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Al-Jazeera affirme que le Jihad islamique a retrouvé les restes d’un otage israélien dans le camp de Nusseirat

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Le drame des Israéliens retenus dans la bande de Gaza continue de s’étendre avec une nouvelle annonce glaçante. Selon un reportage diffusé par la chaîne qatarie Al-Jazeera, des membres du Jihad islamique auraient localisé les restes d’un otage israélien dans le secteur nord du camp de réfugiés de Nusseirat, au centre de la bande de Gaza. L’information, reprise comme un fait établi par les correspondants arabes de la chaîne, apporte un éclairage brutal sur le sort d’un des captifs dont la trace s’était perdue . Cette révélation intervient dans un contexte où la question des otages reste au cœur de la stratégie israélienne et de la pression internationale sur les organisations terroristes de Gaza.

Le rapport d’Al-Jazeera précise que les restes auraient été découverts par une cellule du Jihad islamique qui opère encore dans les ruelles densément peuplées du camp de Nusseirat. Aucune précision supplémentaire n’a été fournie concernant l’identité de l’otage, les circonstances de sa mort ou la date à laquelle le corps — ou ce qu’il en reste — aurait été retrouvé. Le choix de la chaîne qatarie de diffuser une telle information, sans images et sans commentaire israélien officiel dans l’immédiat, marque un tournant dans sa couverture récente du conflit : la chaîne, souvent accusée de partialité en faveur du Hamas et du Jihad islamique, reconnaît indirectement que des otages ont été tués et que leurs corps ont été dissimulés par les organisations armées.

Cette annonce, comme souvent avec Al-Jazeera, est soigneusement formulée. Le reportage affirme que les restes ont été “localisés”, un terme qui suggère une découverte récente mais ne précise ni la zone exacte dans Nusseirat ni les conditions dans lesquelles l’organisation terroriste se serait retrouvée en possession du corps. La formulation laisse entendre que le Jihad islamique contrôle toujours cette partie du camp et qu’il a cherché à exploiter la trouvaille pour envoyer un message politique. Cette dynamique est typique des organisations terroristes de Gaza, qui utilisent le sort des otages comme levier de négociation depuis des années, profitant de la sensibilité de la société israélienne face à chacun de ses disparus.

Le camp de réfugiés de Nusseirat, densément peuplé et théâtre d’affrontements répétés, est connu pour abriter une multitude de tunnels, de caches d’armes et de centres de commandement souterrains liés au Hamas et au Jihad islamique. Dans de nombreux rapports militaires israéliens, cette zone est décrite comme un bastion stratégique du terrorisme gazaoui, où les groupes armés se mélangent à la population civile pour renforcer leur immunité opérationnelle. La découverte d’un otage dans ce secteur — ou du moins l’annonce de cette découverte — correspond parfaitement au modus operandi des organisations terroristes qui ont multiplié les prises d’otages et les dissimulations de corps depuis des années.

La dimension politique est également impossible à ignorer. Al-Jazeera, dont la ligne éditoriale reflète souvent les priorités du Qatar, ne diffuse pas ce type d’information au hasard. Le timing peut indiquer plusieurs hypothèses : une tentative d’accroître la pression sur Israël dans le cadre de négociations indirectes, une volonté de repositionner le Jihad islamique comme acteur distinct du Hamas, ou encore une stratégie visant à montrer que les groupes armés continuent de contrôler certains secteurs malgré l’intensité des frappes israéliennes. Dans tous les cas, cette communication fait partie d’un jeu complexe dans lequel chaque mot publié par la chaîne devient un signal envoyé à plusieurs interlocuteurs régionaux.

L’annonce soulève aussi des questions humanitaires fondamentales. Si les restes d’un otage ont été réellement retrouvés, pourquoi le Jihad islamique n’a-t-il pas transmis l’information plus tôt ? Cherche-t-il à conserver une forme de “monnaie d’échange”, même post mortem ? Dans les précédents accords d’échange, les organisations terroristes ont souvent tenté d’utiliser les corps de soldats israéliens comme instruments de négociation, une pratique dénoncée par de multiples organisations internationales. La possibilité que ce scénario se répète pour les civils capturés en 2023 est désormais bien réelle.

Mais au-delà des considérations militaires et politiques, l’enjeu principal reste humain. Chaque otage retrouvé, vivant ou mort, représente une famille entière paralysée dans le temps, suspendue à une attente intenable. Le fait qu’Al-Jazeera diffuse une telle information sans cadre précis ni validation croisée ajoute un poids émotionnel supplémentaire à une population déjà meurtrie. Les mots choisis par la chaîne — sobres mais lourds — suffisent à raviver la douleur d’un pays dont la mémoire collective est marquée par la disparition de ses citoyens dans les mains d’organisations violentes.

 

Crimée : le rêve impérial russe se fissure sous les explosions, les fuites de civils et l’effondrement économique

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La Crimée, longtemps présentée par Vladimir Poutine comme la “perle sacrée de la Russie”, s’enfonce aujourd’hui dans une réalité sombre : explosions quotidiennes, sirènes d’alerte, raids de drones ukrainiens et exode massif des habitants. L’ancien joyau touristique, symbole de fierté nationale, n’est plus qu’un territoire militarisé où la peur a remplacé les illusions. Les reportages publiés ces dernières heures par Mako, Reuters et des médias ukrainiens décrivent une situation de désintégration accélérée — une transformation brutale d’un eldorado fantasmé en zone de guerre épuisée, où les habitants font leurs valises par milliers pour fuir ce qui était autrefois leur havre de paix.

Pendant des décennies, la Crimée a représenté le rêve estival des familles russes : plages dorées, hôtels d’État hérités de l’époque soviétique, stations balnéaires pleines à craquer, climat doux et nostalgie impériale. Même après 1991, les Russes affluaient, persuadés que la péninsule restait “moralement” russe, malgré la reconnaissance internationale de la souveraineté ukrainienne. Avec l’annexion illégale de 2014 — condamnée par l’ONU et l’Union européenne — le Kremlin a consolidé un récit nationaliste puissant : la Crimée retrouvait la “mère patrie”, un discours répété lors des discours de Poutine cités par RIA Novosti et TASS. Ce récit s’était ancré si profondément que des dizaines de milliers de Russes ont acheté des appartements, ouvert des commerces et investi des économies familiales dans ce qui devait être un paradis stable, protégé et prospère.

Mais depuis deux ans, ce rêve se désagrège à une vitesse vertigineuse. Les attaques ukrainiennes, soigneusement ciblées contre les infrastructures militaires russes, ont transformé la péninsule en un champ de bataille moderne. Les drones navals frappant Sébastopol, les missiles Touchka visant les aéroports, les explosions sur les bases de Saki ou de Dzhankoi, tout cela a brisé l’image de forteresse invincible que Moscou tentait de vendre au public russe. Les images satellites publiées par BBC Verify montrent l’étendue des destructions : navires endommagés, pistes criblées de cratères, dépôts de munitions incinérés. La péninsule n’est plus un lieu de vacances. Elle est devenue un hub militaire exposé, lourdement armé, constamment visé.

Pour les habitants, le quotidien est devenu insupportable. Les témoignages publiés par Obozrevatel et rapportés par Mako se ressemblent : nuits gâchées par sirènes incessantes, enfants paniqués par les détonations, familles qui dorment habillées pour courir vers les abris. Des files de voitures quittent régulièrement la péninsule par la moitié nord, vers la Russie continentale ou vers Krasnodar. Les agents immobiliers locaux décrivent un marché en chute libre, où les appartements achetés à prix d’or en 2015 se vendent aujourd’hui à perte. “Les gens appellent de Sibérie, de l’Oural, de Moscou, ils veulent vendre ou louer immédiatement, peu importe le prix”, raconte un agent dans un témoignage cité par la presse ukrainienne. “Le rêve est mort. Ils veulent sauver ce qui peut encore être sauvé.”

Les touristes russes, eux, ont disparu. Les plages sont désertes. Les hôtels fermés ou réquisitionnés par l’armée. Les complexes de loisirs transformés en dortoirs pour soldats. Le secteur de la restauration survit difficilement, et les boutiques autrefois animées du bord de mer s’alignent aujourd’hui derrière des vitrines vides. L’économie locale, déjà fragile avant la guerre, se désintègre totalement. Le choix du Kremlin d’utiliser la Crimée comme base logistique principale pour la guerre en mer Noire a transformé la région en cible prioritaire pour Kiev — une stratégie que les responsables ukrainiens revendiquent ouvertement dans les médias internationaux. Pour eux, frapper la Crimée, c’est “couper la colonne vertébrale militaire de l’occupant”, comme l’a déclaré Mykhaïlo Podolyak dans une interview à The Guardian.

Et la population russe le ressent dans chaque détail du quotidien : coupures d’électricité, pénuries intermittentes, routes bloquées par des convois militaires, checkpoints omniprésents, climat de militarisation totale. Dans certaines zones proches des bases visées, les assurances refusent désormais de couvrir les dégâts causés par les frappes. Des familles vivant près des infrastructures de radars ou de missiles racontent qu’elles n’ont plus connu un seul jour de tranquillité depuis des mois. “On a acheté ici pour vivre en paix. On vit maintenant en état de guerre permanent”, confie un habitant de Yalta interrogé par un média ukrainien.

Mais au-delà de la dimension humaine, la situation en Crimée révèle un échec stratégique majeur pour Moscou. L’annexion de 2014 devait symboliser la puissance retrouvée. En 2025, elle expose plutôt les failles structurelles du régime et son incapacité à protéger les territoires qu’il revendique “historiquement siens”. Pour l’Ukraine, au contraire, chaque attaque réussie est un message clair à ses partenaires occidentaux : les armes fournies par l’Europe et les États-Unis — notamment les drones longue portée et certaines capacités navales — produisent un impact réel, affaiblissant la posture russe en mer Noire. Cette dynamique explique la volonté du président Donald Trump, selon plusieurs analyses publiées par Reuters, de pousser vers un accord qui stabiliserait le front sud avant l’hiver. Une région comme la Crimée, instable et constamment frappée, complique toute perspective de cessez-le-feu durable.

La population russe, elle, paie le prix d’un rêve nationaliste qui s’est retourné contre elle. Beaucoup de ceux qui avaient cru à la propagande du Kremlin se sentent trahis. Les mêmes familles qui, en 2015, prenaient des photos souriantes devant les plages de Yevpatoria se retrouvent en 2025 à fuir ces mêmes plages sous les alertes de missiles. La nostalgie soviétique et le patriotisme impulsé par Poutine se heurtent brutalement à la réalité : on ne peut militariser un territoire sans en assumer les conséquences, et l’Ukraine, décidée à reconquérir la Crimée, ne relâche aucune pression.

La péninsule est en train de se vider et de se transformer. Ce qui devait rester pour toujours “un symbole russe” n’est aujourd’hui qu’un espace fracturé, où s’entremêlent installations militaires, ruines fumantes et familles en fuite. La Crimée incarne désormais l’effondrement du mirage impérial russe et la montée d’une vérité stratégique incontestable : tant que Moscou persistera dans son occupation illégale, elle découvrira que les territoires conquis au nom de l’histoire peuvent se transformer en pièges que l’histoire, justement, referme sur leurs conquérants.

 

États-Unis : un rapport explosif accuse des immigrés somaliens du Minnesota d’avoir détourné des millions vers l’organisation terroriste Al-Shabaab

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Un vent de tempête souffle sur le Minnesota et jusque dans les couloirs du pouvoir à Washington. À la suite d’un rapport accablant publié par le think-tank conservateur City Journal, les autorités américaines découvrent l’ampleur supposée d’une fraude massive orchestrée par des membres de la communauté somalienne locale : plusieurs millions de dollars issus du système d’aides sociales auraient été détournés puis transférés à l’organisation terroriste Al-Shabaab en Somalie.
(Source : City Journal, Reuters, déclarations publiques de responsables américains)

Face à ces révélations, le président américain Donald Trump a immédiatement annoncé qu’il révoquera le statut de protection temporaire (TPS) de certains immigrés somaliens vivant au Minnesota, dénonçant une « fraude systémique » et exigeant une enquête fédérale.


Une fraude “à couper le souffle” selon les procureurs locaux

Depuis plusieurs années déjà, les services sociaux du Minnesota étaient au cœur d’une polémique sur des allégations de fraude et de mauvaise gestion des fonds publics. Mais selon les éléments rapportés ces derniers jours, l’affaire prend une dimension plus grave : les sommes détournées n’auraient pas seulement financé des réseaux criminels locaux — elles auraient directement soutenu Al-Shabaab, groupe islamiste affilié à Al-Qaïda.

Les enquêteurs, cités par City Journal, décrivent :

  • l’utilisation frauduleuse d’enfants présentés comme autistes pour obtenir des aides majorées,
  • des réseaux organisés exploitant les failles du système de welfare,
  • des transferts d’argent vers la Somalie par des canaux informels difficiles à tracer.

Le procureur général local avait déjà parlé d’un « niveau de fraude à couper le souffle », mais sans jamais évoquer explicitement un financement du terrorisme jusqu’à la publication du rapport.


La réaction immédiate du président Trump : annuler les protections

Dans un message diffusé sur Truth Social, Donald Trump a fustigé :
« Des gangs somaliens terrorisent les habitants et des milliards ont disparu. Renvoyez-les ! C’est terminé ! »

Le président a confirmé qu’il annulera le statut légal protégé accordé à certains immigrés somaliens, une mesure qui les expose désormais à une possible expulsion.

Cette annonce s’inscrit dans une politique plus large visant à restreindre les programmes humanitaires existants pour les pays en crise — démarche que l’administration Trump a déjà appliquée à la Venezuela, Haïti et le Sud Soudan.


L’indignation au Congrès : appels à une enquête nationale

Les réactions politiques ont été immédiates :

  • Mike Johnson, président de la Chambre des représentants, a dénoncé des faits « répugnants » et appelé à des mesures dures.
  • Le représentant républicain Pete Stauber a écrit :
    « Je suis furieux. Millions volés et envoyés aux terroristes d’Al-Shabaab. Enquête maintenant. »

Face aux appels croissants à une intervention fédérale, le FBI et le Département de la Sécurité intérieure (DHS) pourraient être amenés à ouvrir une enquête approfondie.


La riposte de la représentante Ilhan Omar : “Nous sommes ici pour rester”

La députée démocrate Ilhan Omar, elle-même d’origine somalienne et figure de la gauche américaine, a répondu fermement :
« Je suis citoyenne américaine, tout comme la majorité des Somaliens du pays. Vos mesures n’affecteront pas ceux que vous aimez tant détester. Nous sommes ici pour rester. »

Ses propos soulignent la tension croissante entre l’administration Trump et la communauté somalienne, concentrée massivement dans le Minnesota, où résident plus de 75 000 personnes d’origine somalienne.


Un nouveau front dans la bataille politique américaine

Cette affaire survient dans un climat déjà chargé, où immigration, terrorisme et gestion des fonds publics sont des sujets centraux du débat national. Pour Trump, ce scandale tombe à point nommé pour justifier une politique plus restrictive et promettre un assainissement du système social américain.

Mais la question reste lourde :
jusqu’où cette fraude est-elle réellement structurée, et dans quelle mesure a-t-elle financé Al-Shabaab ?

Une enquête fédérale serait susceptible de mettre au jour des ramifications encore inconnues — et potentiellement exploser une nouvelle crise politique.

 

Yoav Galant évacué en urgence : un an après, l’ancien ministre de la Défense n’a toujours pas pu rentrer chez lui

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Révélation sensible : l’ancien ministre israélien de la Défense Yoav Galant a été évacué en urgence de son domicile du moshav Amikam il y a plus d’un an, à la suite d’une menace sécuritaire grave, et n’a depuis jamais été autorisé à y retourner. Son foyer, resté vide, demeure sous protection permanente du Shin Bet, tandis que Galant vit aujourd’hui dans une autre localité.
(Source : ynet, confirmé par responsables sécuritaires)

L’évacuation aurait eu lieu alors qu’il sillonnait encore les allées du ministère de la Défense, peu de temps avant son limogeage par le Premier ministre Benjamin Netanyahu le 5 novembre 2024. Dès lors, Galant n’est plus revenu dans sa maison, devenue un symbole silencieux de la fragilité sécuritaire qui touche même les plus hauts responsables du pays.


Une menace jugée suffisamment grave pour déraciner un ministre en exercice

Selon les informations publiées, la décision est née d’un faisceau d’éléments que le Shin Bet n’a pas détaillés, mais qui ont été qualifiés de « menace sécuritaire sévère ». Le risque serait lié non seulement à l’identité de l’ancien ministre, mais aussi à l’emplacement exact de la maison, difficile à sécuriser selon les spécialistes.

Cette situation rappelle l’incident d’octobre 2023, lorsque Hezbollah avait tiré plusieurs drones kamikazes vers la résidence secondaire du Premier ministre Netanyahu à Césarée, causant des dégâts visibles à la façade et au vitrage de sa chambre. Pour les services de sécurité, ces attaques démontrent que les domiciles personnels des dirigeants ne sont plus des sanctuaires protégés, mais des cibles prioritaires.


Une maison vide mais sous surveillance constante

Depuis plus d’un an, la maison de Galant à Amikam reste :

  • inhabitée,
  • surveillée en continu,
  • entourée d’un dispositif de sécurité renforcé.

L’ancien ministre, contraint de déménager discrètement, vit désormais ailleurs, loin de ce domicile désormais considéré comme trop vulnérable.

Les sources confirment que l’évacuation n’était pas une mesure temporaire mais une relocalisation durable, imposée par les services de sécurité.


Une décision politique qui alimente les tensions

En parallèle, la question de la sécurité des anciens ministres de la Défense agite le débat politique. En juillet dernier, des informations faisaient état de la volonté du gouvernement de réduire la durée du dispositif de protection accordé aux anciens titulaires du poste — une décision décrite par certains comme une manœuvre politique visant spécifiquement Galant, à l’époque en conflit ouvert avec Netanyahu.

Des responsables avaient alors dénoncé :
« Le niveau des menaces augmente, mais le gouvernement réduit la protection. »

La polémique s’est amplifiée lorsque la résidence de Galant est restée abandonnée mais protégée, preuve tangible de l’existence d’une menace persistante — et en contradiction directe avec la volonté de réduire son niveau de sécurité.


Entre sécurité nationale et guerre politique

Dans un contexte d’instabilité régionale, de menaces extérieures accrues et de tensions internes liées à la guerre, cette affaire illustre à quel point les lignes entre sécurité nationale et pressions politiques sont devenues poreuses.

D’un côté, le Shin Bet impose des mesures exceptionnelles pour préserver la vie d’un ancien ministre de la Défense ;
de l’autre, le gouvernement débat de manière récurrente de la réduction des protections, parfois sur fond de rivalités personnelles.

La situation de Galant en devient un symbole : celui d’un pays où même les dirigeants les plus aguerris peuvent être contraints d’abandonner leur foyer du jour au lendemain, sans perspective de retour.

 

Carrefour bouleverse le marché : la chaîne vendra la tranche de fromage jaune à 1,90 shekel — du jamais vu en Israël

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Un véritable tremblement de terre secoue le secteur alimentaire israélien : la chaîne française Carrefour vient d’annoncer qu’elle vendra du fromage jaune à 1,90 shekel les 100 grammes, un prix largement inférieur à tout ce que le consommateur israélien a connu jusqu’ici. Cette baisse violente, de plus de 60 % par rapport aux leaders du marché, intervient dans un contexte de réforme historique de l’industrie laitière, menée par le ministère des Finances, et de tensions croissantes autour du coût de la vie.

Derrière cette annonce se cache une transformation profonde du marché : un modèle qui, depuis 70 ans, reposait sur des barrières à l’importation, des quotas rigides, une concentration extrême et des prix artificiellement élevés par rapport à l’Europe.


Une réforme structurelle qui bouleverse l’équilibre du marché

Depuis des décennies, Israël affiche des prix de produits laitiers supérieurs de dizaines de pourcents à ceux des pays de l’OCDE. Les raisons sont connues :

  • système de quotas et de régulation ;
  • prix de référence imposés ;
  • domination des grandes laiteries ;
  • faible concurrence importée.

Le ministère des Finances mène désormais une réforme agressive, qui prévoit :

  • l’abolition des quotas de production ;
  • la liberté totale pour les éleveurs de produire sans limite ;
  • un nouveau prix minimum, 15 % plus bas que le prix actuel ;
  • et surtout, une augmentation massive des importations.

La part des importations de fromages sans taxe est ainsi passée de 11.500 tonnes à 19.500 tonnes par an — une hausse de près de 50 %.
Ces volumes permettent l’entrée de produits européens bien moins chers, principalement d’Europe de l’Est, capables de casser les prix du marché israélien.


Des écarts de prix qui révèlent un marché fermé depuis trop longtemps

Aujourd’hui encore, les produits locaux affichent des tarifs sans rapport avec leurs équivalents européens :

  • Emek (Tnouva) : ~5,20 NIS / 100 g
  • Noam (Tara) : ~4,97 NIS / 100 g
  • Gilboa (Tnouva) : ~4,90 NIS / 100 g
  • Marques importées : ~3,10 NIS / 100 g

Mais les différences deviennent spectaculaires sur les emballages de 200 grammes :

  • Emek : 9,48 NIS / 100 g → soit presque 200 % plus cher que le produit importé
  • Noam : 9,95 NIS / 100 g
  • Goush Halav : 8,40 NIS / 100 g
  • Produit européen : ~3,40 NIS / 100 g

Ce fossé illustre la réalité du marché : un système verrouillé, opéré comme un « club fermé », où le consommateur paie régulièrement deux à trois fois le prix européen pour un produit de base.


Carrefour frappe un coup stratégique

Face à cette réforme, Carrefour a choisi la voie la plus directe : couper les prix de façon spectaculaire.

En proposant la tranche de fromage jaune à 1,90 shekel, la chaîne française envoie un message clair au marché : avec l’importation massive et l’ouverture du secteur, il est possible de vendre des produits essentiels à des prix européens — voire en dessous.

L’objectif est évident :

  • mettre la pression sur les laiteries israéliennes,
  • attirer le public,
  • repositionner Carrefour comme l’enseigne qui brise réellement le coût de la vie.

Depuis son arrivée, Carrefour promettait de « changer les règles du jeu » : cette initiative marque la première confrontation directe avec les prix historiques des grands acteurs locaux.


Une situation explosive pour les producteurs locaux

Si les consommateurs accueillent cette baisse spectaculaire avec soulagement, les conséquences pour les producteurs pourraient être lourdes :

  • Risque de fermeture de petites exploitations laitières, incapables de rivaliser avec les prix européens.
  • Crainte d’un affaiblissement de la production locale.
  • Tensions politiques croissantes entre le ministère des Finances et le ministère de l’Agriculture.

Les éleveurs, notamment en périphérie, dénoncent un danger pour la souveraineté alimentaire : si trop de fermes ferment, Israël pourrait devenir dépendant de l’importation extérieure pour son alimentation de base.


Le consommateur israélien, lui, vote déjà avec son chariot

La psychologie des prix joue un rôle majeur : lorsqu’un produit essentiel passe symboliquement sous les 2 shekels, le public réalise que le marché a été gonflé artificiellement depuis des années.

Les études du Retail Research Institute le démontrent : une baisse drastique sur un produit central provoque un effet domino dans tout le panier moyen. C’est exactement ce qu’espère Carrefour.

Et c’est ce que craint une partie de l’industrie laitière.


Vers une véritable révolution du marché ?

Trois scénarios sont envisageables :

1. Une baisse généralisée des prix

Si les concurrents doivent s’aligner, le fromage jaune — produit fétiche des familles israéliennes — pourrait devenir un symbole de la nouvelle ère.

2. Une guerre commerciale prolongée

Carrefour pourrait absorber temporairement des pertes pour capturer des parts de marché, provoquant une bataille agressive avec Tnouva, Tara et Goush Halav.

3. Un choc structurel pour les producteurs

Plusieurs centaines de petites exploitations pourraient disparaître dans les deux ans, réduisant la diversité locale mais renforçant la compétitivité générale.


Une chose est sûre : Israël entre dans une nouvelle phase

Le prix de 1,90 NIS n’est pas un « coup marketing ».
C’est un signal tectonique : celui d’un marché qui change d’époque.

La révolution du lait, longtemps bloquée par des intérêts politiques et sectoriels, arrive enfin au cœur des foyers.

Et comme souvent en Israël, tout commence par un produit du quotidien — une simple tranche de fromage jaune.

 

🔴Séisme au sein de Tsahal : le chef d’état-major Eyal Zamir prépare des sanctions personnelles pour les défaillances du 7 octobre

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La décision du chef d’état-major israélien, le rav-alouf Eyal Zamir, d’imposer des responsabilités individuelles à plusieurs commandants impliqués dans les évènements du 7 octobre, provoque une onde de choc au sein de l’armée. Issue des conclusions de la commission Sami Turgeman, cette mesure déclenche déjà de vives contestations, révélant un fossé profond entre l’establishment militaire, le pouvoir politique et les familles endeuillées par l’attaque du Hamas.


La journée a commencé par des convocations urgentes. Selon les informations dévoilées par Ynet, Zamir a fait parvenir, dans un délai très court, des ordres de comparution à une longue liste d’officiers ayant occupé des postes clés avant et pendant l’attaque du Hamas, le 7 octobre 2023. Le rythme a été tel qu’une source militaire a reconnu que « tout devait être terminé avant 20h, probablement pour que les conclusions soient évoquées dans les journaux du soir ».
→ Source : https://www.ynet.co.il/news

Les personnalités convoquées comptent parmi les plus hauts gradés de Tsahal :

  • l’ancien chef du renseignement militaire (Aman), Aharon Haliva ;
  • son successeur actuel, Shlomi Binder ;
  • le commandant de l’armée de l’air, général Tomer Bar ;
  • le commandant de la marine, général David Salama ;
  • le général Oded Basiuk, responsable des opérations le jour de l’attaque ;
  • le général Avi Rosenfeld, alors commandant de la division de Gaza ;
  • l’ancien chef de l’unité 8200, Yossi Sarel ;
  • plusieurs colonels d’Aman et officiers d’état-major supplémentaires.

Pour certains, les entretiens se feront avec le chef d’état-major lui-même ; pour d’autres, avec son adjoint, le général Tamir Yadai. Les officiers convoqués comprennent aussi des retraités, rappelés pour entendre les conclusions les concernant. Même Haliva, actuellement hors du pays, devra se présenter prochainement.


La décision de Zamir se fonde sur le rapport de la Commission Turgeman, désignée pour examiner la fiabilité des enquêtes internes menées par Tsahal depuis la guerre. Officiellement, cette commission n’avait pas le mandat de recommander des renvois ou sanctions individuelles. Mais son président, le général (rés.) Sami Turgeman, a estimé que « le rapport doit mener à des conclusions personnelles ».

C’est précisément ce glissement qui met le feu aux poudres. Plusieurs hauts responsables militaires dénoncent une démarche « sélective », « politiquement alignée » et « incompatible avec le rapport tel qu’il a été transmis ».

Un officier cité par Ynet ne mâche pas ses mots :
« Il n’est pas concevable que celui qui a été au cœur de l’échec opérationnel ce jour-là sermonne aujourd’hui d’autres officiers. »

Cette pique vise directement le général Shlomi Binder, alors chef de la division des opérations, dont le propre rapport interne a été invalidé par la commission Turgeman. Tsahal a ensuite affirmé qu’il s’agissait d’une erreur administrative, et a transféré les entretiens vers le général Tamir Yadai. Un cafouillage qui n’a fait qu’ajouter à la confusion.


La question politique n’est jamais loin. Certains craignent que Zamir, nommé récemment, soit sous pression du gouvernement et se conforme à une ligne qui exonère le niveau politique — et en premier lieu le Premier ministre Benjamin Netanyahu — en faisant peser la responsabilité sur l’armée et le renseignement.

L’un des points qui divise le plus : l’affaire dite de « Homat Yericho » (« Mur de Jéricho »), nom du plan opérationnel du Hamas retrouvé par le renseignement israélien entre 2018 et 2022.
Selon les révélations de Keshet 12, Zamir, lorsqu’il était commandant du front Sud, avait été l’un des premiers à recevoir une version du document. Or, la commission Turgeman n’a pas examiné ce dossier en profondeur, malgré son importance stratégique. Pourquoi ? Mystère.
→ Source : https://www.mako.co.il

Cet angle mort interroge : si le document était pris au sérieux, pourquoi aucune adaptation du dispositif n’a été engagée ? Et si Zamir connaissait les grandes lignes du plan, pourquoi n’a-t-il pas transmis ce renseignement de façon exhaustive à son successeur, Herzi Halevi ?

Un expert juridique militaire cité dans l’article juge durement la démarche :
« Le chef d’état-major fait aujourd’hui l’inverse de ce que l’armée a plaidé devant la Cour suprême pour contester les conclusions du contrôleur de l’État. Il expose Tsahal à un précédent juridique dangereux. »


L’examen interne des défaillances du 7 octobre a connu trois grandes phases depuis la catastrophe :

  1. La commission extérieure initiée par Herzi Halevi, incluant Shaul Mofaz et Aharon Ze’evi-Farkash — rapidement torpillée par des ministres du gouvernement qui refusaient qu’un ex-ministre de la Défense impliqué dans le désengagement de 2005 examine l’armée.
  2. Les enquêtes internes menées par les unités, jugées incomplètes, parfois partiales.
  3. La commission Turgeman, censée uniquement évaluer la qualité des enquêtes, mais qui a finalement élargi son champ d’analyse.

Cette dernière a mis en lumière des manques graves :

  • une absence de modèle d’alerte fiable au sein du commandement sud ;
  • le dysfonctionnement du système d’analyse d’Aman ;
  • la non-prise en compte de signaux clairs indiquant la préparation d’une attaque du Hamas ;
  • un brouillard total le 7 octobre au niveau de l’état-major, incapable d’obtenir une image de situation pendant des heures.

Les critiques fusent de toutes parts. Plusieurs officiers dénoncent une démarche incohérente :

  • Pourquoi sanctionner certains colonels et généraux, alors que d’autres, impliqués dans les mêmes défaillances, sont promus ?
  • Pourquoi appliquer des conclusions personnelles alors que le rapport officiel n’en contient aucune ?
  • Pourquoi la commission n’a-t-elle pas examiné la chaîne de transmission du dossier « Homat Yericho » jusqu’au sommet de la hiérarchie ?

Un officier interrogé résume ainsi le malaise :
« Les conclusions sont appliquées à moitié. Et quand on applique à moitié, on ne fait pas justice — on fait de la politique. »


L’arrière-plan politique aggrave les tensions. Alors que deux ans ont passé depuis l’attaque, Israël n’a toujours pas de commission d’enquête d’État, dotée de pouvoirs judiciaires, comme le réclament les familles endeuillées et plusieurs anciens responsables du renseignement.
Le chef d’état-major Herzi Halevi, avant son départ, y était favorable.
Zamir également, avant de nuancer récemment sa position.
Mais le gouvernement, à commencer par Netanyahu, rejette fermement cette option, préférant une « commission nationale » à mandat limité, pilotée par le ministre de la Justice Yariv Levin.

Pour les familles du sud et les soldats revenus du front, cette démarche ressemble à une tentative de contrôle politique d’un processus qui devrait, selon eux, être « indépendant, transparent et impartial ».


Israël vit un moment sensible :

  • la pression publique pour connaître la vérité du 7 octobre ne faiblit pas ;
  • les familles des victimes réclament des responsables, du bas jusqu’au niveau politique ;
  • Tsahal veut avancer, réformer et restaurer sa crédibilité ;
  • et le gouvernement cherche à éviter toute procédure pouvant confronter ses propres décisions aux conclusions d’experts indépendants.

Dans ce contexte, les sanctions annoncées par Zamir ne sont pas perçues comme un acte de justice militaire, mais comme un épisode supplémentaire dans la bataille politique qui entoure le 7 octobre.

Un ancien commandant du renseignement résume ce sentiment :
« Sans commission d’État, aucune conclusion ne sera acceptée par le public. L’armée enquête sur l’armée. Ce n’est pas ainsi qu’on reconstruit la confiance. »


L’onde de choc provoquée par la décision de Zamir n’est probablement que le début. Les sanctions individuelles, si elles sont confirmées, vont transformer le paysage de la haute hiérarchie militaire. Mais sans une véritable enquête nationale indépendante, la société israélienne restera confrontée à la même question lancinante :
comment une armée aussi sophistiquée a-t-elle pu être surprise par une attaque qui avait été écrite noir sur blanc ?

Car au-delà des responsabilités individuelles, c’est la sécurité d’Israël, sa doctrine défensive et son rapport entre armée, politique et citoyen qui se jouent dans cette bataille. Et tant que le pays n’aura pas fait toute la lumière, les cicatrices du 7 octobre resteront ouvertes.

Aucun vaccin ni traitement approuvé : une épidémie dangereuse du virus Marburg en Éthiopie

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L’Éthiopie a confirmé cette semaine sa première épidémie de virus Marburg, après que le laboratoire national a identifié le pathogène dans des échantillons prélevés sur des patients de la ville de Jinka, dans le sud du pays. Quelques jours plus tôt, des médecins de la région de South Omo — proche de la frontière avec le Soudan du Sud — avaient déjà alerté les autorités au sujet d’un regroupement inquiétant de cas suspects de fièvre hémorragique virale.
(Source fiable : Organisation mondiale de la santé – OMS, https://www.who.int/)

Le virus Marburg provoque une fièvre hémorragique hautement contagieuse, avec un taux de mortalité pouvant atteindre 90 %. Les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) le décrivent comme une maladie « rare mais grave », sans vaccin ni traitement approuvé à ce jour. La transmission se fait par contact direct avec des fluides corporels, des surfaces contaminées, ou par exposition à des chauves-souris frugivores ou des primates infectés.

Les symptômes apparaissent généralement entre 2 et 21 jours après l’infection : forte fièvre, maux de tête intenses, douleurs musculaires, frissons, fatigue extrême. Beaucoup de patients développent ensuite des éruptions cutanées, puis des hémorragies sévères en moins d’une semaine. Le traitement repose uniquement sur la réhydratation orale ou intraveineuse, l’oxygénation, et la gestion de la douleur.

Des épidémies antérieures ont touché l’Angola, la Guinée, le Rwanda, l’Ouganda et la Tanzanie. Le virus a été identifié pour la première fois en 1967 après des accidents dans des laboratoires de Marburg et Francfort, en Allemagne, ainsi qu’à Belgrade (ex-Yougoslavie), où il avait infecté 31 personnes et causé 7 décès.

Selon l’OMS, neuf personnes ont été contaminées dans l’épidémie actuelle, y compris des professionnels de santé. « Le système de santé du Soudan du Sud est très fragile, ce qui augmente le risque de propagation au-delà de la frontière », a averti Jean Kaseya, directeur du Centre africain de contrôle des maladies.

Des analyses génétiques préliminaires montrent que la souche détectée à Jinka est similaire à celles déjà observées lors d’épidémies passées en Afrique de l’Est. Le ministère éthiopien de la Santé, l’Institut éthiopien de santé publique et les autorités régionales ont lancé des mesures d’urgence : dépistages massifs, isolement des patients, traçage des contacts, surveillance communautaire, campagnes d’information.

Des équipes de l’OMS, munies de tentes d’isolement, de matériel de laboratoire et d’équipements de protection individuelle, ont été déployées pour soutenir la riposte locale. Les hôpitaux de Jinka ont mis en place des unités d’isolement strictes et diffusent des consignes appelant la population à éviter tout contact avec les corps lors des funérailles, une source de contamination importante.

Alors que les vaccins et traitements expérimentaux n’en sont qu’au stade des essais cliniques, les autorités sanitaires africaines redoutent une propagation régionale rapide, notamment en raison des mouvements de population et de la faible capacité hospitalière dans plusieurs zones frontalières.

 

Ofri Bibas : « J’ai raconté à Strouk ce qui est arrivé à Kfir et Ariel, et elle s’est endormie devant moi »

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Le cri de colère d’Ofri Bibas, la sœur de Yarden Bibas — rescapé de la captivité à Gaza — a secoué les réseaux sociaux et relancé les critiques contre la composition du groupe ministériel chargé de définir le mandat de la future commission d’enquête sur les événements du 7 octobre. Dans un long message publié sur Facebook, Ofri raconte une scène glaçante : alors qu’elle évoquait devant des membres de la coalition l’histoire de ses deux neveux, Kfir et Ariel, enlevés et assassinés dans la bande de Gaza, la ministre Orit Strouk se serait « endormie devant elle ». Un symbole dévastateur pour une famille qui, depuis deux ans, se bat pour que la vérité soit dite et que les responsabilités soient reconnues.

Le gouvernement a annoncé récemment la création d’un groupe de neuf ministres, dirigé par le ministre de la Justice Yariv Levin, pour définir le périmètre de la commission d’enquête étatique. Parmi eux, plusieurs figures proches de l’aile la plus idéologique de la coalition, dont Bezalel Smotrich, Itamar Ben-Gvir, Amichai Chikli et Amichai Eliyahu. Une composition qui, pour de nombreuses familles endeuillées, paraît non seulement déplacée, mais profondément insultante : ce sont précisément ces ministres-là qui, selon elles, portent une part de responsabilité politique dans la catastrophe du 7 octobre.

Dans son message, Ofri Bibas ne mâche pas ses mots. Elle reproche à ces ministres d’avoir ignoré, minimisé, voire méprisé la détresse des familles d’otages. Elle se souvient de cette réunion au sein de la coalition où elle a raconté, en détail, le sort de ses deux neveux : le petit Kfir, kidnappé alors qu’il n’avait que neuf mois, et son frère Ariel, âgé de quatre ans, tous deux assassinés par leurs ravisseurs. « Strouk s’est endormie en face de moi pendant que je parlais », écrit-elle. « Ces gens n’ont pas de cœur. Ils représentent qui, exactement ? »

Elle dénonce également des ministres plus préoccupés, selon elle, par la survie politique du gouvernement que par la vie des citoyens : « Smotrich ? Le soir du 7 octobre, tout ce qui l’intéressait c’était de savoir comment éviter que le gouvernement tombe. » Elle accuse aussi Ben-Gvir, Chikli et Eliyahu de l’avoir traitée, ainsi que d’autres familles, avec froideur et distance, au moment où leur vie a été détruite par l’attaque la plus meurtrière de l’histoire du pays.

Dans son post, Ofri pose une série de questions brutales, qui plongent la lecture dans un silence lourd :
« Pourquoi ma famille a été kidnappée ? Pourquoi Shiri et les enfants n’ont-ils pas été ramenés vivants ? Pourquoi a-t-il fallu 484 jours pour ramener Yarden ? Pourquoi plus de 900 soldats ont-ils été tués ? Pourquoi y a-t-il encore trois otages là-bas ? »
Autant de questions qui, pour elle, doivent être au centre d’une commission d’enquête indépendante — une commission qui ne peut, selon elle, être définie par ceux qu’elle considère comme responsables.

Elle affirme que durant les trois semaines où Shiri, Kfir et Ariel étaient encore vivants dans la bande de Gaza, l’État avait une fenêtre d’action — et n’a rien fait. « Ils ont été abandonnés jour après jour », écrit-elle avec une colère sourde. Une accusation extrêmement grave, mais qui reflète le sentiment de nombreuses familles qui, depuis deux ans, affirment que les autorités ont manqué de détermination au moment critique.

La ministre Orit Strouk, mise au centre de la polémique, a choisi de ne pas répondre, tout comme plusieurs ministres mentionnés dans le post. Du côté du gouvernement, silence complet : la question est explosive, et intervenir risquerait d’enflammer encore davantage un débat déjà chargé émotionnellement.

Les réactions publiques, elles, ne se sont pas fait attendre. Pour beaucoup, ce témoignage d’Ofri Bibas illustre l’écart abyssal entre les familles d’otages et un gouvernement perçu comme déconnecté, absorbé par les batailles internes, les intérêts politiques et les stratégies de survie parlementaire. Pour d’autres, il s’agit d’un appel à une enquête réellement indépendante, loin de toute influence politique, et capable de produire un rapport crédible aux yeux du public.

Au-delà de la polémique immédiate, le message d’Ofri Bibas traduit un traumatisme national : celui d’un pays encore incapable d’affronter pleinement les défaillances qui ont permis le massacre du 7 octobre et la disparition de centaines de citoyens. Dans ce contexte, l’exigence d’une commission d’enquête puissante et impartiale n’est pas un caprice politique : c’est un devoir moral envers les victimes, leurs familles, et l’avenir de l’État d’Israël.

 

Le siège des familles des otages cessera les rassemblements malgré les disparus restants

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Après plus de deux années de mobilisation ininterrompue, les rassemblements hebdomadaires organisés par le siège des familles des otages vont probablement prendre fin à la fin du mois. Une décision douloureuse, surtout au regard de l’engagement répété du siège qui avait assuré ne pas interrompre ces rassemblements tant que le dernier otage n’aurait pas été ramené chez lui. Mais les ressources financières et humaines se sont épuisées, et les budgets restants seront désormais redirigés vers les actions choisies par les familles des trois otages encore détenus à Gaza.

Selon les informations de N12, trois personnes sont toujours prisonnières du Hamas : Dror Or, résident du kibboutz Béeri ; le combattant de la Yasam, le sergent-major Ran Gouili ; et le ressortissant thaïlandais Sottisak Rintlak. Leur sort reste une blessure profonde pour l’ensemble du pays, plus de deux ans après les massacres du 7 octobre et les enlèvements massifs orchestrés depuis la bande de Gaza.

Le siège des otages avait été créé le 8 octobre 2023, au lendemain de l’attaque, avec pour mission de coordonner les familles, centraliser leurs demandes et maintenir une pression constante sur les autorités israéliennes et la communauté internationale. Une structure née de l’urgence, composée de proches déterminés à ne laisser aucun otage devenir une statistique oubliée. Pendant plus de vingt-quatre mois, ce siège a organisé des marches, des vigiles, des rencontres diplomatiques, des rassemblements massifs place des Otages à Tel-Aviv, devenus un symbole national.

Mais le temps a usé les forces. Certaines familles ont quitté le siège, d’autres ont rejoint des initiatives parallèles, et les financements de départ — publics comme privés — ont progressivement diminué. Face à cette réalité, les responsables ont décidé de concentrer l’énergie restante sur des actions ciblées, décidées directement par les familles des otages encore vivants, afin de maximiser les chances de leur retour. Les rassemblements sur la place emblématique devraient donc s’arrêter, au moins temporairement.

La décision intervient dans un climat émotionnel complexe. D’un côté, la lassitude naturelle après des mois de mobilisation intense ; de l’autre, la peur d’envoyer un mauvais signal, celui d’un relâchement de la pression publique alors que trois otages demeurent en captivité. Beaucoup de familles craignent que l’arrêt des rassemblements n’offre au Hamas l’illusion que l’opinion publique israélienne passe à autre chose. À l’inverse, certains estiment qu’un investissement plus concentré, avec des actions diplomatiques et juridiques, pourrait être plus efficace qu’un rassemblement hebdomadaire devenu routinier.

Le siège a, durant toute cette période, servi de lien crucial entre les familles et les décideurs. Il a accompagné les proches dans leurs démarches avec des gouvernements étrangers, coordonné des voyages aux États-Unis, en Europe et même auprès d’instances onusiennes pour maintenir la question des otages au centre de l’agenda international. Si les rassemblements s’arrêtent, ces efforts ne disparaîtront pas : ils seront simplement réorganisés, plus directs, plus focalisés.

Cet arrêt temporaire s’explique aussi par un traumatisme persistant : plus de deux ans après l’attaque du 7 octobre, les familles restent confrontées à l’angoisse quotidienne, à l’absence d’informations fiables et à une douleur que le temps n’a que peu apaisée. La décision de cesser les rassemblements n’est en rien un renoncement ; elle reflète l’épuisement d’un mouvement citoyen qui, malgré sa force symbolique, ne peut lutter indéfiniment contre le silence et l’indifférence d’une partie de la communauté internationale.

Dans ce contexte, une question plane : comment préserver la visibilité des trois otages restants dans un espace médiatique saturé par d’autres crises, sécuritaires et politiques ? Les familles espèrent que la réorganisation du travail du siège permettra de concentrer les derniers moyens disponibles sur des actions plus ciblées, susceptibles d’atteindre les points de pression réels : diplomatie américaine, médiation égyptienne, et réseaux internationaux capables d’influer sur le Hamas.

L’émotion provoquée par la perspective de la fin des rassemblements révèle une vérité profonde : en Israël, la question des otages n’est pas une affaire politique, mais un traumatisme national. Les trois noms toujours détenus à Gaza — Or, Gouili, Rintlak — ne doivent pas quitter la conscience collective. Le siège, même sans rassemblements, continuera de porter cette responsabilité. Et le pays, lui, reste déterminé à ne laisser aucun de ses citoyens abandonné à son sort.

 

« Le sang des traîtres appelle plus de publicité » : le graffiti menaçant devant la rédaction

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Dans la nuit, un nouvel épisode alarmant s’est ajouté à la série d’intimidations visant les journalistes en Israël. À l’entrée du bâtiment de Reshet 13, dans le quartier de Ramat HaHayal à Tel-Aviv, un graffiti inscrit à la bombe a été découvert : « Le sang des traîtres appelle plus de publicité. » Ce message violent, ouvertement menaçant, a immédiatement été interprété comme une attaque directe contre la liberté de la presse. Il survient dans un climat déjà lourd, où plusieurs journalistes travaillent sous protection rapprochée et rapportent des agressions verbales et physiques en pleine rue.

Sur les réseaux sociaux, le journaliste Yossi Eli, figure de la chaîne 13, a dénoncé un « véritable crime de haine contre la presse libre ». Dans un message publié sur X, il écrit : « C’est stupéfiant qu’un tel graffiti apparaisse dans un pays démocratique. Il y a ici une guerre totale contre les médias libres. Peu importe les opinions, droite, gauche ou centre : les dirigeants, les ministres, le Premier ministre doivent condamner. Quant à la police ? Inutile de préciser qu’elle doit intervenir immédiatement. » Le ton est grave, reflétant l’inquiétude croissante des professionnels des médias face à des attaques de plus en plus fréquentes.

La députée Efrat Rayten a également réagi, qualifiant l’inscription de « page du message gouvernemental apposée sur le mur ». Elle accuse certains membres du gouvernement de créer un climat où les soutiens du pouvoir se sentent autorisés à viser les journalistes. « À la place d’un gouvernement qui devrait craindre la presse, comme dans toute démocratie, c’est la presse qui a peur du gouvernement. C’est le signe d’un régime sombre », écrit-elle. Selon elle, ce graffiti n’est rien d’autre que « le coup d’envoi d’une année électorale extrêmement violente ».

Dans les rangs de l’opposition, la députée Sheli Tal-Miron (Yesh Atid) a ajouté un avertissement encore plus percutant : si l’incitation actuelle ne s’arrête pas immédiatement, « la question ne sera plus de savoir si un journaliste sera assassiné, mais quand ». Elle estime que la responsabilité d’un éventuel passage à l’acte incomberait directement aux « instigateurs » siégeant au gouvernement. Son message, largement relayé, illustre la peur d’une escalade où la violence verbale déboucherait sur un drame.

Du côté des organisations de presse, la condamnation est unanime. Journalistes, commentateurs politiques et responsables de rédaction dénoncent une vague d’hostilité sans précédent, décrite comme la pire depuis plus de vingt ans. Les reporters, envoyés couvrir les manifestations ou certains événements sensibles, se font régulièrement insulter, menacer ou empêcher de filmer. Plusieurs chaînes ont renforcé leurs protocoles de sécurité. Le graffiti de Ramat HaHayal est considéré comme un signal supplémentaire d’une dégradation rapide de l’espace démocratique.

La police israélienne a ouvert une enquête immédiatement après la découverte de l’inscription. Les équipes techniques passent en revue les images de vidéosurveillance couvrant l’entrée du bâtiment, dans l’espoir d’identifier les auteurs. Selon les premières évaluations, les suspects pourraient être retrouvés dans la journée, le bâtiment étant équipé d’un système dense de caméras. La direction de Reshet 13 a demandé une protection accrue des locaux et a appelé les autorités à prendre des mesures rapides pour stopper cette dynamique d’intimidation.

Cet incident intervient dans un contexte particulièrement instable. Le pays entre dans une nouvelle année politique marquée par de possibles élections anticipées, la crise sécuritaire persistante et les débats enflammés sur les responsabilités gouvernementales après les événements du 7 octobre. Dans ce climat, les journalistes restent une cible facile pour certains groupes extrémistes cherchant à délégitimer le rôle critique de la presse.

Dans une démocratie, attaquer la presse, c’est attaquer les fondations mêmes de l’État. La phrase taguée sur le mur de Reshet 13 n’est pas seulement une menace : elle est le symptôme d’un climat corrosif, où l’incitation se banalise et où les contre-pouvoirs institutionnels se retrouvent vulnérables. Alors que les tensions montent, l’affaire rappelle l’urgence absolue de protéger les journalistes — non pas en raison de leurs opinions, mais parce qu’ils garantissent à la société israélienne l’accès à la vérité, même lorsque celle-ci dérange.