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Élections rabbiniques en temps de guerre : Shas réserve les postes à ses proches pendant que les réservistes se battent

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Pendant que des dizaines de milliers de réservistes israéliens sont mobilisés sur plusieurs fronts dans le cadre de l’opération « Rugissement du lion », le parti ultra-orthodoxe Shas s’affaire à une toute autre urgence : s’assurer que les postes de rabbins de ville reviennent à ses proches et alliés politiques. Une chronique d’iniquité institutionnelle signée par le Dr Assi Kaniel, directeur général de l’organisation Itim, publiée sur Kipa.

La séquence qui s’est déroulée à Guivataïm résume à elle seule la logique du système. L’un des candidats à l’élection rabbinique, le Rav Dov Berkovitz, a été rappelé sous les drapeaux par ordre de mobilisation d’urgence et s’est trouvé dans l’impossibilité de faire campagne. Malgré des demandes explicites de report, le ministère des Services religieux a maintenu le calendrier électoral. Le vainqueur de ce scrutin ? Le Rav Moshe Edri — fils du rabbin sortant, et, par une coïncidence que l’auteur juge peu fortuite, apparenté à l’ancien ministre Eliyahou Suissa, lui-même beau-frère du Grand rabbin sépharade David Yosef. Le réseau familial et partisan a fonctionné comme à Beersheva et dans d’autres villes, selon Kaniel.

L’affaire de Tel Aviv, qui s’annonce encore plus explosive, est désormais sur la table. Après une procédure déjà émaillée d’irrégularités et suspendue en son temps par la Haute Cour de justice, Shas insiste pour tenir les élections rabbiniques de la capitale selon le calendrier prévu — alors que plusieurs candidats ont été appelés à servir comme réservistes. La solution proposée par le ministère des Services religieux est proprement stupéfiante : aider ces rabbins-soldats à obtenir une dispense de service. Autrement dit, le même ministère étroitement associé à un mouvement qui a érigé l’exemption militaire en idéologie, propose aux rabbins servant sous les drapeaux de recourir à son expertise en la matière pour les en libérer.

L’auteur y voit la révélation la plus crue de la déconnexion totale de Shas avec la réalité israélienne. L’institution religieuse est perçue, dans cette logique, comme un simple mécanisme de distribution de postes à des proches — rien de plus. Le fait que beaucoup de ces candidats favoris n’aient jamais porté l’uniforme est présenté depuis longtemps comme une évidence, presque une condition naturelle. Mais aujourd’hui, franchit-on un cap supplémentaire : non seulement les non-mobilisés sont avantagés, mais les droits de ceux qui ont choisi de servir sont activement piétinés.

La charge symbolique de Tel Aviv rend l’affaire encore plus grave. La première ville hébraïque — plurielle, laïque, profondément attachée à ses valeurs civiques — mérite, selon Kaniel, un rabbin capable de s’y connecter, d’y rendre des services réels et d’incarner une figure à laquelle ses habitants puissent s’identifier. Imposer un « rabbin de service » adoubé par les couloirs de Shas, au détriment de candidats mobilisés, serait une insulte supplémentaire à une population qui ne reconnaît déjà plus la légitimité de cette institution.

En guise de conclusion, l’auteur convoque une interpellation biblique de Moïse — « Vos frères partiront-ils au combat pendant que vous, vous resterez ici ? » — pour laquelle il imagine la réponse de Shas : oui, et sans le moindre remords.

Jérusalem sous les missiles : un adolescent ignore l’alerte, frôle la mort — la vidéo fait le tour des réseaux

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Il a regardé le ciel au lieu de chercher un abri. Et il a failli ne jamais en ressortir. Ce matin à Jérusalem, pendant que les sirènes d’alerte rouge retentissaient en raison de tirs de missiles iraniens et que la quasi-totalité des habitants rejoignaient les espaces protégés, un adolescent a fait le choix inverse : rester dehors, levant les yeux vers le ciel, apparemment en quête du spectacle des interceptions, selon c14.co.il.

La scène a été filmée et diffusée sur les réseaux sociaux. On y voit le garçon debout dans la rue, ignorant ostensiblement les directives du Commandement du front intérieur, le regard fixé vers le haut. Quelques minutes s’écoulent. Puis, soudainement, il prend ses jambes à son cou, s’enfuyant en panique. Selon les informations disponibles, des débris d’interception — fragments métalliques issus de la destruction de missiles en vol — seraient tombés avec violence exactement à l’endroit où il se tenait quelques secondes plus tôt, et dans son environnement immédiat. Ce qui aurait pu se terminer en tragédie s’est achevé, de justesse, en frayeur.

La vidéo, d’une durée d’1 minute et 2 secondes, circule largement. Le Commandement du front intérieur a saisi l’occasion pour rappeler solennellement au public l’importance du respect des consignes lors des alertes. Le message est sans ambiguïté : ce type de comportement met des vies en danger de façon réelle et immédiate. En cas d’alerte, la règle est d’entrer immédiatement dans un espace protégé et d’éviter de filmer ou d’observer les interceptions depuis l’extérieur. Les débris issus des interceptions réussies — qui peuvent peser plusieurs kilos et tomber à grande vitesse — constituent une menace létale distincte de celle des missiles eux-mêmes.

Ce n’est pas la première fois qu’un tel incident se produit depuis le début de l’opération. La fascination pour le spectacle des interceptions, particulièrement visible dans les grandes villes, a conduit plusieurs personnes à prendre des risques inconsidérés. Les autorités avaient déjà multiplié les mises en garde en ce sens. L’image de cet adolescent qui détale à toutes jambes, après avoir frôlé la mort par curiosité, est appelée à devenir l’illustration la plus frappante de ces avertissements.

« Le round contre l’Iran se terminera dans dix jours — mais le suivant viendra » : la prédiction d’un ancien journaliste et officier de réserve

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La guerre contre l’Iran a une durée de vie limitée, mais ce qui vient après pourrait durer bien plus longtemps. C’est le scénario avancé par Sharon Idan, ancien journaliste de la chaîne publique Kan 11 et officier de réserve, qui s’est exprimé ce jeudi sur le conflit en cours. Sa prédiction est tranchée : le round actuel contre l’Iran se terminera d’ici une dizaine de jours. Mais, ajoute-t-il aussitôt, un second round suivra, selon Srugim.

Le tableau qu’il dessine pour l’après-Iran est celui d’une guerre de longue haleine au Liban. Idan estime que le Premier ministre Netanyahu cherchera à s’engager profondément dans le secteur du Hezbollah et à maintenir une présence militaire israélienne au Liban pendant de longs mois. La formule qu’il utilise est explicite : « une année d’agenda sécuritaire lourd ». Et au bout de cette année, selon lui, Netanyahu ira aux élections avec en arrière-fond des vents de guerre — en se présentant comme celui qui a commencé le « grand ménage » et qui doit être reconduit pour l’achever.

Cette lecture n’est pas sans fondement stratégique. Depuis le début des opérations, le front nord avec le Hezbollah s’est réactivé parallèlement aux frappes contre l’Iran. Le ministre de la Défense Israel Katz a déjà évoqué publiquement la possibilité d’une extension des opérations au Liban si le gouvernement libanais ne prend pas le contrôle de son territoire. La logique décrite par Idan — une transition fluide d’un théâtre d’opérations à un autre — correspond à ce que plusieurs analystes militaires israéliens décrivent comme une « guerre séquentielle par phases », destinée à démanteler successivement les piliers de l’axe iranien dans la région.

La réaction des internautes à ces propos, rapportée par Srugim, est révélatrice d’un malaise plus profond dans la société israélienne. Beaucoup se disent perdus face aux objectifs réels de la guerre et à son horizon temporel. Certains expriment leur lassitude d’avoir à courir vers les abris nuit après nuit, d’autres s’irritent de l’absence de cadres scolaires pour leurs enfants. Un sentiment de guerre sans fin et sans boussole claire commence à s’installer dans une partie du public, même chez ceux qui soutiennent les opérations militaires.

La question que pose implicitement l’analyse de Sharon Idan est celle de la cohérence entre stratégie militaire et calendrier politique. Si le prochain round contre le Hezbollah est déjà en préparation, et si l’agenda sécuritaire est destiné à durer une année entière, alors la frontière entre nécessité opérationnelle et calcul électoral devient difficile à tracer. C’est précisément ce flou que ressentent de nombreux Israéliens — et que la prédiction d’un officier de réserve, formulée publiquement, vient mettre en lumière.

Source : Srugim https://www.srugim.co.il/news/1299307

« Il n’hésitera pas à tuer des dizaines de milliers à Tel Aviv » — l’ancien condisciple de Mojtaba Khamenei brise le silence

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Qui est vraiment Mojtaba Khamenei, le fils du Guide suprême éliminé, qui s’apprête à hériter du pouvoir à Téhéran ? Un homme qui, selon celui qui l’a côtoyé sur les bancs des séminaires religieux, est « plus cruel que son père » et « obsédé par la fin des temps ». C’est le portrait glaçant que dresse Jaber Rajabi, ancien condisciple et ex-conseiller du président Ahmadinejad, dans une interview accordée au Jerusalem Post — rapportée par c14.co.il et signée Yitzhak Abou’hatsira.

Rajabi ne mâche pas ses mots. Mojtaba Khamenei, dit-il, est non seulement plus impitoyable que son père l’Ayatollah Ali Khamenei, mais il est aussi « un meilleur menteur » — capable de dissimuler ses intentions et d’agir avec calcul. Il considère le programme nucléaire et la puissance militaire comme un « héritage » central à préserver et à amplifier. Et surtout, avertit Rajabi : si cet homme « peut tuer des milliers des siens, il n’aura aucun problème à tuer des dizaines de milliers à Tel Aviv ».

Au cœur du portrait se trouve une dimension eschatologique qui distingue Mojtaba de la génération précédente des dirigeants iraniens. Selon Rajabi, son ancien condisciple est convaincu depuis leurs années d’études communes qu’il joue un rôle particulier dans l’accélération de la venue de l’Imam caché — le douzième imam de la tradition chiite, dont le retour est censé instaurer la justice universelle à la fin des temps. Dans cette lecture théologique, l’acquisition de la capacité nucléaire militaire n’est pas seulement un outil de puissance géopolitique : c’est un instrument eschatologique, un levier pour précipiter l’avènement du Mahdi.

Cette obsession pour « la fin des temps » n’est pas un détail anecdotique. Elle dessine un profil de dirigeant potentiellement imperméable aux calculs de dissuasion classiques, dont la rationalité stratégique serait en partie structurée par une grille de lecture religieuse qui valorise l’affrontement plutôt que l’évitement. C’est précisément ce type de profil qui inquiète le plus les analystes occidentaux et israéliens depuis des années.

En toile de fond de ces révélations, des informations font état de la situation personnelle de Mojtaba, 56 ans : il aurait été blessé aux jambes et aux mains lors de la frappe qui a éliminé son père dans son complexe de Téhéran. Selon l’ambassadeur iranien à Chypre, il est actuellement hospitalisé sous haute surveillance, par crainte de tentatives d’élimination. Dans la même frappe ont également péri son épouse et l’un de ses fils.

Ces éléments biographiques — le deuil, les blessures, la survie sous protection — sont susceptibles de radicaliser davantage encore un homme dont le profil psychologique et idéologique était déjà jugé préoccupant avant même qu’il accède au premier rang du pouvoir iranien. Pendant ce temps, le président américain Donald Trump a adressé de nouvelles menaces à la nouvelle direction iranienne, l’avertissant de « mort, feu et fureur » si elle persistait dans une voie agressive.

Turquie, Jordanie, Égypte, Qatar : les 27 pays où les Israéliens n’ont plus le droit d’aller

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La liste a rarement été aussi longue. En pleine opération militaire contre l’Iran, le Conseil de sécurité nationale israélien (Malam) a mis à jour sa carte des avertissements aux voyageurs. Résultat : 27 pays se trouvent aujourd’hui classés au niveau de menace le plus élevé, et les Israéliens sont officiellement appelés à ne pas s’y rendre, selon Walla Tourisme. Pour cinq d’entre eux, la simple présence d’un citoyen israélien sur leur sol constitue une infraction pénale.

Le système de classification israélien comporte quatre niveaux. Le niveau 1, sans avertissement particulier, s’applique à des destinations comme les Seychelles ou l’Islande, où seules les précautions habituelles sont recommandées. Le niveau 2, dit « menace occasionnelle », couvre des pays comme l’Irlande ou l’Angola, où il est conseillé d’éviter d’afficher des signes d’appartenance israélienne. Le niveau 3, « menace modérée », inclut des pays comme l’Arménie ou l’Azerbaïdjan, frontaliers de l’Iran, où des tentatives iraniennes de cibler des Israéliens ont été identifiées. Enfin, le niveau 4, « menace élevée », est celui qui concentre les 27 destinations désormais interdites de fait.

La liste complète des pays au niveau de menace maximal est la suivante : Iran, Algérie, Afghanistan, Burkina Faso, Bahreïn, Bangladesh, République centrafricaine, Jordanie, Koweït, Liban, Libye, Mauritanie, Mali, Malaisie, Égypte (y compris la péninsule du Sinaï), Soudan, Somalie, Syrie, Oman, Irak, Pakistan, Tchétchénie (Russie), Corée du Nord, Qatar, Tunisie, Turquie et Yémen. Parmi ces destinations, cinq sont également frappées d’une interdiction légale : l’Iran, le Liban, la Syrie, l’Irak et le Yémen. Y entrer expose un citoyen israélien à des poursuites pénales.

Ce qui frappe dans cette liste, c’est la présence de pays avec lesquels Israël entretient formellement des relations diplomatiques. La Jordanie, avec laquelle un traité de paix est en vigueur depuis 1994, figure au niveau 4. L’Égypte, partenaire de paix depuis les Accords de Camp David, idem — y compris le Sinaï, destination balnéaire prisée des Israéliens avant la guerre. Et surtout la Turquie, dont l’inclusion au rang des destinations interdites marque une rupture symbolique forte : Ankara, bien qu’officiellement neutre, est perçue comme un environnement à risque pour les ressortissants israéliens dans le contexte actuel.

Le Malam précise que les avertissements sont révisés régulièrement, et que les Israéliens se trouvant déjà dans l’un de ces pays au moment de leur reclassement sont invités à quitter les lieux immédiatement. Pour les pays au niveau 4, il est également déconseillé de survoler leur territoire même en transit aérien.

La guerre contre l’Iran a coûté plus de 11 milliards de dollars en six jours — et le Pentagone n’a pas fini de compter

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Le prix de la guerre contre l’Iran commence à se chiffrer — et le choc est réel à Washington. Des responsables du ministère américain de la Défense ont transmis lors d’un briefing confidentiel au Congrès une première estimation du coût des six premiers jours de combat direct contre l’Iran : plus de 11,3 milliards de dollars. Et ce chiffre ne représente pas encore l’addition finale.

Ce montant colossal ne prend pas en compte l’ensemble des dépenses logistiques — notamment la concentration de forces massive et le transport de matériel militaire qui ont précédé les premières frappes. Des sources au sein de l’administration américaine anticipent donc une hausse significative du total une fois que le calcul cumulatif des coûts opérationnels sera finalisé. La facture réelle pourrait s’avérer nettement supérieure à ce que les chiffres provisoires laissent entrevoir.

Des rapports préliminaires du New York Times et du Washington Post, s’appuyant sur des briefings antérieurs transmis au Congrès, avaient déjà révélé que l’armée américaine avait consommé pour environ 5,6 milliards de dollars de munitions au cours des deux premiers jours seulement. Ce rythme de déplétion des stocks dépasse largement les projections publiques antérieures, y compris celle du Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS), qui avait anticipé un coût journalier bien inférieur. Ces données soulignent l’intensité technologique des premières vagues d’attaques, qui ont massivement recouru à des armements guidés de haute précision et de haute valeur, comme les bombes planantes AGM-154, dont le coût unitaire se compte en centaines de milliers de dollars.

L’utilisation intensive des stocks de munitions ouvre un débat professionnel et politique sur la capacité de durer dans la durée. L’armée a d’ores et déjà annoncé son intention de basculer vers des munitions moins coûteuses — notamment les bombes JDAM, qui s’appuient sur des kits de guidage montés sur des bombes conventionnelles dites « à gravité » — afin de réduire le coût unitaire de chaque frappe. Mais cette substitution a ses limites en termes d’efficacité sur des cibles fortifiées ou souterraines.

Sur le plan politique, la fracture est visible au Congrès. D’un côté, une partie des républicains appelle depuis des années à accélérer la production industrielle de munitions, et voit dans ce conflit une illustration de l’urgence de reconstituer les arsenaux nationaux. De l’autre, certains élus — y compris dans ce camp — expriment des réticences à approuver des enveloppes de financement supplémentaires pour un conflit qui pourrait s’installer dans la durée sans date de sortie définie.

Du côté démocrate, la pression monte pour obtenir davantage de transparence de la part de l’administration sur les objectifs réels de la guerre. De nombreux législateurs conditionnent leur soutien à tout financement d’urgence à des explications détaillées sur la stratégie politique et militaire à long terme. Le débat budgétaire dépasse largement les chiffres : il cristallise une inquiétude profonde face à l’érosion des ressources de sécurité nationale sans définition claire des succès attendus. La question qui revient dans les couloirs du Capitole n’est plus « combien ça coûte », mais « jusqu’où, et pour quoi faire ».

Pendant que le Pentagone continue de compiler ses données de dépenses, la pression politique et publique pour clarifier le « endgame » de l’affrontement avec l’Iran ne fait que s’intensifier.

 

Un abri anti-bombes transformé en maison close à Bat Yam : personne ne pouvait entrer pendant les alertes

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C’est une plainte banale en apparence qui a mené à une découverte stupéfiante. Des habitants et des travailleurs du quartier d’affaires de Bat Yam ont contacté le centre municipal de la ville pour signaler un problème qui, dans le contexte actuel de guerre, pouvait avoir des conséquences dramatiques : l’abri public de leur secteur était systématiquement verrouillé de l’intérieur pendant les alertes aux missiles. Personne ne pouvait y entrer. Les inspecteurs municipaux dépêchés sur place ont découvert pourquoi : l’abri avait été entièrement transformé en maison close, avec un lit, une kitchenette, une douche et des toilettes. Une ressortissante étrangère trouvée sur place a refusé de s’identifier et a été remise à la police.

L’abri en question est un espace souterrain public destiné à protéger la population civile lors des alertes aux roquettes et aux missiles. En temps normal, ce type d’infrastructure est maintenu accessible à tous, en permanence. Pendant les opérations militaires en cours, avec des dizaines d’alertes quotidiennes couvrant l’ensemble du territoire israélien, ces abris sont devenus des refuges vitaux pour des milliers de personnes prises par surprise dans la rue, sur leur lieu de travail ou dans les transports. Qu’un tel espace soit non seulement fermé à clé, mais délibérément transformé en lieu de commerce sexuel clandestin, représente une violation grave à la fois des lois sur la protection civile et des règles élémentaires d’humanité en temps de conflit.

Selon les premiers éléments de l’enquête rapportés par Walla, les personnes qui géraient ce lieu seraient des membres d’une minorité résidant à Tel Aviv. Le maire de Bat Yam, Zvika Brot, a personnellement réagi à l’incident en déclarant : « Même après sept ans en tant que maire, certaines histoires réussissent encore à me surprendre. » Il a salué la réactivité des citoyens qui ont alerté le centre municipal, et celle des agents de la ville qui ont agi sans délai. Une grue a été dépêchée sur place pour évacuer l’ensemble du mobilier et du matériel installés dans l’abri. Selon la municipalité, l’espace a été immédiatement remis à sa vocation d’origine après le déblaiement.

La ressortissante étrangère retrouvée dans le local a été conduite au commissariat pour y être interrogée. Elle a été relâchée sous conditions restrictives. Lors de son audition, elle a affirmé qu’un habitant de Bat Yam lui aurait simplement « permis de dormir là une seule nuit » — une version que les enquêteurs examinent, selon toute vraisemblance, avec une certaine distance. Les policiers soulignent que l’enquête n’en est qu’à ses débuts et que la pleine identité des responsables de l’exploitation du lieu reste à établir.

Ce qui frappe dans cette affaire, au-delà du caractère sordide des faits, c’est le moment où elle survient. Israël est en guerre. Les abris sont aujourd’hui des équipements de survie, pas des locaux disponibles à la location. Chaque alerte, chaque salve de roquettes venues du Liban ou d’Iran, transforme ces espaces en dernière ligne de protection pour les civils pris au dépourvu. Qu’un abri public ait pu être privatisé, aménagé et exploité à des fins criminelles pendant des semaines — voire des mois — sans que personne ne s’en aperçoive avant qu’un riverain ne se plaigne de ne pas pouvoir y entrer pendant une alerte, pose des questions sérieuses sur la surveillance de ces infrastructures critiques.

La municipalité de Bat Yam n’a pas précisé depuis combien de temps l’abri était ainsi détourné de sa fonction. L’enquête policière devra répondre à cette question, ainsi qu’à celle de l’identité complète des exploitants du lieu et des éventuels complices qui auraient pu faciliter ou ignorer ce que tout le quartier semblait ne pas savoir — ou ne pas vouloir savoir.

La grâce de Netanyahou dans l’impasse : le département des grâces se désolidarise, le ministre pousse quand même

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La demande de grâce présidentielle pour le Premier ministre Benyamin Netanyahou vient de se heurter à un obstacle juridique de taille : le département des grâces du ministère de la Justice a rendu ce mercredi un avis professionnel qui exprime une réserve de fond sur la demande. Le document, complété aujourd’hui même, conclut qu’en l’absence de tout aveu de culpabilité, il est difficile de classer le Premier ministre dans la catégorie juridique de « délinquant » telle que définie par la loi — et c’est précisément cette catégorie qui ouvre au président de l’État le droit de grâcier.

C’est une formulation qui ressemble à une fin de non-recevoir habillée en avis technique. Et c’est dans ce contexte que le ministre du Patrimoine Amichai Eliyahu, à qui le ministre de la Justice a délégué ses compétences sur ce dossier, a décidé de ne pas s’arrêter là. Il a demandé à convoquer plusieurs juristes, dont des conseillers juridiques de ministères gouvernementaux, afin d’obtenir des avis complémentaires. La bataille pour la grâce de Netanyahou se joue désormais sur le terrain des expertises concurrentes.

Le ministre Eliyahu a publié ce matin une prise de position sur les réseaux sociaux, dans un langage qui traduit la tension entre les différentes branches de l’appareil d’État. « Un premier examen des documents fait apparaître clairement — en contradiction absolue avec les briefings de la conseillère juridique du gouvernement, selon lesquels il ne s’agirait pas du tout d’une demande de grâce — que l’avis des professionnels établit explicitement qu’il s’agit bien d’une demande de grâce en bonne et due forme, qui requiert la poursuite de mon traitement auprès du président de l’État », a-t-il écrit.

Cette déclaration révèle une ligne de fracture qui dépasse largement le sort personnel de Netanyahou. D’un côté, la conseillère juridique du gouvernement, Gali Baharav-Miara, conteste la nature même de la procédure engagée et affirme qu’il ne s’agit pas d’une demande de grâce au sens légal du terme. De l’autre, le ministre Eliyahu et les experts professionnels du département des grâces affirment que si, c’en est bien une — mais avec une réserve majeure sur son admissibilité.

Le paradoxe est saisissant : les deux camps affirment s’appuyer sur l’avis professionnel pour des conclusions opposées. La conseillère juridique dit que la procédure est illégitime. Le ministre dit que la procédure est légitime mais que l’avis professionnel confirme son traitement. Et l’avis professionnel lui-même dit : c’est une grâce, mais elle pose un problème conceptuel fondamental parce que Netanyahou n’a pas plaidé coupable.

C’est précisément là que réside l’originalité juridique de ce cas. La grâce présidentielle en droit israélien est conçue pour des personnes condamnées ou ayant reconnu leur culpabilité. Netanyahou a été condamné en première instance dans les affaires 1000 et 2000, mais il n’a jamais reconnu les faits qui lui sont reprochés. Il fait appel. La question que soulève le département des grâces est donc celle-ci : peut-on accorder une grâce à quelqu’un qui nie toujours être coupable de quoi que ce soit ? Est-ce que cela revient à effacer quelque chose que l’intéressé refuse lui-même de reconnaître ?

Le ministère de la Justice a précisé que la directrice du département des grâces a refusé d’accéder à la demande de la conseillère juridique du gouvernement de retarder la transmission de l’avis. Le document a été transmis au ministre Eliyahu ce matin, conformément au courrier que celui-ci avait adressé sur le sujet. Le ministère a également indiqué que si l’avis du parquet est soumis avant que le président de l’État ne prenne sa décision, le département des grâces s’engage à actualiser et compléter son avis afin que la position des procureurs soit également prise en compte dans l’ensemble des considérations du dossier.

Ce qui se dessine est donc une procédure au long cours, avec des consultations supplémentaires à venir, un dossier qui atterrira finalement sur le bureau du président Isaac Herzog — lequel aura à trancher dans un contexte politique et judiciaire extrêmement chargé, en pleine guerre, dans un pays où la fracture entre partisans et opposants de Netanyahou reste béante.

Source : C14 / Arutz Sheva

« Nous n’avons pas le privilège de financer l’éducation au refus de mourir pour Israël »

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Par Naomi Ken Coram — cofondatrice du Lobby des Serviteurs (Shdoulat Hamshartim)

La loi sur la régularisation du statut des étudiants des yeshivot est, pour l’instant, retirée de l’ordre du jour. C’est ce qu’a annoncé mardi une déclaration commune. Mais si l’on prend du recul sur les deux ans et demi écoulés, voici ce qu’on voit : deux ans et demi pendant lesquels la commission des Affaires étrangères et de la Défense s’est réunie des dizaines de fois pour rédiger une loi qui exonère une grande partie des citoyens du service militaire — pendant que l’armée criait famine en ressources humaines sur le terrain.

Les partisans de la loi ont utilisé, encore et encore, l’argument libéral en apparence : « On ne peut pas enrôler de force » et « on ne peut pas enrôler quelqu’un qui ne veut pas. » C’est précisément à cela que je veux répondre. Pas avec la réponse usée de « personne ne m’a demandé si je voulais, moi. »

L’État m’a éduquée à vouloir. Dès la maternelle, tout au long de l’école primaire et du lycée, l’État a investi massivement pour que mes camarades et moi soyons éduqués à n’avoir pas d’autre chemin. Il nous a exposés à des récits de bravoure, a insisté sur l’importance d’un État juif comme foyer sûr, nous a envoyés aux cérémonies du Jour du Souvenir pour que nous comprenions le poids de la responsabilité. Cela a continué avec les journées d’entraînement militaire préliminaire, les visites d’unités de combat, et l’encouragement intensif au service de qualité. L’État m’a même encouragée à fréquenter une prépare prémilitaire, a repoussé mon incorporation et a investi des budgets pour que j’arrive au centre de recrutement en tant que soldate contribuant davantage encore. Le désir de servir n’est pas quelque chose avec lequel on naît — c’est quelque chose que l’État d’Israël sait et doit produire.

La loi sur le service militaire est peut-être retirée de la table pour l’instant, mais elle l’est en même temps que le transfert de sommes colossales vers ce secteur. Et ces sommes ne sont pas destinées à résoudre le problème du « on ne peut pas enrôler par la force » — elles sont destinées à l’approfondir. Il s’agit du financement institutionnel de l’objection. Des budgets pour des institutions qui éduquent à déchirer les ordres de mobilisation et à crier « nous mourrons plutôt que de nous enrôler. » Au lieu d’investir dans des programmes qui renforceraient la motivation dans le secteur ultra-orthodoxe, ou dans des outils qui atténueraient la crainte du jeune haredi de « perdre sa harédité », le gouvernement — en plein round de combats contre l’Iran — continue simplement de financer l’argument du « mais ils ne veulent pas. » Au lieu de construire des ponts, il bâtit des murs avec des budgets.

Cela aurait peut-être fait moins mal si, dans les six derniers mois durant lesquels l’actuel round était planifié, des ressources avaient aussi été investies pour alléger le fardeau des soldats en service. Mais parallèlement à la préparation méticuleuse de l’offensive, il y a eu une préparation méticuleuse de la façon de charger encore davantage sur les familles de ceux qui servent. Des réservistes qui effectuaient des missions de soldats réguliers — simplement parce qu’il n’y en a pas assez — ont été contraints de rester pour une période indéterminée supplémentaire en vertu d’une ordonnance d’urgence. Ils ont laissé derrière eux des familles qui affrontent pour la millième fois une routine sous les tirs et une incertitude économique et psychologique.

Nous n’avons pas le privilège de financer une éducation au « nous mourrons plutôt que de nous enrôler », surtout pas quand c’est nous qui sommes tenus de vivre et de mourir pour ce pays.

Source : Ynet

Corée du Nord : Kim Jong-un teste un missile de 5 000 tonnes qui « ne laissera que des cendres à l’Iran »

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Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a supervisé personnellement ce mercredi le tir d’essai d’un nouveau missile balistique d’un type jusqu’ici inconnu, présenté comme une « nouvelle arme de guerre » pesant environ 5 000 tonnes. L’information, rapportée par les agences de presse internationales et relayée par Maariv le 11 mars 2026, a provoqué une onde de choc dans les milieux stratégiques mondiaux, au moment précis où la guerre entre Israël et l’Iran bat son plein.

Le missile en question représente, s’il correspond aux caractéristiques annoncées, un saut qualitatif considérable dans l’arsenal nord-coréen. Les missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) classiques de Pyongyang se situent dans une fourchette de masse bien inférieure. Un engin de 5 000 tonnes — une masse qui dépasse celle de certains navires de guerre légers — serait capable de transporter une ou plusieurs têtes nucléaires, voire une charge thermonucléaire, sur des distances intercontinentales. Le qualificatif qui circule dans les commentaires stratégiques, repris dans le titre — « le missile qui ne laissera que de la poussière à l’Iran » — traduit l’effet psychologique voulu par Pyongyang.

La coïncidence du timing est, au minimum, troublante. Kim Jong-un a choisi de procéder à ce test spectaculaire au moment précis où l’Iran est engagé dans un conflit militaire ouvert avec Israël, où les États-Unis ont détruit une partie significative de la flotte iranienne dans le détroit d’Ormuz, et où des analystes évoquent la possible activation par Téhéran d’une « arme du Jugement dernier ». Dans ce contexte, l’essai nord-coréen peut être lu de plusieurs façons.

Première lecture : un message à Washington. En exposant une nouvelle capacité balistique massive, Kim Jong-un rappelle aux États-Unis qu’ils combattent sur plusieurs fronts simultanément, et que toute opération contre l’Iran ne doit pas faire oublier la menace permanente que représente la Corée du Nord pour la Corée du Sud, le Japon et les bases américaines dans la région Pacifique.

Deuxième lecture : un signal d’intérêt pour Téhéran. Les liens entre Pyongyang et l’Iran sont anciens et complexes. La Corée du Nord a historiquement fourni des technologies balistiques à l’Iran. Dans le contexte actuel, où l’Iran a besoin de reconstituer rapidement ses capacités après les destructions subies, un tel essai peut s’interpréter comme une vitrine commerciale — ou comme un message d’alliance de fait.

Troisième lecture : une démonstration d’autonomie stratégique. Kim Jong-un profite de la focalisation mondiale sur le Moyen-Orient pour avancer ses propres pions sur l’échiquier nucléaire, en sachant que la communauté internationale n’a ni la capacité ni la volonté politique de le contraindre simultanément sur tous les fronts.

Dans tous les cas, ce test ajoute une couche de complexité à une situation déjà explosive. Il rappelle que la guerre actuelle ne se joue pas seulement entre Israël et l’Iran, mais dans un système mondial d’interdépendances stratégiques où chaque acteur profite des zones d’ombre créées par le chaos pour avancer ses intérêts propres.

Source : Maariv