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Saisir l’uranium iranien : l’opération des forces spéciales israeliennes « la plus grande de l’histoire »

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Trump ne l’exclut pas. Les experts militaires la décrivent comme un cauchemar logistique. Mais si personne ne trouve d’autre solution pour l’uranium enrichi iranien, des milliers de soldats d’élite pourraient un jour descendre sur les décombres des sites nucléaires d’Isfahan et Natanz.

L’un des objectifs centraux affichés par Donald Trump dans cette guerre contre l’Iran est d’empêcher la République islamique de se doter de l’arme nucléaire. Les frappes aériennes ont détruit les infrastructures, les centrifugeuses sont hors service, et l’enrichissement de l’uranium a cessé selon le secrétaire d’État Marco Rubio. Mais le problème demeure entier sous une autre forme : des centaines de kilogrammes d’uranium déjà enrichi sont toujours là, enfouis sous les décombres de sites bombardés. Et personne ne sait encore comment s’en débarrasser.

Ce que l’Iran possède encore

Avant les séries de frappes aériennes lancées en juin dernier par Israël et les États-Unis, les estimations internationales créditaient l’Iran de plus de 400 kilogrammes d’uranium enrichi à 60% — un niveau techniquement accessible au seuil des 90% nécessaires à la fabrication d’une bombe atomique. S’y ajoutaient près de 200 kilogrammes enrichis à 20%, convertibles relativement facilement en matière fissile de qualité militaire.

Selon le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Grossi, cet uranium se trouve principalement dans deux des trois sites attaqués : dans des tunnels souterrains du complexe nucléaire d’Isfahan, et dans des installations du site de Natanz. Environ la moitié du stock enrichi à 60% aurait été entreposée dans les galeries d’Isfahan.

Le ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi a déclaré dans un entretien à CBS que l’uranium enrichi est toujours enfoui sous les décombres des sites bombardés en juin. Selon lui, l’Iran n’a actuellement aucun projet de l’extraire, et n’envisagerait de le faire qu’en présence et sous la supervision de l’AIEA.

« Le plus grand des forces spéciales de l’histoire »

C’est l’ancien commandant suprême de l’OTAN en Europe, l’amiral James Stavridis, qui a posé les mots les plus frappants sur ce scénario. Si Trump décidait d’envoyer des forces terrestres pour saisir l’uranium, ce ne serait pas, selon lui, une opération éclair. Stavridis a qualifié une telle mission de potentiellement « la plus grande opération de forces spéciales de l’histoire. »

Les experts militaires interrogés par le Wall Street Journal ont détaillé l’ampleur du défi. Il faudrait plus de 1 000 membres du personnel pour chaque site séparément. Comme l’uranium est enfoui sous des tonnes de décombres, les Américains devraient apporter des engins de terrassement lourds pour se frayer un chemin, tout en se prémunissant contre les mines et les charges explosives laissées sur place. Des pistes d’atterrissage improvisées devraient être construites pour acheminer les équipements et évacuer les matières radioactives. Des unités d’élite comme les Rangers devraient sécuriser la zone pendant plusieurs jours, pendant que l’armée de l’air américaine gérerait les menaces de drones et de missiles iraniens cherchant à perturber l’opération.

Les risques au-delà du combat

Au-delà de l’affrontement avec les forces iraniennes, l’opération comporte des dangers supplémentaires. Richard Nephew, ancien responsable du dossier iranien au Conseil de sécurité nationale américain, s’inquiète du temps de présence prolongé des forces sur le terrain — une exposition aux engins explosifs improvisés et aux frappes de représailles. La manipulation de l’uranium enrichi comporte par ailleurs un risque de contamination radioactive. Si l’opération devait être menée dans l’urgence, les Américains pourraient être contraints de « diluer » l’uranium sur place ou de le détruire — avec le risque d’une contamination chimique grave de la zone environnante.

Les options sur la table

Trump a déclaré qu’il ne fermait pas la porte à l’envoi de forces terrestres en Iran si nécessaire, mais a signalé ce week-end que l’opération de saisie de l’uranium enrichi n’était pas imminente. « Nous ne nous y concentrons pas pour l’instant, mais à un moment donné peut-être », a-t-il indiqué dans un entretien à Fox News Radio, précisant que la priorité actuelle restait la neutralisation des missiles et des drones iraniens.

Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a rappelé que « toutes les options sont sur la table », y compris celle où l’Iran déciderait lui-même de renoncer au matériel. Une autre option consiste à laisser l’uranium là où il est — mais avec un avertissement clair : toute tentative de l’extraire ou de relancer l’enrichissement entraînerait de nouvelles frappes militaires. Les experts estiment que grâce à la pénétration du renseignement israélien dans le programme nucléaire iranien et aux satellites espions américains, toute reprise d’activité iranienne serait détectée rapidement.

Des responsables israéliens, dont l’ancien chef du Conseil de sécurité nationale Eyal Hulata, avertissent néanmoins que si la guerre se termine sans que la communauté internationale ne règle le problème du stock d’uranium enrichi et des tunnels souterrains, ce sera « un problème extrêmement grave » — que Washington et Jérusalem devront résoudre « d’une façon ou d’une autre. »

Les armes secrètes de la guerre contre l’Iran : du drone copié à l’iranienne au missile qui a traversé l’atmosphère

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Un drone américain né de l’ingénierie inversée du Shahed iranien, un missile balistique israélien qui sort de l’atmosphère avant de plonger sur sa cible, un Tomahawk peint en noir — la guerre contre l’Iran est devenue le plus grand laboratoire d’armes de précision de l’histoire moderne.

Dans les salles de commandement et les hangars d’aviation qui encadrent cette campagne militaire sans précédent contre l’Iran, ce ne sont pas seulement des stratèges et des pilotes qui font la guerre — ce sont aussi des ingénieurs. La campagne israélo-américaine contre la République islamique est en train de révéler, au fil des frappes, une génération entière d’armements de nouvelle génération, testés pour la première fois en conditions réelles, certains pour la toute première fois de leur existence opérationnelle.

Le drone américain qui copie l’iranien

L’un des révélations les plus inattendues de ce conflit est le LUCAS — Low-cost Unmanned Combat Attack System. Ce drone-kamikaze américain est né d’un processus d’ingénierie inversée appliqué au Shahed-136 iranien, l’un des drones les plus utilisés par la République islamique et ses mandataires au Moyen-Orient, et qui avait déjà fait ses preuves lors de l’invasion russe de l’Ukraine.

L’idée américaine était simple dans son principe : prendre l’avantage iranien de la production de masse à bas coût — et l’améliorer grâce à une couche logicielle avancée. Selon le Dr Yehoshua Kaliski, chercheur senior à l’Institut d’études de sécurité nationale, l’Iran produit ces engins à moindre coût avec des matériaux simples. Les Américains ont reproduit ce modèle, mais en y intégrant des logiciels intelligents capables de transformer des drones isolés en nuées coordonnées. Le commandement central américain — CENTCOM — a officiellement annoncé la première utilisation opérationnelle du LUCAS à la fin du mois de février contre des cibles iraniennes, l’amiral Brad Cooper qualifiant le système d' »arme essentielle ».

Le missile qui fait ses débuts sur le champ de bataille

Autre première absolue dans cette campagne : le PrSM — Precision Strike Missile. Ce missile balistique tactique à courte portée, entré en service dans l’armée américaine il y a environ deux ans, a effectué sa toute première utilisation opérationnelle dans le cadre de ce conflit. Tiré depuis des lanceurs terrestres HIMARS et MLRS, il est conçu pour détruire des cibles en profondeur — lanceurs de missiles, batteries de défense antiaérienne, radars — avec une portée pouvant atteindre 500 kilomètres.

L’amiral Cooper a décrit ce missile comme offrant à l’armée américaine une capacité de frappe en profondeur sans équivalent. Là où les avions de combat ne peuvent opérer en continu, le PrSM assure la continuité des frappes entre les rotations — un maillon essentiel dans ce que les militaires appellent un « combat combiné » intégrant toutes les dimensions de la puissance de feu.

Le missile israélien qui quitte l’atmosphère

Du côté israélien, l’arme qui a retenu le plus l’attention est sans conteste le missile balistique « Blue Sparrow » — Ankur Kakhol en hébreu. Selon des médias étrangers, c’est ce missile, tiré depuis un F-15, qui aurait été utilisé lors de la frappe ayant éliminé le Guide suprême Ali Khamenei dans son complexe à Téhéran.

Sa particularité est dans sa trajectoire : après le lancement, il monte au-delà de l’atmosphère terrestre avant de replonger sur sa cible selon une trajectoire balistique. Cette courbe rend sa détection par les systèmes de défense antiaérienne extrêmement difficile et réduit drastiquement la fenêtre de réaction de la cible. Avec une portée d’environ 2 000 kilomètres, un poids de 1,9 tonne et une longueur de plus de 6,5 mètres, il a été conçu à l’origine comme un missile simulant un Scud dans le cadre des programmes d’entraînement aux interceptions — avant d’être adapté à un usage offensif réel.

Le Rampage et l’Ice Breaker : frapper sans s’exposer

L’arsenal israelien comprend également le Rampage — missile air-sol développé conjointement par l’Industrie aérospatiale israelienne et Elbit — qui permet à l’armée de l’air de frapper des cibles de qualité à distance, sans exposer les avions de combat aux défenses adverses. Guidé par GPS ou navigation inertielle, avec une portée d’environ 250 kilomètres, il a notamment été utilisé lors des frappes israeliennes en Iran en avril 2024 contre une batterie S-300 à Ispahan. Sur le compte X officiel de l’armée de l’air, on pouvait voir le 7 mars un F-16I « Soufa » armé de missiles Rampage en route vers des cibles iraniennes dans le cadre de l’opération « Rugissement du Lion ».

L’Ice Breaker, produit par Rafael, est un missile de croisière longue portée capable d’atteindre des cibles terrestres et maritimes jusqu’à 300 kilomètres, même dans un environnement où les systèmes GPS sont brouillés. Équipé d’un système de guidage électro-optique intégrant de l’intelligence artificielle, il est capable de reconnaître et d’identifier automatiquement sa cible en comparant l’image stockée en mémoire avec ce qu’il « voit » en temps réel pendant le vol.

Le Tomahawk noir : un mystère encore entier

Enfin, une curiosité signalée par le site spécialisé The War Zone : des images publiées par l’armée américaine montreraient une variante inhabituelle du missile de croisière Tomahawk — peinte en noir brillant au lieu du gris habituel. L’analyse suggère qu’il pourrait s’agir d’une version plus avancée, éventuellement dotée de caractéristiques furtives destinées à améliorer la survie du missile en vol. La couleur sombre pourrait également compliquer la détection visuelle lors des vols en basse altitude au-dessus de la mer, voire réduire sa signature infrarouge. Aucune confirmation officielle n’a cependant été publiée à ce stade — il s’agit pour l’instant d’une hypothèse techniquement intéressante, mais non vérifiée.

 

Protégés par la foule : les dirigeants iraniens sortent de leur bunker entourés de milliers de civils

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Au cœur d’une guerre ouverte contre Israël et les États-Unis, les hauts responsables du régime iranien ont choisi ce vendredi une stratégie pour le moins inhabituelle : sortir dans la rue. Profitant des rassemblements organisés à l’occasion du dernier vendredi du Ramadan — « Yom Al-Qods », la Journée de Jérusalem —, les dirigeants iraniens ont fait une apparition publique spectaculaire à Téhéran, se fondant délibérément dans la masse des manifestants pour former ce que l’on peut sans détour appeler un bouclier humain.

Parmi ceux qui ont été filmés et photographiés dans le cortège : le président Masoud Pezeshkian, le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale Ali Larijani — considéré comme l’un des hommes les plus puissants du régime —, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, le commandant de la police Ahmad Radan, le chef du pouvoir judiciaire Gholam-Hossein Mohseni Eje’i, ainsi que le directeur de l’Agence iranienne de l’énergie atomique Mohammad Eslami. En clair : la quasi-totalité du noyau dirigeant de la République islamique réunie dans une seule et même foule, à ciel ouvert.

Le paradoxe est saisissant. En temps de guerre, la logique sécuritaire élémentaire impose aux dirigeants de se terrer dans des abris souterrains, de multiplier les transferts entre sites sécurisés, d’éviter toute apparition prévisible et traçable. C’est exactement l’inverse que le régime a choisi de faire — et ce, peu d’heures après qu’une menace explicite a été proférée par Donald Trump à l’encontre de la direction iranienne. Des centaines de personnes entourant les responsables, quelques gardes du corps seulement visibles : quiconque voudrait frapper devrait accepter de frapper la foule.

Ce calcul cynique ne trompe personne à l’Ouest. Selon des sources occidentales citées par Kipa, les images diffusées depuis Téhéran visaient avant tout à envoyer un signal de stabilité et de maîtrise intérieure, à un moment où le régime supporte une pression militaire intense et une crainte persistante de voir sa direction décapitée.

Ali Larijani a pris la parole pour s’en prendre directement à Trump, affirmant que le président américain « ne comprend pas que le peuple iranien est un peuple mûr, fort et déterminé », et que toute augmentation de la pression américaine ne ferait que renforcer la volonté du peuple. Le ministre Araghchi a abondé dans le même sens, soulignant que malgré les frappes, des millions d’Iraniens sont descendus dans les rues. Il y a vu la preuve de « la volonté inébranlable des Iraniens de soutenir la République islamique et ses idéaux. »

Quatorze jours après le début des hostilités, la question n’est plus de savoir si le régime ressent la pression. Les images de ce vendredi la confirment. La vraie question est de savoir combien de temps encore il peut tenir cette posture — et à quel prix humain.

Guerre et Shabbat : les rabbins de Tzohar tranchent — l’ascenseur est autorisé pour descendre à l’abri, et pour en revenir

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La guerre pose des questions que la halacha n’avait pas eu à trancher dans ce contexte précis. Depuis le début des hostilités, le centre halakhique de l’organisation rabbinique Tzohar croule sous les demandes du public. Face à l’afflux de questions pratiques et urgentes, les rabbins ont publié une série de décisions nouvelles, pensées pour la réalité concrète de cette période de combat.

La question la plus fréquemment posée concerne l’utilisation de l’ascenseur le Shabbat lors d’une alerte, lorsqu’une personne âgée ou malade est physiquement incapable de descendre à l’abri à pied. La réponse des rabbins de Tzohar est claire et sans condition : les personnes âgées ou malades qui ont besoin de l’ascenseur pour rejoindre l’abri peuvent l’utiliser, aussi bien à l’aller qu’au retour. Et la précision est importante : il faut le faire dès que l’alerte retentit, sans attendre.

Cette décision peut paraître évidente pour un non-pratiquant, mais elle tranche une question réelle pour des milliers de familles religieuses israéliennes, pour lesquelles l’activation d’un appareil électrique le Shabbat constitue normalement une transgression grave. La situation de danger de mort — le pikouah nefesh — suspend en droit juif la quasi-totalité des interdits. Mais la formulation précise de cette permission, son extension au trajet retour, et l’instruction d’agir dès la première alerte constituent des clarifications importantes pour ceux qui vivent dans des immeubles à étages.

Une deuxième décision porte sur les visites de condoléances en temps de guerre. Lorsque la salle de deuil est trop petite pour garantir la sécurité en cas d’alerte, et que les rassemblements sont dangereux, les rabbins de Tzohar autorisent les endeuillés à ne pas publier le lieu de la shiva, afin d’éviter les attroupements. Ils recommandent également de répartir les visites selon des créneaux horaires définis. Et pour ceux qui ne peuvent physiquement pas se déplacer, les condoléances peuvent être présentées par téléphone ou via Zoom — une adaptation notable à la réalité technologique et sécuritaire du moment.

Le président de Tzohar, le rabbin David Stav, a résumé la démarche : en période de guerre, le public fait face à une réalité complexe qui soulève de nombreuses questions. « Notre responsabilité en tant que rabbins est d’être disponibles pour le public, d’écouter et de fournir une réponse claire et responsable en tenant compte des besoins du moment. »

Ce que révèle cette initiative, c’est la vitalité d’un judaïsme halakhique qui ne se réfugie pas dans l’abstraction face à l’urgence. Les rabbins de Tzohar — organisation connue pour son approche accessible et non cléricale — ont choisi de répondre au concret par du concret : des règles claires, applicables immédiatement, qui permettent à des familles religieuses de traverser la guerre sans avoir à arbitrer seules entre leur sécurité et leur observance.

Trump sur Fox News : « Nous frapperons très fort l’Iran » — le détroit d’Ormuz au cœur de la guerre des nerfs

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Ce vendredi, Donald Trump a accordé une interview à Fox News dans laquelle il a annoncé que l’armée américaine « frappera très fort » l’Iran dans la semaine à venir. Il a également précisé que Washington protégerait si nécessaire les navires transitant par le détroit d’Ormuz. Une déclaration qui s’inscrit dans une séquence de communication de guerre intense depuis le début de l’opération conjointe israélo-américaine lancée le 28 février 2026.

Ce n’est pas la première fois que Trump brandit cette menace. Lors d’une conférence de presse en Floride quelques jours plus tôt, il avait déjà averti Téhéran : toute tentative de bloquer le flux de pétrole dans le Golfe déclencherait une réponse « beaucoup, beaucoup plus forte ». La raison de cette obsession pour le détroit est simple : par ce passage d’à peine 33 kilomètres de large transitent environ un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Le bloquer, c’est tenir le monde en otage.

Et l’Iran joue exactement cette carte. Des sources proches du renseignement américain ont signalé que Téhéran aurait posé des mines dans le détroit, poussant Trump à réagir immédiatement en affirmant que Washington ciblait déjà les navires iraniens soupçonnés de poser ces engins. Les États-Unis auraient frappé en dix jours plus de 5 000 cibles, dont plus de 50 navires iraniens, selon l’armée américaine. Les tensions ont fait bondir les cours du pétrole, et le prix à la pompe aux États-Unis a augmenté en moyenne de 20% depuis le début du conflit. À l’approche des élections de mi-mandat, cette réalité économique constitue l’une des contraintes politiques majeures de Trump.

La Commission européenne a mis en garde contre un choc stagflationniste majeur — forte inflation combinée à l’absence de croissance — susceptible d’ébranler l’économie mondiale. Les États-Unis ont laissé entendre qu’ils pourraient escorter les pétroliers dans le détroit, mais cette promesse est jugée irréaliste par les spécialistes tant que Téhéran maintient la menace de minage.

Sur le plan militaire, les déclarations de Trump oscillent entre triomphalisme et reconnaissance implicite d’une guerre longue. Quelques heures avant d’assurer que l’Iran était « proche de la défaite », il avait laissé entendre qu’il « ne restait pratiquement rien à frapper » — avant de se contredire en exhortant à « finir le boulot ». Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth s’est refusé à toute précision sur la durée : « Ce n’est pas à moi de dire si c’est le début, le milieu ou la fin. » Ce que révèle l’interview de ce vendredi sur Fox News, c’est la mécanique d’une communication de guerre entièrement calibrée pour l’opinion publique américaine — avec ses contradictions, ses fanfaronnades, et ses ambiguïtés stratégiques.

Sources : Reuters / Radio-Canada / RTS / France 24 / Franceinfo

Dimanche, une nouvelle page : Israël amorce le retour à la vie normale après quinze jours de guerre

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C’est un signal attendu par des millions de familles israéliennes. À l’issue d’une réunion présidée par le chef d’état-major Eyal Zamir ce vendredi, l’establishment sécuritaire a recommandé au niveau politique un allègement des restrictions imposées à la population civile depuis le 28 février. Si le feu vert politique est donné, les nouvelles consignes entreraient en vigueur dès dimanche.

L’allègement sera différencié selon les zones géographiques et ne concernera pas l’ensemble du territoire. Le Commandement du front intérieur recommande de concentrer la levée des restrictions principalement dans le sud du pays, où les alertes ont été quasi inexistantes ces dernières semaines. Les zones classées « jaune » bénéficieraient d’un assouplissement partiel, tandis que les zones plus exposées resteraient soumises aux consignes actuelles.

Concrètement, le ministre de l’Éducation Yoav Kisch a indiqué qu’un plan de reprise des activités scolaires a déjà été élaboré. Dans les zones jaunes, les activités éducatives pourraient reprendre à condition que les établissements disposent d’un accès immédiat à un espace protégé. La première phase concernerait des niveaux spécifiques : les jardins d’enfants, les classes de CP et CE1, ainsi que les classes de première et terminale.

Les lieux de travail peuvent rouvrir si les employés peuvent rejoindre un abri à temps. Les rassemblements sont autorisés jusqu’à 50 personnes, à condition qu’un espace protégé soit accessible rapidement. Ces conditions reflètent la logique constante du Commandement du front intérieur : ne pas paralyser la vie économique et sociale, tout en garantissant que chaque citoyen puisse rejoindre un abri en moins de soixante secondes.

Selon les évaluations militaires, la baisse du nombre de missiles iraniens ne résulte pas d’une volonté de conservation de l’Iran, mais de ses difficultés croissantes à coordonner des attaques de grande envergure. C’est cette analyse qui fonde la recommandation d’allègement. L’état d’urgence reste en vigueur jusqu’à ce samedi 14 mars à 20h00 — c’est après cette échéance, et après validation politique, que le nouveau dispositif devrait prendre effet.

Sources : Srugim / i24News / JForum / Times of Israël / Ashdod Café

Terminal pétrolier de Kharg sous les bombes américaines : Trump frappe au cœur de l’économie iranienne

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Le terminal pétrolier de Kharg, poumon financier du régime de Téhéran, a été visé ce samedi par des frappes américaines. Donald Trump a annoncé personnellement que des forces militaires des États-Unis ont mené une attaque d’envergure sur l’île de Kharg, dans le Golfe Persique — la plateforme centrale par laquelle l’Iran écoule l’essentiel de son pétrole brut sur les marchés mondiaux. Ce n’est pas une frappe symbolique. C’est un coup porté à la jugulaire économique du régime.

Kharg n’est pas un nom qui circule souvent dans les bulletins d’information, mais dans les salles d’état-major et les trading rooms des grandes compagnies pétrolières, ce nom pèse lourd. L’île concentre une part écrasante des capacités d’exportation iranienne. Sans Kharg, l’Iran perd sa principale fenêtre sur l’économie mondiale. C’est précisément pour cette raison que Trump a choisi ce site comme signal de force — et comme levier de pression maximale.

Selon les déclarations du président américain, les cibles visées lors de cette opération étaient de nature strictement militaire : des dépôts de mines navales. Washington tient à baliser le cadre de l’intervention — une frappe ciblée, pas une déclaration de guerre totale. Mais le message implicite dépasse largement la liste des objectifs détruits.

Car Trump est allé plus loin dans son avertissement. Il a déclaré explicitement que si l’Iran venait à menacer les voies de transit pétrolier dans le Golfe, les États-Unis n’hésiteraient pas à ordonner de nouvelles frappes sur les infrastructures énergétiques de l’île de Kharg — avec, selon ses termes, des conséquences qui pourraient aller jusqu’à l’anéantissement des capacités d’exportation iraniennes. Ce n’est plus une mise en garde diplomatique. C’est un ultimatum articulé, public, et assumé.

Un contexte de tension maximale

Cette frappe intervient dans un contexte régional déjà surchargé. Depuis plusieurs jours, l’Iran a tiré des projectiles en direction d’Israël, déclenchant des alertes à Ashkelon, dans le centre du pays et jusqu’à Jérusalem. Le Hezbollah a également mené des tirs depuis le Liban, faisant des blessés dans le nord d’Israël. Sur le front diplomatique, des informations font état d’une trajectoire de collision entre l’Arabie saoudite et l’Iran. Et côté américain, l’armée a également confirmé quatre soldats tués dans le crash d’un avion ravitailleur en Irak.

Dans ce contexte, frapper Kharg n’est pas un acte isolé. C’est un maillon dans une chaîne d’actions qui signale que Washington est désormais entré dans une phase opérationnelle directe face à Téhéran, et non plus dans une simple posture de dissuasion verbale.

L’île de Kharg : une cible qui change tout

Comprendre la portée stratégique de cette frappe, c’est comprendre ce qu’est Kharg. L’île est l’équivalent iranien d’un hub pétrolier mondial. Elle dispose de terminaux capables de charger simultanément plusieurs supertankers. Sans ce site, l’Iran se retrouve dans l’incapacité d’honorer ses contrats d’exportation, notamment vers la Chine, son principal client depuis l’imposition des sanctions occidentales. Toute dégradation sérieuse des installations de Kharg se traduit immédiatement en pertes de revenus massives pour le régime — des revenus qui alimentent précisément son programme de missiles, ses proxies régionaux, et ses ambitions nucléaires.

Trump le sait. Et c’est précisément pourquoi il a choisi de nommer publiquement Kharg dans son avertissement. Frapper cet endroit, ou menacer de le frapper de manière crédible, c’est viser directement la capacité de survie économique du régime des Ayatollahs.

Une escalade calculée — ou le début d’autre chose ?

La question qui se pose désormais est celle de la réponse iranienne. Téhéran dispose de plusieurs options : une riposte militaire directe, une montée en puissance via ses mandataires régionaux (Houthis, Hezbollah, milices en Irak), ou une tentative de fermeture du détroit d’Ormuz — ce qui déclencherait une crise énergétique mondiale. C’est précisément ce scénario que Trump semble vouloir prévenir en annonçant à l’avance les conséquences d’une telle décision.

La logique américaine est claire : en posant les termes de l’escalade de manière publique et précise, Washington tente d’ériger une ligne rouge que Téhéran ne pourra pas franchir sans savoir exactement ce qui l’attend. C’est une stratégie de dissuasion active, construite non pas sur l’ambiguïté mais sur la clarté brutale.

Ce samedi 14 mars 2026, avec la frappe sur l’île de Kharg, le Moyen-Orient a franchi un nouveau seuil. La question n’est plus de savoir si la confrontation directe entre les États-Unis et l’Iran est possible — elle vient de commencer.

« Ils vont essayer à nouveau de faire un raid et de tuer » : le Hamas contrôle totalement le centre de Gaza, et Tsahal le sait

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Cinq mois après la déclaration du cessez-le-feu, un officier supérieur de Tsahal a conduit les responsables de la sécurité des villages de l’Otef dans une visite qui les a laissés sans voix. La destination : le centre de la bande de Gaza, face aux kibboutzim de Beeri et Kissufim. Ce qu’ils y ont vu ne ressemble en rien aux images de destruction du sud de la bande que l’armée leur montrait jusqu’ici. C’est un autre monde — et un autre danger.

Le lieutenant-colonel Gil Werner, commandant de la brigade sud de la division Gaza, qui termine ses fonctions dans environ un mois, a tenu des propos d’une franchise inhabituelle lors de ce tour organisé jeudi pour les coordinateurs de sécurité des localités riveraines. Il a admis sans détour que le Hamas contrôle de manière opérationnelle complète le secteur des camps du centre. Sa brigade est la seule à être restée pleinement fonctionnelle depuis le début du conflit : deux bataillons quasi complets, qui n’ont pratiquement pas combattu et n’ont pas été démantelés. « Leur situation est bonne, le Hamas y contrôle tout », a-t-il dit selon un participant cité par Ynet. Et d’ajouter : « Nous avons cependant un ancrage du renseignement sur eux. »

Un coordinateur de sécurité d’un village du sud, présent lors du tour, a raconté l’expérience avec une émotion à peine contenue. « C’est la première fois que nous l’entendons parler comme ça. » Habituellement, Werner emmenait les rabchatsim voir les destructions massives dans le sud de la bande. Cette fois, la destination était différente. « Nous sommes montés sur une colline d’observation d’où on voyait les camps du centre face à Beeri et Kissufim. En pratique, on n’a presque pas touché à cet endroit. Tout est resté intact. »

L’officier a décrit des immeubles toujours debout, une vie qui semblait relativement normale, des structures organisationnelles du Hamas intactes. Les bureaux gouvernementaux liés à l’organisation continuent de fonctionner, se renforcent et recrutent de nouvelles recrues. Et Tsahal, pendant ce temps, a vu ses effectifs de réserve dans les unités d’alerte des villages de l’Otef à nouveau réduits — précisément au moment où la réalité vue depuis cette colline d’observation révèle à quel point la « ligne jaune » est proche de la clôture, et à quel point le Hamas y est puissant.

La question que le rabchatz a posée est celle qui hante désormais ces communautés : « Qu’est-ce qui empêche mille ou deux mille combattants armés de kalachnikovs de fondre sur une position de Tsahal ? Il suffit qu’ils réussissent sur un seul poste, qu’ils filment et emportent des corps — et on ne recule pas de deux ans et demi en arrière, mais de vingt ans. »

Ce n’est pas une crainte abstraite. Des médias palestiniens ont diffusé des images d’un convoi de véhicules de militants du Hamas à Khan Younès, circulant sur des pick-ups, armes à la main, au vu et au su de tout le monde. La démonstration de force est délibérée. Dans ce cadre, des tunnels et des réseaux souterrains continuent d’être découverts par Tsahal — y compris dans des zones théoriquement sous contrôle israélien.

 

Îles iraniennes : Qalibaf menace de « remplir le Golfe Persique de sang »

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Le président du Parlement iranien Mohammad Baqer Qalibaf a franchi un cap dans la rhétorique de la confrontation. Dans un message publié sur le réseau social X, il a lancé un avertissement direct et sans ambiguïté à quiconque envisagerait de frapper les îles appartenant à l’Iran : « Toute attaque contre les îles iraniennes brisera toutes les limites. Nous abandonnerons toute retenue et remplirons le Golfe Persique du sang des envahisseurs. » Le message, rapporté par Ynet, est signé d’un des hommes forts du régime — et il ne s’agit pas d’une déclaration anodine de façade.

La ligne rouge que Qalibaf vient de tracer publiquement concerne des territoires qui ne sont pas que symboliques. Parmi les îles iraniennes du Golfe Persique, certaines abritent des terminaux énergétiques d’importance stratégique majeure — à commencer par l’île de Kharg, par laquelle transite l’essentiel des exportations pétrolières iraniennes. D’autres îles du même espace maritime sont utilisées comme bases militaires par les Gardiens de la Révolution islamique, les fameuses Pasdarans, qui y maintiennent une présence opérationnelle permanente leur permettant de surveiller et de menacer le trafic maritime dans l’un des détroits les plus névralgiques de la planète.

Cette déclaration intervient dans un contexte de guerre ouverte entre l’Iran d’un côté, Israël et les États-Unis de l’autre. Depuis le déclenchement des opérations militaires, les échanges de frappes ont déjà touché des infrastructures militaires et nucléaires iraniennes sur le continent. La question des îles du Golfe représentait jusqu’ici une ligne que les belligérants n’avaient pas franchie — du moins pas ouvertement. En menaçant explicitement de « lever toute retenue » si cette ligne est franchie, Qalibaf signale que Téhéran considère ses îles comme une ligne rouge absolue, distincte et encore plus sensible que ses installations terrestres.

La formulation choisie est elle-même révélatrice. Parler de « remplir le Golfe Persique de sang » n’est pas seulement une rhétorique de guerre : c’est une menace directement adressée aux flottes militaires américaines et israéliennes qui patrouillent dans ces eaux, mais aussi — et peut-être surtout — aux États du Golfe dont les eaux territoriales jouxtent celles de l’Iran. Bahreïn, les Émirats arabes unis, le Qatar, l’Arabie saoudite : tous sont riverains de ce même Golfe Persique que Qalibaf promet de transformer en théâtre de carnage si ses îles sont touchées. Le message est donc à double ou triple destinataire.

Sur le plan stratégique, la protection des îles est une priorité existentielle pour le régime iranien. Le contrôle de ces points avancés dans le Golfe permet à l’Iran de maintenir une capacité de nuisance sur le détroit d’Ormuz — par lequel transitent environ 20% du pétrole mondial — même en cas de frappe sévère sur le territoire continental. Priver l’Iran de ses îles reviendrait à lui retirer l’un de ses derniers leviers de pression géopolitique réelle. C’est précisément pour cela que cette menace doit être prise au sérieux : derrière la rhétorique guerrière se cache un calcul stratégique froid.

Il n’est pas anodin non plus que ce soit le président du Parlement, et non un général ou un porte-parole militaire, qui formule cet avertissement sur les réseaux sociaux. Cela suggère que le message a été validé au plus haut niveau du régime et qu’il s’inscrit dans une stratégie de communication délibérée : faire monter la pression diplomatique tout en restant dans le registre politique plutôt que militaire — pour l’instant. Qalibaf, ancien commandant des Gardiens de la Révolution et figure politique de premier plan, sait exactement ce qu’il dit et à qui il le dit.

Post original sur X de Mohammad Baqer Qalibaf : https://x.com

Le maire qui appelait l’État « ennemi » réclame aujourd’hui sa protection — et l’obtient

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Il y a quelques mois, Ahmad Nassar, maire d’Arabe, traitait publiquement les institutions de l’État d’Israël d' »ennemi ». Ce soir, hospitalisé après cinq balles reçues dans une tentative d’assassinat, il s’exprime depuis son lit au centre médical Nord, entouré d’une protection rapprochée de la police israélienne et du Shin Bet — ces mêmes « institutions sionistes » qu’il avait vilipendées avec virulence dans un discours enflammé en pleine période de tensions sécuritaires. L’ironie de la situation n’a pas échappé aux observateurs.

L’incident s’est produit cette semaine dans une boulangerie d’Arabe, en plein milieu d’une sortie familiale. Selon le récit du maire lui-même, rien n’annonçait ce qui allait se passer : « Ça s’est passé en quelques secondes, sans avertissement, au milieu d’une sortie avec des proches. Quelqu’un a soudainement ouvert le feu et c’est devenu cet événement dramatique, grave et hors du commun. » Nassar a été touché par cinq balles selon les témoignages, et a subi plusieurs opérations chirurgicales. Un médecin présent sur place, le Dr Anwar Yassine, a lui aussi été blessé et a décrit la scène : l’assaillant aurait tiré plus de huit balles au total.

En raison de la sensibilité du dossier, le Shin Bet a été associé à l’enquête sur cette tentative d’assassinat. Nassar est désormais classé au niveau de menace maximal — niveau 6 — par les services de sécurité. Il bénéficie d’une protection policière lourde et continue, mise en place par l’État dont il contestait, il y a à peine quelques mois, jusqu’à la légitimité.

Dans ses déclarations depuis l’hôpital, le maire adopte un tout autre registre que celui de ses discours passés. Il appelle l’État à agir contre l’absence d’autorité et la violence qui ravagent la société arabe, déclarant qu’il y a là « un franchissement d’une ligne rouge très épaisse » que tous doivent prendre au sérieux. Il affirme vouloir quitter l’hôpital au plus vite, « avec beaucoup d’énergie et de courage ».

Le commentateur Avi Yaakov, dans son article pour Arutz 7, ne se prive pas de pointer la contradiction : un élu qui qualifiait l’État d' »ennemi » dans ses discours publics est aujourd’hui contraint de s’appuyer sur cet État — police, Shin Bet, hôpitaux publics — pour survivre à une tentative de meurtre. La violence criminelle dans le secteur arabe, qui ne cesse de s’aggraver depuis des années malgré les appels répétés à une intervention gouvernementale plus décisive, a fini par atteindre celui qui en appelait à l’affrontement avec les institutions chargées de la combattre.

L’affaire illustre une tension structurelle profonde : des élus du secteur arabe qui, pour des raisons politiques ou électorales, adoptent un discours de rupture vis-à-vis de l’État, tout en dépendant quotidiennement de ses services pour exercer leurs fonctions — et, dans le cas présent, pour rester en vie. La question de la gouvernance dans les villes arabes, de la lutte contre les organisations criminelles qui y sèment la terreur, et du rôle des élus locaux dans cette bataille, se pose désormais avec une acuité renouvelée.