Le journal « Asharq Al-Awsat » a rapporté ce dimanche matin qu’Israël a répondu à la demande du Liban de libérer 35 prisonniers libanais (dont certains combattants du Hezbollah) en exigeant de recevoir une liste des Juifs libanais dont les restes ont disparu pendant la guerre civile.
Selon des sources libanaises informées des détails, la délégation israélienne à Rome a exigé la restitution des restes des Juifs libanais tués pendant la guerre civile des années 1980. Cette demande concerne le sort de Juifs disparus durant ce conflit. Toujours selon ces sources, la délégation israélienne a également exigé que la partie libanaise révèle ce qu’il était advenu du navigateur disparu Ron Arad et remette ses restes.
Des exigences jugées « impossibles » par Beyrouth
Les sources libanaises ont qualifié les exigences israéliennes d’« impossibles ». Selon elles, « l’État libanais ne sait rien des restes des Juifs, tout comme il ne sait rien de Ron Arad ». Un responsable libanais cité par Asharq Al-Awsat a par ailleurs demandé : « Qu’ont à voir les détenus libanais arrêtés ces deux dernières années avec les restes des Juifs de la guerre libanaise ? », rappelant que le Liban compte 17 000 personnes disparues depuis la guerre civile dont le sort n’a toujours pas été déterminé, y compris des Juifs qui, au final, étaient des citoyens libanais.
Les organisations terroristes Hezbollah et Amal, dont les branches politiques siègent au gouvernement libanais, ont été impliquées par le passé dans la détention d’Arad. Le Hezbollah et Amal s’opposent toutefois à des négociations directes avec Israël.
Selon le journal saoudien, la question des prisonniers a été abordée la semaine dernière lors des négociations de Rome entre Israël et le Liban. Le président libanais Joseph Aoun a affirmé qu’une avancée positive avait eu lieu et que des discussions s’étaient tenues sur les questions de la frontière et des prisonniers. L’essentiel du progrès a résidé dans l’accord de poursuivre les échanges sur ces sujets — les pourparlers, selon plusieurs sources proches du dossier, se déroulent en trois volets parallèles : militaire, politique et juridico-frontalier, la question des prisonniers occupant une place centrale dans le volet juridique.
Ron Arad, navigateur de l’armée de l’air israélienne, a disparu en octobre 1986 après que son avion s’est écrasé au sud du Liban lors d’une mission contre des cibles de l’OLP près de Saïda. Il avait été éjecté avant le crash et capturé par le mouvement chiite Amal, qui l’avait présenté comme une monnaie d’échange pour obtenir la libération de prisonniers libanais détenus par Israël. Sa famille avait reçu des lettres et une photographie attestant qu’il était en vie en 1987, mais plus aucun signe de lui n’est parvenu depuis.
Pour aller plus loin sur le dossier Ron Arad, retrouvez nos articles sur le 32ème anniversaire de la capture du pilote israélien Ron Arad et sur l’annonce du renseignement israélien selon laquelle Ron Arad serait mort en captivité.



