Les ambassadeurs israélien et libanais doivent se retrouver cette semaine à Washington pour évoquer les développements en cours et la poursuite de la mise en œuvre du Cadre trilatéral, a indiqué samedi un responsable du Département d’État américain.
Ce responsable décrit l’accord-cadre comme le seul mécanisme viable pour restaurer la souveraineté du Liban et assurer la sécurité d’Israël.
La prochaine série de discussions formelles, elle, se tiendra à Rome en octobre.
Une réunion était initialement prévue à Rome dès cette semaine. Elle a été repoussée pour des raisons de calendrier : la session annuelle de l’Assemblée générale des Nations unies, les fêtes juives de Tichri et la conférence de soutien aux Forces armées libanaises organisée à Paris par le roi Abdallah de Jordanie rendaient la tenue de cette rencontre impraticable, selon une source informée du dossier.
Rappelons ce qui a été signé. Le 26 juin, Jérusalem et Beyrouth ont conclu un accord-cadre négocié sous l’égide des États-Unis, visant le désarmement des forces armées non gouvernementales dans l’ensemble du Liban — formule diplomatique qui désigne le Hezbollah — comme voie vers une paix durable entre les deux pays.
Depuis, les discussions ont porté sur les étapes techniques permettant d’y parvenir. Des zones pilotes ont été désignées pour le déploiement de l’armée libanaise, afin d’éprouver sa capacité à affronter le Hezbollah et à démanteler les infrastructures terroristes.
C’est là que réside toute la difficulté du dossier. L’accord repose sur l’hypothèse que l’armée libanaise pourra faire ce que l’État libanais n’a pas fait depuis des décennies. Les zones pilotes servent précisément de test grandeur nature.
Sur le terrain, deux séquences se sont déroulées en parallèle ce week-end.
Samedi, le président libanais Joseph Aoun s’est rendu dans les municipalités de Nabatieh et de Zawtar al-Gharbiyah, dans le sud-est du Liban, juste au nord de la zone de sécurité contrôlée par Tsahal. Il a déclaré que le retrait israélien du Liban, le retour des prisonniers libanais et des déplacés chez eux, ainsi que la reconstruction des zones dévastées par près de trois ans de guerre constituaient un seul et même objectif pour tous, selon le compte en langue arabe de la Présidence libanaise. Il a salué la ténacité des habitants, estimant que rester chez soi malgré la guerre était le plus grand message adressé au monde.
Jeudi, à quelques kilomètres de là, Benjamin Netanyahou et Israël Katz annonçaient que Tsahal avait détruit un vaste réseau souterrain du Hezbollah sous la crête d’Ali al-Taher, achevant ainsi la consolidation de la zone de sécurité le long de la frontière nord d’Israël.
Cette infrastructure stratégique avait été construite sur deux décennies, avec le financement et la planification de l’Iran. Elle devait servir de base de départ pour des opérations contre le territoire israélien.
Les deux images se répondent : un président libanais promettant le retour des déplacés à quelques kilomètres d’une zone que l’armée israélienne vient de déclarer consolidée.
Reste l’obstacle central, et il n’a pas bougé. Le Hezbollah continue de rejeter toute négociation directe avec Israël et refuse les exigences de reddition de ses armes. Or c’est précisément son désarmement qu’Israël pose comme condition à tout retrait, ainsi que Katz l’a redit dimanche.
La négociation avance donc sur deux pieds inégaux : un cadre diplomatique auquel les deux États ont souscrit, et un acteur armé qui n’y a pas souscrit et que l’accord entend précisément désarmer.
Le calendrier des prochaines semaines est désormais fixé. Rencontre des ambassadeurs à Washington cette semaine, puis reprise des discussions formelles à Rome en octobre.
Sur le dossier libanais et la menace pesant sur la Galilée, nos publications précédentes apportent le contexte. Nous avions rapporté l’extension du dispositif terrestre de Tsahal au sud du Liban, la découverte d’un tunnel de combat destiné à lancer des centaines de combattants Radwan vers Kiryat Shmona, ainsi que l’analyse sur la préparation de l’unité d’élite du Hezbollah face à la frontière israélienne.



