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Tempête à Téhéran : Ali Khamenei accuse Trump d’attiser les révoltes, Washington durcit spectaculairement le ton

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La confrontation entre Téhéran et Washington est entrée ce samedi dans une phase de tension ouverte. Le guide suprême de la République islamique, Ali Khamenei, a publiquement accusé le président américain Donald Trump d’être directement responsable de la vague de violences et d’instabilité qui secoue actuellement l’Iran, alors que les manifestations contre le régime s’étendent à plusieurs grandes villes du pays.

Dans une déclaration officielle largement relayée par les médias iraniens, Khamenei a affirmé que « le président des États-Unis porte la responsabilité des victimes, des destructions et des accusations portées contre la nation iranienne ». Le régime tente ainsi de présenter les protestations comme le fruit d’une ingérence étrangère, plutôt que comme l’expression d’un mécontentement populaire profond.

Quelques heures plus tard, le guide suprême a renforcé son discours dans un message publié sur le réseau X, accusant explicitement les États-Unis et leurs alliés d’avoir « attisé la rébellion », avant de proclamer que la République islamique aurait, selon lui, « vaincu l’Amérique et le sionisme » lors de la récente confrontation régionale, puis « étouffé la sédition par la grâce divine ». Khamenei a exigé que les institutions iraniennes poursuivent Washington sur le plan politique et diplomatique.


Avertissements militaires américains et menaces sans détour

En parallèle, l’administration américaine a considérablement durci son ton. Le compte officiel en persan du département d’État a averti que toute attaque contre des intérêts américains entraînerait une riposte immédiate. Une citation attribuée à Trump précise que toute action hostile serait accueillie par « une force écrasante ».

Le président américain a également choisi de s’adresser directement à la population iranienne, contournant les canaux diplomatiques traditionnels. Sur Truth Social, il a récemment affirmé que « l’aide est en route », appelant les manifestants à reprendre le contrôle des institutions. Dans un message plus ambigu publié ces dernières heures, Trump a salué l’absence — temporaire selon lui — d’exécutions massives en Iran : « Je respecte énormément le fait qu’ils aient annulé les pendaisons. Merci. » Une déclaration immédiatement suivie d’un avertissement : les États-Unis restent « prêts et mobilisés » si la répression se poursuit.


Sanctions économiques et pression internationale accrue

Sur le plan économique, Washington prépare un nouveau tour de vis majeur. Selon plusieurs sources, l’administration Trump envisage d’imposer des droits de douane de 25 % à tout pays maintenant des relations commerciales avec l’Iran. Cette mesure viserait à isoler davantage une économie iranienne déjà fragilisée par les sanctions existantes, l’inflation et la chute de la monnaie nationale.

À Téhéran, la responsabilité de la crise est rejetée intégralement sur Washington. Aux États-Unis, la ligne officielle reste inchangée : les troubles sont imputés exclusivement au régime iranien, à sa gestion autoritaire et à la brutalité de ses forces de sécurité.


Israël en alerte, inquiétudes sécuritaires régionales

Dans ce contexte explosif, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu aurait demandé à Trump de retarder une éventuelle frappe contre l’Iran, selon des informations rapportées par CNN. Cette demande serait motivée par les préoccupations israéliennes concernant l’état de préparation de certains systèmes de défense aérienne, sollicités intensivement au cours des deux dernières années, notamment lors des échanges directs avec l’Iran.

Après avoir accepté ce report, Trump a déclaré : « On nous a dit que les mises à mort en Iran avaient cessé. S’il y a des exécutions, nous serons extrêmement en colère. »

Dans le même temps, le porte-parole de Tsahal, le général de brigade Efi Defrin, a annoncé une élévation du niveau d’alerte de l’armée israélienne sur l’ensemble des fronts. Par ailleurs, plusieurs avions de transport stratégique C-17A de l’US Air Force ont été signalés en route vers la base américaine de Diego Garcia, un déploiement interprété comme un signal clair adressé à Téhéran.


Soupçons alarmants d’usage de substances chimiques

Enfin, des révélations en provenance du Royaume-Uni ont suscité une vive inquiétude. Lors d’une émission spéciale sur la chaîne britannique GB News, un rapport interne qualifié de « crédible » — mais non encore confirmé par les services de renseignement occidentaux — évoque l’éventuelle utilisation de substances chimiques ou toxiques par les forces iraniennes pour disperser les manifestations.

Selon les informations présentées par Bill Esterson, des prisons d’une grande ville iranienne seraient saturées après des arrestations massives, tandis que l’accès aux avocats serait bloqué. Le point le plus préoccupant concerne l’emploi présumé d’un agent chimique provoquant des effets différés, certaines victimes succombant plusieurs jours après l’exposition.


Une escalade aux conséquences imprévisibles

Alors que Khamenei désigne Trump comme l’ennemi extérieur responsable des troubles, Washington combine menaces militaires, pressions économiques et messages directs aux manifestants. Entre rhétorique idéologique, signaux militaires et accusations de crimes graves, la crise actuelle fait planer le risque d’une escalade incontrôlée, dont les répercussions pourraient dépasser largement les frontières de l’Iran.

Évaluation des enquêteurs : la liste secrète aurait atteint le bureau du Premier ministre — le défi majeur reste d’identifier la source de la fuite

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Selon des sources proches de l’enquête, une liste hautement confidentielle comprenant les noms de six cibles au cœur de la procédure dite du « Bild » aurait effectivement fuité des autorités d’enquête et de sécurité pour parvenir jusqu’au bureau du Premier ministre. Cette information, révélée par Ynet et Yedioth Ahronoth, constitue désormais l’axe central d’une investigation sensible dont l’issue demeure incertaine.

Les enquêteurs reconnaissent toutefois une difficulté majeure : l’absence de preuves directes permettant, à ce stade, d’imputer la fuite à une personne précise. Malgré des indices convergents, aucune base probante n’autorise encore la présentation d’un acte d’accusation. Un haut responsable résume la situation : « Pour élucider cette affaire, il faut identifier le canal de fuite, autrement dit l’autre côté de l’équation. »


Une piste lourde de conséquences institutionnelles

Si la décision était prise d’explorer ce volet, l’enquête pourrait prendre une ampleur inédite. Les cercles potentiellement concernés engloberaient des dizaines de fonctionnaires et d’officiers, parfois de très haut rang, issus de multiples organismes : la police, le Shin Bet, le IDF Intelligence Directorate, le système de sécurité de l’information (Mahbam), la State Attorney’s Office et le cabinet de la conseillère juridique du gouvernement.

Un scénario évoqué — sans décision formelle à ce stade — serait le recours à des tests polygraphiques, y compris pour des responsables très seniors. Autre question clé : l’accès informatique. Au sein du bureau du Premier ministre, le poste du secrétaire militaire est relié aux systèmes centraux d’Amman. Peut-on y consulter les métadonnées (qui a ouvert le document, quand, combien de temps) ? Une telle capacité pourrait permettre de reconstituer la chaîne d’accès.


Des auditions ciblées et des critiques sur l’angle d’enquête

Jusqu’à présent, la police a entendu comme témoins — et non comme suspects — l’ancien chef de la sécurité de l’information (colonel « G. ») et l’ex-chef d’état-major Herzi Halevi. Le premier a participé à l’élaboration de la liste via les systèmes d’Amman ; le second a ordonné l’ouverture de l’enquête et l’implication du Shin Bet.

Cette focalisation quasi exclusive sur l’armée suscite des critiques internes : des voix au parquet estiment que d’autres organismes, notamment le Shin Bet — qui a mené une part substantielle du travail de renseignement — auraient dû être examinés avec la même intensité, d’autant que des antécédents de fuites y ont été recensés par le passé.


La “réunion nocturne” et ses zones d’ombre

Au cœur du dossier figure la réunion nocturne alléguée par Eli Feldstein avec le chef de cabinet Tzachi Braverman. Feldstein affirme que Braverman lui aurait présenté une liste de noms en demandant s’il connaissait l’un d’eux — assertion fermement démentie par Braverman. Les deux parties reconnaissent désormais la tenue de la rencontre, mais pas son contenu.

Les enquêteurs pointent trois incohérences : le lieu inhabituel (un parking sécurisé, de nuit), la confiscation des téléphones alors que Feldstein n’avait pas d’habilitation, et la question de l’utilité d’une telle convocation pour une personne qui, selon la version officielle, ne travaillait plus au bureau depuis des mois. Ces éléments nourrissent le soupçon, sans constituer des preuves.


Comment la liste a été constituée

La liste des six cibles a été bâtie à Amman par des experts de la sécurité de l’information, à partir des journaux d’accès aux systèmes classifiés : qui a consulté le document, à quelle fréquence, s’il a été transmis ou imprimé. Elle a ensuite été transmise au Shin Bet, devenant la base d’une enquête discrète.

L’enquête a été accélérée après la publication d’un article du Bild fondé sur un document fuité. Un acte jugé très inhabituel — l’impression du document classifié — a fait surgir le nom d’Ari Rosenfeld, ultérieurement identifié comme maillon central de la fuite initiale vers Feldstein, via des accès répétés et des liens de communication établis.


Un séisme potentiel, mais des preuves encore insuffisantes

Si la fuite vers le bureau du Premier ministre était établie, l’impact institutionnel serait majeur : un document parmi les plus sensibles d’une enquête en cours aurait atteint une entité impliquée dans le dossier. Pour l’heure, les autorités reconnaissent le fossé entre une conviction de renseignement — souvent précise — et le standard de preuve judiciaire requis.

Comme le résume un juriste chevronné : « Le soupçon peut être fort, l’odeur n’est pas une preuve. Sans élément matériel, un tribunal ne suivra pas. » En l’état, la clé demeure l’identification du canal exact de la fuite. Sans cela, le dossier restera ouvert, lourd d’hypothèses mais juridiquement fragile.

Netanyahu critique Trump : « La composition du comité directeur pour Gaza n’a pas été coordonnée avec Israël »

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Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu est entré samedi en confrontation ouverte avec le président américain Donald Trump, à la suite de l’annonce par Washington de la création de plusieurs organes internationaux chargés de superviser la fin de la guerre et la reconstruction de la bande de Gaza.

Dans un communiqué officiel, le bureau du Premier ministre a dénoncé une décision non coordonnée avec Israël et contraire à sa politique, notamment en raison de l’intégration de représentants de la Turquie, du Qatar et des Émirats arabes unis dans le mécanisme annoncé par la Maison-Blanche.


« Une annonce non coordonnée et contraire à notre politique »

Selon le communiqué diffusé par Jérusalem :

« L’annonce concernant la composition du comité directeur pour Gaza, placé sous l’autorité de la Conférence de la paix, n’a pas été coordonnée avec Israël et va à l’encontre de sa politique. Le Premier ministre a demandé au ministre des Affaires étrangères de saisir le secrétaire d’État américain à ce sujet. »

Cette déclaration intervient quelques heures après l’annonce officielle de Washington, faite dans la nuit de vendredi à samedi, alors même que la guerre n’est pas terminée et que la phase A de l’accord n’a pas encore été pleinement mise en œuvre.


Version américaine : Israël aurait été informé

Un responsable américain a toutefois livré une version sensiblement différente. Selon cette source, Israël aurait été pleinement informé de l’ensemble des démarches, y compris de la création des trois structures appelées à gérer la transition à Gaza, parmi lesquelles :

  • la Conseil de la paix,
  • le comité directeur international,
  • et le gouvernement technocratique palestinien composé de 15 membres.

Ce gouvernement palestinien, majoritairement constitué d’anciens responsables de l’Autorité palestinienne, a vu tous ses membres validés par les services de sécurité israéliens, à l’exception d’un candidat qui a été écarté après un refus du Shin Bet.

Ces éléments ont conduit plusieurs observateurs à estimer que la réaction publique de Netanyahu pourrait également répondre à des considérations politiques internes, dans un contexte de fortes tensions au sein de la coalition.


Une réalité complexe sur le terrain à Gaza

L’annonce américaine intervient dans une situation sécuritaire toujours instable. En pratique :

  • Israël contrôle plus de la moitié du territoire de Gaza,
  • le Hamas conserve une emprise sur la majorité de la population,
  • et le cessez-le-feu est régulièrement violé, notamment par des attaques du Hamas, auxquelles Israël répond par des éliminations ciblées de cadres terroristes.

Cette réalité soulève des interrogations à Jérusalem sur la faisabilité d’un processus de reconstruction et de gouvernance internationale alors que le Hamas n’a pas été totalement neutralisé.


La structure internationale annoncée par Washington

Selon la Maison-Blanche, le dispositif repose sur deux niveaux principaux :

1. Le Conseil de la paix, présidé par Donald Trump, comprenant notamment :

  • Marco Rubio,
  • Steve Witkoff,
  • Jared Kushner,
  • Tony Blair,
  • le président de la Banque mondiale Ajay Banga.

2. Le comité directeur pour Gaza, chargé de superviser l’action du gouvernement palestinien et le processus de reconstruction et de démilitarisation, dirigé par Nikolay Mladenov, et incluant notamment :

  • le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan,
  • un représentant qatari,
  • la ministre émiratie Reem Al Hashimy,
  • la représentante de l’ONU Sigrid Kaag,
  • le chef du renseignement égyptien Hassan Rashad,
  • et l’homme d’affaires israélien Yakir Gabay.

Des critiques virulentes en Israël

Dans l’opposition, le député Gilad Kariv a attaqué frontalement le Premier ministre, affirmant que la composition de la Conseil de la paix était le résultat direct de la politique menée par Netanyahu, l’accusant d’avoir compromis les intérêts sécuritaires d’Israël bien avant le 7 octobre.

Ces critiques s’ajoutent à celles déjà formulées par l’opposition et par plusieurs ministres de la coalition, révélant une fracture politique profonde autour de la question du « jour d’après » à Gaza.


Une alliance sous tension

Si la coopération stratégique entre Israël et les États-Unis demeure centrale, cet épisode met en lumière des divergences majeures sur la gouvernance post-conflit de Gaza, en particulier sur le rôle accordé à des États que Jérusalem considère comme hostiles ou ambigus vis-à-vis du Hamas.

La question clé reste ouverte : s’agit-il d’une crise diplomatique passagère ou du premier signe d’un désaccord durable entre Netanyahu et Trump sur l’avenir de Gaza ?

Vers un week-end sous tension, l’armée israélienne rassure : « Prêts en défense comme en attaque »

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À l’approche d’un week-end marqué par de fortes incertitudes régionales, Tsahal a diffusé un message de calme et de fermeté à destination du public. Dans une déclaration vidéo publiée vendredi avant l’entrée de Chabbat, le porte-parole de l’armée, le général de brigade Efi Defrin, a affirmé que l’armée israélienne est « prête et opérationnelle en permanence, de manière étendue, aussi bien en défense qu’en attaque », alors que les tensions autour de Iran et les scénarios d’escalade continuent d’alimenter l’inquiétude.

Cette prise de parole intervient dans un contexte de rumeurs persistantes concernant une possible action militaire américaine retardée contre l’Iran, ainsi que d’avertissements évoquant des tirs de missiles vers Israël en cas de dégradation rapide de la situation. Face à cette atmosphère chargée, Tsahal entend éviter toute panique inutile. « Notre responsabilité est de gérer la situation avec sang-froid, professionnalisme et discernement », a souligné le porte-parole, précisant que des évaluations de situation sont conduites en continu par l’état-major avec l’ensemble des acteurs concernés.

Selon l’armée, les semaines récentes ont été mises à profit pour renforcer les capacités opérationnelles et accroître le niveau de préparation sur l’ensemble des frontières. Les dispositifs de défense aérienne, les forces terrestres et les moyens de renseignement fonctionnent à un haut niveau d’alerte, afin de pouvoir répondre à un large éventail de scénarios, du plus limité au plus complexe. Le message transmis se veut clair : Israël ne sous-estime aucune menace, mais n’entend pas non plus se laisser entraîner par des spéculations.

Le général Defrin a rappelé les propos tenus la veille par le chef d’état-major, le général Eyal Zamir, lors d’une visite dans une unité de défense aérienne. « Il est important que chaque citoyen en Israël sache que Tsahal est prête en permanence, largement déployée, tant pour défendre le pays que pour agir si nécessaire », a-t-il rappelé, insistant sur la continuité entre les déclarations politiques et la réalité opérationnelle sur le terrain.

Conscient du climat d’anxiété et de l’intense circulation d’informations — et de désinformations — sur les réseaux sociaux, le porte-parole a lancé un appel explicite à la responsabilité civique. « Nous comprenons parfaitement le sentiment d’incertitude et de vigilance qui s’est installé ces derniers jours. C’est naturel et compréhensible. Mais je demande au public de ne se fier qu’aux communiqués officiels de Tsahal et aux canaux institutionnels », a-t-il déclaré, mettant en garde contre la propagation de rumeurs susceptibles d’amplifier inutilement l’angoisse collective.

Sur un point central pour la population, l’armée se veut catégorique : aucun changement n’a été apporté aux consignes du Commandement du Front intérieur. Les activités quotidiennes peuvent donc se poursuivre conformément aux directives en vigueur. « S’il devait y avoir le moindre ajustement, nous informerions le public de façon ordonnée et transparente », a assuré Defrin, ajoutant qu’il resterait personnellement disponible pour communiquer dès qu’une information réellement nécessaire devra être partagée.

Ce message de stabilité vise à permettre à la population d’aborder les prochains jours avec lucidité et calme, alors que les développements régionaux restent imprévisibles. Pour Tsahal, l’équilibre entre vigilance maximale et communication responsable constitue un élément clé de la résilience nationale, en particulier dans des périodes où la pression stratégique s’intensifie.

« Une chose pareille, on ne l’avait jamais entendue » : Elkana Buchbut raconte l’instant où il est entré à Gaza comme otage

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Dans un témoignage bouleversant diffusé vendredi sur la chaîne Réseau 13, l’ancien otage Elkana Buchbut est revenu sur l’un des moments les plus traumatisants de son enlèvement : le passage dans la bande de Gaza par le même point d’entrée qu’il avait emprunté des années plus tôt… en tant que soldat combattant.

Invité de l’émission « Pot’him Shishi », Buchbut a expliqué avoir été kidnappé le 7 octobre depuis le site du festival Festival Nova, près du kibboutz Reïm. Dès les premières minutes de sa captivité, il se retrouve violemment frappé au haut du corps, encerclé par une foule de Gazaouis déchaînés. « Des gens sortaient de partout, des portails, des rues, c’était le chaos absolu », a-t-il raconté.

Mais le choc le plus profond survient quelques instants plus tard, lors de son transfert. Blessé, jeté à l’arrière d’un pick-up, il reconnaît soudain l’itinéraire. Les repères, la route, l’entrée. Tout lui est familier. Trop familier.

Ancien combattant de l’unité Orev Golani, engagé lors de l’opération Plomb durci en 2008-2009, Buchbut explique que son unité avait pénétré la bande de Gaza sous couverture blindée… par le passage de Nahal Oz. Le même axe. Le même portail.

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« Quinze ans plus tard, je suis repassé par exactement le même endroit. Mais cette fois-ci, pas comme soldat. Comme otage. »
Une phrase courte, dite sans emphase, mais qui a glacé le plateau.

Pendant le trajet, alors qu’il perdait du sang et subissait des coups, ses yeux suivaient malgré lui le paysage. « Je voyais la route que je connaissais par cœur. Là où j’étais entré armé, entraîné, entouré de camarades… j’étais maintenant sans défense, livré à eux. » Ce contraste, a-t-il confié, a été l’un des instants les plus déstabilisants psychologiquement de toute sa captivité.

Buchbut a résumé l’état d’esprit qui l’a accompagné durant tout le calvaire en une phrase glaçante :
« À partir du moment où tu es entre leurs mains, absolument tout peut arriver. »
Selon lui, la seule seconde où il a commencé à entrevoir une issue possible a été celle où il a été transféré dans un véhicule fermé du Comité international de la Croix-Rouge — un moment infime, mais qui marquait enfin la fin de l’inconnu total.

Ce témoignage rare, précis et d’une force brute, illustre de manière presque symbolique l’effondrement de toutes les certitudes : un homme qui a franchi la frontière de Gaza pour défendre Israël y est revenu, des années plus tard, captif et sans protection. Une boucle tragique, que même les mots peinent à contenir.

Le virage saoudien : Mohammed ben Salmane s’éloigne des Accords d’Abraham – et ce n’est pas un hasard

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Le recentrage stratégique opéré par l’Arabie saoudite au cours des derniers mois ne relève ni de l’hésitation ni de l’improvisation. Il traduit, au contraire, une lecture froide et lucide de la réalité par Mohammed ben Salmane, confronté à une équation existentielle : préserver la stabilité interne d’un royaume en mutation accélérée, tout en maintenant sa marge de manœuvre géopolitique. Dans ce contexte, l’éloignement relatif de Riyad vis-à-vis de la logique des Accords d’Abraham apparaît moins comme un renoncement que comme un calcul de survie.

Sur la scène internationale, l’Arabie saoudite traverse une phase de réhabilitation spectaculaire. Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche a rétabli une couverture stratégique américaine directe, tandis que l’affaiblissement structurel de l’Iran offre à Riyad un répit inédit. Cette conjoncture favorable permet au prince héritier de déplacer le centre de gravité de sa politique : moins de symboles diplomatiques coûteux, davantage de consolidation interne. La priorité n’est plus l’architecture régionale de normalisation, mais la gestion des fractures domestiques qu’a ouvertes le projet le plus ambitieux de son règne : Vision 2030.

Car le cœur du problème est là. Vision 2030 n’est pas un simple programme économique ; c’est une tentative de refondation civilisationnelle. En cherchant à sortir l’économie de la dépendance au pétrole, MBS s’attaque à un contrat social vieux d’un siècle : prospérité matérielle contre passivité politique. L’« État-rentier » a façonné des habitudes, des attentes et des résistances. Transformer des bénéficiaires de rentes en acteurs productifs requiert du temps, de la confiance et des résultats visibles — trois ressources aujourd’hui sous tension.

Les chiffres sont implacables. L’objectif d’attirer 100 milliards de dollars par an d’investissements directs étrangers reste hors de portée : les flux réels plafonnent très en-deçà de la cible. La plupart des montants annoncés relèvent d’un recyclage de capitaux publics plutôt que de créations industrielles nouvelles. Plus préoccupant encore, la Public Investment Fund — censée financer les mégaprojets — a vu ses liquidités se contracter fortement. À cela s’ajoute un « prix d’équilibre » du pétrole proche de 95 dollars le baril pour boucler le budget, alors que les cours évoluent nettement en dessous. Résultat : déficits structurels, arbitrages douloureux et redimensionnement de projets emblématiques comme NEOM.

Sur le plan sociétal, la réforme heurte trois piliers historiques. D’abord, l’héritage de l’économie pétrolière qui a atrophié l’esprit entrepreneurial. Ensuite, la marginalisation des femmes, longtemps justifiée par des normes sociales, mais désormais reconnue comme un handicap économique majeur — leur intégration bouleverse des équilibres familiaux et identitaires sensibles. Enfin, l’establishment religieux wahhabite, source de légitimité du pouvoir saoudien, que MBS cherche à subordonner à l’État. Chaque front ouvert fragilise un peu plus le consensus traditionnel.

Dans ce contexte, la normalisation ouverte avec Israël devient un multiplicateur de tensions internes. Elle expose le prince héritier à l’accusation de rompre avec des repères religieux et culturels alors même que les bénéfices économiques promis tardent à se matérialiser. S’éloigner, temporairement, de la dynamique des Accords d’Abraham réduit le coût politique interne, sans fermer définitivement la porte. Parallèlement, Riyad explore des partenariats perçus comme plus « naturels » par son opinion — avec la Turquie et le Pakistan — offrant des assurances symboliques et sécuritaires à moindre friction domestique.

Pour Israël, la leçon est stratégique. La tentation de lire l’Arabie saoudite à travers le seul prisme de la normalisation est une erreur d’analyse. La trajectoire de MBS est contrainte par des dynamiques internes puissantes, imprévisibles et parfois contradictoires. Une normalisation future reste possible — et serait un gain majeur — mais elle dépendra d’une stabilisation économique et sociale encore incertaine.

La prudence s’impose donc. Construire des attentes excessives sur la stabilité saoudienne serait risqué. Dans l’intervalle, Israël gagnerait à diversifier ses ancrages régionaux et extra-régionaux, en consolidant notamment ses partenariats avec des pôles perçus comme plus prévisibles, à commencer par l’Inde. Le réalisme commande d’accepter que, pour Riyad aujourd’hui, la survie interne prime sur l’audace diplomatique.

Visite historique : le ministre israélien de l’Éducation renforce la coopération académique avec les Émirats arabes unis

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Le ministre israélien de l’Éducation, Yoav Kisch, a achevé cette semaine une visite officielle de plusieurs jours aux Émirats arabes unis, marquant une étape diplomatique et académique significative dans les relations entre les deux pays. Il s’agit du tout premier déplacement d’un ministre israélien de l’Éducation dans l’État du Golfe depuis la signature des Accords d’Abraham, un signal politique fort quant à l’approfondissement de la coopération au-delà des seuls volets sécuritaire et économique.

À la tête d’une délégation conjointe du ministère de l’Éducation et du Conseil de l’enseignement supérieur, Yoav Kisch a conduit une série de rencontres de haut niveau axées sur l’enseignement, la recherche et l’innovation. Le moment central du déplacement a été sa réunion avec la ministre émiratie de l’Éducation, Sara Al Amiri, figure clé de la stratégie scientifique et technologique d’Abou Dhabi. Les échanges ont porté sur la structuration de partenariats durables entre systèmes éducatifs, la mobilité académique et la mise en commun de capacités de recherche dans des domaines de pointe.

Le programme de la visite a inclus des déplacements dans plusieurs institutions universitaires considérées comme des vitrines de l’ambition émiratie. La délégation israélienne s’est notamment rendue à Khalifa University, établissement phare en ingénierie et sciences appliquées, ainsi qu’à Mohamed bin Zayed University of Artificial Intelligence, première université au monde entièrement dédiée à l’intelligence artificielle. Ces visites ont permis des discussions approfondies sur des projets de recherche conjoints, l’échange de doctorants et de chercheurs, et l’alignement de programmes académiques sur les besoins futurs des économies fondées sur la connaissance.

Un accent particulier a été mis sur l’intelligence artificielle, identifiée par les deux parties comme un levier stratégique. Les responsables ont évoqué la possibilité d’un projet commun structurant dans ce domaine, combinant l’écosystème israélien de l’innovation et l’investissement massif des Émirats dans les infrastructures de recherche et de calcul avancé. Dans un contexte mondial de compétition technologique accrue, ce rapprochement académique est perçu comme un multiplicateur de puissance scientifique et économique pour les deux pays.

Au-delà de la technologie, les échanges ont également abordé des sujets plus sensibles liés aux contenus éducatifs. Des discussions ont eu lieu concernant les programmes et manuels scolaires dans le système éducatif émirati, notamment la manière dont y sont présentés Israël et la Shoah. Pour Jérusalem, ces questions revêtent une importance stratégique, car elles touchent à la lutte contre la désinformation et à la construction d’une compréhension historique partagée dans la région. Le fait que ces thèmes soient abordés ouvertement lors d’un tel déplacement témoigne d’un niveau de confiance politique inhabituel au Moyen-Orient.

La délégation comprenait plusieurs figures de premier plan du monde académique israélien, dont la directrice générale du Conseil de l’enseignement supérieur et des présidents d’universités. Leur présence souligne que la visite ne se limitait pas à un geste diplomatique symbolique, mais visait à jeter des bases concrètes pour des coopérations institutionnelles à long terme. Les échanges techniques ont porté sur des mécanismes de financement de la recherche, la reconnaissance mutuelle de diplômes et la création de cadres facilitant les projets bilatéraux.

Pour des raisons de sécurité, l’ensemble du déplacement s’est déroulé sous le sceau de la discrétion et n’a été rendu public qu’après le retour de la délégation en Israël. Cette précaution illustre à la fois la sensibilité persistante de ce type de coopération régionale et la détermination des deux gouvernements à la faire progresser malgré les tensions géopolitiques actuelles.

Au plan stratégique, cette visite s’inscrit dans une dynamique plus large d’élargissement des Accords d’Abraham vers des domaines civils structurants. L’éducation et la recherche constituent des piliers de stabilité à long terme, capables de créer des réseaux d’intérêts communs indépendants des cycles politiques. Pour Israël, l’accès aux ressources financières et aux plateformes internationales des Émirats représente une opportunité majeure. Pour Abou Dhabi, le partenariat avec un écosystème académique israélien reconnu mondialement renforce son ambition de devenir un hub scientifique global.

En définitive, le déplacement de Yoav Kisch aux Émirats arabes unis dépasse le cadre d’une visite protocolaire. Il marque une volonté explicite de transformer la normalisation diplomatique en coopération intellectuelle et technologique profonde, avec l’intelligence artificielle comme vecteur central. Dans un Moyen-Orient en recomposition, ce type de partenariat éducatif pourrait s’avérer l’un des acquis les plus durables des Accords d’Abraham.

Après les critiques, le porte-parole de Tsahal rassure la population : « Aucun changement dans les consignes »

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Colonel Zvika Haimovich of the Israeli air defence corps stands in front of an Arrow II battery, a U.S.-backed Israeli missile shield, during an interview with Reuters at his base in Palmachim, south of Tel Aviv May 29, 2013. Israel tracks every heavy missile fired in the Syrian civil war, keen to study Damascus's combat doctrines and deployments and ready to fend off a feared first attack on its turf, Haimovich said on Thursday. To match Interview: SYRIA-CRISIS/ISRAEL-MISSILES Picture taken May 29, 2013. REUTERS/Amir Cohen (ISRAEL - Tags: MILITARY POLITICS CIVIL UNREST)

Après plusieurs jours de tensions régionales et de critiques liées à l’absence de prises de parole officielles, le porte-parole de Tsahal, le général de brigade Efi Defrin, a diffusé vendredi midi une déclaration vidéo adressée directement au public, centrée sur la situation face à l’Iran.

Dans ce message, rare ces dernières semaines, Defrin a tenu à transmettre un signal clair de calme et de continuité, affirmant que « Tsahal est en permanence prête, aussi bien sur le plan défensif qu’offensif », tout en soulignant qu’aucune modification n’a été décidée concernant les consignes du Commandement du Front intérieur.


« Tsahal agit avec responsabilité et sang-froid »

Le porte-parole a expliqué que, face à l’évolution de la situation régionale, le chef d’état-major conduit des évaluations sécuritaires continues avec l’ensemble des instances concernées.
« Notre responsabilité est de gérer la situation de manière réfléchie, professionnelle et responsable. Nous sommes en état de préparation maximale pour un large éventail de scénarios », a-t-il déclaré.

Defrin a également rappelé que les capacités militaires ont été renforcées ces dernières semaines sur l’ensemble des frontières, évoquant notamment les propos récents du chef d’état-major lors d’une visite dans les unités de défense aérienne :
« Chaque citoyen israélien doit savoir que Tsahal est prête, à tout moment, et à grande échelle, tant en défense qu’en attaque. »


Appel à la responsabilité publique : éviter les rumeurs

Reconnaissant le climat d’incertitude et de nervosité qui s’est installé dans le débat public, alimenté par les spéculations médiatiques autour de l’Iran, le porte-parole a lancé un appel explicite à la population :
« C’est naturel et compréhensible, mais je vous demande de vous appuyer uniquement sur les communiqués officiels de Tsahal et les canaux institutionnels. Évitez la diffusion de rumeurs qui accroissent inutilement l’inquiétude. »

Il a insisté à plusieurs reprises sur un point central :
« Il n’y a aucun changement dans les directives du Commandement du Front intérieur. »
Toute évolution éventuelle, a-t-il assuré, sera communiquée de manière ordonnée, claire et immédiate.


Un message destiné à apaiser avant le week-end

La diffusion de cette déclaration, à la veille de l’entrée du shabbat, intervient clairement comme une volonté de rétablir un cadre officiel et rassurant, après des critiques publiques sur le silence de l’armée face aux rumeurs de confrontation imminente avec l’Iran.

« Je serai ici. Nous continuerons d’agir avec responsabilité et discernement, et nous informerons le public uniquement lorsqu’il y aura un besoin réel », a conclu Defrin.

L’ancienne candidate à la conversion au judaïsme accusée d’avoir aidé le Hamas : le parcours troublant de Rania Dandan

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L’affaire a provoqué une onde de choc dans le nord d’Israël. Rania Dandan, 51 ans, résidente de Kiryat Motzkin, issue d’une famille arabe chrétienne, est aujourd’hui inculpée pour assistance à une organisation terroriste, après avoir, selon l’acte d’accusation, pris part à des activités de propagande et de soutien opérationnel au profit du Hamas. L’enquête, menée conjointement par la police israélienne et le Shin Bet, met en lumière un dossier à la fois sécuritaire et humain, mêlant radicalisation numérique, guerre psychologique et un passé personnel pour le moins paradoxal.

Selon le parquet du district de Haïfa, Rania Dandan aurait agi sciemment au service de réseaux affiliés au Hamas à l’étranger, dans le cadre d’une intensification des activités de « l’axe 48 » – une structure opérant principalement dans la guerre cognitive et psychologique contre la société israélienne. Les enquêteurs affirment qu’elle a participé à la diffusion de fausses informations destinées à semer la peur, en collaborant avec des profils fictifs sur les réseaux sociaux et des groupes Telegram liés à l’organisation terroriste.

L’acte d’accusation détaille une activité soutenue : édition, correction et traduction de contenus voués à être publiés sous de fausses identités israéliennes, conseils pour rendre ces profils crédibles, et envoi de messages rédigés pour des campagnes de désinformation coordonnées. Plus grave encore, Dandan aurait proposé de photographier des codes QR et des identifiants de dispositifs numériques situés dans des lieux publics – administrations, banques, caisses de santé et stations de transports – afin de permettre à des activistes du Hamas de pirater des écrans d’information et d’y diffuser des messages de propagande pro-Hamas.

Ce qui rend l’affaire particulièrement déroutante, c’est le parcours personnel antérieur de l’accusée. Pendant des années, Rania Dandan a publiquement affirmé vouloir se convertir au judaïsme. Dans des entretiens accordés par le passé à des médias israéliens, elle racontait son admiration pour la vie religieuse juive et son émotion profonde à l’étude de la Méguilat Ruth, symbole biblique de la conversion et de l’intégration au peuple juif. Elle décrivait ses démarches répétées auprès des tribunaux rabbiniques, ses tentatives pour intégrer une communauté religieuse, et la frustration – voire l’humiliation – ressentie face aux refus essuyés.

Installée tour à tour à Acre puis à Kiryat Motzkin, elle expliquait avoir tout entrepris pour mener une vie conforme aux exigences de la conversion, sans jamais parvenir à finaliser le processus. « J’ai pleuré en étudiant l’histoire de Ruth. J’ai ressenti chacune de ses épreuves », disait-elle alors, convaincue que son destin était de rejoindre le peuple juif. Or, selon les autorités, ce même passé n’a pas empêché un basculement idéologique radical, sur fond de guerre et de polarisation extrême depuis le 7 octobre.

Dans son voisinage, la stupeur domine. Des habitants décrivent une femme discrète, au parcours de vie complexe, et peinent à concilier l’image qu’ils avaient d’elle avec les accusations lourdes qui pèsent désormais. « Je n’arrive pas à croire qu’elle soit impliquée dans une affaire aussi grave », confie une voisine. « Qu’est-ce qui a pu provoquer un tel retournement ? L’idéologie ? L’argent ? La colère ? »

Pour les services de sécurité, l’affaire illustre un phénomène préoccupant : l’exploitation des fragilités personnelles par des réseaux terroristes, qui recrutent à distance des individus capables d’opérer dans l’espace informationnel israélien. Le parquet a retenu contre Rania Dandan les chefs d’accusation de contact avec un agent étranger et de tentative de fournir des services et des moyens à une organisation terroriste, des infractions passibles de lourdes peines de prison.

Au-delà du cas individuel, ce dossier met en lumière l’ampleur de la guerre de l’information menée contre Israël, et la nécessité, selon les autorités, d’une vigilance accrue face aux opérations de propagande, même lorsqu’elles proviennent de profils inattendus. L’enquête se poursuit, tandis que la justice devra désormais trancher sur la responsabilité pénale d’une femme dont le parcours personnel contraste de manière saisissante avec les faits qui lui sont reprochés.

Diplomates israéliens privés d’électricité à Kyiv par –18 °C : « l’hiver le plus dur depuis le début de la guerre »

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Les frappes russes massives contre les infrastructures civiles de Kyiv ont provoqué ces derniers jours une dégradation dramatique de la situation humanitaire dans la capitale ukrainienne. Des centaines de milliers de foyers sont aujourd’hui privés d’électricité, de chauffage et parfois d’eau courante, alors que les températures plongent jusqu’à –18 degrés. Dans ce contexte extrême, les diplomates israéliens et leurs équipes locales continuent pourtant d’assurer leurs fonctions, à l’ambassade comme à leur domicile, dans des conditions qualifiées d’« intenables ».

Selon des témoignages recueillis sur place, la majorité des envoyés israéliens vivent dans des appartements où l’alimentation électrique est irrégulière, voire inexistante pendant de longues périodes. L’absence de chauffage contraint certains à porter des manteaux à l’intérieur, jour et nuit. Il y a quelques jours, la consule Kati Nachshon est restée bloquée près de trois heures dans l’ascenseur glacé de son immeuble à la suite d’une panne de courant, illustrant la brutalité du quotidien imposé par les coupures.

« Kyiv pourrait devenir une ville fantôme »

L’ambassadeur d’Israël en Ukraine, Mikhaïl Brodsky, dresse un tableau sans précédent depuis le début de la guerre :
« Cet hiver est le plus difficile que Kyiv ait connu depuis le début du conflit. Les infrastructures détruites et le froid extrême pourraient transformer la ville en ville fantôme. Malgré tout, nous tenons bon et faisons le maximum pour remplir notre mission et apporter de l’aide aux Israéliens et aux Juifs présents en Ukraine. »

Malgré les bombardements et la crise énergétique, l’ambassade d’Israël continue de fonctionner et accueille le public, appuyée par un personnel local confronté aux mêmes pénuries. Les autorités ukrainiennes ont envisagé un report de la rentrée scolaire, mais, paradoxalement, de nombreux parents préfèrent envoyer leurs enfants à l’école, où le chauffage fonctionne encore, plutôt que de les laisser dans des appartements glacés.

Réseaux sous pression, transports perturbés

La municipalité de Kyiv a annoncé le passage des services d’urgence en régime maximal. Des équipes déploient des stations de chauffage mobiles afin d’alimenter des infrastructures vitales — hôpitaux, maternités, centres communautaires — tandis que les compagnies d’énergie tentent de rétablir progressivement l’électricité et le chauffage dans les quartiers résidentiels. Les transports publics sont, eux aussi, fortement perturbés par la surcharge du réseau et les conditions météorologiques extrêmes.

Le maire de Kyiv a qualifié la récente attaque combinée de l’une des plus destructrices depuis le début de la guerre, visant directement des installations critiques de la capitale. Il a recommandé à ceux qui le peuvent de quitter temporairement la ville pour des zones disposant d’électricité et de chauffage.

Bilan humain et inquiétudes

Selon des sources ukrainiennes, la dernière vague de frappes aurait inclus un missile balistique hypersonique, au sein d’une offensive combinant des centaines de drones et des dizaines de missiles contre des cibles à travers le pays. À Kyiv, au moins quatre personnes ont été tuées. Les services sociaux alertent sur un risque vital immédiat pour des dizaines de milliers de personnes, notamment les personnes âgées, les enfants et les habitants dépourvus de générateurs.

Mobilisation de la communauté juive

Face à l’urgence, les synagogues et établissements éducatifs juifs ont reçu du carburant pour leurs générateurs et du matériel de secours, fournis par le réseau Chabad Ukraine (JRNU), engagé dans une opération d’urgence à Kyiv et dans d’autres villes. Des familles juives sans chauffage ont été invitées à se relocaliser temporairement vers le village éducatif Or Avner, à Jytomyr, où les systèmes de chauffage fonctionnent.

« Des habitants vivent une situation intenable, dans le froid et l’obscurité nuit après nuit. Cette aide sauve des vies », témoigne un rabbin de Kyiv. Le rabbin Simcha Levenhartz, émissaire de Chabad dans la capitale, résume :
« Les communautés juives sont devenues des points de chaleur et de lumière. Les gens viennent se réchauffer, manger, recharger leurs téléphones et reprendre un peu de force. »