L’Arabie saoudite se prépare à une vaste offensive terrestre et maritime contre les Houthis au Yémen

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L’Arabie saoudite se prépare à une vaste opération militaire contre les rebelles houthis au Yémen, incluant une manœuvre navale et l’éventualité d’une attaque terrestre de grande ampleur au centre du pays — c’est ce que rapporte ce matin (vendredi) le journal britannique The Guardian, en s’appuyant sur des sources yéménites. L’objectif saoudien : briser le blocus imposé par les Houthis sur les voies de transport pétrolier au sud de la mer Rouge.

Selon ce rapport, des forces saoudiennes ont été observées se retirant de l’est du Yémen et se regroupant en vue d’une attaque possible dans la province d’Al-Bayda, au centre-sud du pays, tombée aux mains des Houthis en 2020-2021.

Une vaste coalition maritime et un appel à l’Occident

Parallèlement aux mouvements terrestres, Riyad œuvre à la constitution d’une coalition maritime internationale destinée à sécuriser la navigation en mer Rouge et dans le détroit de Bab-el-Mandeb. Le ministère saoudien de la Défense a annoncé que 14 pays — parmi lesquels la Turquie, le Pakistan, l’Égypte, le Soudan et Djibouti — ont signé une déclaration commune soutenant la création de cette force. Les Saoudiens se sont en outre tournés vers les États-Unis et plusieurs grandes puissances européennes (Royaume-Uni, France, Allemagne et Italie) pour leur demander de rejoindre cette initiative.

Cette démarche saoudienne intervient après que les Houthis ont déclaré, le 20 juillet, un blocus maritime contre les navires saoudiens. Ces derniers jours, les Houthis ont même attaqué des installations pétrolières stratégiques en Arabie saoudite reliant les champs pétroliers de l’est du pays au port de Yanbu, sur la mer Rouge, en plus de frapper un troisième navire commercial saoudien dans la région.

Étranglement économique : la pression sur les exportations pétrolières saoudiennes

L’importance de la voie de la mer Rouge pour l’Arabie saoudite a considérablement augmenté en raison du blocage du détroit d’Ormuz, par lequel transitaient auparavant environ 80 % des exportations de pétrole brut saoudien. Aujourd’hui, plus de la moitié du pétrole saoudien est acheminé par voie terrestre vers les ports de la mer Rouge. La fermeture de cette voie, combinée à celle d’Ormuz, représenterait un coup dévastateur pour l’économie saoudienne et pour le transport mondial de pétrole.

Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khaled ben Salmane, a tenu une réunion urgente à Washington avec le président Trump et son vice-président J.D. Vance pour discuter de la suite des opérations. En Arabie saoudite, on souligne être déterminé à protéger l’industrie pétrolière et la souveraineté du royaume, tout en se disant peu désireux d’une escalade qui ferait basculer la région dans une guerre totale contre l’Iran, préférant privilégier la voie diplomatique. En parallèle, des pourparlers de médiation se poursuivent entre Oman et l’Iran, dans une tentative de parvenir à un accord sur la réouverture du détroit d’Ormuz.

Une divergence de vues assumée avec Netanyahou

Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khaled ben Salmane, s’est entretenu à la Maison-Blanche avec le vice-président américain J.D. Vance, dans le but de transmettre un message direct du prince héritier Mohammed ben Salmane concernant les tensions avec l’Iran. Cette visite a eu lieu un jour seulement après la rencontre du premier ministre Benyamin Netanyahou au même endroit, et dans le contexte des frappes conjointes menées par l’armée américaine et l’Arabie saoudite contre des milices pro-iraniennes en Irak.

Au cours de l’entretien, le ministre saoudien a souligné la différence de positions entre son pays et Israël, selon des sources ayant échangé avec N12 : le prince Khaled a précisé qu’à la différence de Netanyahou, qui pousse à une escalade militaire face à l’Iran, Riyad préfère œuvrer à l’apaisement, dans l’idée que la diplomatie produira de meilleurs résultats dans la région.

Tout en affichant cette volonté d’apaisement, le ministre saoudien a néanmoins précisé que les frappes conjointes en Irak avaient été nécessaires après que des tirs de drones des milices contre des infrastructures énergétiques du royaume eurent franchi une ligne rouge. Selon les sources citées, l’objectif de cette action militaire n’était pas de faire basculer la situation vers un affrontement global, mais d’envoyer un signal ferme quant à la détermination de l’Arabie saoudite à se défendre en cas de nécessité, tout en créant une dissuasion face aux Houthis du Yémen, qui ont intensifié leurs menaces et leurs attaques en mer Rouge.

Concernant le dossier yéménite, le prince Khaled a précisé au vice-président que l’Arabie saoudite était en mesure de faire face seule à la menace houthie et n’avait pas besoin, à ce stade, d’une implication américaine supplémentaire. Il a ajouté qu’en parallèle de sa préparation militaire, le royaume mène également des contacts et des négociations directes avec les Houthis. Le bureau du vice-président Vance a choisi de ne pas commenter les détails de cette rencontre.

Liens internes

Sur la menace que représentent les Houthis pour la région, retrouvez notre article sur pourquoi Israël ne doit plus sous-estimer les missiles houthis, ainsi que notre article sur une précédente attaque de drones houthis contre des installations pétrolières saoudiennes.

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