À Jérusalem, des chefs d’Églises accusés d’antisémitisme somment les chrétiens pro-Israël de se taire

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Le 17 janvier 2026, les patriarches et chefs des Églises chrétiennes de Jerusalem ont publié une déclaration commune condamnant le sionisme chrétien, qualifié d’« idéologie dommageable » qui tromperait les fidèles, menacerait l’unité chrétienne et nuirait à la présence chrétienne en Terre sainte. Ils y affirment également être les seuls représentants légitimes des chrétiens en matière religieuse et communautaire, et reprochent aux responsables israéliens et internationaux de dialoguer avec d’autres voix chrétiennes.

Le texte est frappant par ce qu’il ne contient pas. Aucune argumentation théologique n’y est développée contre le sionisme ou contre le soutien chrétien à l’État d’Israël. La déclaration n’expose ni débat doctrinal, ni réfutation biblique. Elle se concentre presque exclusivement sur une question de territoire d’influence : qui a le droit de parler au nom des chrétiens, qui a le droit d’interagir avec Israël, et quelles opinions sont jugées acceptables. Le message implicite est clair : les chrétiens qui soutiennent Israël, ou qui rencontrent des responsables israéliens sans passer par ces hiérarchies, sont perçus comme une menace.

Cette hostilité ne surgit pas dans le vide. Les Églises à l’origine de cette déclaration, principalement des institutions orthodoxes orientales et orientales anciennes, portent une histoire lourde et non résolue d’hostilité théologique envers la souveraineté juive. Contrairement à l’Église catholique romaine, qui a opéré une rupture doctrinale majeure avec l’antijudaïsme chrétien après le concile Vatican II, ces institutions n’ont jamais formellement rejeté le supersessionisme, ni reconnu leur rôle historique dans la diffusion d’une théologie hostile aux Juifs et au retour du peuple juif sur sa terre.

Cette continuité idéologique s’est manifestée de manière explicite dans des textes récents. En 2009, des responsables ecclésiastiques palestiniens ont publié le document Kairos Palestine, qui présentait l’existence même d’Israël comme un péché, reformulant des thèmes classiques de l’antijudaïsme chrétien dans le langage contemporain de la « théologie de la libération ». Loin d’être marginal, ce texte est devenu une référence centrale pour les campagnes chrétiennes internationales visant à isoler et délégitimer l’État juif.

D’autres déclarations antérieures ont également marqué les esprits. En 2006, le porte-parole du Patriarcat grec orthodoxe de Jérusalem avait accusé des femmes israéliennes de propager volontairement le sida parmi des hommes palestiniens, une affirmation aux accents ouvertement diffamatoires et antisémites. Ce type de propos n’a jamais fait l’objet d’une repentance institutionnelle claire.

C’est dans cette continuité que s’inscrit la déclaration de janvier 2026. Le texte invoque à plusieurs reprises la notion d’« unité », mais l’unité qui y est décrite n’est ni le dialogue ni le respect mutuel entre traditions chrétiennes diverses. Elle signifie soumission à une ligne idéologique unique. Les chrétiens visiteurs – évangéliques, catholiques post-Vatican II ou autres – sont implicitement sommés de comprendre que soutenir Israël ou dialoguer avec ses dirigeants constituerait une atteinte morale et communautaire.

L’asymétrie de cette exigence est frappante. Personne n’imagine sérieusement que des responsables religieux étrangers acceptent d’être réduits au silence s’ils visitaient Rome, Washington ou Paris. Une telle injonction serait immédiatement dénoncée comme une censure inacceptable. À Jérusalem, pourtant, cette prétention à l’exclusivité morale est présentée comme allant de soi.

Le sionisme chrétien n’est donc pas condamné parce qu’il serait hérétique – aucun argument doctrinal n’est avancé – mais parce qu’il rejette une théologie politique qui considère la souveraineté juive comme illégitime et l’État d’Israël comme une faute morale. Pour de nombreux chrétiens, au contraire, le soutien à Israël représente une démarche de repentance historique, un refus conscient de siècles d’antisémitisme chrétien. C’est précisément cette remise en cause qui apparaît menaçante pour des institutions qui n’ont jamais renoncé à la théologie du remplacement.

Des Églises au passé documenté d’hostilité envers les Juifs et Israël se posent aujourd’hui en arbitres du « bon christianisme », dénonçant des « idéologies dangereuses » sans le moindre examen de conscience. Aucune reconnaissance des fautes passées, aucune réflexion sur les conséquences historiques de leur enseignement, aucune responsabilité assumée.

Ce texte n’est pas un appel à l’unité. Il s’agit d’une tentative d’imposer une conformité idéologique, tout en protégeant un héritage théologique profondément problématique de toute remise en question. À Jérusalem, le langage de l’unité sert ici moins à rassembler qu’à faire taire – et à délégitimer toute voix chrétienne qui refuse de considérer l’existence d’Israël comme une anomalie morale.

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