Évaluation des enquêteurs : la liste secrète aurait atteint le bureau du Premier ministre — le défi majeur reste d’identifier la source de la fuite

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Selon des sources proches de l’enquête, une liste hautement confidentielle comprenant les noms de six cibles au cœur de la procédure dite du « Bild » aurait effectivement fuité des autorités d’enquête et de sécurité pour parvenir jusqu’au bureau du Premier ministre. Cette information, révélée par Ynet et Yedioth Ahronoth, constitue désormais l’axe central d’une investigation sensible dont l’issue demeure incertaine.

Les enquêteurs reconnaissent toutefois une difficulté majeure : l’absence de preuves directes permettant, à ce stade, d’imputer la fuite à une personne précise. Malgré des indices convergents, aucune base probante n’autorise encore la présentation d’un acte d’accusation. Un haut responsable résume la situation : « Pour élucider cette affaire, il faut identifier le canal de fuite, autrement dit l’autre côté de l’équation. »


Une piste lourde de conséquences institutionnelles

Si la décision était prise d’explorer ce volet, l’enquête pourrait prendre une ampleur inédite. Les cercles potentiellement concernés engloberaient des dizaines de fonctionnaires et d’officiers, parfois de très haut rang, issus de multiples organismes : la police, le Shin Bet, le IDF Intelligence Directorate, le système de sécurité de l’information (Mahbam), la State Attorney’s Office et le cabinet de la conseillère juridique du gouvernement.

Un scénario évoqué — sans décision formelle à ce stade — serait le recours à des tests polygraphiques, y compris pour des responsables très seniors. Autre question clé : l’accès informatique. Au sein du bureau du Premier ministre, le poste du secrétaire militaire est relié aux systèmes centraux d’Amman. Peut-on y consulter les métadonnées (qui a ouvert le document, quand, combien de temps) ? Une telle capacité pourrait permettre de reconstituer la chaîne d’accès.


Des auditions ciblées et des critiques sur l’angle d’enquête

Jusqu’à présent, la police a entendu comme témoins — et non comme suspects — l’ancien chef de la sécurité de l’information (colonel « G. ») et l’ex-chef d’état-major Herzi Halevi. Le premier a participé à l’élaboration de la liste via les systèmes d’Amman ; le second a ordonné l’ouverture de l’enquête et l’implication du Shin Bet.

Cette focalisation quasi exclusive sur l’armée suscite des critiques internes : des voix au parquet estiment que d’autres organismes, notamment le Shin Bet — qui a mené une part substantielle du travail de renseignement — auraient dû être examinés avec la même intensité, d’autant que des antécédents de fuites y ont été recensés par le passé.


La “réunion nocturne” et ses zones d’ombre

Au cœur du dossier figure la réunion nocturne alléguée par Eli Feldstein avec le chef de cabinet Tzachi Braverman. Feldstein affirme que Braverman lui aurait présenté une liste de noms en demandant s’il connaissait l’un d’eux — assertion fermement démentie par Braverman. Les deux parties reconnaissent désormais la tenue de la rencontre, mais pas son contenu.

Les enquêteurs pointent trois incohérences : le lieu inhabituel (un parking sécurisé, de nuit), la confiscation des téléphones alors que Feldstein n’avait pas d’habilitation, et la question de l’utilité d’une telle convocation pour une personne qui, selon la version officielle, ne travaillait plus au bureau depuis des mois. Ces éléments nourrissent le soupçon, sans constituer des preuves.


Comment la liste a été constituée

La liste des six cibles a été bâtie à Amman par des experts de la sécurité de l’information, à partir des journaux d’accès aux systèmes classifiés : qui a consulté le document, à quelle fréquence, s’il a été transmis ou imprimé. Elle a ensuite été transmise au Shin Bet, devenant la base d’une enquête discrète.

L’enquête a été accélérée après la publication d’un article du Bild fondé sur un document fuité. Un acte jugé très inhabituel — l’impression du document classifié — a fait surgir le nom d’Ari Rosenfeld, ultérieurement identifié comme maillon central de la fuite initiale vers Feldstein, via des accès répétés et des liens de communication établis.


Un séisme potentiel, mais des preuves encore insuffisantes

Si la fuite vers le bureau du Premier ministre était établie, l’impact institutionnel serait majeur : un document parmi les plus sensibles d’une enquête en cours aurait atteint une entité impliquée dans le dossier. Pour l’heure, les autorités reconnaissent le fossé entre une conviction de renseignement — souvent précise — et le standard de preuve judiciaire requis.

Comme le résume un juriste chevronné : « Le soupçon peut être fort, l’odeur n’est pas une preuve. Sans élément matériel, un tribunal ne suivra pas. » En l’état, la clé demeure l’identification du canal exact de la fuite. Sans cela, le dossier restera ouvert, lourd d’hypothèses mais juridiquement fragile.

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