La liste a rarement été aussi longue. En pleine opération militaire contre l’Iran, le Conseil de sécurité nationale israélien (Malam) a mis à jour sa carte des avertissements aux voyageurs. Résultat : 27 pays se trouvent aujourd’hui classés au niveau de menace le plus élevé, et les Israéliens sont officiellement appelés à ne pas s’y rendre, selon Walla Tourisme. Pour cinq d’entre eux, la simple présence d’un citoyen israélien sur leur sol constitue une infraction pénale.
Le système de classification israélien comporte quatre niveaux. Le niveau 1, sans avertissement particulier, s’applique à des destinations comme les Seychelles ou l’Islande, où seules les précautions habituelles sont recommandées. Le niveau 2, dit « menace occasionnelle », couvre des pays comme l’Irlande ou l’Angola, où il est conseillé d’éviter d’afficher des signes d’appartenance israélienne. Le niveau 3, « menace modérée », inclut des pays comme l’Arménie ou l’Azerbaïdjan, frontaliers de l’Iran, où des tentatives iraniennes de cibler des Israéliens ont été identifiées. Enfin, le niveau 4, « menace élevée », est celui qui concentre les 27 destinations désormais interdites de fait.
La liste complète des pays au niveau de menace maximal est la suivante : Iran, Algérie, Afghanistan, Burkina Faso, Bahreïn, Bangladesh, République centrafricaine, Jordanie, Koweït, Liban, Libye, Mauritanie, Mali, Malaisie, Égypte (y compris la péninsule du Sinaï), Soudan, Somalie, Syrie, Oman, Irak, Pakistan, Tchétchénie (Russie), Corée du Nord, Qatar, Tunisie, Turquie et Yémen. Parmi ces destinations, cinq sont également frappées d’une interdiction légale : l’Iran, le Liban, la Syrie, l’Irak et le Yémen. Y entrer expose un citoyen israélien à des poursuites pénales.
Ce qui frappe dans cette liste, c’est la présence de pays avec lesquels Israël entretient formellement des relations diplomatiques. La Jordanie, avec laquelle un traité de paix est en vigueur depuis 1994, figure au niveau 4. L’Égypte, partenaire de paix depuis les Accords de Camp David, idem — y compris le Sinaï, destination balnéaire prisée des Israéliens avant la guerre. Et surtout la Turquie, dont l’inclusion au rang des destinations interdites marque une rupture symbolique forte : Ankara, bien qu’officiellement neutre, est perçue comme un environnement à risque pour les ressortissants israéliens dans le contexte actuel.
Le Malam précise que les avertissements sont révisés régulièrement, et que les Israéliens se trouvant déjà dans l’un de ces pays au moment de leur reclassement sont invités à quitter les lieux immédiatement. Pour les pays au niveau 4, il est également déconseillé de survoler leur territoire même en transit aérien.






