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« Vous êtes l’avenir du pays, je vous aime » : l’appel inattendu de Naftali Bennett au public haredi

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L’ancien Premier ministre israélien Naftali Bennett a créé la surprise en publiant, mercredi soir, une lettre ouverte adressée aux hommes et femmes du public haredi. Dans ce message diffusé sur son compte X, Bennett adopte un ton inhabituellement direct et chaleureux à l’égard de la communauté ultra-orthodoxe, tout en lançant une attaque frontale contre ses représentants politiques, qu’il accuse de maintenir le secteur dans une dépendance sociale et économique dangereuse pour l’avenir du pays.

D’emblée, Bennett choisit une approche personnelle :
« Je vous respecte et je vous aime, et c’est précisément pour cela qu’il est important pour moi de vous parler directement. »
Il rejette l’argument selon lequel son combat contre la loi actuelle sur l’exemption du service militaire serait dirigé contre les haredim eux-mêmes. « La vérité est exactement l’inverse », écrit-il. « Ce combat n’est pas contre vous, il est pour vous. »

« Vous êtes l’avenir de l’État d’Israël »

L’ancien chef du gouvernement affirme que le poids démographique du public haredi est un fait objectif, et non un slogan idéologique. Selon lui, « dans deux générations, les haredim représenteront près de la moitié de la population juive en Israël ». Cette réalité, explique-t-il, impose une responsabilité partagée : assurer l’avenir économique, sécuritaire et social du pays ne pourra se faire sans l’intégration pleine et volontaire de cette population.

Bennett insiste sur un point qu’il juge fondamental :
« Votre foi n’est pas un problème, à Dieu ne plaise. En tant que Juif croyant, qui aime la Torah et ceux qui l’étudient, j’ai un profond respect pour votre mode de vie. Je ne cherche pas à changer vos croyances ni votre vision du monde. »

Une attaque frontale contre les dirigeants politiques haredim

C’est dans la suite du texte que le ton se durcit. Bennett accuse une « petite clique d’apparatchiks » d’exploiter politiquement et économiquement la communauté haredi. Selon lui, ces responsables empêchent volontairement les jeunes d’acquérir des compétences de base — comme l’anglais ou des outils professionnels —, les dissuadent de servir dans l’armée et bloquent toute initiative individuelle visant à une insertion digne sur le marché du travail.

« Même lorsqu’un jeune ou une jeune femme souhaite avancer de son plein gré, ces apparatchiks menacent, exercent des pressions, pratiquent l’ostracisme et dressent des murs autour de ceux qui osent sortir de la prison qu’ils ont construite », écrit Bennett.

Il va plus loin encore en dénonçant ce qu’il décrit comme une hypocrisie sociale :
« Alors que la majorité du public haredi ploie sous le coût de la vie, ces dirigeants qui prélèvent leur “commission” sont des multimillionnaires, partant en croisière sur le Danube, avec des violonistes jouant en leur honneur. »

Service militaire, économie et survie nationale

Pour Bennett, la question dépasse largement le débat sur le service militaire. Il avertit que si la population haredi continue de croître sans accès réel au travail et à l’autonomie économique, l’économie israélienne s’effondrera. De même, sans une participation plus large à l’effort de défense, « il n’y aura plus personne pour protéger le pays face à des ennemis déterminés à nous tuer tous — religieux, laïcs et haredim — simplement parce que nous sommes juifs ».

« Ce serait la fin de l’État d’Israël, tout simplement », tranche-t-il.

Le « projet des serviteurs » et la vision de Bennett

Bennett présente ce qu’il appelle la « loi des serviteurs » comme un tournant historique. Selon lui, cette réforme vise à affaiblir le pouvoir des apparatchiks, tout en renforçant les haredim eux-mêmes. Elle offrirait des incitations concrètes à ceux qui choisissent de travailler, d’étudier des professions ou de servir dans l’armée, et accorderait des avantages substantiels aux soldats haredim qu’il qualifie de « Hachmonéens de notre génération ».

Il décrit une vision inspirée de modèles existants, notamment celui des communautés haredies actives économiquement à Brooklyn :
« Quand ces dirigeants perdront leur emprise, quelque chose de merveilleux se produira. Les immenses talents que vous possédez s’exprimeront à la fois dans l’étude de la Torah et dans la technologie, l’entrepreneuriat, la médecine et l’innovation — tout cela sans renoncer à un mode de vie haredi. »

« Je vous aime et je crois en vous »

En conclusion, Bennett affirme que cette transformation permettrait au public haredi d’acquérir une puissance économique considérable, capable de soutenir encore davantage le monde de l’étude de la Torah. Israël deviendrait, selon lui, un pays plus fort, plus riche et plus stable, assurant la pérennité de la présence juive sur sa terre.

« C’est ma vision. Elle peut sembler lointaine, mais elle est réaliste. C’est la seule voie pour survivre ici. Et elle dépend avant tout de vous — des pionniers courageux parmi vous qui choisiront de participer à la réparation de l’État. Je vous aime et je crois en vous. »

Un accord secret entre Israël et l’Iran révélé : des messages échangés via la Russie avant l’éclatement des manifestations

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Un rapport publié par le Washington Post révèle un épisode diplomatique discret mais hautement sensible : quelques jours seulement avant le déclenchement des vastes manifestations en Iran, Israël et l’Iran auraient échangé des messages indirects par l’intermédiaire de la Russie, s’engageant mutuellement à ne pas lancer d’attaque préventive l’un contre l’autre.

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Selon le quotidien américain, les discussions auraient été initiées par Israël, qui aurait fait savoir à Téhéran qu’il n’envisageait aucune frappe tant qu’il ne serait pas lui-même attaqué. Un haut responsable régional, cité anonymement par le journal, a résumé la position iranienne en ces termes : « Pour l’Iran, c’était une bonne affaire ».

Le rapport précise que ces échanges ont eu lieu avant l’explosion des protestations internes en Iran et ne permet pas de déterminer si cet engagement tacite est toujours en vigueur aujourd’hui. Depuis, la situation régionale s’est nettement détériorée. Ces dernières heures, une escalade significative des tensions est observée entre l’Iran, les États-Unis et Israël, sur fond de spéculations croissantes concernant une éventuelle frappe américaine imminente.

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Dans ce contexte, des mesures de précaution renforcées ont été prises sur plusieurs théâtres — aérien, maritime et terrestre — traduisant un niveau d’alerte élevé dans l’ensemble de la région.

Une analyste de premier plan, interrogée par le Washington Post, souligne la complexité de la position israélienne. Ancienne responsable de la recherche au Mossad et aujourd’hui chercheuse senior à l’Institut pour les études de sécurité nationale (INSS) à Tel-Aviv, elle explique :
« Israël laisse les États-Unis mener la danse, mais il est évident qu’un changement de régime en Iran transformerait profondément le Moyen-Orient — y compris la situation du Hezbollah. En parallèle, Israël sait qu’il pourrait devenir une cible d’une riposte iranienne, et a donc déjà pris de nombreuses mesures pour renforcer sa protection et son niveau de préparation. »

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Cette révélation met en lumière l’existence de canaux de communication indirects entre deux ennemis jurés, même au cœur de périodes de très forte tension. Elle souligne également à quel point la crise iranienne actuelle s’inscrit dans un jeu stratégique régional beaucoup plus large, où calculs militaires, pressions internes et équilibres internationaux s’entrecroisent étroitement.

Trump sur le fils exilé du shah : « Il a l’air sympathique, mais je ne sais pas comment il serait accueilli dans son pays »

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Le président des États-Unis, Donald Trump, s’est exprimé dans la nuit de mercredi à jeudi lors d’un entretien accordé à l’agence Reuters, évoquant la vague de manifestations en Iran et l’hypothèse d’un changement de régime à Téhéran.

Interrogé sur le rôle potentiel de Reza Pahlavi, fils exilé du dernier shah d’Iran, Trump a livré une appréciation prudente :
« Il a l’air d’être quelqu’un de bien, mais je ne sais pas comment il serait accepté dans son pays. »

Sans soutenir explicitement une alternative politique précise, le président américain n’a pas exclu la possibilité d’un effondrement du régime iranien sous la pression de la rue. « Tout régime peut tomber », a-t-il déclaré, ajoutant : « Cela va être une période intéressante. »

Les propos de Trump s’inscrivent dans un contexte de tensions croissantes en Iran, marqué par des protestations persistantes contre le pouvoir en place et une attention internationale accrue sur l’évolution de la situation intérieure du pays.

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Au cours du même entretien, le président américain a également abordé d’autres dossiers internationaux, notamment la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Il a critiqué le président ukrainien Volodymyr Zelensky, estimant que son attitude constituait, selon lui, un obstacle à la conclusion d’un accord mettant fin au conflit.

Cette interview illustre la ligne adoptée par Donald Trump : prudence publique sur l’avenir politique de l’Iran, ouverture assumée à l’hypothèse d’un bouleversement du régime, et volonté de replacer les crises internationales majeures dans une lecture globale des rapports de force mondiaux.

Juste avant une frappe de Trump : « le joker de l’Iran qui bloque tout »

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À la suite des déclarations du président des États-Unis Donald Trump sur une possible action contre l’Iran, la planification opérationnelle se concentre désormais au Pentagone. Les responsables militaires américains sont chargés d’élaborer les scénarios d’action, mais un point central demeure non tranché : quel objectif stratégique Washington cherche-t-il réellement à atteindre face à Téhéran ?

À ce stade, aucune indication claire ne permet de déterminer si l’administration américaine vise un changement de régime en Iran ou, plus modestement, un affaiblissement ciblé du pouvoir iranien afin de le contraindre à revenir à la table des négociations. L’option privilégiée pourrait consister à imposer de nouvelles limites au programme nucléaire iranien et au développement de capacités balistiques, sans aller jusqu’à une opération destinée à renverser le régime.

Selon les analystes sécuritaires, c’est précisément là que réside ce que certains décrivent comme le « joker » de l’Iran : sa capacité à compliquer toute décision américaine en rendant les conséquences d’une frappe imprévisibles. Téhéran dispose de leviers multiples — militaires, régionaux et politiques — qui pèsent sur les calculs de Washington. Cette réalité oblige les planificateurs américains à mesurer non seulement l’efficacité immédiate d’une action militaire, mais aussi ses répercussions à moyen et long terme dans l’ensemble du Moyen-Orient.

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Les discussions internes portent notamment sur l’usage éventuel de moyens aériens lourds, symbolisés par des appareils stratégiques comme le B-52 Stratofortress, capables de frapper à longue distance. Toutefois, même avec de tels moyens, la question demeure : une démonstration de force suffirait-elle à modifier le comportement iranien, ou risquerait-elle au contraire d’enclencher une escalade régionale difficile à contenir ?

Dans ce contexte, l’incertitude stratégique reste totale. Tant que l’objectif politique final n’est pas clairement défini — affaiblissement du régime ou transformation en profondeur de l’équilibre du pouvoir à Téhéran —, toute option militaire demeure suspendue à ce « joker » iranien qui, pour l’instant, continue de bloquer les décisions les plus radicales.

Accord sur les otages : même sans Ran Gvili, Trump devrait annoncer le passage à la phase B à Gaza

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Selon des sources américaines, le président des États-Unis Donald Trump devrait annoncer ce mercredi le passage à la phase B de l’accord sur les otages à Gaza. Cette décision interviendrait alors même que le corps de Ran Gvili, tué le 7 octobre et toujours retenu dans la bande de Gaza, n’a pas encore été restitué.

D’après ces sources, la phase B prévoit la mise en place d’une instance internationale destinée à superviser la bande de Gaza dans ce qui est présenté comme « le jour d’après ». Le plan inclut la création d’un conseil de paix et d’un organe administratif chargé de gérer les affaires civiles de la population palestinienne. L’objectif affiché à Washington est d’amorcer une transition politique et sécuritaire dans l’enclave, parallèlement au processus en cours sur les otages.

Cette annonce attendue intervient toutefois dans un contexte de fortes tensions avec Israël. À Jérusalem, plusieurs responsables expriment leur colère face à une décision américaine prise alors que, selon eux, le Hamas n’a pas respecté les termes essentiels de l’accord. Le corps de Ran Gvili, tombé lors des combats contre des terroristes dans la région de Saad–Alumim lors de l’attaque du 7 octobre, n’a toujours pas été rendu à sa famille. En Israël, on affirme que le Hamas sait précisément où se trouve la dépouille, mais qu’il en retarde volontairement la restitution.

Des sources israéliennes estiment que le passage à la phase B sans le retour de tous les otages, vivants ou morts, affaiblit la pression exercée sur le Hamas et crée un précédent dangereux. Selon elles, la restitution complète des otages devait constituer un préalable incontournable avant toute évolution vers une nouvelle étape de l’accord. Le fait que cette condition ne soit pas remplie alimente la crainte que le Hamas puisse continuer à utiliser les corps des victimes comme levier politique.

Du côté américain, aucune confirmation officielle n’a encore été donnée, mais les informations concordantes indiquent que la Maison-Blanche considère le lancement de la phase B comme nécessaire pour stabiliser la situation à Gaza et préparer un cadre international de gouvernance. Cette approche semble privilégier une vision stratégique à moyen terme, au risque d’exacerber les divergences avec Israël sur la conduite immédiate du dossier des otages.

La perspective de cette annonce souligne une nouvelle fois les tensions entre impératifs diplomatiques et exigences morales et sécuritaires. Alors que les familles des otages attendent toujours des réponses et des actes concrets, la décision attendue de Washington pourrait marquer un tournant politique majeur, mais aussi approfondir le fossé entre les alliés sur la manière de gérer les suites du 7 octobre et l’avenir de la bande de Gaza.

Argentine : un médecin en soins intensifs suspendu après des appels explicites au meurtre de Juifs

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Un grave scandale a éclaté en Argentine après la diffusion de propos ouvertement antisémites tenus par un médecin en formation en soins intensifs. Le praticien, Dr. Micas Martínez Ski, interne à l’Hôpital général José de San Martín, a été immédiatement suspendu de ses fonctions après la révélation de messages publiés sur les réseaux sociaux dans lesquels il appelait explicitement à tuer des Juifs.

Dans ces publications, rapidement supprimées mais largement capturées et diffusées sous forme de captures d’écran, le médecin écrivait qu’« au lieu de pratiquer la circoncision, il faudrait trancher la gorge des Juifs et leur couper l’artère principale ». Des propos d’une violence extrême, incompatibles avec toute pratique médicale et qui ont provoqué une onde de choc bien au-delà du milieu hospitalier.

Suspension immédiate et enquête en cours

La direction de l’hôpital a confirmé que le médecin avait été mis à pied sans délai, le temps qu’une enquête administrative et judiciaire soit menée. Les autorités sanitaires de la province ont également réagi fermement. Le ministre de la Santé de la Province de Buenos Aires, Nicolás Kreplak, a condamné ces déclarations sans équivoque :

« Tout message agressif ou toute atteinte au respect de la vie humaine est totalement incompatible avec l’exercice de la médecine. Ce sont des valeurs fondamentales de la formation et de la responsabilité d’un professionnel de santé. »

Il a ajouté que le système de santé repose sur la confiance et la protection de tous les citoyens, sans distinction d’origine, de religion ou d’identité :

« Nous devons être fermes et inflexibles face à toute forme de discrimination ou de racisme. Nous condamnons avec la même force l’antisémitisme, la haine envers les populations autochtones, les musulmans, ou toute autre communauté religieuse, ethnique ou sociale. »

Une onde de choc dans la communauté médicale et juive

L’affaire a suscité une vive inquiétude au sein de la communauté juive argentine, l’une des plus importantes d’Amérique latine, ainsi qu’auprès de nombreux professionnels de santé. Plusieurs organisations ont rappelé que des propos de ce type, tenus par un médecin — même en dehors de son cadre professionnel —, constituent une menace directe pour la confiance des patients et pour l’éthique médicale.

Les autorités ont confirmé que l’enquête devra déterminer si ces déclarations relèvent uniquement de discours de haine ou si elles constituent également une infraction pénale, susceptible d’entraîner des poursuites judiciaires.

En attendant les conclusions, le médecin reste suspendu de toute activité médicale, et l’hôpital a réaffirmé son engagement à garantir un environnement sûr, respectueux et exempt de toute idéologie de haine pour les patients comme pour le personnel.

France : Paris estime que la répression des manifestations en Iran est la plus violente de l’histoire du pays et ne fait rien.

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La France a exprimé une inquiétude majeure face à la situation en Iran, estimant que la répression en cours contre les manifestations populaires pourrait être la plus violente jamais menée par le régime iranien. Cette évaluation a été formulée par le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, à la suite d’informations concordantes faisant état d’un usage massif et systématique de la force contre les civils.

S’exprimant sur la base de rapports diplomatiques et de sources internationales, le chef de la diplomatie française a déclaré que Paris soupçonne que « la répression des manifestations à travers l’Iran par le régime est la plus violente de toute son histoire ». Il a ajouté que cette situation était inacceptable et que « cette répression doit cesser complètement ».

Les propos français interviennent alors que de nombreux pays occidentaux et organisations de défense des droits de l’homme alertent sur une escalade sans précédent de la violence exercée par les forces de sécurité iraniennes. Ces dernières semaines, de multiples témoignages évoquent l’usage d’armes à feu contre des manifestants, des arrestations massives et un climat de terreur destiné à étouffer toute contestation.

Paris a réaffirmé sa position selon laquelle le droit de manifester pacifiquement doit être respecté et que les autorités iraniennes portent l’entière responsabilité de la protection de leur population civile. La France appelle également à une mobilisation internationale accrue afin de faire pression sur Téhéran pour mettre un terme immédiat aux violences.

Iran : des médecins accusent les forces de sécurité de viser la tête et les yeux des manifestants, provoquant des aveuglements massifs

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Des médecins iraniens et des équipes médicales engagées dans la prise en charge des blessés des manifestations dénoncent une répression d’une brutalité extrême exercée par les forces de sécurité du régime. Selon plusieurs témoignages recueillis par des médias internationaux, les tirs seraient délibérément dirigés vers la tête et les yeux des manifestants, causant des blessures irréversibles et de nombreux cas de cécité.

Un ophtalmologue de Téhéran a rapporté avoir documenté plus de 400 blessures oculaires par balles dans un seul hôpital. Les équipes médicales décrivent des services d’urgence submergés, des salles pleines à craquer et une pénurie dramatique de sang et de matériel. « Ils tirent intentionnellement sur la tête et les yeux pour que les manifestants ne puissent plus voir », a expliqué un médecin de la capitale. « Nous n’avons plus de sang, plus assez d’équipement. Cela ressemble à une zone de guerre. »

Trois médecins, s’exprimant auprès du quotidien britannique The Guardian, ont décrit des hôpitaux saturés par des manifestants blessés par balles. Selon eux, la concentration des impacts sur les yeux et la tête correspond à une tactique déjà observée lors de la répression des manifestations liées au hijab en 2022. Plusieurs patients auraient dû subir une énucléation, perdant définitivement la vue.

Les manifestations, déclenchées le 28 décembre après une chute brutale de la valeur de la monnaie iranienne, sont devenues le plus vaste mouvement de contestation antigouvernementale depuis 2009. Chaque soir, des dizaines de milliers de personnes descendent dans les rues en scandant des slogans hostiles au régime, notamment « mort au dictateur », visant le guide suprême Ali Khamenei.

Face à l’ampleur de la contestation, les autorités ont coupé l’internet et les communications mobiles dans tout le pays, isolant la population du monde extérieur. Des organisations de défense des droits humains accusent le pouvoir d’exploiter ce blackout pour mener une répression encore plus violente. Selon Human Rights Activists News Agency, plus de 2 000 personnes ont été tuées depuis le début des manifestations, dont plus de 90 % seraient des manifestants, et plus de 16 700 personnes auraient été arrêtées.

Les médecins interrogés estiment toutefois que ces chiffres ne reflètent qu’une fraction de la réalité. Ils font état d’une hausse soudaine et massive du nombre de blessés arrivant dans les hôpitaux immédiatement après la coupure des communications. « Les images et les données diffusées à l’étranger ne représentent même pas un pour cent de ce qui se passe réellement », a affirmé un médecin ayant quitté l’Iran pour rejoindre un centre de défense des droits humains.

Les types de blessures observées renforcent la conviction des équipes médicales et des ONG que les forces de sécurité visent volontairement des zones vitales. L’usage de fusils tirant des billes métalliques et de munitions réelles a été documenté. Un médecin a indiqué avoir retiré « une vingtaine de projectiles » du corps d’un seul manifestant. Le Centre Abdorrahman Boroumand pour les droits humains affirme également que des tirs ont touché des organes particulièrement sensibles, provoquant des handicaps permanents dans le but d’intimider la population.

De leur côté, les autorités iraniennes rejettent ces accusations et imputent la violence aux manifestants, diffusant des vidéos qu’elles présentent comme des preuves de sabotage et d’ingérences étrangères. Elles reconnaissent la mort d’au moins 135 personnes liées au régime, selon HRANA.

Malgré la censure et les risques, des témoignages continuent de filtrer. Un manifestant de 20 ans a raconté que, lors d’un rassemblement à Téhéran, des hommes en civil se sont infiltrés dans la foule et ont tiré à bout portant sur les manifestants. « Nous avons fui, et nous ne savons même pas si les corps ont été récupérés », a-t-il confié.

Les médecins iraniens préviennent que le bilan réel des morts et des blessés est probablement bien plus élevé que les chiffres connus, et que l’ampleur de la tragédie reste largement invisible au reste du monde.

Iran : pendant que Trump chauffe les moteurs, l’Europe considère que la crise est une affaire américaine

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Alors que les tensions atteignent un point critique en Iran et que l’administration américaine de Donald Trump multiplie les signaux laissant entrevoir une possible intervention, l’Europe apparaît largement absente du jeu. Au moment même où le régime des ayatollahs pourrait vaciller sous la pression des manifestations et de la répression sanglante, les capitales européennes semblent reléguées à un rôle marginal, observant la crise à distance, sans initiative politique majeure.

Ce n’est pas la première fois que l’Europe se retrouve ainsi sur la touche. Lors d’un précédent épisode de tension majeure avec l’Iran, à l’été dernier, les Européens avaient déjà servi de simple relais diplomatique, envoyés discuter avec Téhéran pendant que Washington prenait, en coulisses, des décisions militaires lourdes de conséquences. Cette fois-ci, le constat est encore plus net : ni Téhéran ni Washington ne semblent considérer l’Union européenne comme un acteur central dans la gestion de la crise actuelle.

Du côté iranien, la méfiance est totale. Les dirigeants de la République islamique ne cherchent plus à faire passer de messages par Paris, Berlin ou Londres, et ne manifestent aucun intérêt à reprendre des discussions sur le nucléaire ou sur une désescalade via des médiations européennes. Côté américain, la priorité est ailleurs : la relation transatlantique est tendue, et l’administration Trump mène une politique de sécurité qui marginalise volontairement les Européens, y compris sur des dossiers stratégiques majeurs.

Après plusieurs jours de répression massive contre les manifestants iraniens, les réactions officielles européennes ont été largement jugées timorées. La cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, Kaja Kallas, s’est contentée d’évoquer des « consultations » en vue d’un éventuel nouveau train de sanctions. La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont publié une déclaration commune condamnant la violence, sans annoncer de mesures concrètes. Le chancelier allemand Friedrich Merz a reconnu qu’un régime qui ne survit que par la violence est « condamné », mais là encore sans aller au-delà d’un constat politique.

Cette prudence contraste avec la gravité des informations en provenance d’Iran : milliers de morts présumés, usage massif de la force, tirs ciblés contre des manifestants, coupures de communication et arrestations à grande échelle. Pourtant, ces événements ne suscitent pas, dans l’opinion publique européenne, l’émotion observée lors des précédentes vagues de protestation, notamment celles de 2022. Les médias et le débat public semblent davantage analyser la crise à travers le prisme de la stratégie américaine globale que comme une urgence politique et humanitaire nécessitant une réponse européenne.

Dans plusieurs pays européens, la situation en Iran est perçue comme un dossier lointain, relevant avant tout de la confrontation directe entre Washington et Téhéran. Même au Royaume-Uni, seul État européen à évoquer timidement une possible participation à des actions coordonnées avec les États-Unis, les responsables politiques insistent sur les nombreuses « questions ouvertes » et les risques d’escalade.

Pourtant, l’Europe dispose encore de leviers significatifs, si elle décidait de les activer. L’un des plus importants serait la désignation officielle des Gardiens de la révolution comme organisation terroriste, une mesure réclamée de longue date par Israël et soutenue par certains gouvernements européens. Des dossiers détaillant les activités terroristes et les réseaux de financement des Gardiens de la révolution en Europe ont été présentés, et l’Allemagne s’est montrée réceptive. Mais au niveau de l’Union, plusieurs États, dont la France, l’Italie et le Luxembourg, continuent de s’y opposer, bloquant toute décision collective.

En pratique, l’Europe se contente aujourd’hui de déclarations de principe et d’une réflexion sur de nouvelles sanctions, malgré les conséquences potentielles majeures de la crise iranienne sur sa propre sécurité et sur son économie, notamment en matière d’énergie. Cette posture renforce l’impression d’un continent spectateur, incapable de peser réellement sur l’ordre mondial en recomposition.

Au moment où les États-Unis accentuent la pression sur Téhéran et où le régime iranien fait face à une contestation intérieure sans précédent, l’absence d’une initiative européenne forte illustre une fois de plus la faiblesse stratégique de l’Union européenne dans les grandes crises internationales contemporaines.

Israël conseille à Trump de retarder une frappe contre l’Iran : « Le régime n’est pas encore assez affaibli »

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Selon un reportage de NBC News, des responsables israéliens, rejoints par plusieurs acteurs du monde arabe, ont récemment recommandé à l’administration de Donald Trump de ne pas lancer, à ce stade, une attaque militaire d’envergure contre l’Iran. Leur évaluation commune est que le régime iranien, bien que fortement ébranlé par les manifestations et la répression, n’est pas encore suffisamment affaibli pour qu’une intervention militaire américaine provoque sa chute.

Ces échanges ont eu lieu alors que le président américain examine différentes options en réponse à la répression brutale exercée par le régime iranien contre les manifestants. Donald Trump a multiplié ces derniers jours les déclarations publiques de soutien aux protestataires, les appelant à poursuivre leur mobilisation et affirmant que « l’aide est en route ». Dans le même temps, il a annoncé l’annulation de toutes les rencontres prévues avec des représentants iraniens, conditionnant toute reprise de dialogue à l’arrêt des violences contre la population.

D’après NBC News, les responsables israéliens et arabes estiment qu’une frappe militaire immédiate risquerait de ne pas produire l’effet recherché. Ils craignent qu’une intervention extérieure, à ce stade, ne permette pas de « terminer le travail » engagé par les manifestants eux-mêmes et, pire encore, qu’elle ne conduise à un effet de rassemblement autour du régime à Téhéran. Plusieurs sources citées dans le reportage rappellent que, par le passé, des frappes étrangères ont parfois renforcé la cohésion interne du pouvoir iranien face à un ennemi extérieur.

Les interlocuteurs de Washington soulignent également que la situation en Iran évolue rapidement et que l’équilibre interne pourrait basculer dans un sens ou dans l’autre en fonction de la pression exercée. Ils recommandent donc de laisser le temps jouer contre le régime, en intensifiant les leviers non militaires plutôt que de recourir immédiatement à des bombardements massifs.

Selon des responsables américains interrogés par NBC News, la Maison-Blanche examine actuellement un large éventail d’options, dont certaines n’impliquent pas l’usage direct de la force. La porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a confirmé que le Conseil de sécurité nationale s’est réuni pour discuter de la crise iranienne, même en l’absence du président. Elle a rappelé que Donald Trump privilégie, par principe, les solutions diplomatiques, tout en n’excluant pas des frappes aériennes si la situation l’exige.

Un responsable arabe cité par NBC News a indiqué qu’il existait, dans la région, un « manque d’enthousiasme » vis-à-vis d’une attaque américaine contre l’Iran à ce stade. Un autre a averti qu’une escalade militaire, qu’elle soit menée par Israël ou par les États-Unis, pourrait renforcer le sentiment nationaliste iranien et détourner l’attention des fractures internes actuellement visibles au sein de la société.

Les responsables israéliens, tout en réaffirmant leur soutien à un changement de régime en Iran et aux efforts américains en ce sens, ont proposé à Washington une série de mesures alternatives. Parmi celles-ci figurent le renforcement des moyens de communication permettant aux Iraniens de contourner les coupures d’internet imposées par le régime, un durcissement des sanctions économiques, des opérations de cyberattaques ciblées contre les infrastructures du pouvoir, et même, selon certaines sources, des actions militaires très ciblées contre des dirigeants spécifiques du régime.

Ces mesures, estiment-ils, pourraient accroître progressivement la pression sur les autorités iraniennes, affaiblir leur capacité de contrôle et créer les conditions d’une éventuelle action militaire plus large, si celle-ci devenait nécessaire ultérieurement. Pour l’heure, le message transmis à Washington est clair : la chute du régime iranien ne serait pas garantie par une frappe immédiate, et une stratégie graduelle pourrait s’avérer plus efficace.