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Le roman qui révèle comment l’opération des bipeurs a commencé — et la femme qu’on a tenté d’effacer de l’histoire

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Il y a des livres qui paraissent au bon moment parce que le monde leur a enfin rattrapé le sujet. « Message fatal » d’Adam Peine — pseudonyme d’un ancien cadre du système de défense israélien dont la censure a interdit de révéler la véritable identité — est un thriller d’espionnage dont le cœur est l’opération des bipeurs de septembre 2024. Mais ce premier chapitre publié par Mako est davantage qu’une plongée fictionnelle dans les couloirs du Mossad : c’est une mise en scène réaliste, perturbante de vérité, de la manière dont une idée brillante peut être volée à celle qui l’a eue.

Nous sommes en janvier 2020, au siège du Mossad, dans une salle de réunion où se joue l’avenir d’une opération qui deviendra historique. Le chef du Mossad entre, s’enquiert de la santé du fils d’une collaboratrice, puis ouvre la séance avec une formule qui pose l’enjeu : « Il y a quatorze ans, quand Meir Dagan a décidé de créer la direction des opérations spéciales et m’a nommé pour la diriger, Dagan a compris qu’il ne s’agissait de rien de moins qu’une capacité stratégique du Mossad, une capacité qui permet de gagner des guerres. » mako

Le chef présente l’idée centrale : les batteries des appareils de communication du Hezbollah. Et c’est là qu’une femme, Einat, commandante de l’opération, proposera l’idée qui fera basculer le projet — vendre au Hezbollah un nouveau bipeur fabriqué par le Mossad, conçu pour dissimuler des explosifs dans la batterie. mako

Ce qui rend ce chapitre remarquable, c’est la façon dont il dépeint la politique interne d’une agence de renseignement d’élite. Lorsqu’un collègue tente de s’approprier l’idée d’Einat devant le chef du Mossad, elle ressent la colère monter — mais contient sa réaction. Elle sait que sa réussite dans cette opération est la seule réponse valable à ceux qui la sous-estiment. mako

Einat avait travaillé sur cette opération nuit et jour, restant au bureau de longues heures au détriment du temps passé avec son mari Ofir et leurs deux enfants. Elle savait qu’Ofir perdait patience avec sa carrière au Mossad, et se demandait combien de temps encore leur relation pourrait tenir. mako

Cette tension — entre la mission et la vie, entre la reconnaissance institutionnelle et le sacrifice personnel — est le vrai cœur du livre. Et elle résonne d’autant plus que l’auteur, qui a réellement influencé l’opération des bipeurs selon l’éditeur, choisit de mettre une femme au centre de cette histoire. Une femme dont on essaie d’effacer la contribution. Une femme qui continue quand même.

Le roman sort au moment où l’opération qu’il décrit — le piégeage de milliers de bipeurs du Hezbollah qui ont explosé simultanément en septembre 2024 — est devenue une référence mondiale dans les cercles de défense et de renseignement. Lire la fiction qui la précède, c’est comprendre que les grandes opérations ne naissent pas dans les bureaux de direction. Elles naissent dans les têtes de gens qui restent au bureau pendant que leur famille dîne sans eux.

Trump : Nous quitterons bientôt l’Iran, et si nécessaire, nous y retournerons. Nucléaire ? Je m’en fiche, nous observerons depuis le satellite.

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US President Donald Trump announces that Sudan will normalize relations with Israel at the White House in Washington, DC, on October 23, 2020. - "Sudan and Israel have agreed to the normalization of relations -- another major step toward building peace in the Middle East with another nation joining the Abraham Accords," Trump said. (Photo by Alex Edelman / AFP)

Alors que les tensions avec l’Iran atteignent un paroxysme historique, le front intérieur israélien se retrouve au cœur d’une stratégie de harcèlement psychologique et militaire sans précédent. Les récents événements, marqués par des tirs de missiles atteignant des zones civiles comme Bnei Brak et des interceptions spectaculaires au-dessus de Jérusalem, mettent en lumière une réalité brute : la capacité de résistance d’Israël ne repose pas seulement sur la puissance de feu de Tsahal, mais sur la discipline de ses citoyens.

L’Arrière-front : Le centre de gravité de la guerre

Le concept de « front intérieur » (Oref) a radicalement changé de dimension au cours des dernières semaines. L’Iran, conscient de la supériorité technologique offensive d’Israël, a déplacé le champ de bataille vers les centres urbains. En ciblant des zones à forte densité de population à la veille de fêtes religieuses majeures, Téhéran cherche à briser le moral national et à saturer les systèmes de défense civile.

La situation actuelle démontre que la sécurité est une responsabilité partagée. Les rapports de terrain soulignent un contraste saisissant : là où les consignes du Commandement de l’Arrière ont été suivies à la lettre, les dégâts humains ont été évités. À l’inverse, chaque moment d’inattention ou de négligence face aux alertes se traduit par des tragédies, comme l’illustre le cas critique de cette jeune fille blessée à Bnei Brak pour n’avoir pu rejoindre un abri. Cette discipline civile n’est pas une simple recommandation ; elle est le carburant de la liberté d’action militaire du pays. Si l’arrière-front reste solide et les pertes civiles minimes, le gouvernement et l’armée conservent la légitimité et la force nécessaire pour frapper les infrastructures stratégiques ennemies.

La riposte économique et technologique

Face à l’agression directe, la stratégie israélienne, baptisée par certains observateurs comme faisant partie de l’opération « Rugissement du Lion », a pris un tournant résolument économique. Plutôt que de s’épuiser dans une réponse purement symétrique, Israël frappe là où le régime iranien est le plus vulnérable : son portefeuille et sa capacité industrielle.

Les frappes répétées contre les complexes sidérurgiques majeurs en Iran ne sont pas fortuites. L’acier est le nerf de la guerre pour la production de missiles et de drones. En démantelant ces infrastructures, Israël cherche à obtenir un effet de levier à long terme, asséchant les ressources que le régime consacre à l’exportation de la terreur. Pendant que Téhéran tente de paralyser la vie quotidienne des Israéliens avec des sirènes, Jérusalem paralyse l’économie de guerre iranienne, forçant le régime à choisir entre la survie de son industrie et la poursuite de son aventure balistique.

Défis sociétaux en temps de crise

Cependant, cette résilience a un coût social et économique qui commence à peser lourdement. L’inflation, symbolisée par l’envolée des prix du carburant (atteignant désormais 8,05 shekels), et les perturbations constantes du système éducatif créent une pression immense sur les familles. La question du rôle des femmes dans cette économie de guerre est également devenue centrale. Alors que les hommes sont massivement mobilisés, les femmes se retrouvent souvent à porter seules le poids du foyer et de l’éducation dans un contexte où les structures scolaires sont irrégulières.

Cette « invisibilité » de la charge domestique en période de conflit est un défi que les décideurs ne peuvent plus ignorer. Pour qu’une société reste résiliente sur le long terme, elle doit s’assurer que ses piliers les plus sollicités — les parents et les travailleurs du quotidien — reçoivent le soutien logistique et financier nécessaire.

Vers un nouvel équilibre régional ?

Le panorama géopolitique reste mouvant. Entre les menaces iraniennes sur les géants technologiques mondiaux (Apple, Google, Intel) et les pressions internationales pour un cessez-le-feu, Israël navigue en eaux troubles. L’implication des États-Unis, avec le déploiement de groupes aéronavals supplémentaires, montre que le conflit n’est plus localisé mais systémique.

En conclusion, la guerre contre l’Iran n’est pas seulement une affaire de pilotes et de batteries de missiles Arrow. C’est une épreuve d’endurance pour chaque citoyen israélien. La force de l’armée est directement proportionnelle à la solidité de la rue. Tant que le front intérieur restera soudé, malgré le coût économique et le traumatisme des alertes, Israël conservera l’avantage stratégique nécessaire pour neutraliser la menace venant de l’Est.

Trump : « Le nouveau régime iranien a demandé un cessez-le-feu. Nous l’examinerons lorsque le détroit d’Ormuz sera rouvert. »

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Dans un retournement diplomatique qui secoue les chancelleries internationales, le président américain Donald Trump a révélé que le nouveau régime iranien a officiellement sollicité un cessez-le-feu auprès de Washington. Cette annonce, qui intervient dans un contexte de tensions militaires maximales au Moyen-Orient, suggère un changement de paradigme à Téhéran, où la pression économique et les frappes stratégiques israéliennes sur les infrastructures nationales semblent avoir forcé une remise en question de la stratégie de confrontation directe.

Le « Nouveau Régime » de Téhéran face au mur de verre

Donald Trump, fidèle à sa rhétorique directe, a décrit les nouveaux interlocuteurs iraniens comme étant « beaucoup moins extrémistes et beaucoup plus intelligents » que leurs prédécesseurs. Cette caractérisation n’est pas seulement un compliment diplomatique, mais le constat d’une nécessité de survie pour la République islamique. Le pays, asphyxié par les sanctions et affaibli par les opérations de Tsahal visant ses fleurons industriels, notamment les usines sidérurgiques, ne peut plus soutenir un conflit de haute intensité sur plusieurs fronts.

La demande de cessez-le-feu adressée aux États-Unis marque une rupture avec la politique d’obstination de l’ancienne garde. Cependant, Washington pose des conditions non négociables. Le président américain a été on ne peut plus clair : aucune accalmie ne sera envisagée tant que le détroit d’Ormuz ne sera pas « ouvert, libre et évacué ». Ce passage maritime, vital pour le commerce mondial du pétrole, demeure le levier de chantage principal de Téhéran, et sa démilitarisation complète est désormais la condition sine qua non pour toute levée de la pression militaire.

Ormuz : Le détroit de tous les dangers

La stratégie américaine et alliée consiste à neutraliser la capacité de nuisance asymétrique de l’Iran. Jusqu’à ce que la liberté de navigation soit totalement garantie, Trump a prévenu que les bombardements se poursuivraient avec une intensité dévastatrice. L’expression « jusqu’à l’abandon » ou le retour à « l’âge de pierre » illustre la volonté de l’administration américaine de ne laisser aucune zone grise.

Pendant ce temps, sur le terrain, Israël continue de subir les conséquences de cette guerre de positions. À Kiryat Shmona, de nouveaux impacts de roquettes en provenance du Liban rappellent que si Téhéran cherche une porte de sortie diplomatique avec Washington, ses proxies, notamment le Hezbollah, restent actifs. L’élimination par la marine israélienne de Haj Youssef Ismaël Hashem, commandant du front sud du Hezbollah et figure historique de l’organisation avec 40 ans d’expérience, montre qu’Israël ne relâche pas la pression opérationnelle pendant que les négociations de haut niveau se dessinent en coulisses.

L’économie comme arme de guerre ultime

L’aspect le plus frappant de cette phase du conflit reste l’effondrement des infrastructures économiques. En Iran, les frappes chirurgicales sur les secteurs clés de l’économie nationale ont créé un climat d’instabilité que le régime ne peut plus ignorer. En Israël, cette guerre se traduit par une hausse drastique du coût de la vie, avec un prix du litre d’essence dépassant désormais les 8 shekels, créant une pression sociale interne forte.

Le contraste est saisissant : alors qu’Israël renforce sa résilience civile par une discipline de fer et une intégration massive de l’intelligence artificielle dans sa défense pour identifier les drones et planifier ses ripostes, l’Iran voit son modèle de « l’axe de la résistance » s’effriter sous le poids des réalités financières. La proposition de cessez-le-feu n’est donc pas un acte de paix, mais une manœuvre de sauvegarde face à une déroute économique imminente.

Vers une reconfiguration régionale

Si les conditions de Trump sont acceptées et que le détroit d’Ormuz est sécurisé, le Moyen-Orient pourrait entrer dans une phase de transition inédite. Cependant, la méfiance reste de mise. Le passé a montré que les périodes de « calme » sont souvent utilisées par l’Iran pour reconstruire ses capacités balistiques. La surveillance technologique et l’élimination des cadres militaires terroristes, comme Hashem au Liban, resteront les piliers de la doctrine de sécurité israélienne, quel que soit l’accord conclu à Washington.

En conclusion, la balle est dans le camp de Téhéran. Le « nouveau régime » doit prouver que son intelligence dépasse la simple ruse tactique en acceptant de renoncer à son contrôle belliqueux sur les voies maritimes internationales. Dans le cas contraire, la promesse d’une riposte ramenant le pays à une ère pré-industrielle pourrait bien devenir une réalité tangible.

Le ministre Katz sur les lieux du crash à Bnei Brak : « Nous savions que les Iraniens viseraient cet endroit. »

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Bnei Brak, cœur battant de la vie religieuse en Israël, est devenue la cible directe d’une agression balistique orchestrée par le régime de Téhéran. Alors que la ville se préparait à célébrer les fêtes de la Pâque juive (Pessa’h), un missile a frappé une zone résidentielle, causant des blessures graves, notamment à une jeune fille qui n’avait pas pu atteindre un abri à temps. Sur les lieux du sinistre, le ministre de la Défense, Israël Katz, a délivré un message de fermeté mâtiné d’une analyse stratégique froide : le choix de cette cible n’était pas un hasard, mais une tentative délibérée de frapper le moral national au moment le plus sacré du calendrier hébraïque.

Un ciblage chirurgical et symbolique

L’attaque contre Bnei Brak ne répond pas seulement à une logique de destruction matérielle, mais s’inscrit dans une guerre psychologique totale. Selon les informations rapportées par les services de renseignement et confirmées par le ministre Katz, les autorités israéliennes disposaient d’indications préalables sur l’intention de l’Iran de viser spécifiquement cette localité. Pourquoi Bnei Brak ? La réponse réside dans la densité de sa population et sa symbolique religieuse.

En choisissant de frapper une ville ultra-orthodoxe à la veille d’une fête majeure, Téhéran cherche à maximiser le traumatisme civil. Le ministre a souligné que l’ennemi « sait que c’est ici qu’on célèbre les fêtes juives et que les familles se rassemblent en masse ». Cette stratégie du « choc et de l’effroi » vise à fragiliser le front intérieur (le Oref), perçu par l’Iran comme le talon d’Achille d’Israël. Cependant, pour Katz, cette tentative est vouée à l’échec tant que la discipline civile reste d’actualité.

L’impératif de la résilience civile : La clé de la puissance militaire

L’un des points centraux de l’intervention ministérielle sur le terrain a été l’importance vitale du respect des consignes du Commandement de l’Arrière (Pikud HaOref). Le constat est amer mais clair : les personnes qui se trouvaient dans des espaces protégés sont sorties indemnes, tandis que celles restées à l’extérieur ont été touchées, parfois très grièvement.

« Tant que l’arrière est fort, l’armée (Tsahal) est forte », a martelé le ministre. Cette corrélation entre la sécurité des civils et la liberté d’action offensive de l’armée est le pilier de la doctrine de défense actuelle. En minimisant les pertes civiles grâce à une discipline de fer, Israël prive l’Iran de la victoire d’image qu’il recherche et permet à l’armée de poursuivre ses opérations de représailles sans subir de pression interne paralysante.

Riposte stratégique : Le démantèlement de l’économie de guerre iranienne

En réponse à ces tirs visant des populations civiles, Israël a intensifié ses opérations dans le cadre de l’offensive baptisée « Le Rugissement du Lion » (Sha’agat HaAri). Le ministre de la Défense a révélé qu’au cours de la nuit dernière, l’armée de l’air a achevé, pour la deuxième fois, une série de frappes massives contre les complexes sidérurgiques majeurs en Iran.

Le choix des cibles côté israélien est purement stratégique et économique. Contrairement aux méthodes de Téhéran, Jérusalem cible les infrastructures qui permettent au régime de financer et de produire son armement. « Puisqu’ils tirent sur des civils, nous frappons leurs infrastructures économiques nationales », a déclaré Katz. Cette guerre d’usure technologique et industrielle vise à asphyxier la capacité de production de missiles et de drones des Gardiens de la Révolution.

Katz a également fustigé la « lâcheté » des dirigeants iraniens, les comparant aux terroristes du Hamas à Gaza : « Ils se cachent dans des tunnels de manière lâche et tirent vers l’arrière-front ». Cette comparaison souligne la volonté israélienne de délégitimer le régime de Téhéran, en le présentant non pas comme une puissance régionale souveraine, mais comme une organisation terroriste à grande échelle.

Un message de continuité historique

La conclusion de la visite du ministre sur le site de l’impact à Bnei Brak a pris une dimension plus spirituelle et historique. Évoquant les millénaires d’histoire juive, il a affirmé que c’est précisément cette profondeur historique qui donne au peuple d’Israël la force de tenir jusqu’à ce que la sécurité totale soit assurée. À l’approche de Pessa’h, fête de la libération, le message envoyé à l’Iran est celui d’une nation qui ne se laissera pas intimider par la terreur balistique, forte de son renseignement et de sa puissance de feu dévastatrice.

Bnei Brak, blessée mais résiliente, devient ainsi le symbole d’un conflit qui a dépassé les frontières du Liban et de Gaza pour devenir un affrontement direct et sans merci entre l’État hébreu et la théocratie iranienne. La bataille se joue désormais autant dans les usines sidérurgiques de Perse que dans les rues de la banlieue de Tel-Aviv.

Quand l’Italie dit non aux avions américains — et que l’OTAN tremble

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Rome vient de poser un acte qui dépasse largement le cadre d’une simple procédure administrative. Selon le quotidien Corriere della Sera, l’Italie a refusé d’autoriser des avions militaires américains à se poser sur une base en Sicile alors qu’ils étaient en route vers le Moyen-Orient. Un refus qui s’inscrit dans une fracture transatlantique désormais impossible à ignorer.

Le journal italien rapporte que le plan de vol américain a été transmis aux autorités italiennes sans coordination préalable — et pire encore, après que les appareils avaient déjà décollé. Une manière de faire qui, selon l’armée italienne, ne correspond pas aux procédures convenues entre les deux pays. Après vérification, les forces armées italiennes ont conclu que ces vols ne relevaient ni de missions logistiques ordinaires ni de rotations de routine. Ils ne pouvaient donc pas être couverts par les accords bilatéraux existants. Ils nécessitaient, selon le même rapport, une autorisation spécifique ainsi qu’une supervision parlementaire. L’autorisation a donc été refusée.

Ce que cette séquence révèle n’est pas seulement une divergence procédurale. Elle illustre l’état de tension profond entre Washington et ses alliés européens depuis que les États-Unis se sont engagés militairement contre l’Iran — une guerre qui dure depuis plus d’un mois. Les capitales européennes, l’une après l’autre, prennent leurs distances. L’Italie n’est pas seule dans cette posture : l’Espagne a elle aussi fermé son espace aérien aux vols américains liés à l’opération militaire en Iran. Le signal est clair, et il se multiplie.

La portée politique de cette décision dépasse les frontières de la Sicile. Le secrétaire d’État Marco Rubio n’a pas mâché ses mots. La veille de la publication de l’article, il a averti que les États-Unis pourraient être contraints de revoir leurs relations avec l’OTAN à l’issue du conflit. Washington reproche depuis le début à ses partenaires européens de ne pas soutenir son effort de guerre contre Téhéran. Ces décisions souveraines de refus d’accès aérien transforment ce reproche en contentieux durable.

Il faut mesurer ce que cela signifie concrètement. L’OTAN repose sur une logique de solidarité collective et d’interopérabilité militaire. Quand un membre interdit à un autre l’atterrissage sur son sol dans le cadre d’une opération active, la mécanique de l’alliance se grippe. Rome n’a pas déclaré son opposition à la guerre américaine contre l’Iran — mais elle a dit : cette guerre, elle ne passera pas par chez nous sans notre consentement explicite. C’est une position juridiquement fondée, politiquement significative, et stratégiquement lourde de conséquences.

Le gouvernement de Giorgia Meloni se retrouve ainsi dans une position délicate. Atlantiste de conviction, proche rhétoriquement de l’administration Trump, il doit pourtant défendre des prérogatives constitutionnelles qui imposent un contrôle parlementaire sur toute participation italienne à un conflit armé. Ce n’est pas nécessairement de l’anti-américanisme — mais c’est une ligne rouge que Rome n’entendait pas franchir sans débat interne. Le Corriere della Sera n’a pas précisé comment il a obtenu ces informations, ce qui laisse planer une part de flou sur les conditions exactes du refus et sur les échanges diplomatiques qui ont pu s’ensuivre.

Ce qui est sûr, c’est que la tendance s’accélère. Alors que la guerre contre l’Iran se prolonge, les pays européens membres de l’OTAN sont de plus en plus nombreux à refuser d’y être mêlés, fût-ce de manière logistique ou indirecte. Cette réticence collective posera des questions existentielles à l’alliance atlantique une fois le conflit terminé. Rubio a déjà planté le décor : les États-Unis se souviendront de qui était là, et de qui ne l’était pas. L’Europe, elle, tente de préserver sa marge de manœuvre dans un monde où la géopolitique se redessine à grande vitesse.

La base de Sicile est un détail. Ce qu’elle révèle est un continent.

Israël sous les missiles en ce seder de Pessah — les ressources de protection sont limitées

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Ce mardi 31 mars 2026, à quelques heures du seder de Pessah, une source militaire de haut rang a lancé une alerte publique que les autorités israéliennes ont choisi de ne pas minimiser. La menace est réelle, elle est mesurable, et les systèmes de défense ne sont pas infaillibles. C’est avec cette franchise peu commune qu’un responsable de Tsahal s’est adressé aux Israéliens en cette veille de fête.

Selon les données publiées par le Commandement du front intérieur et relayées par le correspondant militaire Kobi Finkler de Srugim, un mois après le début de la guerre contre l’Iran, le bilan humain est lourd : 19 Israéliens ont été tués et 4 Palestiniens ont également perdu la vie à la suite des tirs de missiles iraniens. Plus de 600 personnes ont été blessées, dont 18 grièvement. Quelque 5 500 personnes se retrouvent sans logement — un chiffre qui n’inclut pas les combattants déployés sur le front nord.

La source militaire citée par Maariv a été directe : bien qu’aucune indication spécifique d’attaque imminente n’ait été identifiée pour la nuit du seder, Tsahal reste en état d’alerte maximale et se prépare à toute éventualité d’intensification. Les évaluations de situation se succèdent en continu. Le message au public est sans ambiguïté : les consignes du Commandement du front intérieur doivent être respectées scrupuleusement, car elles sauvent des vies.

Ce qui rend cet avertissement particulièrement saisissant, c’est ce que la même source a admis publiquement : les ressources de protection sont limitées. Il ne s’agit pas d’une défense hermétique qui peut être déployée partout et en tout temps. Les décisions tactiques impliquent une gestion précise du risque — renforcer certaines localités en première ligne ou certains axes routiers — et non une couverture totale du territoire. En parallèle, les autorités examinent aussi les questions pratiques liées à la fête : les embouteillages prévisibles sur les routes, les flux de circulation, la répartition des moyens de protection entre zones prioritaires.

L’armée estime que les tirs iraniens se poursuivent de manière continue depuis le début du conflit, visant une diversité de cibles et d’infrastructures. Selon la source militaire, il pourrait s’agir d’une combinaison entre des réponses aux opérations israéliennes et un schéma de tir régulier. À Dimona et Arad, des frappes ont été attribuées à des succès iraniens, ce qui constitue un élément d’explication supplémentaire pour les tirs vers le sud du pays, selon une évaluation du Commandement. Dans le nord, les délais d’alerte ont été allongés dans les localités proches de la ligne de front, et d’autres ajustements sont à l’étude.

La source a également replacé cette guerre dans son contexte stratégique plus large. Israël mène, selon ses propres termes, une campagne multi-fronts contre l’Iran et ses mandataires, incluant les Houthis. Depuis trois ans — et avec une intensité accrue depuis le 7 octobre — l’objectif affiché est un changement de paradigme : ne plus accepter une menace persistante contre le territoire israélien. Le dernier volet de l’opération reflète, toujours selon la même source, la profondeur de la coordination avec les États-Unis et les résultats obtenus, notamment des frappes contre les capacités du régime iranien, y compris dans le domaine nucléaire.

Quant à la participation des Houthis au conflit, le Commandement du front intérieur a précisé qu’elle ne modifiait pas, pour l’instant, les consignes en vigueur. Des évaluations de situation seront organisées après la fête. Dans le nord du pays, où la population vit depuis des mois dans une réalité complexe, l’armée a reconnu les difficultés particulières auxquelles font face les habitants, tout en affirmant que l’activité de Tsahal à l’intérieur du Liban vise à empêcher une menace d’invasion et de tirs antichar.

La nuit dernière a été qualifiée de difficile par la source militaire. La fête de la Liberté — Pessah — se célèbre cette année sous les sirènes, dans un pays qui choisit de ne pas se taire sur ses fragilités.

Trump veut s’emparer de Kharg Island : la menace qui change tout

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La déclaration est tombée dans un entretien accordé au Financial Times. Donald Trump n’a pas cherché à enrober ses intentions : il veut prendre le contrôle du pétrole iranien, et il envisage concrètement de s’emparer de Kharg Island, le terminal pétrolier qui constitue le poumon économique de la République islamique. Une phrase, et c’est l’architecture de toute la stratégie américaine au Moyen-Orient qui prend un autre visage.

Une déclaration sans précédent dans la bouche d’un président américain

Depuis les premières semaines de son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a multiplié les signaux de pression maximale contre Téhéran. Mais ce que le Financial Times a publié dépasse largement le registre de la rhétorique habituelle. Trump a déclaré, sans ambiguïté : « Je veux prendre le contrôle du pétrole iranien. Peut-être que nous prendrons le contrôle de Kharg Island, peut-être pas — nous avons beaucoup d’options. Cela signifie que nous devrons être sur Kharg pendant un moment. Je ne pense pas que les Iraniens aient une défense là-bas, nous prendrons l’île très facilement. »

Ce n’est plus une menace voilée. Ce n’est plus un levier de négociation enrobé dans la langue diplomatique. C’est l’annonce, au conditionnel présent, d’une opération militaire ou paramilitaire de saisie d’une infrastructure souveraine iranienne. Dans l’histoire de la diplomatie américaine contemporaine, il est difficile de trouver un précédent direct à une telle formulation de la bouche d’un président en exercice.

Kharg Island : comprendre pourquoi cette île change tout

Pour mesurer le poids de cette déclaration, il faut comprendre ce qu’est Kharg Island. Situé dans le golfe Persique, à une trentaine de kilomètres des côtes iraniennes, ce terminal concentre l’essentiel des exportations pétrolières de l’Iran. On estime que plus de 90% du pétrole exporté par Téhéran transite par ce point névralgique. Kharg n’est pas une île symbolique : c’est le robinet financier de la République islamique.

Prendre le contrôle de Kharg, c’est asphyxier instantanément les revenus du régime iranien. C’est couper l’oxygène aux Gardiens de la Révolution, au programme nucléaire, aux réseaux de proxies que Téhéran finance à travers la région — du Liban au Yémen, en passant par l’Irak et la Syrie. Trump ne parle pas d’une frappe aérienne sur une installation militaire. Il parle d’une occupation, même temporaire, du centre névralgique de l’économie iranienne.

« Nous avons beaucoup d’options » : la logique de la pression maximale portée à son extrême

La formule de Trump — « peut-être Kharg, peut-être pas, nous avons beaucoup d’options » — n’est pas un signe de flottement. C’est une technique délibérée : maintenir l’adversaire dans l’incertitude, multiplier les scénarios plausibles pour paralyser toute réponse rationnelle iranienne. C’est la doctrine de l’imprévisibilité appliquée à la géopolitique du pétrole.

Ce qui est notable dans ses propos, c’est aussi l’évaluation militaire qu’il livre publiquement : « Je ne pense pas que les Iraniens aient une défense là-bas, nous prendrons l’île très facilement. » Cette affirmation, qu’elle soit fondée sur des renseignements réels ou qu’elle relève d’une posture de communication, constitue en soi un message adressé directement à Téhéran. Trump signale que les États-Unis ont analysé la situation, qu’ils estiment l’opération faisable, et qu’ils ne craignent pas une résistance significative sur place.

Les implications régionales d’une telle manœuvre

Si une telle opération venait à se concrétiser, ses conséquences dépasseraient de loin la seule relation américano-iranienne. Le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20% du pétrole mondial, deviendrait immédiatement une zone de crise aiguë. Les marchés pétroliers mondiaux réagiraient avec une violence difficile à anticiper. Les alliés du Golfe — l’Arabie saoudite, les Émirats, le Bahreïn — se trouveraient dans une position périlleuse, entre leur alignement stratégique sur Washington et la proximité géographique d’un conflit potentiel à leur porte.

La Chine, premier importateur de pétrole iranien et puissance dont les intérêts économiques dans la région sont considérables, ne pourrait pas rester indifférente. La Russie non plus. Une opération sur Kharg ne serait pas une action chirurgicale isolée : ce serait l’ouverture d’un front dont les ramifications s’étendraient à l’ensemble de l’ordre régional et, au-delà, aux équilibres géopolitiques globaux.

Ce que cette déclaration révèle du second mandat Trump

Au-delà du dossier iranien, cette interview au Financial Times éclaire quelque chose de plus large sur la manière dont Donald Trump aborde son second mandat. La désinhibition est totale. Les garde-fous institutionnels qui, pendant son premier mandat, tempéraient parfois les formulations les plus abruptes, semblent avoir été écartés. Trump parle de saisir le pétrole d’un État souverain comme d’autres présidents parlent de renégocier un accord commercial.

C’est précisément cette logique transactionnelle appliquée à la géopolitique — les ressources naturelles comme butin légitime de la puissance — qui rend ces déclarations si déstabilisantes pour l’ordre international tel qu’il a été construit depuis 1945. Qu’il s’agisse d’une véritable intention opérationnelle ou d’un outil de pression maximum dans un bras de fer diplomatique autour du nucléaire iranien, le signal envoyé au monde entier est le même : dans ce second mandat, aucune option n’est exclue, et aucun tabou géopolitique n’est intouchable.

Séquence spectaculaire : Tsahal capture un commandant de cellule terroriste au Liban — les images des caméras corporelles

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Une opération nocturne conduite par l’unité Egoz dans le secteur du mont Dov au sud du Liban a abouti à la capture d’un commandant de cellule appartenant à l’organisation terroriste « Les Brigades libanaises », affiliée au Hezbollah. Le tir de caméras corporelles des combattants a été rendu public, montrant en temps réel les phases de l’arrestation — de l’entrée dans la résidence jusqu’à la reddition du suspect sur place. Des images d’une intensité rare, qui ont rapidement circulé sur les réseaux sociaux israéliens.

L’organisation « Les Brigades libanaises » est directement financée par le Hezbollah et y est liée opérationnellement. Ses membres participent à la planification et à l’exécution d’attaques terroristes contre les forces de Tsahal. Le commandant arrêté était donc un acteur direct dans la chaîne de commandement terroriste au Liban, et sa capture constitue une source précieuse de renseignement — potentiellement sur les structures de commandement du Hezbollah, les caches d’armements, les plans d’attaque futurs et les réseaux de financement.

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L’unité Egoz, spécialisée dans les opérations de guérilla et de contre-terrorisme en terrain difficile, est l’une des unités d’élite les plus expérimentées de Tsahal pour ce type de mission. Ses combattants sont formés à opérer dans des zones montagneuses boisées et dans des environnements urbains denses — exactement le type de terrain que l’on trouve dans la région du mont Dov, à la jonction des frontières israélienne, libanaise et syrienne. Le fait que l’unité ait choisi de procéder à une arrestation plutôt qu’à une élimination — plus risquée et plus complexe — indique que le renseignement militaire avait identifié une valeur opérationnelle particulière dans la capture vivante de cet individu.

L’opération s’inscrit dans la stratégie plus large que décrit Tsahal pour le front libanais, articulée autour de trois lignes d’effort : une première ligne de sécurité immédiate visant à repousser les tirs, une deuxième ligne jusqu’au Litani incluant le dégagement d’une zone tampon, et une troisième ligne couvrant le reste du Liban. Dans ce cadre, la neutralisation des commandants de cellules terroristes — que ce soit par élimination ou par capture — est une priorité qui vise à décapiter progressivement les structures de commandement du Hezbollah au sud du Litani.

Il est également significatif que Netanyahu ait déclaré, lors des mêmes heures, que le nord du pays allait voir « l’élargissement de la zone de sécurité » et que le Liban « allait changer. » Ces mots font écho à une stratégie de transformation durable du terrain sécuritaire au nord — une ambition qui nécessite précisément le type d’opérations que l’unité Egoz vient de réaliser dans le mont Dov : non pas des frappes depuis le ciel, mais des contacts au sol, avec capture de combattants, accumulation de renseignements humains et présence physique dans des zones que le Hezbollah contrôlait auparavant sans être inquiété.

La publication des images de caméras corporelles est elle aussi un choix délibéré. Dans la communication militaire israélienne, ce type de diffusion vise plusieurs objectifs simultanés : montrer aux combattants du Hezbollah et de ses affiliés qu’ils ne sont pas en sécurité même loin de la ligne de front directe, démontrer à la population israélienne que l’armée est capable de mener des opérations chirurgicales à l’intérieur du territoire libanais, et signaler à la communauté internationale que Tsahal maintient sa capacité à opérer avec précision même pendant une guerre sur plusieurs fronts.

Le service météorologique alerte : « Ça va aller en empirant » — tempête, crues et inondations en marche au millieu d’une guerre

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Dans un pays en guerre sur deux fronts et soumis à des alertes de missiles quotidiennes, la nature s’en mêle : le Service météorologique israélien a publié le 26 mars 2026 un avertissement urgent signalant une aggravation significative des conditions météorologiques à partir des heures de l’après-midi, avec des crues soudaines déjà signalées dans plusieurs oueds du Néguev et de l’Arava. La formule choisie par le service est sans ambiguïté : « Ça va aller en empirant. »

Après une matinée pluvieuse dans la région du Centre, durant laquelle environ 20 millimètres de précipitations ont été enregistrés à Tel Aviv, le front météorologique s’est déplacé vers le sud et a commencé à se renforcer. Des crues se sont d’ores et déjà formées dans l’oued Ashoush dans l’Arava centrale. Les relevés pluviométriques sont éloquents : 11 mm à la station de Hatzeva, 6 mm à Paran, 5 mm à Har Saggi, et 4 mm à Mitzpe Ramon et à Halouza. Des chiffres en apparence modestes, mais qui dans ces zones arides peuvent suffire à déclencher des crues éclairs d’une puissance considérable.

Selon les prévisions du Service météorologique, la pluie devrait continuer de se déplacer vers le nord dans les prochaines heures. Des inondations significatives sont attendues dans les oueds de la mer Morte et du désert de Judée. Dans la nuit et le lendemain matin, des crues majeures sont prévues également dans la côte méridionale, dans l’Otef Aza — la région limitrophe de Gaza — et dans le nord-ouest du Néguev.

Dans un pays qui fait face simultanément à une guerre ouverte contre l’Iran, des tirs de roquettes depuis le Liban, et des milliers de familles déplacées dans tout le nord du pays, l’arrivée d’une tempête avec risques d’inondation ajoute une couche supplémentaire de pression sur les services d’urgence déjà sollicités au maximum. Les abris antiaériens, auxquels la population est habituée depuis le début de l’opération « Rugissement du Lion », ne sont pas conçus pour faire face à des inondations — et la concomitance des deux risques pose des défis logistiques réels au Commandement du front intérieur, au Magen David Adom et aux autorités locales.

La tempête arrive également dans un moment où plusieurs régions du nord du pays sont partiellement évacuées ou fonctionnent avec des effectifs réduits. Des localités comme Kiryat Shemona, Metula ou Shlomi, déjà fragilisées par les tirs du Hezbollah, devront faire face à des précipitations intenses avec des équipes de maintien municipales à effectif limité. Dans le sud, les communautés de l’Otef Aza — celles qui vivent à portée de Gaza depuis des mois — se retrouvent maintenant sous double pression, météorologique et sécuritaire.

Le Service météorologique a invité les résidents des zones concernées à éviter les oueds et les zones basses, à ne pas traverser les routes inondées et à rester informés des mises à jour en temps réel. C’est un rappel brutal que même en temps de guerre, Israël reste un pays soumis aux cycles naturels de la saison des pluies — et que la gestion de la sécurité civile ne peut jamais s’arrêter, quelle que soit l’urgence militaire du moment.

Tsahal élimine des combattants d’élite du Hamas en plein entraînement militaire à Gaza

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Dans la nuit du mardi au mercredi 25 mars, alors que tous les regards sont tournés vers les fronts iranien et libanais, Tsahal a conduit une frappe dans le centre de la bande de Gaza qui illustre une réalité souvent occultée par l’actualité : la guerre à Gaza n’est pas terminée. Plusieurs membres de la Nukhba — l’unité d’élite du Hamas, celle-là même qui a mené le massacre du 7 octobre 2023 — ont été éliminés lors d’une frappe militaire au moment où ils effectuaient un entraînement au combat dans la bande de Gaza.

Selon le communiqué de Tsahal, ces combattants étaient armés et avaient réalisé plusieurs exercices d’entraînement militaire dans cette zone au cours des derniers jours. Ils représentaient, selon l’armée, une menace directe pour les forces israéliennes et pour l’État d’Israël. La frappe a été conduite avec succès, éliminant les membres de la cellule présents sur le terrain.

L’élimination de combattants de la Nukhba en plein entraînement est un signal stratégique fort. Cela signifie que le Hamas, malgré plus de dix-sept mois de guerre, d’opérations terrestres israéliennes intensives et d’une pression économique et humanitaire sans précédent sur l’enclave, n’a pas renoncé à reconstituer ses capacités combattantes. Les survivants de l’unité d’élite tentent de reformer des cellules, de recruter, de s’entraîner — et de se préparer pour la prochaine confrontation.

Il faut rappeler ce qu’était la Nukhba avant le 7 octobre : une unité spéciale du Hamas, formée pendant des années à des opérations d’infiltration, de prise d’otages et d’attaques contre des positions militaires. C’est elle qui a dirigé les incursions dans les communautés du Néguev occidental ce matin-là, massacrant des centaines de civils et capturant des dizaines d’otages. L’idée que des éléments de cette unité s’entraînent encore à Gaza est, pour beaucoup d’Israéliens, une réalité insupportable — et pour Tsahal, une raison de maintenir une surveillance et une capacité de frappe permanentes sur le territoire de l’enclave.

Cette opération s’inscrit dans un tableau plus large : même pendant l’opération « Rugissement du Lion » contre l’Iran, qui mobilise l’essentiel des capacités de l’armée de l’air et une grande partie de l’attention politique et médiatique, Tsahal continue de surveiller Gaza, d’y frapper des cibles prioritaires et d’empêcher tout réarmement ou regroupement de forces susceptibles de constituer une nouvelle menace. La guerre à Gaza n’est pas un dossier clos que l’on a remis dans le tiroir le temps de régler le dossier iranien — elle se poursuit, plus discrètement, mais avec la même détermination.

Rappelons également le contexte judiciaire de l’affaire des contrebandes vers Gaza, qui a fait l’actualité ces derniers jours avec la décision du juge Kolah. Que Tsahal trouve encore des combattants de la Nukhba s’entraînant dans l’enclave pose une question implicite : malgré le blocage de certaines enquêtes sur les voies d’approvisionnement, comment les réseaux de maintien en capacité du Hamas continuent-ils à fonctionner ? La frappe de cette nuit-là apporte une réponse partielle et sanglante.