devoir d’exemplarité”.

Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a ordonné que l’ancienne procureure soit placée sous surveillance renforcée à la prison de Neve Tirtsa, avec caméras 24 heures sur 24. Une mesure destinée, selon le ministre, à “prévenir tout incident grave” — mais perçue par les proches de la magistrate comme un signe d’acharnement.

Au-delà des aspects personnels, cette affaire soulève une question cruciale : jusqu’où le système militaire israélien peut-il se permettre de tolérer l’usage politique ou médiatique d’informations classifiées ? Pour les observateurs, la ligne rouge semble déjà franchie. “Nous assistons à une implosion morale du parquet militaire”, estime un ancien officier du service juridique. “Quand les gardiens de la loi deviennent les protagonistes du scandale, c’est toute la crédibilité de la justice qui vacille.”

Entre accusations de manipulation, fuites orchestrées et règlements de comptes internes, l’affaire Tomer-Yerushalmi symbolise la perte de repères d’un appareil d’État en crise. À mesure que les audiences se succèdent, une certitude s’impose : la vérité, elle aussi, reste sous garde à vue.

Un ex-haut responsable du Shin Bet dénonce “un règlement de comptes personnel” dans l’affaire Zini

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La tempête qui secoue le Shin Bet, le service de sécurité intérieure israélien, ne faiblit pas. Après les révélations sur l’utilisation abusive d’outils de surveillance contre un ancien officier de réserve, un ex-cadre de l’organisation, Amit Asa, brise le silence. Dans une interview à la radio Aroutz 7, il accuse directement la direction actuelle du service d’avoir détourné ses prérogatives légales pour “régler un différend personnel” avec le général David Zini, pressenti pour prendre la tête du Shin Bet. “Ce n’est pas de la sécurité d’État, c’est une vendetta interne”, affirme-t-il.

L’affaire, explosive, révèle un engrenage inquiétant : selon Asa, des logiciels espions auraient été installés sur le téléphone d’un réserviste soupçonné d’avoir transmis des informations embarrassantes sur l’ancien chef du Shin Bet, Ronen Bar. Les données ainsi obtenues auraient ensuite été exploitées pour discréditer la candidature de David Zini, considéré comme son successeur potentiel. “C’est un détournement de pouvoir pur et simple”, s’indigne Asa. “Quand on utilise les outils les plus intrusifs de l’État pour protéger une carrière personnelle, on franchit une ligne rouge.”

L’ex-agent décrit un scénario glaçant : une surveillance interne autorisée sous prétexte d’“enquête de sécurité”, mais motivée par des rivalités hiérarchiques. “Il est arrivé dans le passé que le Shin Bet surveille ses propres membres en cas de soupçon d’espionnage”, concède Asa. “Mais ici, il ne s’agit pas de protéger Israël. Le but n’était pas d’empêcher une fuite de secrets d’État, mais d’éviter une humiliation publique pour Ronen Bar.”

D’après les éléments révélés, le réserviste visé par l’espionnage n’avait pas trahi de secrets militaires. Son seul “crime” aurait été d’avoir provoqué une gêne politique : il aurait contredit, par écrit, une déclaration de Bar lors d’une réunion gouvernementale, en affirmant que certaines activités de surveillance contre des ministres de droite avaient bien eu lieu. Cette note, devenue embarrassante pour le chef du Shin Bet, aurait déclenché la fureur du sommet de l’organisation — et la mise sous écoute illégale du fonctionnaire.

Les informations extraites de son téléphone auraient révélé des échanges avec David Zini, alors pressenti pour succéder à Ronen Bar. Selon Asa, ces conversations ont été utilisées pour bloquer sa nomination : “Un dossier confidentiel a été transmis à la commission Grunis, prétendument pour des raisons de sécurité. En réalité, c’était un sabotage bureaucratique.”

Pour Asa, cette dérive illustre une “maladie institutionnelle” au sein du service. “Quand la peur, la politique et les ego remplacent la mission de protection nationale, c’est tout le système qui vacille”, prévient-il. Il appelle à un “nettoyage des écuries d’Augias”, estimant que “le Shin Bet doit redevenir un organe professionnel, non un instrument de règlement de comptes.”

Les propos d’Asa résonnent comme une mise en garde sévère dans un contexte de crise de confiance. Depuis les échecs du 7 octobre 2023, le service fait face à des critiques sans précédent pour son incapacité à anticiper l’attaque du Hamas et pour la politisation croissante de ses décisions. “Le public ne distingue plus entre le Shin Bet et ses dirigeants”, déplore Asa. “La majorité des agents sont dévoués, intègres, et risquent leur vie chaque jour. Mais quelques hauts responsables ont transformé l’organisation en champ de bataille personnel.”

Selon plusieurs observateurs, la nomination de David Zini — ancien général réputé indépendant, venu de l’extérieur du service — pourrait marquer un tournant. “Zini incarne la rupture nécessaire”, commente un analyste sécuritaire. “C’est un militaire qui n’appartient pas à la vieille garde, et qui peut rendre au Shin Bet sa neutralité et sa rigueur.”

Cette affaire relance également le débat juridique sur les limites du mandat du Shin Bet. Faut-il lui accorder une latitude totale pour protéger la sécurité intérieure, quitte à risquer des abus ? Ou faut-il au contraire encadrer strictement ses moyens d’action ? Asa plaide pour une réforme législative : “Il faut redéfinir clairement ce qu’on appelle ‘subversion politique’. Aujourd’hui, le service a le pouvoir d’enquêter sur tout citoyen soupçonné de menacer l’État — mais cette notion n’est pas définie par la loi. C’est dangereux.”

En Israël, où la sécurité nationale est souvent invoquée pour justifier l’exception, cette affaire agit comme un révélateur. L’exemplarité du Shin Bet a toujours été un pilier de la démocratie israélienne ; la moindre suspicion d’abus y ébranle un équilibre fragile. Si les accusations d’Amit Asa se confirment, elles signifieraient que la frontière entre défense et manipulation a été franchie — au cœur même de l’appareil sécuritaire.

Ayman Odeh jugé pour 37 infractions routières : un député au volant de la polémique

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C’est une affaire embarrassante pour un élu de la Knesset. Selon les révélations d’Israel Hayom, le député arabe israélien Ayman Odeh, ancien chef de la Liste unifiée, a été condamné pour 37 infractions au code de la route, parmi lesquelles conduite sans permis valide, usage du téléphone portable en conduisant et excès de vitesse. Pire encore : au moment de son interpellation, son permis de conduire avait expiré depuis plus de trois ans.

Les faits remontent à environ quatre ans, lorsque le parlementaire a été arrêté à Haïfa par une patrouille de police. La scène a été filmée par la caméra corporelle d’un agent et diffusée partiellement lors de l’audience. Devant le tribunal, Odeh a reconnu les faits dans le cadre d’un accord de plaider-coupable. Le juge lui a infligé une suspension de permis de deux mois et une amende de 1 500 shekels. Une peine légère, mais qui soulève de lourdes questions sur la conduite d’un représentant de la nation censé donner l’exemple.

Lors de l’audience, le magistrat n’a pas mâché ses mots : « Il n’est pas nécessaire de s’étendre sur la gravité d’une telle infraction. Quiconque conduit sans permis valable met en danger les usagers de la route, non seulement sur le plan sécuritaire mais aussi économique. » Et d’ajouter, toutefois, qu’il existe “une faible probabilité” qu’Odeh récidive — un commentaire qui a provoqué de nombreuses réactions au sein de l’opinion publique, compte tenu de l’historique du député.

Car le dossier d’Odeh est loin d’être anodin : 37 infractions routières enregistrées, dont certaines pour conduite sous suspension. Une accumulation qui jette une ombre sur l’image du parlementaire, déjà connu pour ses prises de position virulentes contre la politique sécuritaire israélienne. L’ironie n’a pas échappé à la presse : celui qui critique sans relâche l’“abus de pouvoir” des forces de l’ordre se retrouve pris à défaut sur la voie publique, précisément là où la loi ne tolère pas d’exceptions.

Interrogé par Israel Hayom, l’entourage d’Odeh a tenté de désamorcer la polémique : « Il s’agit d’un incident datant de quatre ans. La plupart des infractions ont été commises par des assistants et des chauffeurs au service du député, et non par lui personnellement. » Une défense qui a suscité le scepticisme. Les juristes rappellent que la responsabilité incombe toujours au titulaire du véhicule, surtout lorsqu’il s’agit d’un élu de la République.

Ce n’est pas la première fois qu’Ayman Odeh se retrouve sous les projecteurs pour de mauvaises raisons. En 2021, il avait été au centre d’une altercation verbale avec la police lors d’une manifestation à Jérusalem-Est. Plus récemment, son véhicule avait été pris pour cible par des manifestants, événement qui avait suscité la condamnation du président Herzog et relancé le débat sur la violence politique. Aujourd’hui, c’est une autre forme de “violence” qui lui est reprochée : celle d’une conduite irresponsable.

Pour une partie du public israélien, cette affaire symbolise le déclin moral d’une certaine classe politique. “Comment peut-on exiger la rigueur de l’État quand on bafoue soi-même ses lois les plus élémentaires ?”, interroge un éditorialiste du Jerusalem Post. Du côté du Likoud, certains n’ont pas manqué de pointer l’hypocrisie : “Quand Odeh prêche la légalité pour les autres, il ferait bien de s’y soumettre lui-même.”

Mais derrière le scandale médiatique, le dossier soulève un problème plus large : le comportement routier des élus israéliens, souvent exemptés de sanctions sévères. Plusieurs affaires similaires ont concerné par le passé des députés ou des maires surpris en excès de vitesse ou au téléphone au volant. L’impunité perçue alimente un sentiment d’injustice chez les citoyens ordinaires.

Ayman Odeh, qui avait bâti une partie de sa réputation sur son discours en faveur des droits civiques et de la “moralisation publique”, se retrouve désormais dans la position inverse. La route, une fois encore, devient le théâtre symbolique d’un conflit entre la parole et les actes.

Pour le juge ayant rendu sa décision, la sentence se voulait pédagogique : rappeler qu’en démocratie, nul n’est au-dessus de la loi. Le message est clair : même les conducteurs les plus puissants doivent, un jour ou l’autre, s’arrêter au feu rouge de la justice.

 

Carmi Gillon accuse Netanyahu : “Boulshit, menteur, tu as incité directement”

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Trente ans après l’assassinat d’Yitzhak Rabin, le nom de Carmi Gillon refait surface comme un écho douloureux à une fracture jamais refermée. Dans un documentaire diffusé sur Keshet 12 intitulé « Bimshameret Sheli » (“Sous ma responsabilité”), l’ancien chef du Shin Bet livre une confession brute : la culpabilité, la colère et une accusation directe contre le Premier ministre en exercice, Benjamin Netanyahu. Devant les caméras, Gillon lâche sans détour : « Boulshit, menteur, je t’ai montré les images. Tu as incité directement. »

La scène est lourde de mémoire. Été 1995, quelques mois avant l’assassinat de Rabin. Le pays est déchiré par le débat autour des accords d’Oslo. À la tête de l’opposition, Benjamin Netanyahu galvanise les foules sur les places publiques, tandis que les pancartes accusant Rabin de “traître” se multiplient. Dans le documentaire, Gillon raconte avoir demandé audience auprès du chef du Likoud, avec l’aval du Premier ministre Rabin lui-même. « Je suis venu l’avertir que son discours sur la place Sion était un discours d’incitation du début à la fin, » dit-il. « Je lui ai dit qu’un homme pouvait en déduire qu’il se réjouirait de voir Rabin mort. » Selon lui, Netanyahu l’aurait écouté, promettant d’adoucir le ton. Mais, ajoute Gillon, “rien n’a changé”.

Dans ses propos, l’ancien chef du Shin Bet ne ménage pas celui qu’il accuse d’avoir laissé la haine se propager : « Il ne pourra jamais se laver les mains en disant qu’il ne savait pas. » Pour Gillon, le déchaînement verbal des années 1994-1995 n’était pas un simple climat politique : c’était une poudrière. Rabin fut assassiné le 4 novembre 1995 par Yigal Amir, un extrémiste juif opposé aux accords de paix. Ce jour-là, l’État d’Israël découvrit qu’un mot peut tuer.

Les réactions n’ont pas tardé. Les proches de Rabin à l’époque confirment cette lecture. Aliza Goren, ancienne conseillère en communication du Premier ministre, l’affirme : « Netanyahu n’a pas appelé à la violence, mais il a joué un rôle décisif dans la légitimation de la haine. » Du côté du Likoud, on dénonce une tentative “de réécrire l’histoire à des fins politiques”, soulignant que “l’assassin a agi seul, hors de toute influence politique directe”.

Mais la charge de Gillon dépasse la seule question historique. Elle vise le rapport d’Israël à sa propre mémoire et à la responsabilité de ses dirigeants. En rappelant que la société israélienne vit encore “sous les ombres du 4 novembre”, il met en garde contre la répétition d’un climat de détestation : « Aujourd’hui encore, les mêmes mots circulent, les mêmes slogans, parfois les mêmes visages. » Cette mise en garde résonne d’autant plus fort qu’elle survient dans un contexte de division politique extrême, où les réseaux sociaux prolongent la rue d’hier.

Carmi Gillon n’est pas un inconnu. Né en 1950, il rejoint le Shin Bet à 22 ans, avant d’en devenir le directeur en 1995. C’est sous sa direction que le service échoua à prévenir l’assassinat de Rabin – un traumatisme qu’il confesse avoir porté toute sa vie : dépression, prise de poids, pensées suicidaires. “Chaque matin, je pensais à la manière de me suicider”, admet-il dans le film. Une confession d’autant plus poignante qu’elle mêle la culpabilité personnelle à une colère institutionnelle : celle d’un homme convaincu que le politique a trahi le devoir moral de vigilance.

En Israël, la diffusion du documentaire a provoqué un choc. Les chaînes d’information y voient un rappel brutal de la responsabilité des élites dans le maintien du lien national. Pour la gauche, le témoignage de Gillon confirme ce que beaucoup disaient depuis trois décennies : que Rabin a été tué dans un climat d’incitation nourri par la droite nationaliste. Pour la droite, au contraire, il s’agit d’un procès à charge, qui “instrumentalise la douleur d’un homme pour frapper Netanyahu en pleine campagne politique”.

Mais au-delà du tumulte, une vérité subsiste : Israël n’a jamais cessé de débattre de ce meurtre. Trente ans plus tard, la question reste la même : la démocratie israélienne a-t-elle appris à se protéger de la haine politique ?

La dernière phrase du documentaire résonne comme un avertissement : “Ce n’est pas seulement Rabin qu’on a tué, c’est une certaine idée d’Israël.” Une idée de respect, de pluralisme et de responsabilité civique qu’une partie du pays tente encore de ressusciter. Dans un État menacé de toutes parts, le poison interne reste peut-être le plus dangereux.