‘Les États-Unis ont freiné Israël’ : ce que l’on dit au Liban, et la querelle des grandes puissances »

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Après l’incident meurtrier survenu dans le sud du Liban, où sont tombés les deux réservistes Harel Birenshtok et Tamir Vaknin, les délégations israélienne et libanaise se présentent aujourd’hui (jeudi) pour un troisième jour de négociations à Rome. Mais en coulisses, Washington a œuvré ces dernières vingt-quatre heures pour contenir l’escalade, par crainte que l’incident ne fasse dérailler la dynamique diplomatique en cours.

Selon le journal libanais Nidaa Al-Watan, les États-Unis « sont parvenus à limiter la réaction israélienne et à empêcher que la situation sur le terrain ne nuise à l’avancée des discussions. L’intervention américaine décisive a sauvé le troisième jour des pourparlers. » Une source officielle libanaise a précisé au journal : « L’État libanais a tenté de contenir la tension dans le sud du Liban, à travers une série de contacts diplomatiques et sécuritaires », tout en reconnaissant que « le manque de coopération du Hezbollah, d’un côté, et l’insistance d’Israël à frapper toute menace, de l’autre, poussent la situation vers une possible escalade ».

Le point de friction central : le mécanisme de vérification

Le principal point de désaccord entre les parties porte sur l’organisme chargé de superviser et de vérifier la mise en œuvre des accords sur le terrain. Israël exige d’effectuer elle-même cette vérification ; le Liban s’y oppose et demande que ce soit les Américains qui pilotent le dispositif — mais Washington ne le souhaite pas. La France avait proposé de prendre la tête du mécanisme de vérification, mais les États-Unis s’y opposent, en raison d’un manque de confiance envers sa politique à l’égard du Liban. L’Espagne a elle aussi été écartée du côté israélien, en raison de ses positions récentes.

Selon Nidaa Al-Watan, l’Italie se profile comme la candidate favorite pour diriger ce mécanisme de vérification, notamment en raison de ses bonnes relations avec Israël, le Liban et les États-Unis, et du fait qu’elle accueille les pourparlers à Rome.

Washington a exprimé une certaine compréhension à l’égard de la proposition libanaise d’élargir les zones pilotes, mais selon des sources américaines, l’administration se montre réticente à établir de vastes zones à ce stade, arguant que cela nécessite des mécanismes de mise en œuvre détaillés qui n’ont pas encore été finalisés. Selon les informations disponibles, Israël n’a pas encore répondu à la proposition libanaise de définir Bint Jbeil et al-Khiam comme zones pilotes, le sujet restant en discussion sous médiation américaine.

Par ailleurs, la délégation libanaise exige de prolonger le cessez-le-feu de huit semaines à 60 jours, afin de permettre la mise en œuvre des accords et l’activité sur le terrain. La question des prisonniers devrait occuper le dernier jour des discussions : le Liban souhaite obtenir la libération de citoyens libanais dans le cadre d’un accord incluant également la libération de quatre prisonniers syriens détenus par Israël.

Tsahal enquête : le Hezbollah a-t-il violé le cessez-le-feu ?

L’armée israélienne cherche à déterminer si la charge explosive ayant piégé la maison dans le sud du Liban avait été posée avant ou après l’annonce du cessez-le-feu. Selon des sources militaires, les habitants étaient revenus pendant le cessez-le-feu dans le village d’al-Mansouri, proche de Majdal Zoun. Le scénario envisagé est qu’un terroriste ait profité du retour des habitants pour poser la charge.

En Israël, cet événement est perçu comme une violation grave du cessez-le-feu, mais les frappes reprises restent très limitées et se concentrent uniquement sur les zones proches de la ligne jaune, dans le sud du Liban. Tsahal a recommandé au niveau politique de répondre de façon plus déterminée et plus sévère ; l’armée attend actuellement une décision, le niveau politique n’ayant pour l’heure pas tranché en faveur d’une escalade des frappes.

Sur trois volets distincts — la question de la frontière, où la délégation libanaise a présenté des documents historiques et juridiques salués par la délégation américaine ; le volet militaire, portant sur l’élargissement des zones pilotes sous contrôle de l’armée libanaise ; et le volet politique, consacré au choix de la troisième équipe chargée de la vérification — des avancées ont été enregistrées, la question frontalière étant celle où les progrès sont les plus significatifs.

Pour aller plus loin sur la situation à la frontière libanaise :

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