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Des bandes de jeunes bédouins terrorisent les adolescents à Be’er Sheva : vols, menaces et absence totale de police

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À Be’er Sheva, les témoignages se multiplient depuis plusieurs semaines : des bandes organisées de jeunes bédouins, parfois accompagnées de mineurs issus de familles de collaborateurs palestiniens, attendent les adolescents à la sortie des centres commerciaux et des parcs pour les dépouiller sous la menace de couteaux, d’outils et même de tournevis. Les habitants parlent d’un sentiment d’abandon complet, d’un vide sécuritaire qui laisse la ville aux mains de ces groupes violents, tandis que les autorités policières peinent à fournir la moindre réponse.

Le phénomène a éclaté au grand jour après plusieurs agressions filmées et partagées sur les réseaux sociaux. Des adolescents racontent avoir été suivis en sortant du Grand Canyon, l’un des plus grands centres commerciaux du sud du pays, puis encerclés par des groupes de jeunes armés. “Je suis sorti du centre, ils ont sauté sur moi et m’ont arraché le sac de vêtements que je venais d’acheter”, raconte G., 14 ans. “Ils attendent les enfants qui sortent, ils savent qu’on n’a aucun moyen de se défendre. Les gens ont peur de marcher seuls.”

Selon les habitants, les méthodes sont devenues systématiques : repérage des adolescents à la sortie des magasins, menaces, coups, confiscation des téléphones et vols de sacs contenant vêtements, friandises et parfois même des chaussures. A., agressé lui aussi récemment, affirme : “Ils m’ont volé un sac rempli de bonbons. Ils se déplacent en groupe, ils ont des couteaux et des tournevis. On n’ose plus aller au centre-ville ou acheter quelque chose sans regarder partout.”

Le plus inquiétant est la multiplication des attaques dans les parcs publics. Les groupes arrivent souvent en voiture depuis les zones bédouines environnantes, se rassemblent en dizaines et enchaînent les agressions éclair. Plusieurs habitants parlent d’un climat de peur permanent dès la tombée de la nuit : adolescents dépouillés, intimidations, bouteilles d’alcool arrachées, téléphones subtilisés. Aucun quartier ne semble épargné.

Les habitants évoquent une absence totale d’intervention policière. “La police n’existe pas dans cette ville”, affirme D., une mère de famille, dans un témoignage qui circule massivement. “Be’er Sheva est abandonnée. On paie une taxe de sécurité municipale mais il n’y a ni policiers, ni gardiens, ni présence rassurante dans les rues.” Les critiques visent à la fois la municipalité et la police nationale, accusées de laisser le terrain aux bandes criminelles issues des zones bédouines du Néguev.

Cette montée de violence s’inscrit dans un contexte plus large : le crime organisé bédouin dans le sud d’Israël a connu une expansion fulgurante ces dernières années, alimenté par la prolifération d’armes illégales, la faiblesse de l’application de la loi dans certaines zones non reconnues et la radicalisation d’une partie de la jeunesse. À cela s’ajoute l’impact du 7 octobre, qui a mobilisé une grande partie des forces de sécurité sur le front sud et dans les localités proches de Gaza, laissant des zones urbaines comme Be’er Sheva plus exposées.

Des experts en sécurité interrogés par Mako soulignent que ces bandes sont composées majoritairement de jeunes mineurs, souvent déscolarisés, qui considèrent les adolescents israéliens comme des cibles faciles et peu risquées. Certaines de ces attaques seraient imitées de vidéos circulant sur TikTok, alimentant une dynamique d’“exploits” violents destinés à impressionner leurs pairs ou à gagner du statut au sein de leur groupe.
Source réelle et vérifiable (Mako) : https://www.mako.co.il/news-law/2025_q4/Article-552d7e4f1ecbf81027.htm

Les habitants expliquent aussi que les zones commerciales sont devenues des points chauds, car les bandes savent que les adolescents y achètent vêtements, nourriture ou accessoires faciles à revendre. L’absence de caméras et de patrouilles régulières facilite encore leurs opérations. Plusieurs parents affirment désormais interdire à leurs enfants de sortir seuls après 18 heures, ce qui témoigne de la gravité du climat d’insécurité.

Alors que les médias locaux s’emparent du sujet, des élus du sud demandent une intervention massive du ministère de la Sécurité nationale, avec des renforts policiers permanents et des opérations ciblées dans la périphérie bédouine. Les habitants, eux, réclament une présence visible dans les rues, l’installation de caméras dans les zones sensibles et des mesures concrètes contre les mineurs récidivistes. Beaucoup estiment que seule une politique de tolérance zéro pourra ramener l’ordre dans une ville désormais perçue comme laissée à elle-même.

Dans ce contexte, Be’er Sheva devient un symbole d’un problème national : le fossé sécuritaire qui oppose les grandes villes bien protégées du centre à la périphérie sud, exposée à la criminalité bédouine et à la faiblesse structurelle des forces de l’ordre. Pour les habitants, le problème dépasse le simple banditisme. Il touche au cœur du sentiment d’appartenance et de sécurité, dans une ville située à seulement quelques dizaines de kilomètres de Gaza, au croisement de lignes de fracture sociales, sécuritaires et nationales.

Sources réelles et vérifiables :
Mako (texte original) : https://www.mako.co.il/news-law/2025_q4/Article-552d7e4f1ecbf81027.htm

Deux jeunes de Jérusalem-Est arrêtés après l’enlèvement violent d’un jeune près de Qalandiya

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Une affaire d’une violence inhabituelle a mobilisé dans la nuit les forces de police de Jérusalem et les unités de la police des frontières : deux jeunes de Jérusalem-Est ont été arrêtés alors qu’ils tentaient d’enlever un autre jeune homme près du poste de contrôle de Qalandiya, au nord de la capitale. L’intervention rapide des forces de sécurité a permis de retrouver la victime, battue et laissée à l’arrière du véhicule des suspects, et de mettre fin à ce qui aurait pu devenir un drame supplémentaire dans une région déjà marquée par l’instabilité sécuritaire.

L’incident a commencé lorsque le centre de commandement de la police a reçu un appel signalant une agression en cours aux abords du checkpoint. Selon les premiers éléments, deux jeunes ont violemment frappé un autre garçon, avant de le traîner jusqu’à leur véhicule dans une tentative manifeste de kidnapping. Les policiers de la station de Shafat, renforcés par des équipes de la police des frontières opérant dans le secteur Jérusalem–Qalandiya, ont immédiatement établi un périmètre de recherche et activé les moyens de localisation du véhicule.

Quelques minutes plus tard, la voiture suspecte a été repérée dans une zone proche. Lorsque les agents ont procédé à son interception, ils ont découvert les deux suspects à l’avant et, à l’arrière, la victime en état de choc, présentant de multiples blessures au visage et sur le corps. Les services médicaux l’ont immédiatement évacuée vers un centre hospitalier pour des soins urgents. Son état a été décrit comme grave mais stable.

Les deux suspects, résidents de Jérusalem-Est, ont été arrêtés et transférés au poste de police pour être interrogés. La police indique que l’enquête préliminaire fait apparaître un contexte de règlement de comptes ou de conflit personnel, un différend qui aurait dégénéré en tentative d’enlèvement et en violences extrêmes. Les suspects ont été présentés devant un juge qui a prolongé leur détention jusqu’au mercredi suivant, afin de permettre aux enquêteurs de poursuivre les interrogatoires et de récolter des preuves supplémentaires.

Cet épisode met une nouvelle fois en lumière la situation sécuritaire fragile autour de Jérusalem et la nécessité de maintenir une présence policière renforcée dans les zones sensibles. Le secteur de Qalandiya, en particulier, est régulièrement le théâtre d’incidents violents allant des altercations entre groupes rivaux aux attaques contre les forces de sécurité. Les autorités israéliennes rappellent que la région nécessite une vigilance constante, non seulement en raison des tensions terroristes, mais aussi du crime organisé et de phénomènes de délinquance locale qui se nourrissent du vide sécuritaire entre Jérusalem et Ramallah.

Les forces de l’ordre israéliennes soulignent que ce cas s’inscrit dans une tendance préoccupante : l’augmentation des violences entre jeunes de Jérusalem-Est, parfois motivées par des rivalités locales, parfois alimentées par l’incitation permanente sur les réseaux sociaux, ou encore par les organisations affiliées au Hamas et au Fatah qui cherchent à exploiter les tensions internes. Les services de renseignement israéliens surveillent de près ces micro-cellules de jeunes susceptibles de basculer vers des actions plus graves.

Les habitants de Jérusalem et des localités voisines expriment quant à eux un sentiment de lassitude face à la recrudescence de telles affaires. Des responsables municipaux évoquent la nécessité d’investir davantage dans des programmes de prévention destinés à éloigner cette jeunesse radicalisée de la violence et à renforcer la coordination entre police, autorités civiles et services sociaux. Ils rappellent toutefois que le climat post-7 octobre, marqué par la menace terroriste permanente et l’incitation croissante des organisations islamistes, complique considérablement les efforts de stabilisation.

Pour la police israélienne, l’affaire illustre également l’importance de la présence rapide des unités de la police des frontières dans les zones de friction. Leur capacité à intervenir en quelques minutes a probablement évité que l’enlèvement ne se transforme en meurtre. L’un des officiers a déclaré à la presse locale que « ce type d’événement montre pourquoi nous devons maintenir un niveau de vigilance maximal autour de Jérusalem. La région est saturée de flux humains, de tensions et de groupes criminels, et chaque incident peut dégénérer en tragédie ».

Cette agression survient alors que les forces de sécurité israéliennes sont particulièrement mobilisées sur plusieurs fronts : la menace terroriste en Judée-Samarie, les tensions à la frontière nord avec le Hezbollah et la surveillance renforcée de Jérusalem. L’incident de Qalandiya s’ajoute à une série d’événements récents qui rappellent l’importance pour Israël de maintenir une politique de fermeté, tant pour freiner l’essor de la criminalité que pour prévenir les tentatives d’instrumentalisation politique par les organisations terroristes.

Sources réelles et vérifiables :
Mako (article original) : https://www.mako.co.il/news-law/2025_q4/Article-d1bb6bdc1ecbf81027.htm
Police d’Israël : https://www.gov.il/he/departments/israel_police

La mesure de la police face à la vague de criminalité à Hadera, et les doutes : « C’est comme donner de l’aspirine à un mourant »

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La police a décidé de créer un quartier général spécial à Hadera après des publications sur mako révélant les défaillances répétées dans la lutte contre la criminalité dans la ville, et après l’entrée en scène de l’unité centrale et les avertissements adressés aux criminels influents. Malgré cet effort ciblé, certains avertissent qu’il ne s’agit que d’une solution temporaire : « On ne peut pas maintenir des centaines de policiers dans la ville. »

La police israélienne a décidé de créer un quartier général spécial pour traiter la vague de criminalité grave à Hadera, à la suite d’une série d’enquêtes publiées ces deux dernières années sur mako révélant l’incapacité persistante du commissariat local à répondre de manière adéquate aux criminels responsables de la violence.

Les policiers de l’unité centrale du district Nord ont commencé à opérer en ville, avertissant des criminels de haut niveau qu’ils étaient « dans la ligne de mire » et que des moyens technologiques avancés seraient utilisés pour mener à leur arrestation. En parallèle, il a été décidé d’établir un commandement dédié pour traiter spécifiquement la criminalité dans la ville. Dans ce cadre, des unités spéciales de la police seront actives à Hadera, fourniront une réponse aux habitants et s’attaqueront également au phénomène de criminels influents du secteur arabe ayant récemment déménagé en ville.

« Comme donner de l’aspirine à un mourant »

Un haut responsable de la police a déclaré :
« Le problème avec un tel quartier général, c’est son caractère temporaire. On ne peut pas maintenir des centaines de policiers à Hadera à long terme. Une initiative similaire a été mise en place à Netanya, et après un mois — quand les unités sont parties — les criminels sont immédiatement revenus. C’est comme donner de l’aspirine à un mourant. Il faut des centaines de policiers permanents patrouillant dans les rues. C’est la seule manière d’éliminer la criminalité et de faire baisser le profil des criminels. »

Habitants inquiets et armes en quantité

La ville est devenue tristement célèbre cette année pour la criminalité rampante. Des gangs et organisations criminelles ont terrorisé les habitants et les commerçants, impliqués dans des dizaines de jets de grenades, fusillades et tentatives d’assassinat. La police locale n’a pas pu fournir une réponse efficace : bien que de grands criminels comme Eli Arbiv ou Yanis Yoshevayev aient été arrêtés, ils ont été relâchés faute de preuves — et la criminalité n’a fait que s’aggraver.

Un criminel local révèle :
« Hadera est remplie d’armes capables d’équiper des compagnies d’infanterie : fusils, pistolets, grenades offensives et défensives. Les organisations criminelles arabes se sont alliées avec des criminels juifs, et la police n’arrive pas à les attraper. Même à Or Akiva, des criminels arabes ont armé des criminels locaux et là aussi il y a un chaos. »

Les habitants, eux, sont très inquiets :
« La police est très faible. Elle ne peut pas faire face à la criminalité qui explose et met les habitants en danger. Il n’y a pas de capacités de renseignement, pas assez de policiers sur le terrain. La ville est abandonnée. Les criminels l’ont prise. Nous avons contacté le commissaire et le ministre Ben Gvir, mais la situation ne fait qu’empirer. »

L’ancien directeur de l’Autorité fiscale : « Quelle personne normale garde 300 000 shekels en liquide ? »

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D’immenses sommes disparaissent chaque année dans l’économie souterraine, mais au cours de l’année écoulée, l’État n’a réussi à révéler qu’une petite partie de ce capital noir — principalement grâce aux réformes sur les factures et sur l’usage du liquide. L’ancien directeur de l’Autorité fiscale : « La clé est d’identifier en temps réel les transactions illégitimes et de les empêcher. Nous utilisons l’IA. »

L’ampleur du capital noir en Israël et dans le monde est inconnue : il n’existe aucun moyen d’évaluer précisément les sommes circulant dans l’économie clandestine. En Israël, les estimations varient entre 12 % et 21 % du PIB. Selon des études de l’OCDE, le capital noir en Israël est estimé à environ 300 milliards de shekels, soit 20 % du PIB. « Cela importe peu », explique un haut responsable de l’Autorité fiscale. « Même si l’on adopte les estimations les plus basses, 12 % du PIB, cela représente encore des milliards de shekels dissimulés. »

L’Autorité fiscale a compris depuis longtemps que la lutte contre le capital noir passe par la prévention, et non par la poursuite dans les profondeurs de l’économie souterraine. L’un des programmes phares de cette approche est le projet « Factures pour Israël », visant à réduire les factures fictives, un véritable fléau national. Selon les estimations, des milliards de shekels sont soustraits chaque année à l’État par ce biais, perçu comme une méthode simple à appliquer et difficile à repérer — du moins jusqu’à récemment.

Le programme, lancé en 2024, a permis de bloquer des transactions d’une valeur totale d’environ 16 milliards de shekels — y compris des factures fictives et des impôts récupérés à la suite de la détection d’opérations frauduleuses.

Le directeur actuel, Shai Aharonovitz, ainsi que son prédécesseur, Eran Yaakov, affirment que l’utilisation de l’IA et d’outils d’analyse avancés permet aujourd’hui d’identifier en une fraction de seconde les transactions à risque.

Les criminels tremblent de peur

Le renforcement de la lutte contre le capital noir a provoqué des réactions violentes. Aharonovitz a reçu récemment une lettre anonyme contenant des menaces de mort à son encontre et à l’encontre de sa famille, sur fond de saisies de centaines de millions de shekels dans diverses enquêtes. Le Shin Bet et la police enquêtent, les premiers éléments laissant penser à des organisations criminelles arabes.

Eran Yaakov, ancien directeur, a déclaré :
« Les menaces prouvent que nos actions dérangent — et donc qu’elles sont justes pour l’économie et le public. Je suis certain que Shai, professionnel et courageux, ne se laissera pas intimider. »

300 000 en liquide ? « Pas normal »

Parallèlement, une loi visant à réduire l’usage du liquide, entrée en vigueur en 2019, limite les paiements en espèces afin d’encourager les moyens de paiement numériques. Les recherches montrent que le liquide sert de carburant au crime et à l’économie noire.

Une nouvelle proposition vise à limiter la détention de liquide à 200 000 shekels — proposition régulièrement bloquée politiquement. Yaakov explique :
« Les critiques disent que c’est anticonstitutionnel, que cela limite la liberté économique, mais quelle personne normale garde 300 000 shekels en liquide chez elle ? La limite de 200 000 est suffisamment élevée pour les personnes âgées ou ceux qui veulent l’anonymat. Il n’y a aucune logique dans l’opposition à cette loi. C’est une mesure drastique mais nécessaire dans la lutte contre le capital noir. »


Un israélien inculpé pour menaces contre la procureure générale : « Oui légal, non légal — tu finiras dans une tombe »

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L’atmosphère politique israélienne s’alourdit encore d’un cran après l’inculpation de Yaakov Yata’h, 44 ans, militant associé à l’idéologie de la mouvance Kach, poursuivi pour incitation raciste et menaces explicites contre la procureure générale, Gali Baharav-Miarra. Ses vidéos, diffusées sur les réseaux sociaux, révèlent une violence verbale d’une rare brutalité, mêlant insultes, appels au suicide et comparaisons directes avec l’assassinat d’Yitzhak Rabin.

Selon l’acte d’accusation déposé au tribunal de district de Haïfa, Yata’h a enregistré plusieurs séquences où il s’adresse directement à la procureure générale, utilisant un vocabulaire ordurier et des menaces transparentes. On l’entend affirmer : « Gali Miarra, tu vois ce qui est arrivé à la procureure militaire ? Qui sera la prochaine ? », avant d’ajouter : « Va sauter d’un immeuble, c’est mieux pour toi. »
Dans une autre vidéo, il qualifie Baharav-Miarra de « Rabin numéro deux », reprenant les codes rhétoriques des années 1990 et agitant l’ombre d’un nouvel attentat politique.

Yata’h ne s’arrête pas là. Il parle d’un « nouvel âge », celui du « kahanisme », et affirme que la procureure devra « trembler en sortant de chez elle ». Dans un enregistrement supplémentaire, une photo de la procureure apparaît à l’écran tandis qu’il déclare : « On fera en sorte que tu te suicides… Oui légal, non légal — tu finiras dans une tombe. »

Ce n’est pas la première fois que Yata’h se retrouve devant la justice. Déjà condamné par le passé pour incitation à la violence contre des manifestants, des personnalités publiques et des juges, il avait été arrêté par l’unité Lahav 433 après avoir échappé plusieurs semaines aux forces de l’ordre. Il avait écopé de dix mois de prison ferme, notamment pour des appels à la violence diffusés sur TikTok contre des militants politiques, dont Shikma Bressler.

Son retour dans l’actualité judiciaire intervient dans un climat national sous tension, alors que les autorités tentent de contenir la recrudescence de discours violents visant responsables publics et institutions d’État. La comparaison avec l’assassinat du Premier ministre Rabin, régulièrement mobilisée par Yata’h, prend une dimension d’autant plus glaçante qu’elle touche à l’un des traumatismes fondateurs de la société israélienne moderne.

Les procureurs espèrent que ce nouveau dossier, plus lourd et plus explicite que les précédents, permettra de fixer une limite claire. Car derrière les outrances verbales, l’enjeu dépasse le cas individuel de Yata’h : il s’agit d’une bataille pour préserver la stabilité des institutions dans un pays où la pression politique, la polarisation et les menaces décomplexées se banalisent dangereusement.

En attendant le procès, la procureure générale, déjà très exposée dans l’arène politique, devient malgré elle le symbole d’un affrontement plus large : celui entre l’État de droit et la violence politique. Un combat où Israël sait, par son expérience tragique, que la complaisance n’est jamais une option.

Le Royaume-Uni part en guerre contre les migrants : “une révolution historique”

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La nouvelle ministre de l’Intérieur, Shabana Mahmood, a annoncé l’adoption du “modèle danois” pour lutter contre l’immigration illégale. Les principaux éléments du programme : prolongation drastique du délai d’obtention du statut de résident permanent, restrictions sur le regroupement familial et même confiscation de biens des migrants. “Notre générosité attire des migrants qui créent une immense pression, le système n’est pas sous contrôle”, a déclaré Mahmood.

Le gouvernement britannique devrait présenter demain (lundi) l’une des mesures les plus marquantes dans le domaine de l’immigration – une réforme complète de la politique d’asile, visant à durcir les règles et réduire le nombre de migrants illégaux arrivant dans le pays. La démarche intervient dans un contexte de forte inquiétude publique au sujet de l’immigration, ainsi que sous une pression politique intense sur le Labour, dans une tentative de freiner la montée du parti populiste de droite “Reform UK” de Nigel Farage.

Selon le ministère de l’Intérieur dirigé par la ministre Shabana Mahmood, le Royaume-Uni adoptera de larges pans du modèle danois, considéré comme l’un des plus stricts d’Europe, et “ira même au-delà” sur certains points. Le Danemark est connu pour sa politique accordant seulement un statut temporaire, limitant les regroupements familiaux et permettant la confiscation de biens des demandeurs d’asile pour financer leur séjour.

Fin de l’obligation légale de soutien
L’une des mesures centrales du programme est l’annulation de l’obligation légale de fournir un logement et des allocations aux demandeurs d’asile démunis. Désormais, le soutien ne sera plus “automatique” mais accordé selon appréciation — et pourra être refusé à ceux capables de travailler mais choisissant de ne pas le faire, à ceux disposant de biens, à ceux enfreignant la loi, travaillant illégalement ou perturbant les lieux d’hébergement.

Environ 100 000 demandeurs d’asile reçoivent actuellement un soutien du Royaume-Uni, beaucoup étant hébergés dans des hôtels — une situation que le Labour s’est engagé à terminer d’ici 2029. Une faible proportion d’entre eux est autorisée à travailler, mais la majorité ne l’est pas, et ces règles ne devraient pas changer.

Jusqu’à 20 ans avant l’obtention du statut permanent
Selon les détails publiés par la ministre Mahmood dans le Sunday Times, la réforme inclura un durcissement majeur des conditions d’installation dans le pays :
– Ceux arrivant illégalement au Royaume-Uni devront attendre 20 ans avant de pouvoir demander un statut de résident permanent.
– Le statut de réfugié deviendra temporaire, avec un réexamen tous les 30 mois.
– Les personnes originaires d’un pays défini comme “sûr” pourront être renvoyées vers celui-ci.
– Même ceux arrivant légalement devront attendre 10 ans avant d’être éligibles au statut permanent — deux fois plus qu’aujourd’hui.
– Les mesures s’appliqueront uniquement aux nouveaux arrivants.
Le Royaume-Uni permet actuellement d’obtenir un statut permanent après cinq ans, une voie que le gouvernement entend supprimer.

Inspiration du Danemark – mais critiques sévères
Plus tôt cette année, une délégation britannique de haut niveau a visité Copenhague pour étudier l’approche danoise, où :
– L’asile est temporaire, souvent pour deux ans.
– Une nouvelle demande doit être déposée à l’expiration du statut.
– Le pays peut renvoyer des réfugiés vers leur pays lorsqu’il est considéré “sûr”.
– Le processus de citoyenneté est long et strict.
– La loi permet la confiscation de biens des demandeurs d’asile.

Selon le ministère de l’Intérieur, le Danemark a réussi à réduire les demandes d’asile à leur niveau le plus bas depuis 40 ans et à renvoyer 95 % des demandeurs déboutés.

Parallèlement, des organisations de défense des droits humains avertissent que le modèle danois crée une atmosphère hostile, porte atteinte à la protection des réfugiés et laisse des personnes dans une situation prolongée d’incertitude — des critiques désormais également adressées au Royaume-Uni.

Pression politique sur le gouvernement
Le parti travailliste, généralement perçu comme ayant une approche plus modérée en matière d’immigration, se retrouve aujourd’hui pris entre la pression de la droite, fortement influencée par Nigel Farage et “Reform UK”, et les critiques internes de son propre camp. “Reform” réclame l’arrêt complet des bateaux de migrants et s’oppose à ce que ces derniers puissent même déposer une demande d’asile.

La ministre Mahmood : “Le système n’est pas sous contrôle”
La ministre Shabana Mahmood souligne que la réforme vise à rétablir “ordre et équité” dans le système :
“Notre générosité attire des migrants illégaux par la Manche. Le rythme et l’ampleur de l’immigration exercent une pression énorme sur les communautés.”
Elle a ajouté que si le Royaume-Uni ne traite pas l’augmentation de l’immigration illégale, le pays deviendra “plus fragile et plus polarisé”. Elle a également déclaré que “400 000 personnes ont déposé des demandes d’asile au cours des quatre dernières années”, et que plus de 100 000 sont actuellement soutenues par l’État — des chiffres qui renforcent le sentiment du public que le système n’est pas maîtrisé.

Critiques sévères des organisations d’aide
Le Conseil britannique pour les réfugiés a déclaré que les réfugiés ne “font pas leurs courses” entre les systèmes d’asile, et que la plupart arrivent au Royaume-Uni en raison de liens familiaux, d’une connaissance de base de la langue ou de connexions préexistantes permettant de commencer une nouvelle vie en sécurité.

Le ministère de l’Intérieur a également reçu des lettres de près de 100 organisations caritatives demandant au gouvernement “de cesser de présenter les migrants comme une menace”, affirmant que la nouvelle politique pourrait encourager le racisme et la violence.


Deux ministres arrivés en retard à la réunion du gouvernement – laissés à l’extérieur

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Des ministres arrivés en retard à la réunion du gouvernement ont découvert que le secrétariat du gouvernement avait verrouillé la porte — sur ordre du Premier ministre Netanyahou.

Les ministres restés à l’extérieur sont : Israël Katz, May Golan, Yitzhak Wasserlauf, Nir Barkat, Avi Dichter.

Après une confrontation de dix minutes, les ministres ont été autorisés à entrer dans la réunion.

On rappelle que ces dernières semaines, Netanyahou a exprimé à plusieurs reprises auprès des ministres son mécontentement concernant les retards et les absences aux réunions du gouvernement.

La semaine dernière, il a déclaré :
« C’est de la sauvagerie. Les ministres doivent être présents à l’heure à la réunion du gouvernement. Nous publierons la présence en ligne, et quiconque ne viendra pas ne voyagera pas à l’étranger. Une fois que j’entre — la porte sera verrouillée. »

Ensuite, il a transmis, via le secrétaire du gouvernement, une directive selon laquelle un ministre qui arriverait en retard ou manquerait la réunion hebdomadaire ferait l’objet de sanctions. Ce ministre ne pourra pas soumettre de propositions de décision la semaine suivante.
En cas de retard ou d’absence répétés — deux fois ou plus — il sera interdit au ministre d’effectuer des voyages officiels à l’étranger au nom de l’État.

« Un vrai héros » : le sergent Oz Daniel, tombé le 7 octobre

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Les drapeaux israéliens flottaient en silence sur les rues de Kfar Saba. Deux ans et un mois après le massacre du 7 octobre, la dépouille du sergent Oz Daniel, 19 ans, a enfin retrouvé la terre d’Israël. Le jeune soldat de Tsahal, capturé et tué par le Hamas lors de l’attaque contre le kibboutz Kissoufim, a été restitué cette semaine dans le cadre de l’accord de fin de guerre. Des milliers de personnes se sont réunies pour lui rendre les honneurs qu’il n’avait jamais cessé de mériter.

Le cortège funéraire, parti du centre commercial G de la ville, a traversé les rues dans un silence recueilli avant de rejoindre le cimetière militaire. À la tête de la procession, ses parents, Amir et Meirav, sa sœur jumelle Hadar, et une foule compacte de camarades d’unité, drapeaux bleus et blancs à la main. « Oz aimait la vie, il riait fort, il jouait de la guitare et croyait que la musique pouvait changer le monde », a confié sa mère dans un discours bouleversant. « Nous avons attendu 762 jours pour ce moment. Aujourd’hui, nous pouvons enfin lui dire adieu, mais aussi merci. »

Oz Daniel faisait partie des jeunes recrues de la brigade blindée. Le matin du 7 octobre, il s’était replié dans un abri avec son unité après avoir intercepté plusieurs infiltrations terroristes autour du kibboutz. Son char avait été pris d’assaut par les hommes du Hamas. Longtemps porté disparu, il avait été officiellement déclaré mort en février 2024, avant que son corps ne soit localisé puis ramené cette semaine d’une fosse commune à Rafah, sous médiation internationale.

Son retour est devenu un symbole national. Dans les rues, des banderoles ont été accrochées : “Oz, notre frère, notre héros”. À la télévision, ses amis ont témoigné de sa générosité. « Il avait ce courage tranquille, cette façon de plaisanter même au milieu du chaos », raconte l’un d’eux. « Le 6 octobre au soir, il m’a envoyé un message : ‘Demain, on protège la maison.’ C’était lui tout entier. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahou a adressé ses condoléances à la famille et salué “un soldat qui représente l’âme d’Israël : le dévouement sans condition, la foi dans le pays et la lumière face à la barbarie”. Le ministre de la Défense Israël Katz s’est exprimé sur le même ton : “Chaque retour d’un corps est une victoire morale. Nous ne laissons jamais nos fils, ni vivants ni morts.”

Le président Isaac Herzog a lui aussi rendu hommage au sergent Daniel dans un message lu pendant la cérémonie : “Ton nom, Oz — la force — est celui de tout un peuple. Nous continuerons à défendre cette force jusqu’à ce que tous nos fils reviennent.”

Dans les gradins du cimetière, des vétérans de la guerre de Gaza, visiblement émus, ont tenu à être présents. L’un d’eux, capitaine de réserve, a déclaré : “Nous ne sommes pas venus enterrer Oz. Nous sommes venus continuer son combat. Chaque soldat tombé devient une étoile qui éclaire la route des vivants.”

L’histoire d’Oz Daniel résonne d’autant plus fort qu’elle rappelle la brutalité de l’attaque du Hamas et la douleur prolongée des familles dont les proches ont été enlevés ou disparus. Depuis un an, Israël tente de restituer les dépouilles des soldats et civils assassinés, souvent utilisées par les terroristes comme monnaie d’échange. Plus de 350 combattants du Hamas ont été éliminés dans le Sud depuis le cessez-le-feu, selon Tsahal, preuve que la traque ne s’est jamais interrompue.

Mais au-delà des chiffres, c’est une dimension spirituelle qui domine cette journée. “Les funérailles d’Oz Daniel ne sont pas une fin, c’est une promesse : celle que la mémoire de nos soldats ne s’effacera jamais”, a déclaré le grand rabbin militaire lors de la prière finale. Des enfants de Kfar Saba ont allumé 19 bougies, symbolisant chaque année de sa vie interrompue.

Dans la foule, une jeune fille tenait une pancarte écrite à la main : “Tu es rentré à la maison, Oz. Am Yisrael Haï.” Cette phrase, reprise en chœur par les milliers de participants, a clôturé la cérémonie.

Israël tout entier s’est figé le temps d’un adieu. Un pays en guerre a retrouvé l’un de ses fils, non pas pour pleurer la mort, mais pour affirmer la vie.

Tsahal intensifie ses frappes : un tunnel terroriste et un dépôt d’armes du Hezbollah détruits dans le sud du Liban

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À l’aube, l’armée israélienne a mené une nouvelle série de frappes ciblées contre des infrastructures terroristes du Hezbollah au Liban. Selon Tsahal, les opérations ont visé un dépôt d’armement et une installation souterraine utilisée par l’organisation chiite dans le secteur du sud-Liban.
Ces frappes, exécutées par l’armée de l’air sur la base de renseignements d’Aman, s’inscrivent dans une dynamique d’intensification progressive des actions israéliennes face aux tentatives du Hezbollah de reconstruire ses capacités militaires.

Les images publiées par le porte-parole de Tsahal montrent les impacts précis des frappes, réalisées dans des conditions complexes en raison de la proximité des infrastructures visées avec des zones civiles. Une réalité qui illustre, une fois encore, l’usage cynique du Hezbollah de la population libanaise comme bouclier humain — une stratégie déjà dénoncée par l’armée israélienne et largement documentée sur le terrain.

Dans un communiqué, le porte-parole de Tsahal avertit : « חיזבאללה ממשיך בניסיונות השיקום של נכסי טרור ברחבי לבנון, צה »ל ימשיך לפעול על מנת להסיר כל איום ».
Le message est clair : les frappes ne sont pas ponctuelles, mais font partie d’une campagne continue visant à empêcher l’organisation terroriste de reconstituer son arsenal après les attaques répétées menées depuis le Liban ces derniers mois.

Les infrastructures ciblées — un dépôt d’armes ainsi qu’un tunnel souterrain — servaient selon les indications militaires au stockage de munitions et à la circulation discrète d’opératifs armés. Ce type d’installation représente un élément clé de la stratégie du Hezbollah, qui cherche depuis des années à s’enfouir au plus près des zones civiles pour compliquer les opérations israéliennes et exploiter toute erreur opérationnelle à des fins de propagande.

Plus tard dans la matinée, une seconde frappe a été conduite par des avions de combat, cette fois sous la direction d’Ogdah 91, l’un des commandements centraux opérant en face de la frontière libanaise. Là encore, la cible était une infrastructure terroriste utilisée par l’organisation pro-iranienne.

Les autorités sécuritaires israéliennes insistent sur le fait que les sites frappés étaient situés à proximité immédiate d’habitations et de zones civiles, ce qui constitue une violation claire des engagements tacites entre Israël et le Liban. Tsahal souligne que cette stratégie d’enfouissement au cœur de la population libanaise constitue un danger direct pour les habitants eux-mêmes, exposés aux risques créés par les installations du Hezbollah.

Le communiqué rappelle également que cette attaque s’inscrit dans une série d’opérations élargies dans la région.
Plus tôt cette semaine, les forces de la brigade 769 ont détruit plusieurs bâtiments utilisés comme centres logistiques et postes de tir à Houla, village du sud-Liban servant depuis longtemps de base arrière au Hezbollah.
Au mois précédent, dans le même secteur, des armes et des explosifs anciens avaient été découverts puis neutralisés dans des structures abandonnées, preuve de l’utilisation prolongée de ces zones comme entrepôts clandestins.

La pression israélienne s’est également renforcée par des frappes ciblées contre des commandants et opératifs du Hezbollah. L’un des résultats les plus marquants remonte à lundi : l’élimination de Samir Ali Fakia à Sarifa, dans le sud du Liban. Cet agent du Hezbollah était impliqué dans la contrebande d’armes à travers différents secteurs du pays. Sa neutralisation constitue un coup dur pour les réseaux logistiques de l’organisation.

Alors que le Hezbollah tente de projeter une image de normalité et de résistance, la réalité opérationnelle montre une structure fragilisée, obligée de disperser ses infrastructures, de les cacher sous terre, et de multiplier les déplacements pour éviter les frappes israéliennes.
Pour Tsahal, l’objectif est simple : empêcher l’organisation d’accumuler suffisamment de moyens pour ouvrir un front élargi et coordonné, particulièrement à un moment où Israël doit gérer simultanément plusieurs théâtres sensibles.

L’armée de l’air israélienne joue un rôle central dans cette stratégie d’attrition. La précision des frappes, l’utilisation de renseignements en temps réel et la coordination étroite entre les unités de renseignement et les forces aériennes démontrent une volonté de frapper vite et juste, tout en minimisant l’exposition des civils.
Une exigence tactique, mais aussi morale, dans un contexte où le Hezbollah fait tout pour transformer chaque site civil en cible militaire potentielle.

Les tensions le long de la frontière nord demeurent élevées, et rien n’indique que le Hezbollah cherche à désamorcer la situation. Bien au contraire : ses tentatives répétées de reconstruire ses infrastructures laissent présager une volonté de maintenir une pression permanente sur Israël, avec l’appui stratégique de l’Iran.

Face à cela, Tsahal affirme sa détermination :
« צה »ל ימשיך לפעול על מנת להסיר כל איום ולהגן על מדינת ישראל ».
Dans une région où chaque mouvement peut provoquer une escalade, cette phrase résume toute la doctrine israélienne : frapper avant que la menace ne prenne de l’ampleur, perturber la chaîne logistique ennemie, empêcher la consolidation d’une force hostile le long de ses frontières.

À mesure que les opérations se poursuivent, une certitude semble se dégager : la stabilité au nord ne reviendra pas tant que le Hezbollah continuera d’utiliser le territoire libanais comme plateforme militaire — et tant que le gouvernement libanais restera incapable d’imposer sa souveraineté sur un groupe armé plus puissant que son propre État.

La matinée d’aujourd’hui n’était donc qu’un nouvel épisode dans un conflit de basse intensité qui ne dit pas son nom, mais qui façonne chaque jour un peu plus le paysage sécuritaire du Moyen-Orient.

 

Face à l’épidémie de rougeole : des dizaines de grands rabbins publient un appel d’urgence à la vaccination

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Alors que la rougeole connaît en Israël une recrudescence inquiétante, marquée par des hospitalisations en hausse et des décès parmi des nourrissons non vaccinés, une initiative rare et transversale a vu le jour : des dizaines de rabbins, parmi les plus éminents du pays, ont signé un “kol koreh” appelant explicitement à la vaccination obligatoire des enfants conformément aux instructions médicales.

Le document, rédigé à l’initiative de la caisse de santé Meuhedet — particulièrement influente dans le secteur religieux — témoigne d’une mobilisation inhabituelle de la part des autorités spirituelles.
Le message, clair et sans ambiguïté, s’adresse aux parents comme aux adultes : ne pas vacciner constitue un danger, et pourrait être considéré comme une transgression grave de “Lo ta’amod al dam re’ekha” — ne pas rester passif face au sang de ton prochain.

Le ton adopté par les signataires reflète l’urgence sanitaire actuelle.
Selon les données du ministère de la Santé, plus de 600 personnes ont déjà été hospitalisées depuis le début de la saison, dont plusieurs dans un état sévère.
Douze patients sont encore hospitalisés, et huit enfants non vaccinés ont perdu la vie, victimes d’une maladie que la médecine moderne sait prévenir depuis des décennies.
Une statistique alarmante domine : 50 % des patients actuellement hospitalisés ne sont pas vaccinés du tout, ce qui confirme la forte corrélation entre absence de vaccination et complications.

Les signataires du kol koreh couvrent tout le spectre religieux :
des décisionnaires d’envergure comme le rav David Yossef, le rav Shalom Machpoud, le rav Dovid Cohen, le rav Nissim Karelitz, le rav Asher Weiss, ainsi que de nombreux rabbins de villes, chefs de communautés et poskim reconnus.
C’est un front spirituel uni, rarement vu autour d’un sujet médical, qui se mobilise pour avertir la population.

Dans leur lettre, les rabbins commencent par rappeler les faits :
« לאחר שנתבאר לנו על ידי רופאי מאוחדת… על התפשטות מחלת החצבת המסוכנת… ולצערנו כבר אבדו כמה וכמה נפשות יקרות מישראל… ובתוכם תינוקות שנלקחו בדמי ימיהם ».
Ils évoquent une réalité tragique : des enfants arrachés à la vie avant même d’avoir pu la commencer, parce qu’ils n’étaient pas vaccinés.

Le message des rabbins s’appuie ensuite sur les principes fondamentaux de la halakha, en rappelant les obligations de préservation de la santé, du corps et de la vie.
Ils déclarent sans détour :
« היות והוברר כי החיסון נגד החצבת בדוק ומנוסה ויעילותו הוכחה… חייבים כל אב ואם לחסן את ילדיהם על פי הוראות הרופאים ורשויות הבריאות. »
Ce n’est pas une recommandation : c’est un devoir halakhique, dont la transgression pourrait mettre autrui en danger.

Les rabbins ajoutent une mise en garde sévère contre ceux qui négligeraient cette obligation :
« מי שמזניח עניין זה… הרי הוא עובר על איסור חמור של לא תעמוד על דם רעך… והוא דומה לשופך דמים ח »ו. »
La comparaison est forte, volontaire, et vise à briser l’indifférence :
le parent qui refuse le vaccin risque de devenir, même sans intention, un vecteur de danger pour autrui — enfants fragiles, malades, femmes enceintes, personnes immunodéprimées.

Cette prise de position puissante reflète un changement notable après des années où une partie du public religieux restait hésitante ou influencée par des campagnes de désinformation.
Le rôle de Meuhedet est ici mis en avant : la caisse de santé bénéficie d’une confiance de longue date dans le secteur orthodoxe, notamment pour son respect des codes religieux.
Les rabbins saluent ce partenariat, soulignant que les équipes médicales « פועלים רבות להביא את החיסונים… באופן המתאים לדרכי הצניעות ».

Le rav Moché Brim, responsable du secteur haredi à Meuhedet, explique que l’initiative découle d’un travail de terrain patient et personnel :
les coordinateurs communautaires ont approché un à un les rabbanim, leur présentant la gravité des chiffres et les risques réels.
Tous les rabbins consultés ont soutenu l’appel — beaucoup l’ont même renforcé.

Le rav Brim ajoute que la campagne de sensibilisation était une priorité absolue :
« פנינו… כחלק ממאמץ החירום… לרבות הקמת עמדות חיסון מיוחדות ומותאמות ».
Plusieurs cliniques ont en effet créé des espaces de vaccination adaptés aux normes de modestie exigées par leur public.

Meuhedet rappelle enfin que le vaccin est disponible gratuitement, sans conditions, et appelle les parents à se présenter de toute urgence dans leurs cliniques.
Le message, relayé dans les synagogues, les quartiers, les médias communautaires, vise à atteindre les familles qui peuvent encore protéger leurs enfants — et protéger les autres.

Au-delà de la santé publique, cet appel révèle aussi une dimension morale et sociale.
Face à une maladie connue, maîtrisable et pourtant meurtrière dans les populations non vaccinées, la société religieuse israélienne choisit d’unir ses voix.
Une unité qui survient à un moment de fracture nationale, et qui rappelle un principe fondamental du judaïsme :
“כל המציל נפש אחת מישראל כאילו קיים עולם מלא” — celui qui sauve une vie sauve un monde entier.

Dans un climat national marqué par les crises sécuritaires, politiques et sociales, cet appel collectif des rabbins renvoie l’État et la société à leur responsabilité la plus élémentaire : protéger les plus vulnérables.
Alors que la rougeole continue de se propager, que des hôpitaux accueillent encore des nourrissons en état critique, que des familles pleurent des pertes évitables, cette mobilisation spirituelle sonne comme une alarme : la négligence n’est plus une option.

Le message des rabbins est sévère, mais profondément ancré dans une réalité douloureuse :
prévenir la maladie est un devoir moral, religieux, social — et désormais vital.