Yair Golan promeut une alliance avec Raam et la Liste commune : « Nous n’agirons qu’ensemble »

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Yair Golan avance ses pions avant que la partie ne commence. Le président du parti des Démocrates œuvre depuis plusieurs jours à la création d’un axe politique coordonné avec Raam et la Liste commune, qui détiendrait ensemble 27 sièges. L’objectif : empêcher les chefs des partis de l’opposition de négocier séparément avec chaque faction, et éviter que les Démocrates ne restent à l’écart du gouvernement. Une réunion sur le sujet est attendue prochainement.

Selon des personnes impliquées dans les contacts au sein du bloc de l’opposition, Golan veut garantir que les trois formations agissent comme un seul bloc dans les négociations pour former un gouvernement alternatif. Si le projet aboutit, le nouvel axe compterait 27 sièges : huit pour les Démocrates, huit pour Raam et 11 pour la Liste commune.

Ces sources expliquent que Golan redoute un scénario dans lequel un gouvernement d’union serait formé sans lui. Dans ce cas, d’autres partis du bloc pourraient y entrer ou peser sur sa composition, tandis que les Démocrates resteraient dans l’opposition. Autre crainte : une stratégie de « diviser pour régner ». Les chefs des partis du bloc pourraient négocier séparément avec les Démocrates, avec Raam et avec la Liste commune, et affaiblir ainsi le pouvoir de négociation de chacune.

Pour éviter cela, Golan défend une entente selon laquelle les trois factions agiraient comme une seule unité politique. Selon le schéma qui se dessine, elles n’entreraient dans le gouvernement, ou ne le soutiendraient de l’extérieur, que toutes ensemble, et n’accepteraient pas que l’une soit intégrée en laissant les autres dehors.

Le mécanisme est aussi pensé pour écarter plusieurs configurations. D’abord celle où Raam rejoindrait la coalition, pendant que la Liste commune lui accorderait un soutien extérieur et que les Démocrates resteraient dans l’opposition. Ensuite celle d’un accord avec les Démocrates et Raam qui laisserait la Liste commune hors de l’axe.

Golan a déjà exposé l’idée au président de la Liste commune, Yousef Jabareen, et au chef du groupe parlementaire, Ahmad Tibi. Les premières discussions sont décrites comme sérieuses et centrées sur le fond, et une nouvelle rencontre est prévue pour en fixer les détails.

La démarche s’inscrit dans la lignée des déclarations publiques de Golan. Il avait appelé à constituer un gouvernement en partenariat avec les partis arabes. Après les élections, il avait déclaré qu’« une voix à Tira vaut une voix à Givat Shmuel » et exhorté les chefs de l’opposition à cesser d’avoir peur et à former un gouvernement du changement.

Si l’axe se concrétise, il deviendrait l’une des plus grandes forces de la Knesset. Ces 27 sièges donneraient à Golan, Mansour Abbas, Yousef Jabareen et Ahmad Tibi un poids notable dans toute négociation gouvernementale. Des sources dans le bloc estiment qu’une telle alliance compliquerait la tâche de Gadi Eizenkot, de Naftali Bennett et d’Avigdor Liberman pour former un gouvernement qui ne s’appuierait que sur une partie des factions. Au lieu de traiter avec chaque parti séparément, ils devraient conclure des accords avec l’ensemble de l’axe.

À ce stade, il n’y a pas d’accord contraignant entre les trois formations. La question de savoir si toutes sont prêtes à s’engager à ne pas rejoindre le gouvernement séparément reste au cœur des discussions. Si le projet mûrit, il pourrait toutefois changer sensiblement l’équilibre au sein du bloc de l’opposition : ce ne seraient plus trois factions avec lesquelles on peut négocier séparément, mais un bloc coordonné de 27 députés qui exigerait d’entrer au gouvernement, ou de le soutenir, d’un seul tenant.

Le contexte reste mouvant. Selon des informations de l’AFP, le bloc d’Eizenkot ne disposerait d’une majorité qu’avec les partis arabes, ce qu’une grande partie de ses membres avaient dit vouloir éviter pendant la campagne. Mansour Abbas, le chef de Raam, a dit espérer que les résultats définitifs permettent à l’opposition et à son parti d’atteindre les 61 sièges nécessaires. Eizenkot a de son côté publié samedi quatre principes pour tout partenaire, dont la reconnaissance du Hamas comme organisation terroriste. Raam est par ailleurs visé par une enquête de la police sur des soupçons d’achat de voix attribués à certains de ses militants, ce que le parti conteste.

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