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Israël retire la citoyenneté d’un homme condamné pour le meurtre de son épouse à l’étranger : la Loi du Retour ne protège pas les criminels

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C’est une décision rare et symboliquement forte : le tribunal administratif de Beer Sheva a prononcé la déchéance de nationalité d’un homme ayant obtenu la citoyenneté israélienne sur la base de la Loi du Retour, après qu’il eut dissimulé son passé criminel. L’individu, originaire d’Europe de l’Est, avait été condamné dans son pays pour le meurtre de sa deuxième épouse, avant de fuir et d’immigrer en Israël sous une fausse déclaration.

Lors de son entretien de naturalisation, il avait affirmé être divorcé. En réalité, il venait d’être libéré d’une longue peine de prison pour homicide volontaire, après avoir enterré le corps de sa femme dans la cour de leur domicile. Cette information, restée cachée pendant des années, a refait surface à la suite d’une coopération judiciaire entre la police israélienne et Interpol.

Le ministère de l’Intérieur a alors saisi la justice pour obtenir la révocation de sa nationalité, invoquant “la fraude manifeste lors de l’acquisition de la citoyenneté”. Le tribunal a suivi cet argument. Dans son jugement, la juge a estimé que “la Loi du Retour est un privilège fondé sur la confiance. Celui qui la détourne pour fuir ses crimes trahit non seulement l’État, mais aussi l’esprit moral sur lequel il est fondé.”

Le prévenu, aujourd’hui âgé de 54 ans, avait vécu plusieurs années dans le Néguev, menant une existence discrète. Ce n’est qu’à la suite d’un contrôle administratif de routine qu’il a été identifié grâce à des correspondances d’empreintes digitales. Son expulsion vers son pays d’origine est désormais envisagée.

Pour l’État d’Israël, cette affaire rappelle un principe essentiel : la Loi du Retour — pilier de l’identité nationale juive — ne saurait servir de refuge aux criminels. Adoptée en 1950, cette loi garantit à tout Juif le droit d’immigrer et d’obtenir la citoyenneté israélienne. Mais son application s’accompagne d’une clause morale : elle peut être refusée à quiconque a un passé judiciaire grave ou constitue une menace pour la société.

Le ministre de la Justice a salué la décision du tribunal, estimant qu’elle “protège la dignité morale de la citoyenneté israélienne”. “Israël a été fondé pour accueillir les survivants et les bâtisseurs, pas les fugitifs du crime”, a-t-il déclaré. “La Loi du Retour est un droit sacré, mais elle n’exonère pas des devoirs fondamentaux de l’humanité.”

Le ministère de l’Intérieur souligne que cette affaire n’est pas isolée : plusieurs dossiers similaires ont été examinés ces dernières années, concernant des candidats à l’alyah ayant dissimulé des condamnations pour fraude, violence domestique ou agressions sexuelles. Dans la majorité des cas, les demandes ont été annulées avant l’obtention de la nationalité.

Mais ici, la gravité du crime commis — un meurtre prémédité — et la manipulation des autorités ont convaincu la justice d’aller plus loin. “La citoyenneté israélienne ne peut être une seconde identité pour des criminels de sang”, a tranché la juge. “Elle est le prolongement d’une communauté fondée sur la vie, la justice et la mémoire.”

Les juristes saluent cette jurisprudence. Pour l’avocate Nurit Kahana, spécialiste du droit de l’immigration, “ce jugement établit clairement que la Loi du Retour ne doit pas être détournée de son sens historique. Elle est un acte de rédemption collectif, pas un outil d’impunité individuelle.”

Dans la société israélienne, l’affaire suscite à la fois de la satisfaction et de l’inquiétude. Satisfaction, parce qu’elle réaffirme l’intégrité morale de l’État ; inquiétude, car elle révèle les failles d’un système d’intégration parfois dépassé par le volume des demandes d’immigration. Depuis la guerre en Ukraine et la montée des violences antisémites en Europe, les dossiers de conversion et d’alyah ont explosé, rendant plus difficile le contrôle des antécédents judiciaires.

“Ce jugement est un signal fort adressé à tous les candidats à l’immigration : Israël est un État refuge, pas une cachette”, a résumé un haut fonctionnaire du ministère de l’Intérieur. “Nous voulons accueillir, pas absoudre.”

L’homme concerné, qui a purgé sa peine à l’étranger avant de refaire sa vie en Israël, a désormais perdu tous ses droits civiques. Il a été placé en détention administrative en attendant sa reconduite vers son pays d’origine. Une fin prévisible pour celui qui pensait pouvoir renaître en Terre promise après avoir versé le sang.

La décision du tribunal de Beer Sheva, rare mais exemplaire, vient rappeler une vérité simple : le droit d’être israélien n’est pas un passeport, c’est une responsabilité.

Rabbin Haggaï Londin : « En temps de guerre, on ne contemple pas le mal — on le détruit »

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Dans sa chronique hebdomadaire sur la paracha Vayéra, le rabbin Haggaï Londin, figure influente du courant sioniste religieux, signe une tribune sans détour : « Il est temps de choisir son camp : les terroristes du Nukhba ou nos soldats. » Derrière le ton biblique, un message clair : Israël est engagé dans une bataille existentielle où l’hésitation morale équivaut à une faute.

« Les anges, écrit-il, ne doutent pas. Ils ne « comprennent » pas le mal, ils le combattent. » La comparaison biblique fait écho à l’actualité : alors que certains milieux politiques ou médiatiques appellent à une “modération” dans la riposte israélienne, Londin invite à relire la destruction de Sodome comme une métaphore du choix moral face au Hamas. « Quand les anges viennent sauver Loth, il hésite, sa femme se retourne vers le passé, et tous deux se figent dans le sel. Dans une guerre comme la nôtre, celui qui cherche à comprendre le mal au lieu de le vaincre se pétrifie. »

Cette lecture tranchée, typique du rabbinat national, illustre un débat profond dans la société israélienne : faut-il continuer à répondre par la force, ou écouter les appels internationaux à la retenue ? Pour Londin, la réponse ne souffre aucun compromis. “Ce n’est pas une guerre territoriale, c’est une guerre morale. Celui qui doute, celui qui relativise, cesse d’être du côté de la lumière.”

Les mots sont puissants, mais trouvent un large écho dans une opinion israélienne lassée par la complaisance occidentale envers le Hamas. Depuis la reprise partielle du cessez-le-feu, les images de propagande circulant sur les réseaux sociaux — civils déguisés en “victimes”, dirigeants terroristes jouant les “négociateurs” — alimentent une colère froide dans la population. Le rabbin Londin traduit ce sentiment collectif : “Certains veulent tout comprendre, tout justifier. Mais il est des moments où la compassion mal placée devient de la complicité.”

Le religieux s’en prend aussi à ce qu’il appelle “la culture de la neutralité morale”. Dans une allusion directe aux critiques internationales de Tsahal, il cite : “Les anges ne déposent pas de rapports de l’ONU. Ils agissent. Quand Dieu décide de sauver Abraham et de détruire Sodome, Il ne met pas les deux sur le même plan.”

Le texte, relayé massivement sur les réseaux israéliens et dans plusieurs médias religieux, n’est pas seulement une homélie : c’est un manifeste idéologique. Le rabbin Londin, membre de l’Institut Hézder de Sderot, enseigne la Thora à des centaines de jeunes soldats. Son influence s’étend bien au-delà des cercles religieux. En mêlant versets bibliques et morale patriotique, il forge une théologie du courage qui sert d’appui spirituel à de nombreux combattants.

“Chaque soldat d’Israël est un messager divin, un ange en mission”, écrit-il encore. “Leur rôle n’est pas de douter, mais de délivrer. Quand le mal s’incarne dans une armée terroriste, l’amour du bien se mesure à la capacité de la détruire.”

Les réactions n’ont pas tardé. Certains intellectuels laïcs dénoncent une rhétorique “absolutiste”, voire “dangereuse”. D’autres saluent un discours lucide dans une époque confuse. “Nous vivons une inversion morale où l’agresseur se déguise en victime et la victime doit s’excuser de se défendre. Le rabbin Londin remet les choses à l’endroit”, commente l’essayiste Arié Eldad, ancien député et chirurgien militaire.

Dans les Yeshivot du sud, le texte est déjà étudié comme un support pédagogique. De nombreux soldats de Tsahal, en permission, y voient une source d’énergie spirituelle. “Le rabbin a mis des mots sur ce qu’on ressent tous : il n’y a plus de place pour les nuances quand on affronte la barbarie”, témoigne un officier de réserve de la brigade Golani.

Le ministère de la Défense, dirigé par Israël Katz, a lui-même cité un passage du texte lors d’une conférence interne sur la “résilience morale en temps de guerre”. Un signe que le message dépasse les cercles religieux pour rejoindre la conscience nationale.

En filigrane, Londin adresse aussi un reproche implicite aux élites occidentales. “L’Europe veut être moralement pure. Elle oublie que la pureté sans courage mène à la paralysie. Israël, lui, n’a pas ce luxe : il choisit la vie, donc la lutte.”

Cette vision intransigeante, profondément enracinée dans la tradition biblique, n’appelle ni vengeance ni haine, mais responsabilité. “Le mal, enseigne la Thora, ne disparaît pas par les mots mais par l’action juste.”

Dans un pays encore endeuillé, où chaque sirène rappelle la fragilité de la paix, la voix du rabbin Londin agit comme un rappel : l’humanisme véritable n’est pas de comprendre les bourreaux, mais de protéger les innocents.

Smotrich défie la coalition : pas un vote de plus sans la loi d’allègement fiscal pour les réservistes

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Coup de tonnerre à la Knesset. Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a annoncé jeudi que son parti, le Sionisme religieux, suspendrait immédiatement toute participation aux votes de la coalition tant que la loi d’avantages fiscaux pour les réservistes de Tsahal ne serait pas adoptée en deuxième et troisième lecture. Une décision à la fois politique et symbolique, qui vient rappeler que derrière les débats budgétaires, c’est la reconnaissance du sacrifice des soldats citoyens d’Israël qui se joue.

“Les réservistes passent avant tout”, a déclaré Smotrich dans un communiqué sec diffusé depuis son bureau à Jérusalem. “L’État d’Israël leur doit tout. Aucun calcul politique, aucun compromis parlementaire ne saurait justifier qu’on retarde encore une mesure aussi évidente.”

Le texte, approuvé en première lecture en août dernier, prévoit un système de points de crédit fiscal progressifs pour les soldats de réserve, en fonction du nombre de jours de service accomplis. Plus le service est long, plus la réduction d’impôt est importante. La réforme vise à reconnaître l’engagement croissant des réservistes, dont beaucoup ont été mobilisés pendant des mois depuis le 7 octobre, souvent au détriment de leur emploi ou de leur famille.

Mais la loi, pourtant soutenue par une large majorité de l’opinion, s’est enlisée dans les méandres de la commission des finances. Le Likoud, principal partenaire de la coalition, estime que le texte avantage de manière disproportionnée les Israéliens aux revenus élevés. “Cette proposition, en l’état, exclut une grande partie des étudiants, travailleurs indépendants et familles modestes”, a dénoncé le président de la coalition Ofir Katz. “Nous devons aider tous les réservistes, pas seulement ceux qui paient beaucoup d’impôts.”

Pour Smotrich, cet argument n’est qu’un prétexte. “Ceux qui se battent ne demandent pas la charité. Ils demandent un geste de justice”, a-t-il répliqué. “Si le gouvernement n’est pas capable de récompenser ceux qui défendent le pays, alors à quoi bon parler de solidarité nationale ?”

Cette crise interne intervient dans un contexte de tension politique accrue au sein de la majorité. Après la guerre, la société israélienne a été marquée par une solidarité exceptionnelle envers les soldats, mais aussi par un ressentiment profond envers les institutions perçues comme lentes à reconnaître leurs efforts. Des milliers de réservistes, rentrés épuisés du front de Gaza ou du Nord, témoignent de difficultés administratives, de salaires impayés et de promesses non tenues.

Dans les médias israéliens, plusieurs chroniqueurs voient dans le geste de Smotrich un acte calculé mais porteur d’un message fort : “Il veut incarner le ministre qui n’oublie pas les soldats, alors que les partis centristes s’enlisent dans les compromis”, analyse Maariv.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahou, lui, tente d’éviter une fracture ouverte. S’il reconnaît “l’importance cruciale” de la loi, il redoute qu’un vote hâtif ne provoque un précédent budgétaire difficile à contenir. “Nous devons rester responsables et équilibrés”, a-t-il déclaré. “Mais je m’engage personnellement à ce que les réservistes reçoivent la reconnaissance qu’ils méritent.”

Dans les rangs de Tsahal, la déclaration du ministre des Finances a été accueillie avec émotion. Des officiers de réserve ont exprimé leur soutien à Smotrich, estimant que “pour une fois, un politicien a osé mettre ses actes en accord avec ses paroles”. Sur les réseaux sociaux, le hashtag #TodaLaMiluim (“merci les réservistes”) est devenu viral, accompagné de témoignages poignants de soldats racontant leur retour au civil, souvent dans l’indifférence.

Mais cette escalade politique pourrait fragiliser la coalition. Les députés du Likoud dénoncent une “prise d’otage parlementaire”, tandis que les partis d’opposition observent la scène avec amusement. Yair Lapid, chef de Yesh Atid, a accusé le gouvernement d’“hypocrisie morale”. “Ils ont envoyé nos soldats au front, mais quand il s’agit de les soutenir, tout s’arrête sur des calculs politiques.”

En toile de fond, la question du statut du réserviste israélien dépasse le simple cadre fiscal. Elle touche à l’identité même du pays. Depuis un an, plus de 360 000 Israéliens ont été mobilisés, un chiffre sans précédent depuis 1973. Cette armée de citoyens, souvent composée de pères de famille, de médecins, d’ingénieurs ou d’étudiants, forme l’épine dorsale de la sécurité nationale.

“Sans eux, Israël n’existerait tout simplement pas”, rappelait récemment le ministre de la Défense Israël Katz, saluant “un effort héroïque, mené sans relâche ni plainte”. Katz a soutenu la position de Smotrich, appelant la coalition à “agir vite pour transformer la gratitude en actes concrets”.

Dans les rues, la population ne cache pas son exaspération. Devant la Knesset, des familles de réservistes ont organisé un petit rassemblement avec une pancarte simple : “Nos maris ont donné leur temps, donnez-leur au moins du respect.”

Cette bataille parlementaire, en apparence technique, révèle en réalité un clivage profond entre ceux qui portent le pays sur leurs épaules et ceux qui calculent en coulisses. Pour Smotrich, la ligne rouge est claire : tant que la reconnaissance des soldats restera bloquée, il n’y aura plus de discipline de vote.

Et dans une période où les défis sécuritaires demeurent considérables, son message résonne avec une intensité particulière : la loyauté envers les réservistes n’est pas une option politique — c’est le socle même de la nation.

Zoharan Memdani élu maire de New York : la victoire du BDS dans la capitale juive américaine

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C’est un séisme politique et symbolique : Zoharan Memdani, militant pro-palestinien et fervent partisan du mouvement BDS, a été élu maire de New York.
Dans la ville qui abrite la plus grande communauté juive du monde, ce résultat résonne comme un avertissement. Le rêve américain des Juifs new-yorkais vacille, et Israël observe, sidéré, la montée d’un nouvel antisionisme institutionnel.

Une victoire inquiétante

Âgé de 34 ans, d’origine ougandaise et musulmane pratiquant, Memdani a battu son rival Andrew Cuomo, ancien gouverneur de l’État de New York, en obtenant plus de 50 % des voix.
Il devient ainsi le premier maire musulman de l’histoire de New York, et le plus jeune élu à ce poste depuis un siècle.
Son discours de victoire, prononcé devant une foule brandissant drapeaux palestiniens et pancartes “Free Gaza”, a immédiatement donné le ton :

“New York restera une ville de migrants. Nous combattrons toutes les discriminations, y compris celles exercées par Israël.”

Ces mots ont glacé une partie de la communauté juive locale. Dans cette mégapole où plus d’1,2 million de Juifs vivent, travaillent et prient, l’élection d’un militant ouvertement anti-israélien marque un tournant.

Le triomphe d’une idéologie

Membre du parti démocrate progressiste, Memdani est connu pour son soutien affiché au mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions), qu’il décrit comme “une résistance pacifique contre l’apartheid israélien”.
Il a refusé à plusieurs reprises de reconnaître Israël comme État juif et a qualifié la guerre contre le Hamas de “génocide”.
Cette rhétorique, jadis marginale, s’est banalisée dans les universités et les médias américains.

Dans les faits, 31 % des électeurs juifs new-yorkais ont voté pour lui — preuve d’un désarroi identitaire que beaucoup d’observateurs expliquent par la déconnexion croissante entre diaspora et Israël.
“Les jeunes Juifs américains ne se sentent plus concernés par le destin de l’État hébreu”, analyse le politologue new-yorkais David Rosenfeld. “Ils ont grandi dans un environnement progressiste où le sionisme est présenté comme une faute morale.”

Le silence assourdissant d’Hollywood et des élites juives

Cette fracture se manifeste aussi dans la culture populaire.
Alors que les drames du 7 octobre et la guerre contre le Hamas ont bouleversé Israël, peu de personnalités juives d’Hollywood ont osé s’exprimer.
Zach Efron, Scarlett Johansson, Adam Sandler ou Timothée Chalamet — tous d’origine juive — ont choisi le silence, par peur de perdre des contrats.

La comédienne Ilana Glazer, très influente sur TikTok, a même soutenu publiquement Memdani, qualifiant sa victoire de “renaissance morale”.
Pour les Israéliens, ce silence est une trahison : “Ils préfèrent être aimés que debout”, résume une journaliste de Haaretz dans une chronique amère.

Les réactions israéliennes : entre choc et lucidité

À Jérusalem, la réaction officielle a été mesurée, mais le malaise est réel.
“Nous respectons la démocratie américaine, mais nous ne fermerons pas les yeux sur la montée de l’idéologie BDS au cœur de New York”, a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères.
Pour beaucoup de diplomates, la victoire de Memdani marque un tournant dans les relations entre Israël et les communautés juives américaines, longtemps considérées comme des bastions de soutien inconditionnel.

“Ce n’est pas seulement une élection municipale, c’est un signal de déclin spirituel”, analyse le journaliste israélien Tsvi Yehezkeli.

“Le djihad silencieux avance par les urnes, pas par les bombes. Et cette fois, c’est la ville de New York qui a capitulé la première.”

Entre indifférence et inquiétude

Sur le terrain, les Juifs new-yorkais oscillent entre résignation et peur.
Les agressions antisémites, déjà en hausse de 300 % depuis 2023, risquent de s’intensifier dans un climat politique où Israël devient un bouc émissaire permanent.
“Nos enfants rentrent de l’école en cachant leur étoile de David”, confie Sarah Goldberg, enseignante à Brooklyn. “Nous n’avons plus la certitude d’être chez nous.”

Mais paradoxalement, peu envisagent de quitter les États-Unis.
“Les Juifs américains sont trop intégrés, trop confortables”, estime le sociologue israélien Avi Ben-David. “Ils préfèrent ignorer le danger plutôt que de reconnaître qu’Israël reste leur seule maison sûre.”

Une fracture civilisationnelle

La victoire de Memdani dépasse le cadre new-yorkais : elle symbolise le basculement moral de l’Occident, où les valeurs progressistes servent désormais de paravent à une haine sélective.
Là où l’islamisme se présente en victime, Israël devient le coupable permanent.
Ce renversement, nourri par les universités, les réseaux sociaux et la lâcheté politique, menace désormais les fondements de la démocratie américaine elle-même.

“Le 7 octobre a révélé la barbarie”, écrivait un chroniqueur israélien. “Le 5 novembre, New York a révélé la cécité.”

 

Amsterdam renoue avec la lâcheté : la Hollande abandonne à nouveau ses Juifs

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L’annulation d’un concert de Hanoucca à Amsterdam, en raison de la présence du hazan en chef de Tsahal, a provoqué un séisme moral en Israël et dans la diaspora.
Pour le ministre israélien de la Diaspora, Amichaï Chikli, la Hollande “n’a rien appris” et “abandonne encore les Juifs”, quatre-vingts ans après la Shoah. Un symbole glaçant d’un continent qui, sous couvert de tolérance, ferme les yeux sur la haine.

Un concert annulé, une faute historique

Ce devait être une soirée de lumière et d’unité : le grand concert de Hanoucca organisé par la communauté juive d’Amsterdam.
Mais la direction du prestigieux Concertgebouw a soudainement annoncé l’annulation pure et simple de l’événement — motif : la participation du lieutenant-colonel Shaï Abramson, hazan (chantre) en chef de Tsahal.
Une présence jugée “incompatible” avec le climat politique local, où les manifestations pro-palestiniennes se multiplient chaque semaine dans les rues de la capitale néerlandaise.

Le message était clair : un Juif, oui — mais un Juif qui porte l’uniforme israélien, non.
La décision a immédiatement suscité un tollé au sein de la communauté juive locale et des condamnations officielles d’Israël.

Chikli : “La Hollande suit la voie de la Belgique”

Le ministre israélien de la Diaspora, Amichaï Chikli, a publié un texte d’une rare gravité.
“Il y a quatre-vingts ans, 75 % des Juifs hollandais ont été exterminés — la proportion la plus élevée d’Europe occidentale”, a-t-il rappelé.

“Sur 140 000 Juifs, 102 000 ont été assassinés dans les camps, principalement à Auschwitz et Sobibor. Et aujourd’hui, la Hollande démontre que rien n’a changé : elle ferme à nouveau la porte aux Juifs.”

Le ministre accuse le pays de suivre la dérive belge, où les événements liés à Israël sont régulièrement annulés “par peur de déplaire à la rue musulmane”.
“Les Pays-Bas deviennent un endroit où les Juifs n’osent plus afficher leur identité, où l’on annule Hanoucca pour ne pas déranger les antisémites”, déplore-t-il.

Une communauté de plus en plus isolée

Aux Pays-Bas, la petite communauté juive, estimée à 35 000 membres, vit sous tension.
Ces dernières années, les attaques verbales et physiques contre les Juifs se sont multipliées : insultes dans les transports, graffitis antisémites, synagogues sous surveillance policière.
En 2024 déjà, les supporters de Maccabi Tel-Aviv avaient été agressés à Amsterdam par des militants islamistes criant “Hamas, Hamas, les Juifs au gaz”.

“Nous vivons un retour aux années 1930”, témoigne Doron Sanders, président du mouvement Mizrahi aux Pays-Bas.

“Les institutions culturelles refusent d’accueillir tout artiste lié à Israël. On diabolise les soldats de Tsahal comme s’ils étaient des criminels de guerre. La peur revient.”

Dans ce climat, l’annulation du concert de Hanoucca sonne comme un avertissement : l’antisémitisme n’est plus seulement toléré — il est institutionnalisé.

L’ambassade d’Israël proteste, sans effet

L’ambassadeur d’Israël à La Haye, Tzvi Avinery-Wofny, a dénoncé une décision “honteuse et discriminatoire”.
“En Israël, les soldats défendent la démocratie et la vie humaine. En rejetant un artiste pour sa loyauté envers cette mission, vous trahissez l’esprit même de la culture et de la musique”, a-t-il déclaré dans un communiqué officiel.
Mais du côté hollandais, aucune autorité n’a condamné la décision du Concertgebouw. Pas même le ministère de la Culture, qui s’est contenté d’évoquer “un choix interne à la direction de la salle”.

L’indifférence, une fois encore, fait plus mal que la haine ouverte.

La gauche néerlandaise sur la pente glissante

Les dernières élections aux Pays-Bas ont accentué la fracture.
Les partis de gauche — dont plusieurs figures ont ouvertement soutenu le boycott d’Israël — ont enregistré une poussée spectaculaire.
Résultat : une atmosphère idéologique où la cause palestinienne est devenue un dogme, et la solidarité avec Israël, un tabou.
“Les Juifs néerlandais se demandent désormais s’ils ont encore un avenir ici”, commente une journaliste du quotidien De Telegraaf.
Plusieurs familles ont déjà entamé des démarches pour faire leur alyah vers Israël.

Un miroir de l’Europe

Le cas hollandais n’est pas isolé. Partout en Europe, la judéophobie reprend racine, souvent maquillée en “antisionisme culturel”.
Annuler un concert, boycotter une exposition, déprogrammer un artiste : ces gestes symboliques créent un climat de peur et de résignation.
Pour les Israéliens, ils rappellent que la lutte pour la sécurité du peuple juif ne se joue pas seulement à Gaza — mais aussi à Amsterdam, Paris ou Londres.

“Ce qui se passe en Europe n’est pas une polémique artistique, c’est une faute morale”, tranche un diplomate israélien à Jérusalem.
“Quand on cède face à la haine, on la nourrit. Quand on ferme la porte à un chant de Hanoucca, on éteint la lumière.”

La lumière contre les ténèbres

Dans quelques semaines, les bougies de Hanoucca brilleront à Tel-Aviv, Jérusalem et Netanya.
Elles rappelleront que la lumière juive ne s’éteint jamais, même dans les lieux où l’on tente de la bâillonner.
“Les Juifs d’Europe doivent réfléchir à leur avenir”, conclut Amichaï Chikli.
“Là où l’on n’a pas appris du passé, il ne reste qu’à fuir l’avenir.”

Peine de mort pour les terroristes : Limor Son Har-Melekh provoque la tempête politique

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« Il n’existe pas de terroriste juif », a déclaré la députée Limor Son Har-Melekh, initiatrice du projet de loi sur la peine capitale pour les auteurs d’attentats.
Cette phrase, prononcée dans un climat politique déjà explosif, a immédiatement déclenché une avalanche de réactions. Entre accusations de racisme et appels à la fermeté absolue, Israël rouvre un débat aussi ancien que douloureux : faut-il exécuter les terroristes ?

Une proposition de loi qui divise

La députée du parti Otzma Yehudit, Limor Son Har-Melekh, soutenue par le Premier ministre Benjamin Netanyahou, a déposé un projet de loi prévoyant la peine de mort pour tout auteur d’attentat meurtrier contre des citoyens israéliens.
Le texte, adopté en première lecture à la Knesset, vise selon elle à “restaurer la dissuasion face à des ennemis qui n’ont plus peur de mourir mais qui doivent craindre la justice d’Israël”.

Interrogée sur Ynet quant à l’application du texte à des terroristes juifs, la députée a répondu sans détour :

« Le texte s’applique à quiconque s’en prend à l’État d’Israël. Mais soyons honnêtes : il n’existe pas de terroriste juif. »

Une déclaration qui fait écho à ses propos passés, lorsqu’elle avait qualifié le meurtrier d’une famille palestinienne à Douma, Amiram Ben Ouliel, de “tsadik kadosh”, un “juste saint”.
Les adversaires de la députée dénoncent aujourd’hui une “dérive théologique” menaçant les fondements démocratiques du pays.

La droite parle de justice, la gauche crie au scandale

Pour ses partisans, cette loi représente une réponse logique après les attaques du 7 octobre : “Un terroriste mort ne tue plus”, répète-t-on dans les rangs de la coalition.
À leurs yeux, la clémence judiciaire a nourri l’audace meurtrière du Hamas et du Jihad islamique. “L’époque des deals de prisonniers doit cesser”, martèle un ministre proche d’Itamar Ben-Gvir.

À gauche, la réaction est immédiate et virulente. L’organisation Tag Meir rappelle qu’“il y a trente ans jour pour jour, un Premier ministre israélien a été assassiné par un Juif”.
“Entendre une élue prétendre qu’il n’existe pas de terroriste juif est une insulte à la mémoire d’Yitzhak Rabin et une menace pour notre démocratie”, dénonce le mouvement, qui qualifie la loi de “raciste et discriminatoire”.

Les juristes s’inquiètent de l’impact international

L’ancien chef adjoint du Conseil de sécurité nationale, Eran Ezion, a adressé une lettre à la conseillère juridique du gouvernement, lui demandant de clarifier que la loi devra s’appliquer à tous sans distinction.
“Limiter la peine de mort aux seuls Palestiniens violerait la Convention internationale des droits civils et politiques, que l’État d’Israël a ratifiée”, a-t-il écrit.
Pour de nombreux diplomates, cette législation, si elle était votée, placerait Israël “dans une position intenable face à ses alliés occidentaux”.

Mais dans la coalition, on assume.
“L’Europe n’a pas connu le 7 octobre. Nous, si. La morale internationale n’a pas empêché nos enfants d’être brûlés vifs”, lance un député du Likoud.
Le ton est donné : Israël ne s’excusera plus de défendre sa vie.

L’affaire Sdé Teïman en toile de fond

Cette sortie intervient en pleine tourmente autour de l’arrestation de la procureure militaire Yifat Tomer-Yerushalmi, soupçonnée d’avoir fait fuiter une vidéo montrant des violences commises contre un détenu palestinien.
Pour Son Har-Melekh, “la procureure a trahi Tsahal”.

“Elle voulait présenter nos soldats comme des violeurs, elle a menti à la commission parlementaire. Cette femme a voulu nuire à Israël de l’intérieur.”

Dans ce climat d’hystérie médiatique, la députée s’impose comme la voix la plus radicale d’une droite convaincue qu’Israël fait preuve d’une faiblesse morale face à ses ennemis.
Elle accuse également la hiérarchie judiciaire de “protéger les terroristes mieux que les soldats”.

Un pays entre vengeance et justice

La question de la peine de mort pour les terroristes revient cycliquement dans le débat israélien.
Déjà en 1962, lors de l’exécution d’Adolf Eichmann, l’État d’Israël avait choisi l’exception plutôt que la règle.
Depuis, aucun autre condamné n’a été exécuté. Mais le 7 octobre a ravivé un besoin de justice absolue, voire de revanche.
Pour beaucoup de familles endeuillées, voir les assassins emprisonnés puis échangés contre des otages est une humiliation insupportable.

“Si nous ne donnons pas à la mort la place qu’elle mérite dans la justice, c’est elle qui s’invitera dans nos rues”, résume un officier de réserve.

Une société qui se cherche encore

Au-delà du tumulte politique, la sortie de Son Har-Melekh révèle une fracture plus profonde : Israël hésite entre être un État de droit ou une nation en guerre permanente.
Peut-on juger un terroriste avec les mêmes règles qu’un citoyen ? Peut-on rester moral quand on affronte le mal absolu ?

Ces questions ne trouveront pas de réponse immédiate.
Mais une chose est sûre : depuis le 7 octobre, Israël n’est plus le même pays.
Les appels à la fermeté, même les plus radicaux, traduisent moins une soif de vengeance qu’une volonté de reprendre le contrôle de son destin.

 

Affaire du nourrisson de Givat Zeev : le dossier classé, les parents accusent la police d’avoir provoqué la tragédie

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C’est une affaire qui avait bouleversé Israël il y a plusieurs semaines : la mort tragique d’un bébé de sept mois à Givat Zeev, survenue lors d’un raid policier dans le domicile familial.
Ce mercredi, la division des enquêtes internes (Mahash) a annoncé qu’elle classait l’affaire, concluant à l’absence d’infraction pénale commise par les policiers.
Une décision qui a provoqué la colère et l’incompréhension des proches du nourrisson.

 Une descente de police qui vire au drame

Les faits remontent à une nuit d’automne dans cette localité paisible proche de Jérusalem.
Des enquêteurs de la police israélienne se présentent au domicile d’une famille religieuse pour mener une perquisition liée à des soupçons de fraude visant le père.
Selon le témoignage de la mère, les agents auraient fait irruption “comme dans un film d’action”, jetant des objets et lançant des couvertures sur le lit où dormait le bébé.

Quelques instants plus tard, l’enfant est retrouvé inconscient.
Il sera évacué d’urgence vers l’hôpital Shaarei Tsedek, où les médecins constateront son décès.
La mère, effondrée, a raconté :

“Ils fouillaient partout, renversaient nos affaires, et mon bébé était là, sans défense. Quand j’ai compris qu’il ne respirait plus, il était déjà trop tard.”

 L’enquête interne blanchit les policiers

Après plusieurs semaines de silence, la Mahash a annoncé avoir clos l’enquête :
aucune “preuve d’une faute ou d’un acte intentionnel” n’a été trouvée.
Les agents, selon le rapport, auraient “agi conformément à la procédure”, sans lien direct entre leur intervention et la mort du nourrisson.

Les enquêteurs reconnaissent toutefois que “des erreurs de jugement ont pu être commises”, notamment sur la manière dont la fouille a été conduite, mais sans atteindre le seuil d’une responsabilité criminelle.

Une explication qui n’apaise pas la douleur des parents.

“Ce n’est pas un classement, c’est une gifle”, a réagi la mère du bébé.
“Mon fils est mort pendant une opération de police, et personne n’en portera la responsabilité.”

 Une famille laissée sans réponse

Lors d’une rencontre avec les représentants de la Mahash, les parents ont exprimé leur indignation.
Ils affirment avoir été traités avec mépris et tenus à l’écart de la procédure.
Leur avocate a dénoncé “une enquête menée à reculons, avec une volonté manifeste d’enterrer l’affaire”.

Selon elle, les enquêteurs ne sont arrivés sur les lieux que deux heures après les faits, alors que des dizaines de policiers se trouvaient encore dans l’appartement.
“Les preuves ont été contaminées, la scène compromise, et tout le reste n’a été qu’une formalité”, dénonce-t-elle.

Des failles dans la gestion policière

Plusieurs anciens responsables de la police israélienne ont reconnu une gestion désastreuse de l’opération.

“Quand une perquisition implique des enfants ou des bébés, il doit y avoir un agent dédié à la sécurité des occupants. Là, manifestement, ce protocole n’a pas été respecté”, a commenté un ancien inspecteur-chef à Kan News.

Le cas de Givat Zeev vient ainsi s’ajouter à une série de controverses sur les méthodes d’intervention de la police, accusée de brutalité et d’imprudence, notamment dans les quartiers résidentiels religieux.

 Une douleur qui dépasse la justice

Dans la communauté de Givat Zeev, la colère est palpable.
Des dizaines de voisins se sont réunis pour une veillée silencieuse en mémoire du bébé, brandissant des pancartes :

“Un enfant est mort, et personne ne paiera.”

Cette affaire soulève un débat plus large : jusqu’où la sécurité publique peut-elle aller sans briser la confiance des citoyens ?
Le sentiment d’impunité, nourri par le classement du dossier, risque d’éroder encore davantage la relation fragile entre la police et les familles religieuses.

 Une confiance ébranlée

À l’heure où Israël fait face à des menaces existentielles et à une guerre de l’information, l’unité nationale repose aussi sur le respect mutuel entre forces de l’ordre et citoyens.
Mais quand une opération censée protéger finit par coûter la vie à un nourrisson, la question dépasse le droit : elle touche à la morale.

La douleur des parents restera comme une plaie ouverte dans une société qui ne peut se permettre de perdre sa compassion.

 

“Pas de service, pas de vote” : le projet de loi explosif d’Israël Beiteinou secoue la Knesset

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Un débat électrique a éclaté ce mercredi à la Knesset.
Le parti Israël Beiteinou, dirigé par Avigdor Lieberman, a présenté un projet de loi radical : priver du droit de vote tout citoyen israélien n’ayant pas effectué de service militaire ou civil.
Le texte, porté par le député Oded Forer, a déclenché une onde de choc dans le paysage politique israélien, ravivant le clivage brûlant entre égalité du service et poids politique du public haredi.

 “Qui fuit le service ne décidera pas de l’avenir du pays”

“L’idée est simple”, a déclaré Forer depuis la tribune.
“Celui qui refuse de porter le fardeau de la défense nationale ne peut pas décider du sort de ceux qui le portent.”

Cette proposition de loi, baptisée “Pas de service, pas de vote”, vise explicitement à mettre fin à l’inégalité historique entre les citoyens servant dans Tsahal ou le service civil, et ceux bénéficiant d’exemptions — notamment dans le secteur ultra-orthodoxe.

Le parti appelle toutes les “factions sionistes” à se rallier au texte, qu’il présente comme un test moral pour la démocratie israélienne.

 Une proposition qui embrase la coalition

Dans l’hémicycle, la tension était palpable.
Les représentants des partis haredim ont dénoncé une “attaque directe contre la Torah et contre les valeurs juives”, tandis que des députés de droite laïque ont applaudi la mesure.
Le ministre de la Défense Israël Katz a refusé de commenter publiquement, mais plusieurs proches ont évoqué “une idée populiste, dangereuse pour la cohésion nationale”.

De son côté, la ministre Gila Gamliel a pris la parole pour exprimer l’opposition officielle du gouvernement :

“Aucune démocratie au monde ne conditionne le droit de vote à un service militaire. C’est ouvrir la boîte de Pandore.”

Mais Forer rétorque :

“Lorsqu’en Europe ou aux États-Unis on restreint le droit de vote aux criminels ou aux traîtres, personne ne parle d’atteinte à la démocratie. Alors pourquoi Israël, qui vit sous menace permanente, ne pourrait-elle pas exiger une contribution minimale à sa survie ?”

 Le débat de fond : citoyenneté et devoir

Au-delà du tumulte politique, cette initiative soulève une question essentielle :
la citoyenneté israélienne est-elle un droit ou une responsabilité ?

Les partisans du texte estiment que le modèle actuel de conscription universelle est injuste, car des milliers de jeunes haredim bénéficient d’exemptions pendant que d’autres risquent leur vie à Gaza et au Liban.

“On ne peut pas laisser une minorité décider pour ceux qui se battent pour la majorité”, affirme un officier de réserve de la brigade Golani, interrogé par Infos-Israel.News.

Les opposants y voient au contraire un glissement autoritaire et une atteinte à l’égalité démocratique fondamentale, estimant que “priver du vote revient à exclure une partie du peuple”.

 Un projet symbolique dans un Israël fracturé

Depuis les tensions autour du projet de loi sur la conscription, le débat sur le partage du fardeau militaire est devenu le baromètre de la fracture israélienne.
Le slogan “מי שלא מתגייס – לא מצביע” (“Qui ne sert pas ne vote pas”) s’est propagé sur les réseaux, soutenu par des réservistes en colère.

Mais cette loi a peu de chances d’être adoptée à court terme : elle nécessite une majorité que la coalition actuelle, fragilisée par les divisions internes, ne possède plus.

Pourtant, symboliquement, elle marque un tournant.
Elle traduit le ras-le-bol d’une partie de la population israélienne qui estime porter seule le poids de la sécurité nationale.

 Un avertissement politique à Netanyahu

Ce texte met surtout la pression sur le Premier ministre Benjamin Netanyahu, accusé par ses alliés laïcs de “céder systématiquement aux partis haredim”.
En coulisse, plusieurs députés du Likoud reconnaissent que le sujet du service universel sera “impossible à éviter” dans la prochaine session parlementaire.

Un proche de Lieberman conclut :

“Ce projet est peut-être symbolique, mais il dit tout de notre époque :
soit Israël devient un pays de citoyens égaux, soit il se fracture entre ceux qui servent et ceux qui prient.”

 

Violences choquantes au concert d’Eyal Golan : des agents de sécurité accusés de passages à tabac brutaux

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Ce qui devait être une soirée festive s’est transformé en scène de chaos et de violence.
Lors d’un concert d’Eyal Golan à Ramat Gan, plusieurs spectateurs ont été violemment frappés par des agents de sécurité appartenant à la société T.Q.S.
Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent des bousculades, coups de poing, étranglements et insultes en arabe, provoquant une onde d’indignation à travers le pays.

 “Ils cherchaient la bagarre” : des témoins racontent

Plusieurs jeunes présents au concert ont témoigné d’une agressivité gratuite de la part des agents de sécurité.

“Ils avaient la rage dans les yeux, on voyait qu’ils cherchaient un prétexte pour frapper”, raconte Benjamin, un spectateur.
“J’ai juste dit qu’on allait finir notre sandwich et sortir — un agent m’a donné un coup de poing dans l’œil sans raison.”

D’autres vidéos montrent des agents en uniforme repoussant violemment des jeunes hommes au sol, sous les cris paniqués du public.
“On a payé des centaines de shekels pour se faire frapper et insulter. C’est une honte nationale”, dénonce Ruth, une spectatrice.

 Une violence “organisée” selon plusieurs victimes

Les témoignages convergent : les agents de T.Q.S. — une société privée déjà connue pour ses méthodes musclées — auraient agi comme un groupe organisé, prêt à en découdre.

“Deux d’entre eux étaient Arabes, ils nous ont maudits en arabe tout en frappant mon ami”, raconte un autre témoin.
“Ils ont étranglé un jeune homme, l’ont jeté au sol, et ne l’ont lâché qu’à l’arrivée de la police.”

Sur les réseaux sociaux, la colère monte : des internautes accusent la société T.Q.S. d’avoir embauché des gardes sans formation ni contrôle psychologique, malgré des antécédents de plaintes pour violences.

 Les vidéos virales relancent le débat sur la sécurité privée

Les images de la soirée, filmées par des téléphones portables, ont rapidement été partagées des milliers de fois.
On y voit des agents repoussant des femmes, criant, et frappant des spectateurs à coups de poing.
La scène rappelle d’autres incidents récents où des entreprises privées d’événementiel ont été accusées de brutalité et d’usage excessif de la force.

Plusieurs internautes ont appelé à boycotter les concerts d’Eyal Golan jusqu’à ce que la société soit remplacée.

“Nous aimons Eyal Golan, mais pas au prix de notre sécurité”, écrit un fan sur X.
“Ces gardes se comportent comme une milice, pas comme des professionnels.”

 Une avalanche de plaintes à venir

Des victimes ont déjà annoncé leur intention de porter plainte contre la société T.Q.S., certaines affirmant avoir été hospitalisées pour des contusions et traumatismes.
Une jeune femme, Hani Dahan, a rapporté avoir été poussée au niveau de la poitrine par un agent :

“Aucun garde n’a le droit de toucher une femme de cette façon. C’est une atteinte humiliante.”

Sur Google, les évaluations de T.Q.S. se sont effondrées en quelques heures :
“Entreprise violente”, “honte d’Israël”, “des brutes déguisées en agents”, peut-on lire parmi les nombreux commentaires.

 Eyal Golan se désolidarise : “La violence est inacceptable”

L’artiste Eyal Golan, qui n’est pas employeur direct des agents, a réagi par communiqué :

“Je condamne toute forme de violence. Nous avons contacté la société de sécurité pour exiger une enquête immédiate. Les concerts doivent rester des lieux de joie, pas de peur.”

Cependant, la production “Liam Productions” n’a pas encore officiellement répondu aux demandes des médias.

Une société privée au passé controversé

Ce n’est pas la première fois que T.Q.S. se retrouve dans la tourmente.
Des rapports précédents mentionnaient déjà des incidents lors de concerts d’Omer Adam et Eden Ben Zaken, avec plaintes pour coups et blessures restées sans suite judiciaire.
La question de la formation, de la supervision et du profil des agents de sécurité privés refait donc surface.

 Un débat national sur la sécurité dans les événements publics

Alors que les concerts attirent de plus en plus de jeunes Israéliens en quête de détente après une année de guerre, la sécurité des lieux de divertissement devient un enjeu national.
Les familles exigent désormais une vérification stricte des entreprises sous contrat, et une meilleure responsabilité légale des organisateurs.

“Quand la fête devient un champ de bataille, c’est le signe d’une société malade”, a commenté un éditorialiste de Maariv.

 

Le tribunal prolonge la détention de Yifat Tomer-Yerushalmi : les soupçons s’alourdissent autour de l’ex-procureure militaire

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La tempête judiciaire qui secoue l’armée israélienne prend une tournure encore plus grave.
Ce mercredi matin, le tribunal de Tel-Aviv a décidé de prolonger jusqu’à vendredi la détention de l’ancienne procureure générale militaire, la général-major Yifat Tomer-Yerushalmi, impliquée dans l’affaire de la fuite du film de Sdé Teiman.
Une décision qui confirme la gravité des soupçons et la complexité d’un dossier qui fragilise la confiance au sommet de l’institution juridique de Tsahal.

 Une enquête qui s’étend et des preuves qui s’accumulent

Selon la Police nationale, les éléments réunis ces derniers jours “renforcent considérablement les soupçons” contre l’ancienne responsable, soupçonnée de fuite d’informations classifiées, falsification de témoignages et abus de pouvoir.
Lors de l’audience, l’enquêteur principal a révélé que les autorités avaient enfin obtenu le code personnel et la montre connectée Apple Watch de l’ex-procureure, alors que son téléphone portable demeure introuvable depuis sa disparition sur la plage de Tel-Aviv.

“L’enquête montre un comportement organisé, pas un accident. Le risque de destruction de preuves reste élevé”, a déclaré le représentant de la police.

Un “cercle du silence” existerait encore autour d’elle : des collègues auraient refusé de coopérer, alimentant la thèse d’une coordination entre plusieurs officiers supérieurs pour étouffer les circonstances réelles de la fuite du film militaire.

 Des documents déchirés et un “message personnel” retrouvé

Les enquêteurs ont par ailleurs mis la main sur plusieurs carnets et fragments de lettres retrouvés dans sa chambre à Givatayim, dont certains “semblent avoir été déchirés volontairement”.
Les fragments, désormais en cours d’analyse, pourraient révéler des échanges avec d’autres responsables du parquet militaire ou des journalistes.
Une source proche du dossier évoque également “un message rédigé dans un ton désespéré”, que la police considère comme une possible note d’adieu ou de justification avant sa disparition temporaire.

 Le rôle flou du ministère de la Justice

La procureure générale Gali Baharav-Miara a tenu à préciser dans un communiqué qu’elle n’était en aucun cas impliquée dans la fuite et qu’elle “n’avait reçu aucune information préalable”.
Mais cette déclaration n’a pas suffi à calmer les critiques : plusieurs députés, notamment du camp national-libéral, demandent qu’elle se récuse de tout suivi direct du dossier, en raison de son amitié personnelle avec Tomer-Yerushalmi.

Le juge Noam Solberg, vice-président de la Cour suprême, a d’ailleurs ordonné à Baharav-Miara de répondre par écrit avant jeudi soir sur cette question de conflit d’intérêts.

 Tsahal veut “tourner la page”, mais le séisme continue

L’armée israélienne, déjà ébranlée par les polémiques entourant le film de Sdé Teiman, tente de restaurer la confiance dans sa chaîne de commandement juridique.
Le nouveau procureur militaire, le colonel Itay Ofir, a promis “transparence et rigueur”, tout en dénonçant les “fuites délibérées qui ternissent l’image de Tsahal en pleine guerre médiatique”.

Mais la population israélienne, elle, s’interroge : comment une haute responsable militaire a-t-elle pu faire disparaître des preuves au cœur d’une institution censée incarner l’intégrité morale de l’armée ?
Sur les réseaux sociaux, le débat est intense entre ceux qui dénoncent un acharnement judiciaire, et ceux qui appellent à “nettoyer les écuries d’Augias” pour préserver la crédibilité de la justice militaire.

 Une affaire d’État aux répercussions profondes

L’affaire Tomer-Yerushalmi dépasse désormais la seule question d’une fuite interne :
elle interroge la responsabilité morale de l’élite juridique israélienne et la frontière entre justice et politique en période de guerre.
Elle met aussi en lumière la fragilité d’une démocratie confrontée à une campagne de désinformation mondiale, dans laquelle la moindre faille devient un instrument contre Israël.