« Laisse le méchant se gaver » : la règle religieuse pour les déserteurs ultra-orthodoxes qui a provoqué une tempête

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Un calendrier, un guide de règles religieuses, et une tempête. L’organisation « Am Kadosh » a distribué aux déserteurs ultra-orthodoxes détenus au Prison 10 un calendrier accompagné d’un guide de halakha, les règles de la loi juive, adapté à l’établissement. Un passage a mis le feu aux poudres.

Ce passage porte sur les appels du Chabbat. Le guide autorise les détenus à participer aux rassemblements de comptage du samedi, même si les responsables de la prison cochent leur présence sur des listes. Pour le justifier, le texte avance une règle religieuse bien précise : « Dans ce genre de choses, la règle halakhique est « Laisse le méchant se gaver, et qu’il meure ». » Cette formule, tirée du Talmud, signifie qu’on n’a pas à empêcher une personne jugée fautive de commettre une transgression. Appliquée ici aux responsables de la prison, elle a suscité une vive polémique et des appels à interdire l’entrée du guide en prison.

Le document contient d’autres consignes. Il autorise le déplacement d’objets normalement interdits le Chabbat, pour éviter des difficultés graves, et permet ensuite de faire l’ablution rituelle des mains et de réciter les bénédictions. Il interdit en revanche strictement d’entrer dans les quartiers d’isolement le Chabbat, à cause des portes électroniques automatiques. Le guide traite aussi du Kiddouch récité dans des espaces mixtes, et explique les règles concernant l’électricité actionnée par des non-Juifs.

Ce guide n’est pas une découverte. Le 17 septembre, Israel Hayom avait déjà révélé son existence. Selon le quotidien, une centaine de jeunes ultra-orthodoxes et d’étudiants de yeshiva sont détenus au Prison 10 pour désertion. Le journal décrivait un véritable manuel pratique, avec des consignes détaillées sur la manière de se comporter face aux commandants de la prison et de rester strictement à l’écart pendant la détention.

Certaines consignes révélées par Israel Hayom vont loin. Sur la cacheroute, le guide indique qu’« il ne faut pas se fier ni croire les paroles des commandants ou des surveillants ». Il conseille aux détenus de laisser les commandants passer en premier par les portails électroniques, pour ne pas déclencher eux-mêmes les capteurs. Il note aussi que le refus de travailler dans les quartiers d’isolement, à cause des portes électroniques, « réussit généralement sans punition ». D’autres restrictions visent les soldats qui ne se couvrent pas la tête : ils ne doivent pas participer aux prières ni à l’étude de la Torah.

Le guide présente enfin les détenus comme des prisonniers religieux, héritiers d’une tradition de justes emprisonnés, en les comparant à Rabbi Akiva et au Gaon de Vilna.

Entre la formule talmudique qui fâche, les consignes de défiance envers les commandants et la comparaison avec les grands sages d’Israël, ce petit guide est devenu un nouveau front dans la bataille de la conscription des ultra-orthodoxes.

La conscription des ultra-orthodoxes est un dossier que nous suivons de près. Relisez Si nous ne fêtons pas à Ouman — alors ce sera en prison 10 : le plan des ultra-orthodoxes qui pourrait bouleverser Tsahal et Polémique autour du pèlerinage d’Ouman : la procureure générale exige l’arrestation des déserteurs.

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