Frère du chef du Shin Bet libéré sous surveillance : le raisonnement du juge déclenche une tempête

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Un tribunal de district israélien a ordonné ce mardi la libération sous assignation à résidence de Betzalel Zini, le frère du directeur du Shin Bet (service de sécurité intérieure), qui est soupçonné d’avoir participé à une affaire de contrebande de marchandises vers Gaza. La décision elle-même n’est pas ce qui a provoqué l’indignation — c’est le raisonnement du juge pour la justifier qui a mis le feu aux poudres sur les réseaux sociaux israéliens.

Dans sa motivation, le juge a déclaré à la procurature, en réponse à des questions sur le chef d’accusation de « complicité avec l’ennemi en temps de guerre » : comment un homme qui a grandi dans le sionisme religieux, qui appartient à l’élite de la société israélienne, et dont chacun connaît l’identité du frère, pourrait-il mettre Israël en danger ? Cette formulation, qui associe explicitement l’identité familiale et l’appartenance communautaire à l’évaluation du risque de récidive, a immédiatement déclenché un débat virulent entre juristes, journalistes et citoyens.

Le journaliste judiciaire Guy Peleg a réagi avec véhémence : bien qu’il ait jugé le chef d’accusation lui-même excessif dans les circonstances, et la demande de détention provisoire peu raisonnable, il a fustigé la logique du juge. Prendre des décisions judiciaires en se basant sur l’identité du frère de quelqu’un et l’endroit où il a grandi, a-t-il écrit, est proprement incroyable dans un État de droit.

En face, le journaliste judiciaire Avishai Grünzweig a tenté de replacer la décision dans son contexte : le juge Alon Gavizon a ordonné le même régime de liberté surveillée pour l’ensemble des prévenus dans l’affaire de contrebande vers Gaza qui n’ont pas de casier judiciaire lourd — et pas seulement pour Betzalel Zini. Il a cité d’autres noms de prévenus libérés dans les mêmes conditions, dont aucun n’est le frère d’un responsable sécuritaire. Pour Grünzweig, le vrai critère appliqué est bien l’évaluation du risque de récidive : un homme résidant dans la ville religieuse d’Efrat, servant dans la réserve dans une unité combattant le Hamas, dont l’environnement familial et les valeurs transmises à ses enfants sont connus, dont le frère est à la tête du Shin Bet — quelle est la probabilité réelle, a-t-il argumenté, que cet homme commette délibérément une nouvelle infraction à caractère sécuritaire ?

Cette affaire soulève pourtant une question de fond que les deux camps reconnaissent implicitement : même si la décision de fond est peut-être défendable, l’outil rhétorique utilisé par le juge — invoquer le statut familial et l’appartenance identitaire comme critères d’évaluation judiciaire — envoie un signal problématique dans une société qui se débat depuis des années avec les questions d’égalité devant la loi. Dans un contexte de guerre où la contrebande vers Gaza est perçue comme une trahison nationale de premier ordre, la perception que certains profils sociaux bénéficient implicitement d’une présomption de loyauté supplémentaire ne peut que raviver des tensions profondes.

La procurature a déjà annoncé son intention de faire appel de la décision de libération.

Source : Srugim

 

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