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Le Hezbollah prépare la reprise des hostilités : Israël se remet en ordre de bataille dans le Nord

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Un an après la trêve fragile conclue sous médiation américaine, le Liban s’enfonce à nouveau dans les tensions. Ce jeudi matin, le Hezbollah a publié une série de communiqués enflammés dénonçant “la poursuite des agressions sionistes” et affirmant “le droit légitime de résister”. Dans le même temps, Tsahal a confirmé avoir frappé plusieurs positions du groupe dans le secteur de Saïda et de la vallée de la Bekaa, en réponse à des mouvements suspects repérés par ses drones de surveillance.

Pour la première fois depuis des mois, des signes clairs laissent entrevoir une reprise des tirs de roquettes contre les localités israéliennes du Nord. Dans un message adressé “au peuple libanais”, Hezbollah affirme que “l’ennemi ne vise pas seulement la résistance, mais tout le Liban”, reprenant la rhétorique classique d’un État “agresseur”.

En Israël, le ton est tout autre. Les renseignements militaires ont détecté des préparatifs logistiques dans plusieurs villages chiites situés entre Nabatiyeh et Tyr : renforcement de caches d’armes, déploiement de petites unités de reconnaissance, et augmentation du trafic radio entre commandants locaux du Hezbollah.

Le chef d’état-major Eyal Zamir a réuni hier le ministre de la Défense Israël Katz pour faire le point sur la situation. “Nous considérons ces signaux comme un avertissement”, a déclaré Katz. “Si le Hezbollah franchit la ligne rouge, nous réagirons avec la pleine puissance de Tsahal.”

Les tensions ont aussi une dimension politique interne. Au Liban, le président Joseph Aoun tente de préserver une façade de neutralité tout en subissant les pressions d’un Hezbollah de plus en plus isolé, critiqué pour son alliance stratégique avec l’Iran. Le Premier ministre Nawaf Salam plaide pour “le maintien du cessez-le-feu”, mais son autorité réelle sur les milices est inexistante.

Côté israélien, les dernières semaines ont vu une intensification des activités de renseignement aérien au-dessus du Sud-Liban. Tsahal affirme avoir éliminé Hussein Jaber Dib, membre de la redoutée unité “Radwan”, impliqué dans des attaques planifiées contre les avant-postes israéliens. Le porte-parole de l’armée a précisé : “Ce terroriste était l’un des cerveaux opérationnels de la branche sud du Hezbollah. Son élimination est un message clair.”

Selon les estimations du renseignement militaire israélien (Aman), le Hezbollah dispose encore de plus de 130 000 roquettes, dont certaines capables d’atteindre Tel Aviv. Mais sa capacité de lancement rapide aurait été largement amoindrie par les frappes israéliennes ciblées sur les dépôts d’armes et les tunnels frontaliers depuis 2024.

Les analystes rappellent que le Hezbollah traverse une période de fragilité financière et politique. Les sanctions américaines sur ses circuits de financement, combinées à la crise économique libanaise, ont réduit son influence dans plusieurs bastions historiques. “Le mouvement cherche à restaurer son image de résistance, même au prix d’une confrontation limitée avec Israël”, estime Eyal Ben-Reuven, général (rés.) et ancien commandant du front Nord.

Pour Israël, cette “préparation à la guerre” ne signifie pas une attaque imminente, mais une prudence maximale. Le nord du pays, de Metula à Kiryat Shmona, reste en état d’alerte élevée. Les villages évacués lors des dernières escalades sont toujours partiellement vides, certains habitants refusant de revenir tant que le Hezbollah n’aura pas été désarmé au sud du Litani, comme l’exige la résolution 1701 de l’ONU.

Dans les airs, les avions de chasse de Tsahal multiplient les passages à basse altitude. “Le Hezbollah tente de tester notre réactivité, mais nous restons prêts”, déclare un officier de l’armée de l’air. Le ministère de la Défense a par ailleurs confirmé que le plan d’évacuation des civils du Nord avait été mis à jour “en cas d’incident majeur”.

Les États-Unis suivent de près la situation. Le département d’État a exhorté “toutes les parties à la retenue”, tout en rappelant le “droit d’Israël à se défendre”. En coulisse, Donald Trump, revenu à la Maison-Blanche, entretient un canal direct avec Jérusalem pour prévenir toute escalade incontrôlée. Selon Politico, un émissaire américain aurait déjà rencontré les autorités libanaises pour les avertir qu’“une attaque du Hezbollah provoquerait une riposte dévastatrice”.

La France, encore influente à Beyrouth, tente de sauver l’accord de trêve signé l’an dernier sous médiation conjointe de l’ONU et du Qatar. Mais les diplomates sur place reconnaissent que “la patience d’Israël s’épuise”.

Les militaires israéliens en sont convaincus : le Hezbollah se prépare à la guerre, même s’il n’ose pas encore la déclencher. Dans les salles de commandement du Nord, les cartes sont prêtes, les cibles connues, les escadrilles alignées.

“Nous avons quitté Gaza et réduit notre présence en Syrie”, résume un officier supérieur de Tsahal. “Si Nasrallah veut tester Israël, il le fera cette fois à ses dépens. L’armée est prête à frapper Dahiyeh, la Bekaa et au-delà.”

L’automne 2025 pourrait bien marquer la fin de la “pause stratégique” entre Israël et le Hezbollah — et le début d’un nouveau cycle d’affrontement que plus personne, ni à Beyrouth ni à Jérusalem, ne semble en mesure d’arrêter.

Juan Carlos, le roi déchu d’Espagne, brise le silence : “Oui, j’ai tué mon frère — et je vis avec ça depuis soixante-dix ans”

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C’est une confession tardive, presque une absolution publique. À 87 ans, l’ancien roi d’Espagne Juan Carlos Ier, exilé à Dubaï depuis 2020 après des scandales financiers, vient de publier ses mémoires, “Pious”, où il révèle pour la première fois les détails du drame qui a marqué sa vie : la mort accidentelle de son frère cadet Alfonso, tué par une balle tirée de sa main en 1956.

“Nous jouions avec un pistolet que nous pensions vide”, écrit-il. “J’ai pressé la détente. Le coup est parti. Le projectile l’a frappé au visage. Il s’est effondré. Il avait quatorze ans.”
Des mots sobres, sans détour, mais d’une intensité glaçante. Ce passage d’à peine deux pages suffit à faire trembler tout un pays.

L’accident s’était produit dans la résidence familiale de Estoril, au Portugal, où vivait la famille royale en exil depuis la chute du roi Alphonse XIII. Juan Carlos, alors âgé de 18 ans, était cadet à l’académie militaire espagnole — et pressenti, déjà, pour incarner la restauration monarchique que préparait le dictateur Francisco Franco.

À l’époque, l’événement avait été entouré de silence. Aucune enquête officielle n’avait été ouverte, aucune responsabilité n’avait été publiquement établie. Le régime franquiste, soucieux de protéger l’image du jeune prince, avait parlé d’un “accident domestique”. Pendant des décennies, l’Espagne s’était tue, entre compassion et malaise.

Dans ses mémoires, Juan Carlos brise enfin ce tabou : “Il n’y a pas un jour où je n’y pense pas. Si Alfonso n’était pas mort, ma vie aurait été moins sombre, moins solitaire.” Il décrit son frère comme “un enfant joyeux, plus brillant que moi, plus libre”.

Mais le livre ne se limite pas à ce souvenir tragique. C’est un règlement de comptes politique et familial. Le roi déchu y accuse son fils, le roi Felipe VI, de “l’avoir abandonné par devoir politique”, et confie sa colère face à une monarchie qui, selon lui, “a renié ses racines”.

Il y exprime aussi sa nostalgie de Franco — celui qui l’avait formé, adoubé, et fait roi en 1975 à sa mort. “Franco avait un sens aigu de l’unité nationale. Il m’a dit un jour : ‘Majesté, quoi qu’il arrive, gardez l’Espagne unie’. Je lui ai promis de le faire.” Une phrase qui a choqué nombre d’Espagnols, rappelant l’ombre pesante du franquisme sur la transition démocratique.

Pourtant, ce même Juan Carlos est celui qui, en 1981, a tenu tête aux putschistes militaires, apparaissant en uniforme à la télévision pour défendre la démocratie. Ce geste héroïque lui valut une adoration quasi mystique. Mais les dernières années de son règne ont terni ce prestige : chasse aux éléphants en Afrique, amitiés douteuses, commissions occultes versées par des monarchies du Golfe, puis exil.

Dans son autobiographie, il reconnaît avoir accepté “une donation de 100 millions de dollars du roi d’Arabie saoudite”, mais la qualifie de “cadeau symbolique”. “J’ai commis une erreur. J’aurais dû refuser. C’était une autre époque”, écrit-il.

Il évoque également sa maîtresse, la mondaine germano-danoise Corinna Larsen, avec laquelle il vécut un long scandale amoureux. “Je ne justifie rien, mais je n’ai jamais cessé d’aimer mon épouse Sofia”, écrit-il, évoquant la reine émérite restée à Madrid.

Dans un ton presque testamentaire, Juan Carlos dit espérer mourir en Espagne : “Je veux être enterré à Madrid, aux côtés de mes ancêtres. Je ne veux pas que la honte de l’exil soit ma dernière demeure.”

La sortie du livre, publiée d’abord en France avant son édition espagnole prévue en décembre, provoque un séisme médiatique. Les journaux madrilènes oscillent entre compassion et gêne. El País parle d’un “cri d’âme d’un roi brisé”. ABC, plus monarchiste, salue “la confession d’un homme avant tout humain”.

Mais une partie de la gauche républicaine réclame déjà que la justice rouvre certains dossiers financiers liés à l’ancien monarque. “Cette autobiographie n’efface ni les mensonges ni les millions cachés dans les paradis fiscaux”, a réagi Íñigo Errejón, chef du parti Más País.

Pour les monarchistes, au contraire, c’est un acte de vérité : “Juan Carlos a incarné l’Espagne moderne, imparfaite mais courageuse. Il mérite d’être jugé pour ses erreurs, pas pour ses ennemis”, a déclaré un éditorial de La Razón.

La scène la plus poignante du livre reste cette phrase, écrite d’une main tremblante :

“Je l’ai tué sans le vouloir, et je me suis condamné à vivre pour le dire.”

Soixante-dix ans après, le roi déchu fait enfin face à son propre passé — celui d’un adolescent devenu symbole d’un pays en reconstruction, puis d’un homme seul face à sa faute et à son déclin.

Rafah : Israël dément les rumeurs sur la dépouille d’Hadar Goldin parmi les 200 terroristes – les tunnels du Hamas deviennent une poudrière diplomatique

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La rumeur avait enflammé les réseaux sociaux : la dépouille du lieutenant Hadar Goldin, tombé au combat à Rafah en 2014 et retenue depuis par le Hamas, aurait été localisée dans le même réseau de tunnels où se trouvent près de 200 terroristes piégés sous le sol de la ville. Ce jeudi matin, Tsahal a formellement démenti ces informations, accusant certains médias arabes et des comptes pro-Hamas de “diffuser des mensonges à visée psychologique”.

L’armée israélienne a précisé que les forces spéciales opérant dans le secteur sud de Rafah “n’ont trouvé à ce stade aucun élément prouvant la présence de dépouilles de soldats israéliens dans les galeries concernées”. Ces tunnels, situés de l’autre côté du “ligne jaune” — limite technique entre la zone palestinienne et le territoire israélien —, sont au centre d’une crise humanitaire et stratégique majeure, puisque plusieurs centaines de combattants du Hamas y seraient bloqués depuis le début des frappes ciblées.

La rumeur s’est propagée après une série de publications sur la chaîne Telegram Al-Manar, liée au Hezbollah, évoquant la “récupération d’un corps d’officier israélien”. Très vite, des chaînes arabes comme Al-Mayadeen ont relayé cette version, prétendant que l’ADN correspondait à celui du lieutenant Goldin. Tsahal a immédiatement réagi : “Ces allégations sont fausses et visent à provoquer la douleur des familles endeuillées.”

Pour la famille Goldin, chaque rumeur est un supplice. Depuis onze ans, Leah et Simha Goldin se battent pour que leur fils soit restitué. “Nous vivons entre l’espoir et la manipulation”, a déclaré la mère. “Le Hamas continue d’utiliser les corps comme une arme politique, et certains médias s’en rendent complices.”

Cette affaire survient dans un contexte explosif. Selon plusieurs sources diplomatiques, Washington fait pression sur Israël pour permettre un couloir de sortie à quelque 150 à 200 terroristes retranchés dans les tunnels de Rafah, en échange de leur reddition et du démantèlement symbolique de certaines unités du Hamas. Un “test” du plan Trump en vingt points pour la fin de la guerre, dont la sixième clause prévoit une amnistie partielle pour les combattants acceptant de déposer les armes.

Mais Jérusalem reste inflexible. Le ministre de la Défense Israël Katz a déclaré ce matin : “Aucun terroriste ne sortira vivant de ces tunnels sans reddition totale et sans que justice soit rendue pour nos morts et nos otages.” Il a aussi confirmé que les unités du génie de combat poursuivent “une opération chirurgicale de neutralisation” des galeries souterraines, en évitant les zones où des civils pourraient être piégés.

Le lieutenant-colonel (réserviste) Ronen Tzur, spécialiste du renseignement, résume la situation : “Ce réseau souterrain est devenu le cimetière du Hamas. Ce que certains appellent une trêve humanitaire, eux l’utilisent pour se réorganiser.”

Les négociations menées par le Qatar et la Turquie n’ont pour l’instant pas abouti. Ankara aurait proposé une “médiation humanitaire” sous contrôle international, permettant l’extraction de blessés palestiniens et la récupération de dépouilles — y compris israéliennes. Mais pour Jérusalem, la proposition est jugée inacceptable tant que le Hamas détient encore quatre otages israéliens vivants.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahou a rappelé la ligne rouge du gouvernement : “La récupération des corps de nos soldats est un devoir sacré, mais elle ne se fera pas au prix de concessions à des assassins.” Une position partagée par l’état-major, qui redoute que l’exploitation politique du dossier Goldin n’affaiblisse la pression militaire.

Dans les médias israéliens, la colère est palpable. “Utiliser les morts pour un gain médiatique, c’est franchir un seuil d’inhumanité que même le Hamas dépasse rarement”, écrit le chroniqueur Amit Segal. Sur les réseaux sociaux, des milliers d’Israéliens ont partagé la photo d’Hadar avec le hashtag #BringHadarHome accompagné du drapeau bleu et blanc.

Sur le terrain, les opérations se poursuivent. Tsahal a confirmé la destruction de plusieurs tunnels connectés à Rafah, équipés de systèmes de communication indépendants et de stocks d’armes lourdes. Selon des estimations militaires, près de 40 % des infrastructures souterraines du Hamas seraient désormais neutralisées.

Mais l’enjeu dépasse la tactique. Pour Israël, la bataille des tunnels symbolise la lutte morale contre un ennemi qui se cache derrière les morts, vivants ou disparus. “C’est une guerre pour la dignité”, a confié un officier. “Hadar Goldin n’est pas un symbole de deuil, mais de fidélité. Nous ne cesserons pas tant que chaque soldat ne sera pas rentré chez lui.”

Toronto : des étudiants juifs attaqués lors d’un événement pro-israélien – la police parle d’acte de haine

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Une nouvelle flambée d’antisémitisme secoue le Canada. Mercredi soir, un groupe d’étudiants juifs réunis à l’université de Toronto pour un événement de soutien à Tsahal a été pris à partie par des militants pro-palestiniens. La scène, filmée et diffusée sur les réseaux sociaux, montre des dizaines d’individus encerclant les participants, hurlant « Free Palestine ! » et « Zionists go home ! » avant que des coups ne soient échangés. Plusieurs jeunes ont été blessés, deux hospitalisés, tandis que la police de Toronto a ouvert une enquête pour crime haineux.

L’événement, organisé par une association d’étudiants israéliens en collaboration avec des vétérans de Tsahal, devait être un moment d’échange et de témoignage. Selon les organisateurs, les soldats invités — tous récemment démobilisés — devaient parler de leur expérience humanitaire à Gaza et du soutien moral de la diaspora. Mais dès le début de la soirée, des groupes pro-palestiniens avaient appelé à manifester. « Nous avons vu les messages circuler sur Instagram, avec des appels explicites à “faire taire les soldats sionistes” », raconte l’une des organisatrices, Sarah Levy, encore sous le choc. « La sécurité du campus n’a rien fait pour nous protéger. »

Vers 20h30, les manifestants ont pénétré dans le hall du bâtiment où se tenait la conférence. Des drapeaux palestiniens ont été brandis, des slogans anti-israéliens scandés, puis des projectiles — bouteilles et œufs — ont été lancés vers les participants. Un témoin affirme avoir entendu un agresseur crier : « Nous allons faire de Toronto une nouvelle Gaza ! » Des étudiants se sont réfugiés dans une salle, barricadant la porte jusqu’à l’arrivée des forces de l’ordre.

La police de Toronto a confirmé que l’enquête avait été confiée à l’unité spécialisée dans les crimes haineux. Le chef de la police, Myron Demkiw, a dénoncé un acte « intolérable et incompatible avec les valeurs canadiennes ». Le Premier ministre Justin Trudeau, régulièrement critiqué pour sa tiédeur face à la montée de l’antisémitisme, a réagi sur X (ancien Twitter) : « Aucune idéologie ne justifie la violence contre les étudiants juifs. Le Canada est un pays où la peur ne doit pas remplacer le débat. »

Mais cette déclaration n’a guère calmé les inquiétudes. Selon la Fédération juive du Grand Toronto, les incidents antisémites ont augmenté de 400 % depuis le 7 octobre 2023. Graffitis, menaces, agressions verbales : le Canada anglophone, longtemps perçu comme un bastion de tolérance, découvre une radicalisation croissante sur ses campus.

Le président du Centre pour Israël et les Affaires juives (CIJA), Shimon Koffler Fogel, a dénoncé « l’hypocrisie des universités canadiennes, qui prétendent défendre la diversité mais laissent prospérer la haine anti-juive sous couvert de militantisme politique ». Il rappelle que plusieurs établissements — dont McGill et UBC — ont refusé de sanctionner des associations ayant justifié les massacres du 7 octobre.

Du côté israélien, la réaction ne s’est pas fait attendre. Le ministère des Affaires étrangères à Jérusalem a condamné « une attaque antisémite violente et coordonnée contre des jeunes juifs pacifiques », exhortant Ottawa à « prendre des mesures concrètes pour protéger ses citoyens juifs ». Selon un diplomate israélien en poste au Canada, « les ambassades israéliennes reçoivent chaque semaine des signalements d’étudiants agressés ou ostracisés pour avoir affiché leur soutien à Israël ».

L’incident de Toronto illustre un phénomène global : la démonisation d’Israël dans le monde académique occidental. Des groupes se réclamant du mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) ont investi les campus, transformant le discours antisioniste en véritable idéologie de la haine. « Aujourd’hui, être pro-Israël sur un campus nord-américain, c’est risquer sa sécurité », déplore l’essayiste Barbara Kay, qui évoque « un climat d’intimidation qui rappelle les années 1930 en Europe ».

Les États-Unis connaissent une dérive similaire. À New York, Harvard, Columbia ou UCLA, des étudiants juifs ont dû être escortés par la police. Au Royaume-Uni, des professeurs ont démissionné après avoir reçu des menaces pour avoir dénoncé le Hamas. En France, le ministère de l’Enseignement supérieur a recensé plus de 300 incidents antisémites depuis 2023.

À Toronto, l’université a publié un communiqué prudent, condamnant « toute forme de violence » mais sans évoquer explicitement l’antisémitisme. Une neutralité jugée insultante par les victimes. « Nous ne sommes pas un groupe politique », réagit une étudiante blessée. « Nous parlions de la vie des soldats, pas de politique. Et ils ont voulu nous faire taire parce que nous sommes juifs. »

Le lendemain, une veillée silencieuse a été organisée sur le campus. Des centaines d’étudiants juifs et chrétiens y ont participé, brandissant des pancartes : “Never again is now” et “Jews have the right to speak.”

L’agression de Toronto ne changera peut-être pas les mentalités du jour au lendemain. Mais elle rappelle une vérité dérangeante : en 2025, même au Canada, l’antisémitisme n’a pas disparu — il a simplement changé de visage.

Israël : reconnaissance officielle du Forum Takana, une victoire morale contre les abus dans le monde religieux

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C’est un tournant discret mais historique : après plus de vingt ans d’existence, le Forum Takana, organisme indépendant chargé de traiter les plaintes pour abus sexuels commis par des figures d’autorité dans le public religieux, a obtenu sa reconnaissance officielle par le ministère du Bien-être et des Affaires sociales. Un acte administratif, certes, mais porteur d’une portée symbolique majeure dans une société où le silence autour des violences sexuelles religieuses fut longtemps la norme.

Créé au début des années 2000 par un groupe de rabbins, d’enseignants, de psychologues et de juristes issus du courant sioniste religieux, le Forum Takana (mot hébreu signifiant “réparation”) avait pour objectif de répondre à un vide moral : comment dénoncer et sanctionner des abus commis par des éducateurs, rabbins ou dirigeants communautaires, lorsque les victimes, souvent mineures ou dépendantes spirituellement, craignaient la honte, l’exclusion ou l’incrédulité ?

Désormais reconnu comme centre officiel d’aide et de conseil, le forum bénéficie d’un soutien institutionnel qui lui permettra d’étendre ses activités et de renforcer la coordination avec la police et la justice. “Cette reconnaissance n’est pas qu’un tampon administratif, c’est une affirmation de valeurs”, a déclaré Me Lili Getz-Horowitz, directrice du Forum. “Nous disons haut et fort que la sainteté n’est pas une immunité, et que la foi ne saurait être un prétexte à l’impunité.”

Le Forum Takana s’est souvent trouvé à contre-courant d’une culture du silence bien enracinée. Ses interventions, parfois polémiques, ont abouti à la mise à l’écart de plusieurs enseignants et responsables religieux accusés d’abus sexuels sur des mineurs ou des élèves adultes. Le modèle du Forum est unique : il offre à la fois une écoute confidentielle pour les victimes et une procédure d’interpellation des auteurs présumés, pouvant aller jusqu’à des sanctions internes (suspension, retrait de fonctions, suivi thérapeutique).

Ce fonctionnement, longtemps perçu comme “interne” au monde religieux, a suscité des critiques de juristes laïcs, inquiets d’un risque d’“autarcie judiciaire”. Mais le Forum Takana a progressivement évolué vers une collaboration directe avec le système judiciaire israélien. Aujourd’hui, toute affaire grave est signalée au parquet, tout en maintenant un accompagnement des victimes sur le plan spirituel et psychologique.

Pour le ministère du Bien-être, cette reconnaissance traduit “une convergence entre justice civile et éthique religieuse”. Dans son communiqué, le ministre a salué “le courage de ceux qui ont choisi la transparence dans un milieu où la réputation a souvent primé sur la vérité”.

Dans le monde religieux, la décision est perçue comme un “changement d’époque”. Le rabbin Yuval Cherlow, cofondateur du Forum, parle d’“un jour de purification morale”. “Pendant trop longtemps, nous avons cru que laver le linge sale en famille suffisait. Mais la dissimulation est un poison. La véritable réparation passe par la vérité.”

Les victimes, elles, se disent soulagées. Une jeune femme, ancienne élève d’une école religieuse, confie sous anonymat : “Quand j’ai contacté le Forum Takana il y a cinq ans, j’étais terrifiée. Ils m’ont écoutée, ils m’ont crue. Sans eux, je n’aurais jamais eu la force de parler.”

Le mouvement féministe religieux salue aussi cette reconnaissance. L’organisation Bat Melech, qui accompagne les femmes victimes de violences conjugales, parle d’“une avancée essentielle pour la dignité des victimes dans la société orthodoxe”.

Les opposants au Forum, principalement dans les milieux ultra-orthodoxes non sionistes, dénoncent quant à eux “une ingérence de l’État dans les affaires du clergé”. Mais l’opinion publique israélienne, marquée par les scandales récents ayant impliqué des figures charismatiques de la religion, perçoit la décision comme un signal salutaire : désormais, nul n’est au-dessus de la loi.

En recevant l’accréditation officielle, Me Lili Getz-Horowitz a prononcé une phrase qui résume l’esprit du Forum : “Notre mission n’est pas de punir, mais d’empêcher. Nous voulons que chaque victime sache qu’elle n’est plus seule, et que chaque auteur potentiel sache qu’il sera vu.”

Le Forum Takana, longtemps marginal, devient ainsi un acteur central dans la lutte contre les violences sexuelles dans le secteur religieux — une alliance rare entre la Thora et la justice civile, entre l’écoute et la vérité. Dans un pays où la foi est souvent perçue comme un bouclier, cette reconnaissance sonne comme un rappel : la lumière divine ne tolère pas l’ombre du silence.

Israël retire la citoyenneté d’un homme condamné pour le meurtre de son épouse à l’étranger : la Loi du Retour ne protège pas les criminels

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C’est une décision rare et symboliquement forte : le tribunal administratif de Beer Sheva a prononcé la déchéance de nationalité d’un homme ayant obtenu la citoyenneté israélienne sur la base de la Loi du Retour, après qu’il eut dissimulé son passé criminel. L’individu, originaire d’Europe de l’Est, avait été condamné dans son pays pour le meurtre de sa deuxième épouse, avant de fuir et d’immigrer en Israël sous une fausse déclaration.

Lors de son entretien de naturalisation, il avait affirmé être divorcé. En réalité, il venait d’être libéré d’une longue peine de prison pour homicide volontaire, après avoir enterré le corps de sa femme dans la cour de leur domicile. Cette information, restée cachée pendant des années, a refait surface à la suite d’une coopération judiciaire entre la police israélienne et Interpol.

Le ministère de l’Intérieur a alors saisi la justice pour obtenir la révocation de sa nationalité, invoquant “la fraude manifeste lors de l’acquisition de la citoyenneté”. Le tribunal a suivi cet argument. Dans son jugement, la juge a estimé que “la Loi du Retour est un privilège fondé sur la confiance. Celui qui la détourne pour fuir ses crimes trahit non seulement l’État, mais aussi l’esprit moral sur lequel il est fondé.”

Le prévenu, aujourd’hui âgé de 54 ans, avait vécu plusieurs années dans le Néguev, menant une existence discrète. Ce n’est qu’à la suite d’un contrôle administratif de routine qu’il a été identifié grâce à des correspondances d’empreintes digitales. Son expulsion vers son pays d’origine est désormais envisagée.

Pour l’État d’Israël, cette affaire rappelle un principe essentiel : la Loi du Retour — pilier de l’identité nationale juive — ne saurait servir de refuge aux criminels. Adoptée en 1950, cette loi garantit à tout Juif le droit d’immigrer et d’obtenir la citoyenneté israélienne. Mais son application s’accompagne d’une clause morale : elle peut être refusée à quiconque a un passé judiciaire grave ou constitue une menace pour la société.

Le ministre de la Justice a salué la décision du tribunal, estimant qu’elle “protège la dignité morale de la citoyenneté israélienne”. “Israël a été fondé pour accueillir les survivants et les bâtisseurs, pas les fugitifs du crime”, a-t-il déclaré. “La Loi du Retour est un droit sacré, mais elle n’exonère pas des devoirs fondamentaux de l’humanité.”

Le ministère de l’Intérieur souligne que cette affaire n’est pas isolée : plusieurs dossiers similaires ont été examinés ces dernières années, concernant des candidats à l’alyah ayant dissimulé des condamnations pour fraude, violence domestique ou agressions sexuelles. Dans la majorité des cas, les demandes ont été annulées avant l’obtention de la nationalité.

Mais ici, la gravité du crime commis — un meurtre prémédité — et la manipulation des autorités ont convaincu la justice d’aller plus loin. “La citoyenneté israélienne ne peut être une seconde identité pour des criminels de sang”, a tranché la juge. “Elle est le prolongement d’une communauté fondée sur la vie, la justice et la mémoire.”

Les juristes saluent cette jurisprudence. Pour l’avocate Nurit Kahana, spécialiste du droit de l’immigration, “ce jugement établit clairement que la Loi du Retour ne doit pas être détournée de son sens historique. Elle est un acte de rédemption collectif, pas un outil d’impunité individuelle.”

Dans la société israélienne, l’affaire suscite à la fois de la satisfaction et de l’inquiétude. Satisfaction, parce qu’elle réaffirme l’intégrité morale de l’État ; inquiétude, car elle révèle les failles d’un système d’intégration parfois dépassé par le volume des demandes d’immigration. Depuis la guerre en Ukraine et la montée des violences antisémites en Europe, les dossiers de conversion et d’alyah ont explosé, rendant plus difficile le contrôle des antécédents judiciaires.

“Ce jugement est un signal fort adressé à tous les candidats à l’immigration : Israël est un État refuge, pas une cachette”, a résumé un haut fonctionnaire du ministère de l’Intérieur. “Nous voulons accueillir, pas absoudre.”

L’homme concerné, qui a purgé sa peine à l’étranger avant de refaire sa vie en Israël, a désormais perdu tous ses droits civiques. Il a été placé en détention administrative en attendant sa reconduite vers son pays d’origine. Une fin prévisible pour celui qui pensait pouvoir renaître en Terre promise après avoir versé le sang.

La décision du tribunal de Beer Sheva, rare mais exemplaire, vient rappeler une vérité simple : le droit d’être israélien n’est pas un passeport, c’est une responsabilité.

Rabbin Haggaï Londin : « En temps de guerre, on ne contemple pas le mal — on le détruit »

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Dans sa chronique hebdomadaire sur la paracha Vayéra, le rabbin Haggaï Londin, figure influente du courant sioniste religieux, signe une tribune sans détour : « Il est temps de choisir son camp : les terroristes du Nukhba ou nos soldats. » Derrière le ton biblique, un message clair : Israël est engagé dans une bataille existentielle où l’hésitation morale équivaut à une faute.

« Les anges, écrit-il, ne doutent pas. Ils ne « comprennent » pas le mal, ils le combattent. » La comparaison biblique fait écho à l’actualité : alors que certains milieux politiques ou médiatiques appellent à une “modération” dans la riposte israélienne, Londin invite à relire la destruction de Sodome comme une métaphore du choix moral face au Hamas. « Quand les anges viennent sauver Loth, il hésite, sa femme se retourne vers le passé, et tous deux se figent dans le sel. Dans une guerre comme la nôtre, celui qui cherche à comprendre le mal au lieu de le vaincre se pétrifie. »

Cette lecture tranchée, typique du rabbinat national, illustre un débat profond dans la société israélienne : faut-il continuer à répondre par la force, ou écouter les appels internationaux à la retenue ? Pour Londin, la réponse ne souffre aucun compromis. “Ce n’est pas une guerre territoriale, c’est une guerre morale. Celui qui doute, celui qui relativise, cesse d’être du côté de la lumière.”

Les mots sont puissants, mais trouvent un large écho dans une opinion israélienne lassée par la complaisance occidentale envers le Hamas. Depuis la reprise partielle du cessez-le-feu, les images de propagande circulant sur les réseaux sociaux — civils déguisés en “victimes”, dirigeants terroristes jouant les “négociateurs” — alimentent une colère froide dans la population. Le rabbin Londin traduit ce sentiment collectif : “Certains veulent tout comprendre, tout justifier. Mais il est des moments où la compassion mal placée devient de la complicité.”

Le religieux s’en prend aussi à ce qu’il appelle “la culture de la neutralité morale”. Dans une allusion directe aux critiques internationales de Tsahal, il cite : “Les anges ne déposent pas de rapports de l’ONU. Ils agissent. Quand Dieu décide de sauver Abraham et de détruire Sodome, Il ne met pas les deux sur le même plan.”

Le texte, relayé massivement sur les réseaux israéliens et dans plusieurs médias religieux, n’est pas seulement une homélie : c’est un manifeste idéologique. Le rabbin Londin, membre de l’Institut Hézder de Sderot, enseigne la Thora à des centaines de jeunes soldats. Son influence s’étend bien au-delà des cercles religieux. En mêlant versets bibliques et morale patriotique, il forge une théologie du courage qui sert d’appui spirituel à de nombreux combattants.

“Chaque soldat d’Israël est un messager divin, un ange en mission”, écrit-il encore. “Leur rôle n’est pas de douter, mais de délivrer. Quand le mal s’incarne dans une armée terroriste, l’amour du bien se mesure à la capacité de la détruire.”

Les réactions n’ont pas tardé. Certains intellectuels laïcs dénoncent une rhétorique “absolutiste”, voire “dangereuse”. D’autres saluent un discours lucide dans une époque confuse. “Nous vivons une inversion morale où l’agresseur se déguise en victime et la victime doit s’excuser de se défendre. Le rabbin Londin remet les choses à l’endroit”, commente l’essayiste Arié Eldad, ancien député et chirurgien militaire.

Dans les Yeshivot du sud, le texte est déjà étudié comme un support pédagogique. De nombreux soldats de Tsahal, en permission, y voient une source d’énergie spirituelle. “Le rabbin a mis des mots sur ce qu’on ressent tous : il n’y a plus de place pour les nuances quand on affronte la barbarie”, témoigne un officier de réserve de la brigade Golani.

Le ministère de la Défense, dirigé par Israël Katz, a lui-même cité un passage du texte lors d’une conférence interne sur la “résilience morale en temps de guerre”. Un signe que le message dépasse les cercles religieux pour rejoindre la conscience nationale.

En filigrane, Londin adresse aussi un reproche implicite aux élites occidentales. “L’Europe veut être moralement pure. Elle oublie que la pureté sans courage mène à la paralysie. Israël, lui, n’a pas ce luxe : il choisit la vie, donc la lutte.”

Cette vision intransigeante, profondément enracinée dans la tradition biblique, n’appelle ni vengeance ni haine, mais responsabilité. “Le mal, enseigne la Thora, ne disparaît pas par les mots mais par l’action juste.”

Dans un pays encore endeuillé, où chaque sirène rappelle la fragilité de la paix, la voix du rabbin Londin agit comme un rappel : l’humanisme véritable n’est pas de comprendre les bourreaux, mais de protéger les innocents.

Smotrich défie la coalition : pas un vote de plus sans la loi d’allègement fiscal pour les réservistes

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Coup de tonnerre à la Knesset. Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a annoncé jeudi que son parti, le Sionisme religieux, suspendrait immédiatement toute participation aux votes de la coalition tant que la loi d’avantages fiscaux pour les réservistes de Tsahal ne serait pas adoptée en deuxième et troisième lecture. Une décision à la fois politique et symbolique, qui vient rappeler que derrière les débats budgétaires, c’est la reconnaissance du sacrifice des soldats citoyens d’Israël qui se joue.

“Les réservistes passent avant tout”, a déclaré Smotrich dans un communiqué sec diffusé depuis son bureau à Jérusalem. “L’État d’Israël leur doit tout. Aucun calcul politique, aucun compromis parlementaire ne saurait justifier qu’on retarde encore une mesure aussi évidente.”

Le texte, approuvé en première lecture en août dernier, prévoit un système de points de crédit fiscal progressifs pour les soldats de réserve, en fonction du nombre de jours de service accomplis. Plus le service est long, plus la réduction d’impôt est importante. La réforme vise à reconnaître l’engagement croissant des réservistes, dont beaucoup ont été mobilisés pendant des mois depuis le 7 octobre, souvent au détriment de leur emploi ou de leur famille.

Mais la loi, pourtant soutenue par une large majorité de l’opinion, s’est enlisée dans les méandres de la commission des finances. Le Likoud, principal partenaire de la coalition, estime que le texte avantage de manière disproportionnée les Israéliens aux revenus élevés. “Cette proposition, en l’état, exclut une grande partie des étudiants, travailleurs indépendants et familles modestes”, a dénoncé le président de la coalition Ofir Katz. “Nous devons aider tous les réservistes, pas seulement ceux qui paient beaucoup d’impôts.”

Pour Smotrich, cet argument n’est qu’un prétexte. “Ceux qui se battent ne demandent pas la charité. Ils demandent un geste de justice”, a-t-il répliqué. “Si le gouvernement n’est pas capable de récompenser ceux qui défendent le pays, alors à quoi bon parler de solidarité nationale ?”

Cette crise interne intervient dans un contexte de tension politique accrue au sein de la majorité. Après la guerre, la société israélienne a été marquée par une solidarité exceptionnelle envers les soldats, mais aussi par un ressentiment profond envers les institutions perçues comme lentes à reconnaître leurs efforts. Des milliers de réservistes, rentrés épuisés du front de Gaza ou du Nord, témoignent de difficultés administratives, de salaires impayés et de promesses non tenues.

Dans les médias israéliens, plusieurs chroniqueurs voient dans le geste de Smotrich un acte calculé mais porteur d’un message fort : “Il veut incarner le ministre qui n’oublie pas les soldats, alors que les partis centristes s’enlisent dans les compromis”, analyse Maariv.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahou, lui, tente d’éviter une fracture ouverte. S’il reconnaît “l’importance cruciale” de la loi, il redoute qu’un vote hâtif ne provoque un précédent budgétaire difficile à contenir. “Nous devons rester responsables et équilibrés”, a-t-il déclaré. “Mais je m’engage personnellement à ce que les réservistes reçoivent la reconnaissance qu’ils méritent.”

Dans les rangs de Tsahal, la déclaration du ministre des Finances a été accueillie avec émotion. Des officiers de réserve ont exprimé leur soutien à Smotrich, estimant que “pour une fois, un politicien a osé mettre ses actes en accord avec ses paroles”. Sur les réseaux sociaux, le hashtag #TodaLaMiluim (“merci les réservistes”) est devenu viral, accompagné de témoignages poignants de soldats racontant leur retour au civil, souvent dans l’indifférence.

Mais cette escalade politique pourrait fragiliser la coalition. Les députés du Likoud dénoncent une “prise d’otage parlementaire”, tandis que les partis d’opposition observent la scène avec amusement. Yair Lapid, chef de Yesh Atid, a accusé le gouvernement d’“hypocrisie morale”. “Ils ont envoyé nos soldats au front, mais quand il s’agit de les soutenir, tout s’arrête sur des calculs politiques.”

En toile de fond, la question du statut du réserviste israélien dépasse le simple cadre fiscal. Elle touche à l’identité même du pays. Depuis un an, plus de 360 000 Israéliens ont été mobilisés, un chiffre sans précédent depuis 1973. Cette armée de citoyens, souvent composée de pères de famille, de médecins, d’ingénieurs ou d’étudiants, forme l’épine dorsale de la sécurité nationale.

“Sans eux, Israël n’existerait tout simplement pas”, rappelait récemment le ministre de la Défense Israël Katz, saluant “un effort héroïque, mené sans relâche ni plainte”. Katz a soutenu la position de Smotrich, appelant la coalition à “agir vite pour transformer la gratitude en actes concrets”.

Dans les rues, la population ne cache pas son exaspération. Devant la Knesset, des familles de réservistes ont organisé un petit rassemblement avec une pancarte simple : “Nos maris ont donné leur temps, donnez-leur au moins du respect.”

Cette bataille parlementaire, en apparence technique, révèle en réalité un clivage profond entre ceux qui portent le pays sur leurs épaules et ceux qui calculent en coulisses. Pour Smotrich, la ligne rouge est claire : tant que la reconnaissance des soldats restera bloquée, il n’y aura plus de discipline de vote.

Et dans une période où les défis sécuritaires demeurent considérables, son message résonne avec une intensité particulière : la loyauté envers les réservistes n’est pas une option politique — c’est le socle même de la nation.

Zoharan Memdani élu maire de New York : la victoire du BDS dans la capitale juive américaine

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C’est un séisme politique et symbolique : Zoharan Memdani, militant pro-palestinien et fervent partisan du mouvement BDS, a été élu maire de New York.
Dans la ville qui abrite la plus grande communauté juive du monde, ce résultat résonne comme un avertissement. Le rêve américain des Juifs new-yorkais vacille, et Israël observe, sidéré, la montée d’un nouvel antisionisme institutionnel.

Une victoire inquiétante

Âgé de 34 ans, d’origine ougandaise et musulmane pratiquant, Memdani a battu son rival Andrew Cuomo, ancien gouverneur de l’État de New York, en obtenant plus de 50 % des voix.
Il devient ainsi le premier maire musulman de l’histoire de New York, et le plus jeune élu à ce poste depuis un siècle.
Son discours de victoire, prononcé devant une foule brandissant drapeaux palestiniens et pancartes “Free Gaza”, a immédiatement donné le ton :

“New York restera une ville de migrants. Nous combattrons toutes les discriminations, y compris celles exercées par Israël.”

Ces mots ont glacé une partie de la communauté juive locale. Dans cette mégapole où plus d’1,2 million de Juifs vivent, travaillent et prient, l’élection d’un militant ouvertement anti-israélien marque un tournant.

Le triomphe d’une idéologie

Membre du parti démocrate progressiste, Memdani est connu pour son soutien affiché au mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions), qu’il décrit comme “une résistance pacifique contre l’apartheid israélien”.
Il a refusé à plusieurs reprises de reconnaître Israël comme État juif et a qualifié la guerre contre le Hamas de “génocide”.
Cette rhétorique, jadis marginale, s’est banalisée dans les universités et les médias américains.

Dans les faits, 31 % des électeurs juifs new-yorkais ont voté pour lui — preuve d’un désarroi identitaire que beaucoup d’observateurs expliquent par la déconnexion croissante entre diaspora et Israël.
“Les jeunes Juifs américains ne se sentent plus concernés par le destin de l’État hébreu”, analyse le politologue new-yorkais David Rosenfeld. “Ils ont grandi dans un environnement progressiste où le sionisme est présenté comme une faute morale.”

Le silence assourdissant d’Hollywood et des élites juives

Cette fracture se manifeste aussi dans la culture populaire.
Alors que les drames du 7 octobre et la guerre contre le Hamas ont bouleversé Israël, peu de personnalités juives d’Hollywood ont osé s’exprimer.
Zach Efron, Scarlett Johansson, Adam Sandler ou Timothée Chalamet — tous d’origine juive — ont choisi le silence, par peur de perdre des contrats.

La comédienne Ilana Glazer, très influente sur TikTok, a même soutenu publiquement Memdani, qualifiant sa victoire de “renaissance morale”.
Pour les Israéliens, ce silence est une trahison : “Ils préfèrent être aimés que debout”, résume une journaliste de Haaretz dans une chronique amère.

Les réactions israéliennes : entre choc et lucidité

À Jérusalem, la réaction officielle a été mesurée, mais le malaise est réel.
“Nous respectons la démocratie américaine, mais nous ne fermerons pas les yeux sur la montée de l’idéologie BDS au cœur de New York”, a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères.
Pour beaucoup de diplomates, la victoire de Memdani marque un tournant dans les relations entre Israël et les communautés juives américaines, longtemps considérées comme des bastions de soutien inconditionnel.

“Ce n’est pas seulement une élection municipale, c’est un signal de déclin spirituel”, analyse le journaliste israélien Tsvi Yehezkeli.

“Le djihad silencieux avance par les urnes, pas par les bombes. Et cette fois, c’est la ville de New York qui a capitulé la première.”

Entre indifférence et inquiétude

Sur le terrain, les Juifs new-yorkais oscillent entre résignation et peur.
Les agressions antisémites, déjà en hausse de 300 % depuis 2023, risquent de s’intensifier dans un climat politique où Israël devient un bouc émissaire permanent.
“Nos enfants rentrent de l’école en cachant leur étoile de David”, confie Sarah Goldberg, enseignante à Brooklyn. “Nous n’avons plus la certitude d’être chez nous.”

Mais paradoxalement, peu envisagent de quitter les États-Unis.
“Les Juifs américains sont trop intégrés, trop confortables”, estime le sociologue israélien Avi Ben-David. “Ils préfèrent ignorer le danger plutôt que de reconnaître qu’Israël reste leur seule maison sûre.”

Une fracture civilisationnelle

La victoire de Memdani dépasse le cadre new-yorkais : elle symbolise le basculement moral de l’Occident, où les valeurs progressistes servent désormais de paravent à une haine sélective.
Là où l’islamisme se présente en victime, Israël devient le coupable permanent.
Ce renversement, nourri par les universités, les réseaux sociaux et la lâcheté politique, menace désormais les fondements de la démocratie américaine elle-même.

“Le 7 octobre a révélé la barbarie”, écrivait un chroniqueur israélien. “Le 5 novembre, New York a révélé la cécité.”

 

Amsterdam renoue avec la lâcheté : la Hollande abandonne à nouveau ses Juifs

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L’annulation d’un concert de Hanoucca à Amsterdam, en raison de la présence du hazan en chef de Tsahal, a provoqué un séisme moral en Israël et dans la diaspora.
Pour le ministre israélien de la Diaspora, Amichaï Chikli, la Hollande “n’a rien appris” et “abandonne encore les Juifs”, quatre-vingts ans après la Shoah. Un symbole glaçant d’un continent qui, sous couvert de tolérance, ferme les yeux sur la haine.

Un concert annulé, une faute historique

Ce devait être une soirée de lumière et d’unité : le grand concert de Hanoucca organisé par la communauté juive d’Amsterdam.
Mais la direction du prestigieux Concertgebouw a soudainement annoncé l’annulation pure et simple de l’événement — motif : la participation du lieutenant-colonel Shaï Abramson, hazan (chantre) en chef de Tsahal.
Une présence jugée “incompatible” avec le climat politique local, où les manifestations pro-palestiniennes se multiplient chaque semaine dans les rues de la capitale néerlandaise.

Le message était clair : un Juif, oui — mais un Juif qui porte l’uniforme israélien, non.
La décision a immédiatement suscité un tollé au sein de la communauté juive locale et des condamnations officielles d’Israël.

Chikli : “La Hollande suit la voie de la Belgique”

Le ministre israélien de la Diaspora, Amichaï Chikli, a publié un texte d’une rare gravité.
“Il y a quatre-vingts ans, 75 % des Juifs hollandais ont été exterminés — la proportion la plus élevée d’Europe occidentale”, a-t-il rappelé.

“Sur 140 000 Juifs, 102 000 ont été assassinés dans les camps, principalement à Auschwitz et Sobibor. Et aujourd’hui, la Hollande démontre que rien n’a changé : elle ferme à nouveau la porte aux Juifs.”

Le ministre accuse le pays de suivre la dérive belge, où les événements liés à Israël sont régulièrement annulés “par peur de déplaire à la rue musulmane”.
“Les Pays-Bas deviennent un endroit où les Juifs n’osent plus afficher leur identité, où l’on annule Hanoucca pour ne pas déranger les antisémites”, déplore-t-il.

Une communauté de plus en plus isolée

Aux Pays-Bas, la petite communauté juive, estimée à 35 000 membres, vit sous tension.
Ces dernières années, les attaques verbales et physiques contre les Juifs se sont multipliées : insultes dans les transports, graffitis antisémites, synagogues sous surveillance policière.
En 2024 déjà, les supporters de Maccabi Tel-Aviv avaient été agressés à Amsterdam par des militants islamistes criant “Hamas, Hamas, les Juifs au gaz”.

“Nous vivons un retour aux années 1930”, témoigne Doron Sanders, président du mouvement Mizrahi aux Pays-Bas.

“Les institutions culturelles refusent d’accueillir tout artiste lié à Israël. On diabolise les soldats de Tsahal comme s’ils étaient des criminels de guerre. La peur revient.”

Dans ce climat, l’annulation du concert de Hanoucca sonne comme un avertissement : l’antisémitisme n’est plus seulement toléré — il est institutionnalisé.

L’ambassade d’Israël proteste, sans effet

L’ambassadeur d’Israël à La Haye, Tzvi Avinery-Wofny, a dénoncé une décision “honteuse et discriminatoire”.
“En Israël, les soldats défendent la démocratie et la vie humaine. En rejetant un artiste pour sa loyauté envers cette mission, vous trahissez l’esprit même de la culture et de la musique”, a-t-il déclaré dans un communiqué officiel.
Mais du côté hollandais, aucune autorité n’a condamné la décision du Concertgebouw. Pas même le ministère de la Culture, qui s’est contenté d’évoquer “un choix interne à la direction de la salle”.

L’indifférence, une fois encore, fait plus mal que la haine ouverte.

La gauche néerlandaise sur la pente glissante

Les dernières élections aux Pays-Bas ont accentué la fracture.
Les partis de gauche — dont plusieurs figures ont ouvertement soutenu le boycott d’Israël — ont enregistré une poussée spectaculaire.
Résultat : une atmosphère idéologique où la cause palestinienne est devenue un dogme, et la solidarité avec Israël, un tabou.
“Les Juifs néerlandais se demandent désormais s’ils ont encore un avenir ici”, commente une journaliste du quotidien De Telegraaf.
Plusieurs familles ont déjà entamé des démarches pour faire leur alyah vers Israël.

Un miroir de l’Europe

Le cas hollandais n’est pas isolé. Partout en Europe, la judéophobie reprend racine, souvent maquillée en “antisionisme culturel”.
Annuler un concert, boycotter une exposition, déprogrammer un artiste : ces gestes symboliques créent un climat de peur et de résignation.
Pour les Israéliens, ils rappellent que la lutte pour la sécurité du peuple juif ne se joue pas seulement à Gaza — mais aussi à Amsterdam, Paris ou Londres.

“Ce qui se passe en Europe n’est pas une polémique artistique, c’est une faute morale”, tranche un diplomate israélien à Jérusalem.
“Quand on cède face à la haine, on la nourrit. Quand on ferme la porte à un chant de Hanoucca, on éteint la lumière.”

La lumière contre les ténèbres

Dans quelques semaines, les bougies de Hanoucca brilleront à Tel-Aviv, Jérusalem et Netanya.
Elles rappelleront que la lumière juive ne s’éteint jamais, même dans les lieux où l’on tente de la bâillonner.
“Les Juifs d’Europe doivent réfléchir à leur avenir”, conclut Amichaï Chikli.
“Là où l’on n’a pas appris du passé, il ne reste qu’à fuir l’avenir.”