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« Le tigre s’est révélé être un chat boiteux, borgne et ébouriffé » : la chute de la puissance iranienne vue par Ben Caspit

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Trente ans. C’est le temps qu’il a fallu à certains analystes israéliens pour arriver à ce moment et ne pas parvenir à y croire. Ben Caspit, journaliste et éditorialiste de Maariv, l’un des plus fins observateurs de la menace iranienne en Israël, a mis des mots sur ce que beaucoup ressentent devant l’effondrement militaire de Téhéran.

L’expression « jours historiques » est trop petite pour ces jours-ci, selon Caspit. Les vétérans de la menace iranienne peinent à croire ce qui se déroule. Après trois décennies de scénarios cauchemars, de terreur glacée face à la puissance iranienne — avec ses milliers de missiles balistiques, ses Gardiens de la Révolution, sa force Qods, ses centrifugeuses, ses installations souterraines, son « espace d’immunité » et son industrie du terrorisme à travers tout le Moyen-Orient — Israël et l’Amérique démantèlent ce château de cartes presque sans effort. maariv

L’image choisie par Caspit est dévastatrice : le tigre iranien, celui qui faisait trembler les chancelleries depuis des décennies, s’est révélé être un chat boiteux, borgne et ébouriffé. C’est une métaphore qui dit tout sur l’écart entre la réputation construite et la réalité militaire effective.

Comment en est-on arrivé là ? La réponse est multiple. D’un côté, des décennies d’investissements israéliens dans la renseignance, les opérations clandestines et la préparation de scénarios d’attaque précis contre les infrastructures iraniennes. De l’autre, une armée de l’air américaine dont la supériorité technologique s’est révélée écrasante dès les premières heures du conflit, avec des bombardiers B-2 qui ont traversé les défenses iraniennes comme si elles n’existaient pas.

Il y a aussi la fragilité intrinsèque du système iranien : un régime construit sur la propagande de sa propre puissance, sur la culture de l’intimidation et de la dissuasion, mais dont les systèmes réels — radars, missiles sol-air, chaînes de commandement — n’étaient pas à la hauteur du mythe.

Caspit, en vétéran du journalisme de défense, sait que ce n’est pas fini. Que l’Iran peut encore frapper, que ses proxies restent actifs, que les missiles continuent de tomber. Mais le tournant symbolique est là : le tigre a été exposé. Et dans la psychologie des conflits au Moyen-Orient, c’est un changement d’une portée considérable. La peur que Téhéran avait soigneusement cultivée depuis trois décennies a pris un coup dont elle ne se relèvera peut-être pas — quelle que soit la suite des opérations militaires.

Un missile s’écrase entre deux maisons dans un moshav du centre d’Israël : des images saisissantes, mais aucune victime

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Le sol tremble, les murs craquent, et entre deux maisons d’habitation, un cratère béant là où il y avait quelques secondes encore un espace vert ordinaire. Les images qui circulent ce jeudi sur les réseaux sociaux israéliens donnent la mesure de ce que vivent les habitants du centre du pays depuis le début du conflit avec l’Iran. Un missile a percuté de plein fouet la zone séparant deux maisons dans un moshav de la région centrale — et par un véritable miracle, personne n’a été tué ni même blessé.

Les séquences diffusées montrent l’ampleur des dégâts matériels : façades soufflées, végétation carbonisée, débris éparpillés sur plusieurs dizaines de mètres. Les forces de l’ordre et les démineurs ont été immédiatement dépêchés sur place pour sécuriser la zone, traiter les restes du missile et évaluer les dommages structurels infligés aux deux habitations voisines.

Ce type d’impact — un missile qui passe à travers les systèmes de défense et touche une zone résidentielle — illustre avec une brutalité visuelle ce que les statistiques sèches ne parviennent pas toujours à transmettre : la guerre n’est pas seulement une affaire de cartes et de communiqués militaires. Elle se joue aussi à quelques mètres des fenêtres des chambres à coucher.

L’incident s’est soldé sans victimes, mais il intervient dans un contexte où le ministère de la Santé vient de publier des chiffres qui interpellent profondément. Depuis le début de l’opération « Rugissement du Lion », 1 473 personnes ont été évacuées vers des hôpitaux. Parmi elles, 145 restent hospitalisées. Mais le chiffre le plus frappant est d’une nature inattendue : près de la moitié des blessés graves n’ont pas été victimes de l’impact direct des missiles. Ils se sont blessés en se précipitant vers les abris sécurisés — les « mamad » — au moment des sirènes d’alerte.

Ce constat, répété depuis le début du conflit par les responsables médicaux et de la protection civile, prend une résonance particulière quand on le met en regard des images du moshav. Des gens ont fui, se sont blessés en chemin, alors que le missile tombait entre deux maisons sans faire de mort. Le paradoxe est douloureux : parfois, c’est le comportement de survie lui-même qui blesse.

Les autorités n’ont cessé depuis le début de l’opération de marteler les consignes : marcher calmement vers le mamad, ne pas courir, ne pas paniquer. Les personnes âgées, dont la mobilité est réduite, sont particulièrement vulnérables à ces chutes dans les escaliers ou à la précipitation. Un appel spécifique leur a d’ailleurs été adressé cette semaine par le ministère de la Santé pour qu’elles se déplacent avec lenteur et prudence lors des alertes.

Parallèlement aux images du moshav, des fragments d’intercepteurs sont tombés sur une route du centre d’Israël, également sans faire de blessés. La saturation du ciel par les tirs de missiles et les multiples interceptions a aussi affecté le trafic aérien : un vol de rapatriement d’Israéliens bloqués à l’étranger a été contraint de rester en attente dans les airs en raison de la situation sécuritaire, tandis que des détonations d’interceptions se faisaient clairement entendre dans les régions de Dan, du Yarkon, de la Sharon et de la Shféla.

La journée du jeudi 5 mars illustre ainsi une guerre à deux visages : celui des frappes israélo-américaines qui s’intensifient sur Téhéran, et celui des Israéliens ordinaires qui apprennent à vivre — et à survivre — dans un pays où les missiles traversent les défenses et atterrissent entre deux jardins.

 

 

L’Iran envoie un signal de négociation à Washington — mais les États-Unis intensifient leurs frappes

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C’est le paradoxe de toute guerre qui commence à se chercher une sortie : d’un côté, des missiles qui continuent de pleuvoir ; de l’autre, des messagers discrets qui tâtent le terrain. Selon un rapport de CNN diffusé ce jeudi, des responsables du renseignement iranien auraient transmis un message aux États-Unis indiquant que Téhéran serait prête à ouvrir des discussions sur un cessez-le-feu. Mais Washington, loin de saisir la main tendue, annonce au contraire une intensification des opérations militaires.

Le message iranien aurait été acheminé via une tierce nation — non identifiée — directement à la CIA. Sa teneur : l’Iran se dit disposé à engager des pourparlers pour mettre fin au conflit. Pourtant, les sources américaines citées par CNN sont formelles : il n’existe à ce stade aucun canal de négociation actif, aucune discussion sérieuse en cours sur les modalités d’un arrêt des combats.

Bien au contraire. Des sources à Washington décrivent une Amérique qui entre dans une phase plus intense de son opération militaire conjointe avec Israël contre l’Iran, dont l’objectif déclaré est de démanteler le programme de missiles de Téhéran et d’empêcher définitivement la République islamique d’accéder à l’arme nucléaire. Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth l’avait formulé sans ambiguïté mercredi lors d’un briefing : les États-Unis n’en sont qu’au début. Des membres du Congrès ayant reçu des informations classifiées sur la situation ont d’ailleurs confirmé qu’aucune stratégie de sortie claire ne leur avait été présentée, y compris sur la question d’une éventuelle reprise des efforts diplomatiques.

Le contexte diplomatique qui précède est révélateur. Les pourparlers sur le dossier nucléaire iranien avaient capoté quelques jours seulement avant le début de la guerre. Depuis lors, aucun contact direct ou indirect n’a eu lieu entre Washington et Téhéran. Pourtant, pas moins d’une douzaine de pays se sont manifestés pour proposer leur médiation depuis le début des combats. Selon un haut responsable de l’administration Trump, aucun de ces efforts n’a abouti à l’établissement d’un canal de communication significatif entre les deux capitales.

L’émissaire américain Steve Witkoff, qui avait conduit trois cycles de négociations avec l’Iran avant l’éclatement du conflit, n’a eu aucun contact avec le ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi depuis le début des hostilités. Il n’a pas non plus échangé avec le responsable iranien des affaires de sécurité nationale Ali Larijani. La posture américaine est résumée avec une franchise brutale par un responsable de l’administration : « C’est une opération militaire, et elle doit aller jusqu’à son terme. »

Du côté iranien, les signaux contradictoires brouillent encore davantage la lecture de la situation. Le vice-ministre des Affaires étrangères Majid Takht-Ravanchi a catégoriquement nié lors d’une interview sur MSNBC que Téhéran ait envoyé le moindre message à Washington. Selon lui, l’Iran est en mode purement défensif : « Nous nous concentrons sur notre propre défense, aucun message n’a été envoyé aux Américains. »

Cette contradiction entre les sources américaines et les déclarations iraniennes officielles n’est pas surprenante dans le contexte d’un conflit en cours. Elle illustre plutôt la fragmentation du pouvoir à Téhéran depuis la mort du Guide suprême Ali Khamenei la semaine dernière. Qui, dans ce vide de commandement, est habilité à envoyer un message ? Qui peut signer un accord ?

Donald Trump lui-même a résumé ce flou avec son sens habituel de la formule : les dirigeants iraniens qu’on envisageait comme interlocuteurs potentiels sont pour la plupart morts. « Les gens auxquels on pensait sont morts », a-t-il déclaré. « Il y a maintenant un autre groupe, et eux aussi sont peut-être morts selon les rapports. Il viendra sans doute un troisième groupe. »

La question de l’après-Khamenei est centrale. Tout accord éventuel devrait satisfaire les conditions posées publiquement par Trump : démantèlement complet du programme nucléaire et balistique iranien, et arrêt de tout soutien aux organisations proxy dans la région. Des exigences maximales, face à un interlocuteur dont on ne sait même plus très bien qui peut les accepter — ni surtout les honorer.

Pour l’heure, entre le signal discret de Téhéran et la réponse militaire de Washington, c’est la guerre qui parle le plus fort.

 

Israël en guerre sur tous les fronts : Beyrouth sous les bombes, Téhéran dans le viseur, et la menace d’une invasion du Hezbollah

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Six jours après le déclenchement des hostilités, le conflit entre Israël, les États-Unis et l’Iran — ainsi que son bras armé libanais le Hezbollah — prend une ampleur sans précédent. Dans la nuit du mercredi au jeudi 5 mars 2026, Israël a mené des frappes aériennes intenses dans le quartier de Dahieh, dans la banlieue sud de Beyrouth, tandis que les forces américaines intensifiaient leur campagne de bombardement contre les infrastructures balistiques iraniennes. En parallèle, un scénario cauchemar se précise : celui d’une tentative d’invasion des villages du nord d’Israël par des milliers de combattants du Hezbollah.

La guerre est désormais multifrontale, et chaque heure qui passe dessine un peu plus le visage d’un Moyen-Orient en train de se recomposer dans le sang.

Dahieh en flammes : une nuit de frappes ciblées

Dans la nuit de mercredi à jeudi, des médias libanais ont rapporté qu’Israël avait frappé un immeuble dans le quartier de Dahieh à Beyrouth, sans avertissement préalable d’évacuation, à proximité du Conseil islamique chiite suprême. Peu après, une nouvelle frappe a visé un autre bâtiment, celui-ci ayant reçu un ordre d’évacuation.

L’armée israélienne a publié une déclaration officielle annonçant qu’elle avait commencé à frapper des infrastructures du Hezbollah à Beyrouth. Des alertes avaient également été déclenchées dans le nord du pays après l’intrusion d’un drone depuis le Liban — sans faire de victimes.

Plus tard dans la nuit, Tsahal a frappé un appartement dans le camp de réfugiés de Nahr el-Bared, à Tripoli, dans le nord du Liban. Selon la chaîne Al-Hadath, il s’agirait de l’élimination d’un haut responsable du Hamas au Liban.

À Beyrouth, les destructions captées sur vidéo dans le quartier de Dahieh montrent une dévastation considérable. Le porte-parole arabophone de Tsahal, l’amiral Avichay Adraee, avait diffusé en amont un ordre d’évacuation d’urgence aux habitants du quartier de Gouviri, les avertissant de la proximité d’installations appartenant au Hezbollah.

La veille, le ministère de la Santé libanais avait annoncé trois morts et six blessés dans des frappes sur l’autoroute menant à l’aéroport, dans la banlieue de Dahieh.

La riposte de Naïm Qassem : des mots face aux bombes

Dans ce contexte d’escalade, le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Qassem, s’est exprimé pour la première fois depuis le début de la guerre. Il a affirmé que le tir de roquettes constituait une réponse à ce qu’il a qualifié d’agression israélo-américaine. Il a également rejeté la thèse selon laquelle les roquettes du Hezbollah auraient provoqué l’attaque, affirmant qu’elles n’étaient qu’une réponse à quinze mois de violations israéliennes, incluant l’élimination du guide suprême iranien Ali Khamenei.

Qassem s’en est aussi pris au gouvernement libanais, l’accusant, selon les sources, de s’aligner sur les exigences israéliennes plutôt que de condamner l’agression.

Les B-2 et B-1B américains : la puissance de feu qui a changé la donne

Si les frappes israéliennes à Beyrouth font l’effet d’une guerre conventionnelle, c’est du côté américain que la véritable rupture stratégique s’est opérée. Dès le deuxième jour du conflit, l’armée américaine a conduit une série de frappes de précision qui ont révélé la puissance dévastatrice de son aviation stratégique : des bombardiers ont détruit des infrastructures de missiles iraniens en moins de 48 heures.

L’opération a débuté par un vol direct depuis la base de Whiteman, dans le Missouri, couvrant plus de 10 000 miles. Dix bombardiers furtifs B-2 Spirit — les appareils les plus avancés de l’arsenal américain — ont pénétré les réseaux de radar denses de Téhéran, larguant des bombes anti-bunkers de 2 000 livres sur des complexes de missiles balistiques fortifiés.

Après cette première vague d’aveuglément des défenses iraniennes, trois bombardiers B-1B Lancer, capables de transporter jusqu’à 45 tonnes d’armement, ont neutralisé les cibles secondaires et réduit en cendres les centres de commandement iraniens. La combinaison de la furtivité du B-2 et de la puissance de feu du B-1B a permis d’obtenir des résultats inaccessibles par d’autres moyens.

Le chef d’état-major interarmées, le général Dan Kain, a souligné que la capacité à frapper depuis les bases nationales américaines représente un avantage stratégique décisif, sans nécessiter de bases avancées ni de mettre en danger des soldats dans la région.

Des images satellites du commandement central américain (CENTCOM) révèlent une destruction totale : des complexes de missiles qui constituaient une menace existentielle ont été réduits à néant en moins de deux jours. L’opération israélo-américaine conjointe a également ciblé des personnalités humaines de premier plan, selon des sources citées dans la presse israélienne.

Le cauchemar du nord : des milliers de combattants aux portes d’Israël

Au-delà des théâtres d’opérations au Liban et en Iran, c’est peut-être la menace la plus immédiate qui inquiète le plus les états-majors israéliens. Au cours des dernières 24 heures, le scénario d’une tentative d’invasion des villages du nord par la force Radwan du Hezbollah a été sérieusement envisagé, au point que le niveau politique a ordonné à Tsahal de renforcer ses troupes dans la région.

Dans les discussions menées conjointement par les niveaux politique et militaire, la crainte s’est précisée que l’unité commando du Hezbollah tente une opération d’infiltration, potentiellement en coordination avec les Gardiens de la Révolution iraniens agissant via leur bras libanais.

Cette éventualité est envisagée même dans le cas où Tsahal serait déjà entré en territoire libanais. En conséquence, l’armée a augmenté ses effectifs aussi bien à l’intérieur du Liban qu’en périphérie des localités du nord, afin d’être prête à répondre à ce scénario.

Les écoles fermées, un pays en état de guerre

Sur le front intérieur, la vie quotidienne est profondément perturbée. Le ministre de l’Éducation Yoav Kish a indiqué être en discussions avec le commandement du front intérieur, précisant qu’il faudrait être prudent cette semaine, et que si le niveau de menace diminuait la semaine prochaine, un retour à l’enseignement en présentiel serait envisageable.

Le ministère de l’Éducation a confirmé que l’enseignement à distance se poursuivrait les jeudi et vendredi 5 et 6 mars dans l’ensemble du système scolaire, avec un accent mis sur l’approfondissement pédagogique et le maintien du lien éducatif entre enseignants et élèves.

Un calendrier pour vaincre : l’objectif de deux semaines

Pour la première fois depuis le début du conflit, un responsable militaire de haut rang israélien a défini des objectifs opérationnels et esquissé un calendrier pour atteindre les buts fixés face à l’Iran. Ce niveau de transparence — ou de communication stratégique — traduit une volonté d’afficher la maîtrise de la situation, dans un contexte où chaque heure apporte son lot de développements dramatiques.

La mécanique de guerre est désormais enclenchée à pleine vitesse. Beyrouth brûle dans la nuit, Téhéran compte ses missiles détruits, et le nord d’Israël retient son souffle. La question n’est plus de savoir si ce conflit va s’élargir encore — il l’est déjà. Elle est de savoir combien de temps il faudra avant qu’une forme de résolution, quelle qu’elle soit, vienne mettre fin à ce basculement historique du Moyen-Orient.

 

« Nous avons déjà dépassé le nombre de sorties de toute l’opération Am Kélavi » — un navigateur de chasse israélien témoigne depuis le cockpit

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En temps de guerre, les chiffres parlent rarement d’eux-mêmes. Mais quand un navigateur de combat de l’escadron F-16 de Tsahal prend la parole pour décrire ce qu’il vit au-dessus de l’Iran, les mots prennent une densité particulière. En moins de quatre jours depuis le début de l’opération Shaagat HaAri, l’armée de l’air israélienne a déjà effectué plus de sorties que pendant l’ensemble de l’opération Am Kélavi de juin 2025 — une campagne qui avait elle-même été considérée comme un tournant historique. Ce témoignage rare, recueilli par Ynet, éclaire les coulisses d’une offensive aérienne d’une ampleur sans précédent.


Une cadence qui dépasse tout ce qui a précédé

Le commandant adjoint B. ne cherche pas à dramatiser. Il décrit sobrement une réalité opérationnelle qui parle d’elle-même. « Cette guerre est particulière. Elle pousse l’armée de l’air à l’extrême. Chaque membre d’équipage doit combler les absences parce que tout le monde vole à un rythme élevé et reçoit d’innombrables missions. » La rupture avec les campagnes précédentes est nette : « Nous ne combattons pas contre une organisation terroriste. Nous combattons contre un État. »

Les chiffres confirment cette rupture. Avant même que quatre jours ne se soient écoulés depuis le lancement de l’opération, le nombre cumulé de sorties aériennes avait déjà dépassé le total de toute l’opération Am Kélavi. Chaque heure compte. Chaque équipage est mobilisé à un rythme que personne n’avait anticipé dans ces proportions. « On compte les heures de sommeil de chacun — ce n’est pas ce à quoi nous étions habitués. Tout ça pour mener l’attaque la plus agressive possible. »


Dans le cockpit : la tension qui ne se relâche jamais

Les vols vers l’Iran ne ressemblent à aucun autre. La distance, la durée, la densité des décisions à prendre en chemin — tout contribue à un état de vigilance extrême qui ne s’interrompt qu’à de rares moments. « L’aller est plus complexe parce qu’il y a beaucoup d’actions à effectuer — vérifier que l’avion est prêt, s’assurer que les cibles sont verrouillées. Il n’y a pas beaucoup d’endroits où on peut relâcher la pression. Peut-être un peu à partir du moment où on franchit la ligne vers les zones plus sûres. »

Pour tenir sur ces longues missions, les équipages ont adopté des rituels simples : barres énergétiques, fruits secs, bouteilles d’eau. Des détails qui disent, à leur façon, que derrière la machine de guerre se trouvent des hommes qui gèrent leur endurance heure par heure.

La question du secret opérationnel est elle aussi au cœur du quotidien de ces pilotes. Savoir l’heure d’une frappe imminente sans pouvoir en avertir ses proches est une charge psychologique réelle. « Ce qui me guide dans ce processus, c’est de savoir que si le secret venait à être révélé, je serais en danger élevé et la capacité de nuire à l’État d’Israël augmenterait. Mais il y a des sentiments difficiles. Est-ce que quelqu’un de proche sera dans un espace protégé à temps ? Mais nous sommes israéliens — tout le monde savait que ça allait arriver. »


Pas de combats aériens — une domination totale dans les airs

L’un des aspects les plus frappants du récit du navigateur concerne l’absence quasi totale de résistance aérienne iranienne. Alors que les médias ont beaucoup couvert les frappes au sol et la neutralisation des capacités balistiques iraniennes, la dimension aérienne du conflit est restée dans l’ombre. La raison est simple : il n’y a presque rien à raconter de ce côté-là. « Il n’y a pas de combats aériens. Ils tentent d’être actifs mais nous n’avons pas encore rencontré de menaces aériennes significatives. »

Cette domination totale dans les airs confirme ce que les analyses militaires avaient anticipé : l’armée de l’air iranienne, déjà dégradée par des années de sanctions et de sabotages, n’est pas en mesure de contester sérieusement la supériorité israélienne dans le ciel.


Le 7 octobre, toujours présent à des milliers de mètres d’altitude

Ce qui ressort peut-être avec le plus de force dans ce témoignage, c’est la continuité intime entre le traumatisme du 7 octobre 2023 et les missions actuelles au-dessus de l’Iran. Pour ce navigateur, les deux ne sont pas séparables. « Je fais partie de Tsahal — cette même armée qui n’a pas accompli sa mission ce jour-là. Cela m’est gravé dans la tête. Il n’y a pas un vol où je ne pense pas au 7 octobre. Et je fais tout pour que cela ne se reproduise jamais. C’est un privilège pour moi d’être à un endroit qui influence de cette façon la sécurité d’Israël. »

En clôture de son témoignage, il a adressé un message aux civils israéliens : « Je voudrais souhaiter aux citoyens du pays un joyeux Pourim et un Ramadan béni. »

Trump inflige un coup à l’Espagne — et humilie Starmer : « Il n’est pas Churchill »

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Ce n’est pas seulement contre l’Iran que Donald Trump mène plusieurs batailles simultanément. Ce mardi, depuis la Maison-Blanche où il recevait le chancelier allemand Friedrich Merz, le président américain a ouvert un deuxième front diplomatique — cette fois contre ses propres alliés. L’Espagne en a fait les frais la première, avec l’annonce d’une rupture commerciale brutale. Le Premier ministre britannique Keir Starmer a lui reçu une humiliation publique. Et l’Allemagne, en revanche, est repartie avec les félicitations du président.

L’Espagne : rupture totale pour refus de payer
Le déclencheur est l’OTAN. Trump affirme avoir obtenu de l’ensemble des membres de l’alliance qu’ils portent leurs dépenses de défense à 5% de leur PIB — un seuil qu’il juge indispensable dans le contexte de la guerre en cours. Tous ont accepté, selon lui. Tous sauf l’Espagne.
La réaction de Trump ne s’est pas fait attendre. « J’ai dit à Scott de couper toutes les affaires avec l’Espagne. » La formule vise son secrétaire au Commerce Scott Bessent, à qui il a ordonné de mettre fin aux relations commerciales avec Madrid. Les mots qui suivent sont sans appel : « Ils ont été inamicaux. L’Espagne n’a rien que nous ayons besoin, à part des gens formidables — mais pas un leadership formidable. Je ne pense pas qu’ils auraient accepté d’augmenter à quoi que ce soit. »
Cette décision, si elle se confirme, constituerait une rupture économique inédite avec un membre de l’OTAN et de l’Union européenne, dans un contexte où la solidarité occidentale face à l’Iran est présentée comme une priorité absolue.

Starmer : « Il n’est pas Churchill »
La formule a fusé lors de la même conférence de presse et a immédiatement fait le tour des rédactions. Interrogé sur le Premier ministre britannique Keir Starmer — qui avait pourtant accepté d’autoriser les États-Unis à utiliser des bases britanniques pour frapper les dépôts de missiles iraniens — Trump n’a pas ménagé son hôte à distance. « Il n’est pas Churchill. »
La comparaison est cruelle dans sa précision. Churchill incarne pour les Britanniques le courage en temps de guerre, la résistance face à la menace existentielle, le refus de toute capitulation. Mettre en doute l’appartenance de Starmer à cette lignée, c’est lui contester la légitimité historique que la situation réclame. Trump a ajouté que s’il aimait la Grande-Bretagne — « ma mère est née là-bas » — il trouvait sa politique sur l’immigration et l’énergie « terrible ». Il a conclu en s’en prenant au maire de Londres, qu’il a qualifié de « terrible » également.

L’Allemagne : le bon élève
Face à ces coups portés à l’Espagne et au Royaume-Uni, le traitement réservé à l’Allemagne tranche nettement. Merz, présent en personne à la Maison-Blanche, est reparti avec un satisfecit présidentiel. « Ils agissent — ils nous permettent d’atterrir dans certaines zones, et nous apprécions ça. Ils nous facilitent simplement les choses. » Trump a pris soin de préciser qu’il ne demandait pas à Berlin de déployer des forces terrestres — la coopération logistique suffit à son contentement.
Cette différence de traitement entre alliés européens dessine une hiérarchie trumpienne claire : ceux qui facilitent concrètement les opérations américaines sont récompensés, ceux qui rechignent à payer ou à s’engager sont sanctionnés — publiquement et sans ménagement.

Trump aux manifestants iraniens : « C’est très dangereux dehors »

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In this Wednesday, Sept. 21, 2022, photo taken by an individual not employed by the Associated Press and obtained by the AP outside Iran, protesters chant slogans during a protest over the death of a woman who was detained by the morality police, in downtown Tehran, Iran. Iranians saw their access to Instagram, one of the few Western social media platforms still available in the country, disrupted on Wednesday following days of the mass protests. (AP Photo)

Il y a dans cette phrase toute la contradiction de la politique américaine depuis le début de l’opération Shaagat HaAri. D’un côté, Washington bombarde l’Iran avec une puissance de feu décrite comme illimitée. De l’autre, Trump appelle le peuple iranien à se soulever pour renverser le régime. Et maintenant, face aux images de manifestants qui commencent à descendre dans les rues de Téhéran, le président américain leur demande d’attendre. « C’est très dangereux dehors. Beaucoup de bombes tombent. »


Un appel au soulèvement, suivi d’une mise en garde

Depuis le début de l’offensive, Trump multiplie les adresses directes au peuple iranien. Il les a exhortés à « saisir le moment », promis que « l’Amérique est avec vous avec une puissance immense et létale », et appelé les membres des Gardiens de la Révolution à déposer les armes en échange de l’immunité. Le registre était celui de la libération imminente.

Ce mardi, le ton a légèrement changé. Interrogé à la Maison-Blanche sur les premières manifestations signalées en Iran, Trump a exprimé son soutien au mouvement tout en demandant aux Iraniens de ne pas agir dans l’immédiat. La raison invoquée est aussi simple que glaçante dans ce qu’elle révèle de la réalité du terrain : les bombardements en cours rendent la rue trop dangereuse pour que des civils s’y exposent.


Le problème des successeurs : ils sont morts

Trump a également livré une réflexion sur la transition post-conflit en Iran qui illustre l’ampleur des éliminations ciblées menées depuis le début de l’opération. Interrogé sur les personnes susceptibles de diriger l’Iran après la chute du régime, il a reconnu que la plupart de ceux qu’il avait identifiés comme candidats potentiels à une transition ont été tués dans les frappes. « La plupart des gens que nous avions en tête sont morts. »

Cette déclaration, faite sans affect particulier, dit quelque chose d’important sur la profondeur de la décapitation en cours. Israël et les États-Unis ne frappent pas seulement des infrastructures militaires — ils éliminent méthodiquement les cadres intermédiaires et supérieurs d’un régime dont ils souhaitent accélérer l’effondrement. Mais cet effondrement, pour être utile, nécessite des successeurs. Et les successeurs identifiés disparaissent au fil des frappes.

Trump a néanmoins exprimé son optimisme : de nouveaux candidats émergeront, a-t-il affirmé. « Beaucoup de gens veulent le poste, et certains seront très bons. »


L’espoir d’une figure issue de l’intérieur

Au-delà des calculs stratégiques, Trump a exprimé une aspiration plus simple : voir surgir depuis l’Iran même une personnalité capable de réconcilier le pays avec lui-même et avec le reste du monde. Il s’est dit ouvert à coopérer avec un nouveau gouvernement iranien, même s’il devait inclure des éléments de l’ancien régime — pourvu que la politique étrangère et nucléaire change radicalement.

Ce pragmatisme assumé tranche avec le discours de rupture totale que certains attendaient. Pour Trump, l’objectif n’est pas la destruction de l’État iranien mais la neutralisation de ses ambitions nucléaires et régionales. Un Iran différent, dirigé différemment, reste un interlocuteur possible.

Nous sommes plus que jamais à l’aube de la désatanisation du monde  —  par Philippe ARNON

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People attend a protest against the Iranian regime, in Berlin, Germany, Saturday, Oct. 22, 2022, following the death of Mahsa Amini in the custody of the Islamic republic's notorious "morality police". The 22-year-old died in Iran while in police custody on Sept. 16 after her arrest three days prior for allegedly violating its strictly-enforced dress code. (AP Photo/Markus Schreiber)
Souvenez-vous, j’écrivais il y a peu que les foules immenses iraniennes de décembre et janvier derniers, signaient le début du déclin de l’islam. C’est l’évidence même : quand un peuple de 90 millions de personnes exècrent jusqu’à vomir le gouvernement qui le dirige et que ce gouvernement est une théocratie, cela signifie sans ambiguïté qu’il exècre jusqu’à vomir la religion qui sert de fondement à cette même théocratie. Je me suis souvent demandé comment une personne sensée et équilibrée pouvait être musulmane tant cette religion est véritablement une jouissance du mal. Massacrer en deux nuits, les 8 et 9 janvier derniers, plus de 32 000 personnes sans armes, aller jusque dans les hôpitaux en finir avec les blessés, torturer pendant les 47 ans de leur règne ceux qui osaient s’exprimer librement, c’est à dire s’en prendre à leurs propres frères …qu’est-ce au juste si ce n’est pas de la satanisation ? Et où l’ont-ils puiser cette satanisation, si ce n’est dans l’islam ? Je lisais ce matin le témoignage d’une femme iranienne emprisonnée et torturée … alors qu’elle était enceinte !!! et dont l’auteur de la torture n’était autre que celui qui allait devenir plus tard le président même de cette satanée république islamique !
Ces mollahs sont tellement atteints dans leurs neurones qu’ils s’en prennent désormais à leurs frères voisins en religion et qui sont de l’autre côté du Golfe. Au départ, ils avaient dit qu’ils ne s’en prendraient qu’aux bases américaines et aujourd’hui, ils lancent leurs missiles sur les hôtels et autres infrastructures touristiques. Certes, ceux-là sont des arabes, certes ils sont sunnites et non chiites. Là encore, on a la preuve de la permissivité de cette religion dont les fidèles s’entretuent ! Depuis 1979, les deux guides successifs et leurs affidés auront passé leur temps à concevoir puis élaborer des armes de destruction massives avec leurs drones et leurs missiles. Cela ne prouve t-il pas qu’ils n’ont que le mal dans leurs foutues têtes ? Où est l’amour de Dieu dans tout cela ? Où est la spiritualité ? Où est tout simplement la seule et vraie ambition politique qui ne devrait consister qu’à servir le bien public ?
Mais si le peuple iranien, ce peuple plusieurs fois millénaire, ce peuple intelligent, ce peuple subtil, ce peuple poète et esthète est l’architecte de la désatanisation du monde par son immense courage, Israël en est l’artisan empirique. C’est lui qui d’abord, avec ses avions a engagé le combat contre la satanocratie mollahienne. C’est lui qui a exterminé le fils direct de Satan, Khomeini et ses 40 sbires. Mais c’est lui également qui a sorti Trump de sa torpeur, qui l’a pris avec énergie par la main et l’a poussé à se bouger. Sans cette détermination israélienne, il en serait encore à se cacher derrière ses négociations avec le diable. Comme si on pouvait croire au diable d’ailleurs et comme si, il ne le savait pas ! Et naturellement, vous n’entendez pas sur les écrans de télévision de l’Occident, parler de cet aspect des choses.
La désatanisation du monde a donc pris désormais une dimension militaire. Elle est passée de la détermination du peuple iranien restée bien sûr intacte -on l’a vue dans les rues des villes iraniennes quand des gens apprenant l’élimination de Khameini et de ses 40 sbires se sont mis à danser de joie- à l’usage des armes israéliennes d’abord et américaines ensuite. Il y a tout lieu de croire que, lorsque le ménage de la vermine aura atteint son point culminant, c’est à dire que, lorsque la satanocratie des mollahs ne sera plus qu’un pouvoir en loque, alors le peuple iranien commencera à se prendre en charge. Pour l’heure, il est trop tôt car il risquerait une nouvelle hécatombe qui serait bien sûr plus intense que celle des 8 et 9 janvier dernier. J’ai dit plus haut qu’il était un peuple intelligent. Mais je le crois également un peuple sage. Je ne crois pas, une fois donc Satan à terre et blessé à mort,  qu’il versera dans une guerre civile. Il est capable de se gouverner par lui-même, il l’a montré dans son histoire, et sans ingérence étrangère car il n’en a absolument pas besoin. Par contre, et je tiens vraiment à insister sur ce point, les frappes des Israéliens et des Américains, leur suiveur, doivent ABSOLUMENT viser la vermine des mollahs. Elles doivent être comme on dit « chirurgicales ». Je sais, c’est doute une vue de l’esprit, naïve. Mais elles doivent autant que faire se peut, éviter le bon peuple iranien. Ainsi, samedi dernier à Minab, une école de petites filles aurait été touchée par une frappe faisant plus de 100 morts ! C’est horrible et cela fait beaucoup de peine ! Bien sûr, avec le régime des mollahs, il faut prendre ses informations avec des pincettes : on a vu plusieurs fois dans l’histoire, des régimes abjects s’en prendre à leurs concitoyens en créant de tels actes abominables pour se faire passer pour martyrs aux yeux de l’opinion publique internationale. Le porte-parole de l’armée israélienne, Nadav Shoshani a déclaré : « A ce stade, nous n’avons pas connaissance d’une frappe israélienne ou américaine à cet endroit … Nous opérons de manière extrèmement précise ». Cela, je l’espère à fond, de toutes mes forces, sinon, la désatanisation du monde serait remise en question, c’est certain. Or, il y a en ce moment une opportunité historique. Il ne s’agit surtout pas de la ruiner car il en va du salut du monde et de son avenir. Briser le mouvement de la désislamisation et donc de la désatanisation du monde, serait une erreur tragique !!! Mais avec les Américains et leur folie d’utiliser partout où ils passent, un tapis de bombes, je suis vraiment très inquiet !!!
Je suis goy. Vive Israël !
Philippe ARNON

L’Iran frappe encore le Golfe — Trump : « Leurs lanceurs s’épuisent »

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La guerre s’accélère sur tous les fronts simultanément. Ce mardi soir, un nouveau cycle de frappes iraniennes a touché plusieurs capitales du Golfe pendant que Tsahal lançait sa neuvième vague d’attaques sur Téhéran. Sur le front nord, des drones ont pénétré l’espace aérien israélien jusqu’en Galilée occidentale. Au Liban, l’armée israélienne a reçu l’ordre d’étendre son emprise territoriale. Et à Washington, Trump a lâché une formule qui résume sa lecture du rapport de forces : « Ils n’ont plus de marine, plus d’armée de l’air, plus de radar — tout a été détruit. »


Dubaï, Doha, Koweït, Abou Dhabi — le Golfe sous les bombes

En fin d’après-midi ce mardi, un nouveau cycle de frappes iraniennes a frappé simultanément plusieurs métropoles du Golfe. Des explosions ont été signalées à Dubaï, Doha, Koweït et Abou Dhabi. Les images qui circulent montrent des colonnes de fumée au-dessus de zones urbaines densément peuplées. L’Iran continue d’élargir le périmètre géographique de ses représailles, confirmant la stratégie de dispersion maximale que les analystes israéliens avaient identifiée comme un marqueur de l’affolement tactique du régime.

Dans la région du Grand Tel-Aviv, 18 zones touchées par des débris d’interception ont été recensées à la suite de la dernière salve iranienne vers Israël. La majorité des blessés sont dans un état léger, selon les autorités israéliennes.


Neuvième vague sur Téhéran — le Conseil des experts dans le viseur

Tsahal a confirmé l’ouverture de sa neuvième vague de frappes sur la capitale iranienne. L’une des cibles frappées est particulièrement chargée de symbolisme stratégique : le bâtiment où se réunit le Conseil des experts iranien — l’instance religieuse et politique chargée de désigner le prochain Guide suprême. En ciblant cette institution au moment même où l’Iran cherche à organiser la succession de Khamenei, Israël envoie un message clair : la transition que Téhéran tente d’orchestrer ne se fera pas à l’abri des bombes.

Par ailleurs, Israël a confirmé l’élimination de Daoud Alizadeh, commandant du corps libanais de la Force Qods iranienne, tué lors d’une frappe à Téhéran. Un échelon de commandement supplémentaire neutralisé dans la structure qui coordonnait les opérations iraniennes au Liban.


Front nord : drones en Galilée, l’armée libanaise réagit

Le front nord d’Israël a connu une montée en tension en milieu d’après-midi. Un premier drone a pénétré l’espace aérien dans le nord du pays avant d’être intercepté. Un second a ensuite été détecté en Galilée occidentale, déclenchant des sirènes jusqu’à Acre, Nahariya et les villes de la région des Krayot. L’incident a finalement été maîtrisé, les deux engins ayant été neutralisés.

Du côté libanais, un signe inhabituel : l’armée libanaise a arrêté douze membres armés du Hezbollah à un barrage routier qu’elle avait elle-même établi. Un geste concret qui fait suite au vote du gouvernement libanais interdisant toute activité militaire du Hezbollah sur son territoire — et qui suggère que Beyrouth tente, au moins partiellement, de faire respecter sa propre décision.


Liban : Tsahal autorisé à saisir de nouveaux territoires

Le ministre de la Défense israélien Israel Katz a annoncé que le niveau politique a donné son feu vert à Tsahal pour étendre son contrôle territorial au Liban, au-delà des cinq points actuellement tenus par les forces israéliennes à l’intérieur du pays. « Nous avons autorisé Tsahal à avancer et à prendre le contrôle de positions dominantes supplémentaires au Liban afin d’empêcher les tirs et de protéger les localités frontalières israéliennes », a déclaré Katz.

Cette décision marque une nouvelle étape dans l’engagement israélien au Liban depuis l’entrée du Hezbollah dans le conflit. Tsahal ne se contente plus de riposter — il consolide une présence physique sur le terrain libanais qui pourrait conditionner les termes de tout futur cessez-le-feu.


Trump : « Pas de marine, pas d’armée de l’air, pas de radar »

Lors d’une conférence de presse conjointe avec le chancelier allemand Friedrich Merz, Donald Trump a dressé un tableau sans nuance de l’état des forces iraniennes. « Ils n’ont plus de marine, plus d’armée de l’air, plus de radar — tout a été détruit », a-t-il affirmé. Plus tôt dans la journée, il avait déjà déclaré que les lanceurs de missiles iraniens commençaient à « s’épuiser ». Pour Trump, l’équation est simple : une puissance de feu américaine illimitée face à un arsenal iranien en voie d’épuisement accéléré.

Sur la question de l’armement d’opposants iraniens, des sources officielles américaines ont confirmé au Wall Street Journal que Trump reste ouvert à soutenir des groupes armés iraniens souhaitant renverser le régime — sans avoir encore arrêté de décision définitive sur la nature de ce soutien.

Vol pendant une alerte aux missiles — le geste ignoble d’une cliente dans un supermarché israélien

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Il y a des actes qui choquent non pas seulement par ce qu’ils sont, mais par le moment où ils sont commis. Ce lundi soir, dans un supermarché Yohananof de Rehovot, pendant que les sirènes hurlaient et que missiles iraniens fonçaient vers Israël, une cliente a profité de la panique générale pour voler le sac à main d’une employée réfugiée dans l’abri antiatomique. La police a ouvert une enquête.


Trente secondes de chaos, une vie dévalisée

Les faits se sont déroulés lors de la salve de missiles iraniens qui a frappé Israël dans la soirée de lundi. Comme dans tous les lieux publics du pays, la sirène a déclenché un mouvement immédiat et instinctif : employés et clients ont couru vers le local sécurisé du magasin — le mamad — pour se mettre à l’abri. Dans la précipitation, les postes de travail ont été abandonnés, les affaires personnelles laissées sur place. C’est précisément dans cette fenêtre de vulnérabilité qu’une cliente aurait agi.

Selon les premières constatations effectuées sur place, la suspecte aurait profité de l’absence de l’employée pour s’emparer de son sac à main, qui contenait de l’argent liquide et des cartes bancaires. Elle aurait ensuite quitté le magasin peu après les faits, avant même la fin de l’alerte. Ce n’est qu’au moment où la sirène a cessé et où l’employée a regagné son poste que le vol a été découvert.


« Une sensation très difficile pour toute l’équipe »

La réaction du personnel du magasin mêle indignation et consternation. « C’est un acte ignoble — une cliente a profité du fait que l’employée courait vers l’abri pendant l’alerte pour lui voler son sac », a déclaré une source au sein du magasin. « C’est une sensation très difficile pour toute l’équipe, surtout quand cela se produit à un moment où tout le monde craint pour sa sécurité. »

Ce dernier détail concentre toute la violence symbolique de l’événement. L’alerte aux missiles n’est pas un prétexte commode — c’est une menace réelle, vécue dans la peur par chacun des présents. Exploiter précisément ce moment de vulnérabilité collective et individuelle pour commettre un vol dit quelque chose sur le degré de cynisme de l’acte. Une plainte officielle a été déposée auprès de la police, qui a ouvert une enquête pour identifier et localiser la suspecte.


Un fait divers qui dit quelque chose de plus grand

Dans un pays en état de guerre, où des missiles tombent et où des familles enterrent leurs morts, ce type d’incident peut sembler anecdotique. Il ne l’est pas. Il rappelle que les crises révèlent les caractères — dans les deux sens. Depuis le début de l’opération Shaagat HaAri, des dizaines de témoignages circulent sur des gestes de solidarité, d’entraide et de courage ordinaire. Le vol du supermarché de Rehovot vient s’y inscrire en négatif — comme le contrepoint sombre d’une société qui, sous les bombes, reste traversée par toutes les dimensions de l’humanité.

La police de Rehovot cherche actuellement à identifier la suspecte, vraisemblablement captée par les caméras de surveillance du magasin.