Le Mossad, les princesses néerlandaises – et le complot d’assassinat à la hache

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Katharina-Amalia d’Orange-Nassau, princesse héritière des Pays-Bas, est habituée aux menaces. À 22 ans, celle qui est appelée à devenir un jour reine de Hollande accumule un palmarès sécuritaire que peu de têtes couronnées peuvent égaler — et pas vraiment enviable. Le dernier épisode en date, révélé ce week-end, est le plus étrange : un militant d’extrême droite âgé de 33 ans a été arrêté à La Haye en février dernier, soupçonné d’avoir planifié l’assassinat de la princesse Amalia et de sa sœur la princesse Alexia, 20 ans. Lors de la perquisition, les enquêteurs ont découvert un billet sur lequel figuraient les prénoms « Amalia », « Alexia » et les mots « bain de sang ». Ils ont également mis la main sur deux haches — l’une portant le prénom « Alexia », la salutation nazie « Sieg Heil », et l’autre gravée du mot « Mossad » : le nom du service de renseignement extérieur israélien.

Le suspect doit comparaître devant un juge dès demain. Le mobile de son projet demeure inconnu. Personne n’est en mesure d’expliquer, à ce stade, pourquoi le nom du Mossad figure gravé sur l’une des haches d’un extrémiste de droite néerlandais qui préparait l’assassinat de la famille royale.

Une princesse déjà habituée à vivre sous la menace

L’histoire sécuritaire de la princesse Amalia est à elle seule un roman. Fille du roi Willem-Alexander et de la reine Maxima, elle a connu sa première grande alerte à l’âge de 16 ans, en 2020, lorsqu’un homme atteint de schizophrénie lui a envoyé via Instagram une série de messages contenant des menaces de viol et d’autres actes de violence. Il a écopé de trois mois de prison ferme et quatre ans de suivi psychiatrique.

Deux ans plus tard, en 2022, alors qu’elle venait tout juste d’entamer ses études à l’Université d’Amsterdam et s’était installée en colocation dans les résidences universitaires, elle a dû quitter précipitamment son appartement un mois seulement après son emménagement. La raison : des écoutes téléphoniques avaient permis d’intercepter des conversations entre membres de la « mocro-maffia » — surnom des réseaux criminels d’origine marocaine spécialisés dans le trafic de cocaïne, très actifs à Amsterdam — qui semblaient indiquer qu’un projet d’enlèvement, voire d’assassinat, était en cours contre elle. Une menace identique avait été détectée simultanément contre le Premier ministre de l’époque, Mark Rutte. Face à ce double danger, Amalia avait finalement choisi de s’installer quelques mois à Madrid, le temps que la situation se stabilise.

Une apparition publique courageuse, une semaine après les révélations

Ce qui frappe dans cette affaire, c’est le contraste entre la gravité des menaces qui pèsent sur la princesse et sa présence publique assumée. La semaine dernière encore — soit après l’arrestation du suspect en février, dont l’existence n’avait pas encore été rendue publique — Amalia, ses parents le roi et la reine, ainsi que ses sœurs dont Alexia, participaient en plein air aux festivités du « Jour du Roi », le 27 avril, à La Haye. Ils ont serré des mains, posé pour des photos, et souri à la foule venue célébrer la fête nationale. L’information sur le complot à la hache n’a été divulguée que cette semaine, lorsque le parquet a publié le calendrier des audiences à venir.

Cette exposition publique, dans un contexte où les menaces sont réelles et documentées, dit quelque chose de la position délicate dans laquelle se trouvent les familles royales européennes : renoncer à la visibilité publique, c’est laisser gagner les intimidateurs ; la maintenir, c’est prendre des risques que la plupart des chefs d’État couverts par un dispositif de sécurité beaucoup plus lourd n’accepteraient probablement pas.

La présence du nom « Mossad » : une énigme

L’élément le plus intrigant de cette affaire reste la mention du Mossad gravée sur l’une des haches. Le mot hébreu « Mossad » — qui signifie simplement « institution » ou « fondation » en hébreu, mais qui est mondialement associé au service de renseignement israélien — apparaît côte à côte avec un salut nazi sur l’arme d’un extrémiste de droite voulant tuer des membres de la famille royale. La combinaison est à la fois absurde et révélatrice de la façon dont les idéologies complotistes d’extrême droite absorbent des symboles contradictoires dans un amalgame paranoïaque sans cohérence interne. Antisémitisme et fascination pour les services secrets israéliens coexistent parfois dans ces milieux avec une logique propre aux théories du complot : le Mossad y devient à la fois ennemi fantasmé et modèle de puissance occulte.

Les enquêteurs néerlandais n’ont pour l’heure fourni aucune explication sur ce détail — ni sur les motivations générales du suspect. L’affaire suit son cours judiciaire, et le tribunal dira ce qu’il en est.


Le Mossad est régulièrement au cœur d’affaires impliquant des acteurs européens, comme l’illustre cet article : « Le général de la torture » d’Assad caché en Europe : comment le Mossad l’a piégé après des années de cavale. Sur le contexte d’hostilité croissante aux Pays-Bas, rappelons également que la même ville d’Amsterdam avait été le théâtre du lynchage de supporters israéliens de Maccabi Tel Aviv, une affaire analysée dans notre dossier : Le Mossad avant le 7 octobre : l’erreur d’évaluation qui coûte cher.


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