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Le bunker, le fils et la trahison : les secrets du bureau du Guide suprême mis à nu

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Une enquête du New York Times publiée ce mardi lève le voile sur le mécanisme le plus secret du pouvoir iranien — « The Bayt », le bureau du Guide suprême. Ce que révèle l’investigation est à la mesure de ce que l’on pressentait sans pouvoir le documenter : derrière la façade institutionnelle du régime des mollahs se cache un État dans l’État, un gouvernement parallèle de 4 000 agents de l’ombre qui prend toutes les décisions qui comptent — nucléaire, opérations militaires à l’étranger, contrôle des ressources économiques — sans rendre de comptes ni au président iranien ni au Parlement. Selon les documents internes obtenus par le journal, toutes les décisions militaires significatives de l’année écoulée ont été prises à l’intérieur de ce bureau, parfois à l’insu même du chef du gouvernement ou du ministre des Affaires étrangères.

La révélation la plus spectaculaire de l’enquête concerne l’infrastructure physique de ce système. Sous le quartier Pastar, au cœur de Téhéran, s’étend un réseau de tunnels fortifiés de cinq kilomètres de long, reliant les bâtiments gouvernementaux à des bunkers enfouis à des dizaines de mètres sous terre. Ce complexe souterrain comprend des centres de commandement, des hôpitaux de campagne et des réserves alimentaires calculées pour tenir des années. Ce qui est particulièrement troublant dans les découvertes du renseignement américain, c’est l’emplacement délibéré des entrées de ce réseau : elles se situent sous des écoles primaires, des dispensaires fréquentés et des mosquées bondées. Le régime utilise sa propre population civile comme bouclier humain vivant pour dissuader l’Occident de frapper directement le « cerveau du pouvoir ». Malgré cela, le New York Times confirme que des frappes anti-bunkers ont réussi à atteindre des parties de ce dispositif le 28 février, entraînant l’élimination d’Ali Khamenei et des hauts responsables de son état-major.

L’enquête dévoile également les coulisses de la succession. Le transfert du pouvoir à Mojtaba Khamenei — le fils du Guide suprême assassiné — n’aurait pas été le résultat d’un processus naturel au sein du Conseil des experts, mais le fruit d’un coup de force silencieux orchestré par les Gardiens de la Révolution. Mojtaba, qui gérait le bureau de son père d’une main de fer depuis quinze ans, était perçu comme la garantie de la continuité du financement et de l’autorité de l’armée. Il est décrit comme un idéologue encore plus radical que son père, et sa désignation marquerait le basculement officiel de l’Iran vers un régime totalement militaro-religieux, sans même la fiction d’une légitimité cléricale classique.

La question de la trahison occupe une part centrale du reportage. Dans les jours suivant l’élimination de Khamenei père, des dizaines d’officiers et d’agents du bureau ont été arrêtés pour soupçon de collaboration avec le Mossad et la CIA. Plus grave encore : le New York Times confirme des informations selon lesquelles Ismaïl Qaani, le commandant de la Force Qods, aurait été interrogé pour avoir prétendument divulgué la position exacte du Guide dans son bunker en échange de promesses de protection diplomatique. La paranoïa à l’intérieur du bureau a atteint un niveau tel que Mojtaba aurait ordonné le remplacement intégral de son équipe de sécurité personnelle à trois reprises au cours de la seule dernière semaine. Le régime serait en état de « cannibalisme interne », chaque responsable soupçonnant son voisin d’être un agent double au service de l’Occident.

Le portrait final brossé par le New York Times est celui d’un régime qui affiche une puissance de façade, mais qui se consume de l’intérieur. Tandis que les États-Unis et Israël approfondissent leur pénétration des infrastructures militaires iraniennes, la menace la plus sérieuse pour « The Bayt » viendrait de ses propres tunnels — de l’infiltration renseignement profonde et des luttes sanglantes pour la succession. L’enquête conclut que l’Iran sous Mojtaba est une « bête blessée acculée dans un coin », susceptible de réagir avec un désespoir total à mesure que l’étau se resserre autour des galeries souterraines de Téhéran.

Source : C14

 

Frère du chef du Shin Bet libéré sous surveillance : le raisonnement du juge déclenche une tempête

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Un tribunal de district israélien a ordonné ce mardi la libération sous assignation à résidence de Betzalel Zini, le frère du directeur du Shin Bet (service de sécurité intérieure), qui est soupçonné d’avoir participé à une affaire de contrebande de marchandises vers Gaza. La décision elle-même n’est pas ce qui a provoqué l’indignation — c’est le raisonnement du juge pour la justifier qui a mis le feu aux poudres sur les réseaux sociaux israéliens.

Dans sa motivation, le juge a déclaré à la procurature, en réponse à des questions sur le chef d’accusation de « complicité avec l’ennemi en temps de guerre » : comment un homme qui a grandi dans le sionisme religieux, qui appartient à l’élite de la société israélienne, et dont chacun connaît l’identité du frère, pourrait-il mettre Israël en danger ? Cette formulation, qui associe explicitement l’identité familiale et l’appartenance communautaire à l’évaluation du risque de récidive, a immédiatement déclenché un débat virulent entre juristes, journalistes et citoyens.

Le journaliste judiciaire Guy Peleg a réagi avec véhémence : bien qu’il ait jugé le chef d’accusation lui-même excessif dans les circonstances, et la demande de détention provisoire peu raisonnable, il a fustigé la logique du juge. Prendre des décisions judiciaires en se basant sur l’identité du frère de quelqu’un et l’endroit où il a grandi, a-t-il écrit, est proprement incroyable dans un État de droit.

En face, le journaliste judiciaire Avishai Grünzweig a tenté de replacer la décision dans son contexte : le juge Alon Gavizon a ordonné le même régime de liberté surveillée pour l’ensemble des prévenus dans l’affaire de contrebande vers Gaza qui n’ont pas de casier judiciaire lourd — et pas seulement pour Betzalel Zini. Il a cité d’autres noms de prévenus libérés dans les mêmes conditions, dont aucun n’est le frère d’un responsable sécuritaire. Pour Grünzweig, le vrai critère appliqué est bien l’évaluation du risque de récidive : un homme résidant dans la ville religieuse d’Efrat, servant dans la réserve dans une unité combattant le Hamas, dont l’environnement familial et les valeurs transmises à ses enfants sont connus, dont le frère est à la tête du Shin Bet — quelle est la probabilité réelle, a-t-il argumenté, que cet homme commette délibérément une nouvelle infraction à caractère sécuritaire ?

Cette affaire soulève pourtant une question de fond que les deux camps reconnaissent implicitement : même si la décision de fond est peut-être défendable, l’outil rhétorique utilisé par le juge — invoquer le statut familial et l’appartenance identitaire comme critères d’évaluation judiciaire — envoie un signal problématique dans une société qui se débat depuis des années avec les questions d’égalité devant la loi. Dans un contexte de guerre où la contrebande vers Gaza est perçue comme une trahison nationale de premier ordre, la perception que certains profils sociaux bénéficient implicitement d’une présomption de loyauté supplémentaire ne peut que raviver des tensions profondes.

La procurature a déjà annoncé son intention de faire appel de la décision de libération.

Source : Srugim

 

Le professeur qui fuit l’enfer : Hetzroni tire sa révérence et laisse Israël à Netanyahu

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Il ne part pas discrètement, les valises à la main et la tête basse. Il part en claquant la porte, en laissant derrière lui une déclaration fracassante, un bras d’honneur institutionnel et une provocation de plus dans une carrière construite sur l’art de déplaire. Amir Hetzroni, professeur de sciences de la communication parmi les personnalités les plus controversées d’Israël, a annoncé ce 9 mars 2026 qu’il quittait définitivement le pays pour s’installer en Europe — une décision qu’il présente non pas comme une fuite, mais comme un jugement sans appel sur l’état de la société israélienne sous Netanyahu.

Le timing ne doit rien au hasard. Depuis le 28 février 2026, Israël a déclenché l’opération dite Roaring Lion, des frappes militaires coordonnées avec les États-Unis contre l’Iran, entraînant la déclaration d’un état d’urgence national. Cet état d’urgence demeure en vigueur, et les autorités israéliennes recommandent à la population de rester à proximité des abris. C’est dans ce climat de guerre ouverte, de sirènes et de missiles que Hetzroni décide de prendre l’avion — dans l’autre sens. Sa formule, reprise par le quotidien Maariv ce lundi matin, résume tout : « Je fuis l’enfer et je pars en Europe — vous, vous restez avec Netanyahu. »

Ce n’est pas la première fois que cet universitaire au tempérament volcanique annonce son départ. En mai 2015 déjà, il avait quitté Israël pour s’installer à Copenhague, avant de déménager en Chine, puis de rentrer chez lui à Karmei Yosef. Mais cette fois, le contexte est différent. Le pays n’est plus seulement en proie à ses tensions politiques internes chroniques — il est en guerre contre l’Iran, une guerre qui a remis Netanyahu au centre du jeu après des années d’accusations, de procès et de contestation.


Un personnage construit sur la rupture

Pour comprendre le poids symbolique de ce départ, il faut rappeler qui est Amir Hetzroni. Né le 6 février 1968, ce professeur de communication est notamment connu pour une série de déclarations controversées. Sa trajectoire académique l’a mené de l’Université de Tel Aviv, où il obtient son diplôme de premier cycle, jusqu’à l’Université hébraïque de Jérusalem pour son doctorat, puis à plusieurs postes d’enseignement — notamment à l’Université d’Ariel, à l’Université de Liverpool, et dans deux autres universités en Chine et à Istanbul.

Ce qui l’a rendu célèbre — ou infâme, selon le camp où l’on se place — c’est son aptitude à franchir toutes les lignes. Il avait atteint une notoriété nationale lors d’un débat télévisé post-électoral sur la Deuxième Chaîne, où il avait accusé les électeurs séfarades d’être responsables de la victoire de Benyamin Netanyahu aux élections, déclarant à son intervieweuse, elle-même d’origine séfarade, que rien de grave ne serait arrivé si ses parents étaient restés au Maroc. Il avait été expulsé du plateau en direct. Des poursuites judiciaires avaient suivi.

Licencié de l’Université d’Ariel, il avait contesté cette décision. Un tribunal du travail avait statué que le licenciement avait violé les règles de procédure syndicales. La carrière continue, les provocations aussi.


Partir, c’est condamner

Aujourd’hui, son départ s’inscrit dans un contexte politique et sécuritaire bien précis. Les frappes conjointes américano-israéliennes contre l’Iran ont fait plus de 1 000 morts et déclenché une vague de représailles iraniennes dans toute la région. À quelques mois des législatives, cette guerre donne à Netanyahu une occasion de redorer son image ternie par le 7-Octobre, mais l’effet pourrait faire long feu si le conflit s’enlisait.

C’est précisément ce calcul politique que Hetzroni refuse. En partant — et surtout en le disant publiquement — il transforme un acte privé en geste politique. Son message au pays qui reste : vous avez choisi Netanyahu, vous assumez Netanyahu, et les guerres de Netanyahu. Lui choisit l’Europe.

Lors de son précédent départ en 2015, il avait annoncé qu’il allait tourner un documentaire pour Al Jazeera expliquant pourquoi il serait préférable de fermer boutique avec l’État d’Israël. Cette fois encore, il ne part pas en silence : il part en acte de témoignage, en verdict personnel sur une société qu’il juge avoir atteint un point de non-retour.


L’Israël des départs

Le cas Hetzroni, aussi extrême qu’il soit dans sa formulation, touche à quelque chose de plus profond dans la société israélienne contemporaine. La question de la yerida — le départ d’Israël, terme longtemps tabou — est revenue dans le débat public avec une intensité nouvelle depuis le 7 octobre 2023, la reprise de la guerre, et désormais l’escalade contre l’Iran. Les frontières terrestres d’Israël avec la Jordanie et l’Égypte, qui avaient été fermées, ont rouvert le 8 mars 2026, permettant à nouveau les départs vers l’étranger.

Des milliers d’Israéliens ont quitté le territoire ou envisagent de le faire — non pas par opposition idéologique comme Hetzroni, mais par peur, par épuisement, par calcul économique. Ce mouvement silencieux tranche avec l’image officielle d’un pays soudé derrière son armée et son premier ministre. Hetzroni, lui, donne à ce phénomène un visage et une langue — certes outrancière, certes provocatrice, mais impossible à ignorer.


Ce que le départ dit, et ce qu’il ne dit pas

Il serait trop facile de réduire cet épisode à une nouvelle frasque d’un agitateur professionnel. Hetzroni sait exactement ce qu’il fait. Partir en temps de guerre, c’est s’exposer au mépris d’une large partie de la population. Le dire haut et fort, c’est refuser de se cacher derrière une discrétion hypocrite. Sa phrase — « vous restez avec Netanyahu » — est une provocation, mais elle pose aussi une vraie question sur ce que signifie rester, et pour quoi, et au prix de quoi.

Netanyahu a répété à plusieurs reprises que le régime iranien constituait une menace existentielle pour Israël. Pour ses partisans, le moment appelle à l’unité nationale. Pour ses adversaires — dont Hetzroni représente l’extrême le plus frontal — c’est précisément cette rhétorique de la menace existentielle permanente qui nourrit une logique guerrière sans fin.

La question que pose ce départ, derrière la polémique prévisible qu’il va générer, est simple : combien d’Israéliens pensent, sans oser le dire, exactement la même chose ?


Source : Maariv, 09/03/2026 | Wikipedia — Amir Hetsroni | Conflit américano-israélo-iranien de 2026 — Wikipedia | TIME France — La guerre contre l’Iran expliquée

Chabbat en Jordanie : l’odyssée des jeunes de Chabad bloqués par la guerre

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La guerre change les trajectoires. Elle ferme des espaces aériens, bloque des frontières, transforme un voyage ordinaire en aventure de survie. Pour une soixantaine de jeunes étudiants de Chabad — des garçons de yeshiva et des filles de séminaire — les premières semaines du conflit contre l’Iran n’auront pas été vécues depuis les abris de Tsfa’t ou de Jérusalem, mais depuis un hôtel cinq étoiles d’Amman, coincés entre des missiles qui survolaient la Jordanie et des espaces aériens fermés dans toutes les directions. Ils sont arrivés aux États-Unis cette semaine, après une semaine d’errance à travers le royaume hachémite. Le récit de leur sauvetage, rapporté ce 9 mars 2026 par Arutz 7, est à la fois un témoignage sur la résilience d’une communauté et un miroir des chaos logistiques engendrés par l’opération Roaring Lion.


Une mission de Torah, un départ raté

Tout commence avec Yud Shvat — l’une des dates les plus sacrées du calendrier Chabad, anniversaire du décès du précédent Rabbi Schneerson et d’entrée en fonction du Rebbe actuel. Les garçons de la Yeshiva Tzeirei Hashluchim Mesivta à Tsfa’t avaient travaillé dur sur un programme exigeant d’étude et d’observance en l’honneur de cette journée. Ceux qui avaient réussi devaient partir en voyage en Géorgie, dans l’ex-Union soviétique. Mais lorsque la guerre a éclaté le Chabbat avant Pourim, le voyage a été annulé.

Le groupe de 30 garçons se retrouve donc sans plan. C’est là qu’entre en jeu une organisation américaine de sauvetage, Grey Bull, dirigée par Brian et Olivia Stern. Ils promettent d’évacuer en toute sécurité les étudiants via la Jordanie, sur un vol vers l’Europe, puis vers les États-Unis. Le mardi après-midi — jour de Pourim — ils sont conduits en Jordanie, où des hébergements sont réservés dans un hôtel cinq étoiles à Amman. Ils ne peuvent pas quitter l’hôtel, par mesure de sécurité. Le lendemain, un groupe de 35 filles du séminaire Bais Rivkah les rejoint.


Le piège jordanien

Le problème, c’est que partir est plus facile à promettre qu’à réaliser. Des missiles survolent la Jordanie, et la fermeture des espaces aériens complique chaque tentative de départ. De son côté, la Jordanie a partiellement fermé son espace aérien quotidiennement de 18h à 9h du lendemain, en raison des développements régionaux et d’une évaluation des risques selon les normes internationales.

Le mercredi se transforme en jeudi. Le jeudi soir, les étudiants se rendent à l’aéroport dans l’espoir de partir vers Athènes et d’y passer le Chabbat. Le vol ne décolle jamais, faute de créneau horaire. Ils sont ramenés à l’hôtel, face à la perspective de passer le Chabbat en Jordanie.


Un Chabbat en terre étrangère

Ce détail — passer le Chabbat en Jordanie — peut sembler anodin pour un observateur extérieur. Pour ces jeunes Loubavitchs, profondément attachés à la loi juive dans ses moindres détails, c’est une épreuve d’une tout autre nature. Entre-temps, les garçons et les filles n’avaient presque rien à manger et survivaient avec quelques en-cas. Grâce à une des personnes attendant le vol avec eux, qui avait généreusement partagé ses chocolats à lait certifié cacher, ils avaient de quoi tenir.

L’organisation du repas de Chabbat devient une opération en soi. Le Rabbin Sholom Duchman de Colel Chabad en Israël se mobilise le vendredi matin pour préparer et envoyer de la nourriture — une grande quantité, car les étudiants n’avaient pas mangé correctement depuis plusieurs jours. Mais les autorités frontalières jordaniennes confisquent les vivres et les jettent.

C’est alors que les filles du séminaire entrent en action. Maintenant les standards les plus stricts de la cacherout, elles préparent les repas de Chabbat avec les produits de base qu’elles ont pu se procurer. La cuisine est rendue cacher, du matériel tout neuf est obtenu pour la cuisson.

Un moment de tension halakhique surgit. Des rabbins sont consultés et les étudiants sont informés que le Chabbat pourrait être profané pour les secourir, car il s’agissait d’un doute sur le danger de vie (safek pikouah nefesh). Les garçons et les filles, pourtant affamés, anxieux et épuisés par des nuits sans sommeil, ne voulaient pas enfreindre le Chabbat. Ils observent les règles avec une rigueur impressionnante, posent de nombreuses questions halakhiques et ne compromettent sur rien. Ils gardent le moral tout au long, même dans un lieu où ils doivent rester très discrets. Le Chabbat se déroule finalement dans la prière, le chant et la joie — un Chabbat de ferveur, décrit par les témoins comme empreint de « chayos », de vitalité spirituelle.


Pourquoi la Jordanie ?

Pour comprendre pourquoi ces jeunes se sont retrouvés à Amman plutôt qu’ailleurs, il faut revenir aux réalités logistiques de la guerre. Dès le 28 février 2026, l’espace aérien israélien est fermé à l’aviation civile, rendant impossible tout départ depuis Ben Gourion. Pour les départs urgents, les autorités recommandent de privilégier une sortie via la Jordanie ou l’Égypte, dont les frontières terrestres restent ouvertes.

Selon le Times of Israël, quelque 900 étudiants et professeurs israéliens sont bloqués à l’étranger après la fermeture de l’espace aérien, tandis que des dizaines de milliers de voyageurs israéliens à travers le monde sont également dans l’impossibilité de rentrer. Dans ce contexte, le couloir jordanien devient la seule voie de sortie praticable — mais elle est loin d’être simple. Des compagnies comme Lufthansa, Turkish Airlines ou British Airways suspendent leurs vols vers Amman en plus de Tel Aviv, réduisant encore les options disponibles depuis le royaume.

La réouverture progressive de l’espace aérien israélien est annoncée par la ministre des Transports Miri Regev, à partir de la nuit du mercredi au jeudi, prioritairement pour les vols de rapatriement. C’est ce créneau de réouverture partielle qui permettra finalement aux étudiants de rejoindre les États-Unis, après près d’une semaine d’attente.


Un kiddouch Hachem inattendu

Le terme revient dans tous les témoignages recueillis par Arutz 7 et les médias communautaires : kiddouch Hachem — la sanctification du Nom divin. Ces jeunes, au lieu de plier sous la pression des circonstances, ont choisi de les transformer en démonstration de leur foi et de leur discipline. C’est un Chabbat rempli de ferveur, de prière, de chants et de repas de Chabbat, note le récit.

Dans une période où Israël est en guerre, où les sirènes retentissent, où les espaces aériens se ferment et où les familles s’inquiètent pour leurs enfants bloqués à l’étranger, cette histoire porte une charge émotionnelle particulière. Elle rappelle que derrière les chiffres de la guerre — les missiles interceptés, les kilomètres de front, les diplomaties qui s’agitent — il y a des dizaines de jeunes de 17 à 20 ans qui récitent des bénédictions dans un hôtel d’Amman en attendant de pouvoir rentrer chez eux.

Ils sont rentrés. Sains et saufs.


Sources : Arutz 7 / INN, 09/03/2026 | COLlive — Stranded in Jordan for Days | Times of Israël — Espace aérien | Diplomatie française en Israël — Voies de sortie

 

Attentat à la synagogue de Liège : l’antisémitisme frappe au cœur de la Belgique

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Dans la nuit la plus silencieuse, c’est souvent que les actes les plus lâches se commettent. Ce lundi 9 mars 2026, peu avant 4 heures du matin, une explosion a soufflé la façade de la synagogue de Liège, rue Léon Frédéricq. Un acte que les autorités belges qualifient sans ambiguïté d’antisémite — commis dans le noir, sans victimes physiques par chance, mais avec une intention criminelle qui ne laisse aucun doute. En pleine guerre entre Israël et l’Iran, l’Europe reçoit à nouveau sur son sol les ondes de choc d’un conflit qu’elle n’a pourtant pas déclenché.


Une détonation dans la nuit liégeoise

Une explosion s’est produite cette nuit peu avant 4h00 devant la synagogue située rue Léon Frédéricq à Liège, a indiqué la police locale à l’agence Belga. L’incident n’a pas fait de blessés — seuls des dégâts matériels sont à déplorer. Des fenêtres des bâtiments situés en face ont été soufflées.

Un riverain décrit la scène à la RTBF avec une précision glaçante : « Juste en face de la synagogue, il y avait un explosif et toute ma façade, toutes les vitres ont été soufflées et tout a explosé. On a été réveillés par le bruit, et après, quand on est descendus, on a vu que tout était soufflé. »

La rue a été immédiatement fermée et le restera le temps des devoirs d’enquête. La police de Liège a établi un périmètre de sécurité aux alentours immédiats. Des bâches ont été posées devant l’édifice en attendant l’arrivée de la police fédérale. Des enquêteurs de la division « terrorisme » de la Police judiciaire fédérale de Liège mènent les premiers devoirs d’enquête. Le Service d’Enlèvement et de Destruction d’Engins Explosifs (SEDEE) de la Défense a été dépêché sur place — son expertise étant systématiquement requise lorsqu’une explosion de nature possiblement criminelle s’est produite.


Une synagogue historique au cœur du patrimoine juif liégeois

La cible n’est pas anodine. La synagogue de Liège a été fondée en 1899. Elle sert également de musée juif. L’édifice présente une façade en pierre striée avec des bandes horizontales alternées claires et rougeâtres, dans un style néo-roman avec des références mauresques, des arches arrondies, des tours symétriques et des ornements sculptés. Un bâtiment chargé de plus d’un siècle d’histoire communautaire, symbole de l’enracinement juif dans la cité ardente — et c’est précisément ce symbole qui a été visé cette nuit.


Des condamnations sans équivoque

La réaction des autorités est immédiate et unanime. Le bourgmestre de Liège, Willy Demeyer (PS), exprime sa « réprobation la plus totale face à cet acte extrêmement violent d’antisémitisme contraire à la tradition liégeoise de respect de l’autre ». Il ajoute : « Il ne peut être question d’importer dans notre cité les conflits extérieurs. »

Sur X, le ministre de l’Intérieur belge, Bernard Quintin, pointe « un acte antisémite abject qui visait directement la communauté juive de Belgique » et affirme que « les mesures de sécurité autour des sites similaires continueront à être renforcées ».

Du côté des organisations juives, la condamnation est tout aussi ferme. Le président du Comité des Organisations Juives de Belgique (CCOJB), Yves Oschinsky, a dénoncé « un acte antisémite extrêmement inquiétant, grave et préoccupant ».


Le contexte : quand la guerre au Moyen-Orient allume des mèches en Europe

L’explosion de Liège ne surgit pas dans un vacuum. Elle intervient dix jours après le déclenchement de l’opération Roaring Lion — les frappes conjointes américano-israéliennes contre l’Iran, lancées le 28 février 2026. Ces frappes ont déclenché une vague de représailles iraniennes dans toute la région et ont mis à l’épreuve la volonté de Téhéran de négocier avec Washington. Dans ce contexte d’embrasement régional, les communautés juives d’Europe sont placées sous surveillance accrue — et les actes antisémites se multiplient sur le continent.

La formule du bourgmestre Demeyer — « il ne peut être question d’importer dans notre cité les conflits extérieurs » — résonne comme un avertissement autant qu’une condamnation. Mais l’histoire récente enseigne que ces importations se produisent systématiquement, quelles que soient les frontières. Chaque conflit au Moyen-Orient a son écho dans les rues de Bruxelles, de Paris, d’Amsterdam ou de Liège. Cette nuit, c’est la rue Léon Frédéricq qui a payé le prix.


L’antisémitisme belge, un problème structurel

L’attentat de cette nuit n’est pas une première en Belgique. Le pays porte en lui la cicatrice du Musée juif de Bruxelles, attaqué en 2014 par un djihadiste de retour de Syrie, faisant quatre morts. Depuis lors, les sites communautaires juifs sont sous protection policière permanente — ce qui n’a visiblement pas suffi cette nuit à Liège, où un engin explosif a pu être déposé sans être détecté.

La question qui se pose désormais est celle de l’auteur et de la motivation précise. L’enquête est entre les mains de la division antiterroriste. Mais les signaux sont clairs : acte prémédité, nuit choisie pour l’obscurité et l’absence de témoins, cible symbolique. Tout indique un passage à l’acte idéologique, dans un climat où la guerre en cours sert de prétexte à ceux qui n’en cherchaient qu’un.


Sources : Arutz 7 / INN, 09/03/2026 | RTBF | La Libre Belgique | JNS.org | DH Les Sports+

Vacances en Europe transformées en cauchemar : la compagnie LOT condamnée à payer 300 000 shekels à des Israéliens

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La compagnie aérienne polonaise LOT a voulu se cacher derrière la guerre pour annuler deux vols sans débourser un shekel. La justice israélienne ne l’a pas suivi.

Quatorze Israéliens partis en voyage organisé en Europe du Nord à l’été 2025 se retrouvent aujourd’hui avec une victoire judiciaire en poche : le tribunal de petites créances de Petah Tikva vient de condamner la compagnie aérienne LOT à leur verser un total de 293 341 shekels, après qu’elle eut annulé deux vols dans le cadre d’un même voyage et tenté d’invoquer l’état de guerre pour se soustraire à ses obligations légales. Le juge Ariel Bergner, dans un jugement qui risque de faire jurisprudence, a balayé l’argument d’un revers de main : 23 autres compagnies aériennes continuaient à voler vers Israël exactement au même moment.

Un circuit en Europe du Nord qui tourne au désastre logistique

L’histoire commence à l’été 2025. Quatorze Israéliens réservent via l’agence de voyages Pegasus Tourisme & Voyages un circuit de dix jours en Pologne et dans les pays baltes — Lituanie, Lettonie, Estonie. La formule est complète, à 2 350 dollars par personne. L’aller est prévu le 14 août 2025 depuis Tel Aviv vers Varsovie, et le retour le 24 août depuis Tallinn via Varsovie vers Tel Aviv.

Mais le 9 août, soit cinq jours avant le départ, LOT envoie une première mauvaise nouvelle : le vol aller est annulé. L’agence Pegasus parvient à organiser une alternative partielle : les voyageurs s’achètent à leurs frais des billets Tel Aviv–Rome, depuis laquelle LOT assure une connexion vers Varsovie. Résultat : au lieu d’atterrir à Varsovie à 8h00 comme prévu, le groupe n’y arrive qu’à 22h30. Un retard de 14h30. Une journée entière du voyage perdue.

La deuxième tuile tombe le 19 août, alors que le groupe se trouve encore en plein voyage. LOT annule le vol retour. Les voyageurs doivent à nouveau fouiller dans leur portefeuille pour acheter eux-mêmes des billets alternatifs — cette fois via Athènes — à 569 dollars par personne, auxquels s’ajoutent 140 dollars de nuit d’hôtel à Varsovie. Ils rentrent en Israël le 26 août, soit un jour entier après la date prévue.

LOT invoque la guerre, le juge répond avec une liste de 23 concurrents

Devant le tribunal, LOT a défendu une position claire : la guerre en Israël — en référence à l’opération « Rugissement du Lion » contre l’Iran lancée fin février 2025 — constituait un cas de force majeure justifiant les annulations, et donc une exonération totale de toute indemnisation. La compagnie a produit à cet effet des évaluations de risques rédigées par un organisme externe, Opsgroup, pour étayer son analyse sécuritaire.

Le juge Bergner ne l’a pas entendu de cette oreille. L’agence Pegasus avait soumis au tribunal une liste des 23 compagnies aériennes qui, à la même période, continuaient d’opérer leurs vols vers et depuis Israël sans interruption. LOT n’a ni contesté cette liste, ni fourni la moindre explication sur la raison pour laquelle ses concurrentes avaient estimé le risque acceptable quand elle, non. Pire : les évaluations d’Opsgroup ont été écartées comme pièces irrecevables — il s’agissait de témoignages par ouï-dire, leurs auteurs n’ayant pas comparu devant le tribunal pour être soumis à un contre-interrogatoire.

La conclusion du juge est sans ambiguïté : « La défenderesse n°1 n’a pas réussi à prouver les conditions permettant l’application de l’exonération. » Il a jugé que les annulations relevaient de considérations économiques, et non sécuritaires.

Une arithmétique d’indemnisation au centième de shekel

Le juge Bergner a décomposé le préjudice de façon minutieuse pour chaque voyageur. La nuit d’hôtel à Varsovie achetée de leur poche (140 dollars, soit environ 518 shekels par personne dans le cadre d’un couple) a été remboursée. Le billet aller acheté en urgence (400 dollars, 1 480 shekels) et le billet retour de substitution via Athènes (569 dollars, 2 105 shekels) ont également été intégralement pris en charge.

S’y ajoutent les indemnités forfaitaires prévues par la loi israélienne sur les services aériens : 2 450 shekels par passager et par vol annulé, soit 4 900 shekels pour les deux annulations cumulées. Le juge a en outre accordé une indemnité exemplaire de 1 500 shekels par passager, motivée ainsi dans son jugement : « un préjudice important leur a été causé par les annulations de vols. » Enfin, 1 000 shekels de frais de justice par plaignant.

Au total : 11 021 shekels par passager, ou 12 021 shekels frais inclus. Sur 14 dossiers regroupés — certains comprenant plusieurs membres d’une même famille — la facture s’élève à 293 341 shekels. La plus grosse indemnité individuelle revient à la famille Sharon, composée de quatre membres : elle emporte 40 900 shekels, ce qui correspond exactement au plafond de compétence du tribunal de petites créances en Israël.

L’agence de voyages s’en tire sans une égratignure — et même avec des frais de justice

Contrairement à LOT, l’agence Pegasus Tourisme & Voyages est entièrement exemptée. La loi israélienne sur les services aériens ne met à la charge de l’intermédiaire de vente que les obligations pesant sur un « organisateur » — c’est-à-dire une entité qui affrète de la capacité dans un aéronef pour la revendre. Or le juge a établi que Pegasus avait agi en simple agence de voyages, sans jamais détenir de capacité propre dans les avions LOT. « Aucune preuve n’a été présentée selon laquelle la défenderesse n°2 avait affrété une capacité », écrit le juge. Non seulement Pegasus est acquittée, mais les plaignants ont même été condamnés à lui verser 1 000 shekels de frais de justice par dossier.

LOT dispose de 30 jours pour s’acquitter du paiement.

 

« Destruction totale » : quatre B-1 Lancer américains se positionnent en Angleterre pendant que Trump menace l’Iran d’anéantissement

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Samedi 7 mars, alors que la guerre entre Israël, les États-Unis et l’Iran entrait dans son huitième jour, un signal militaire d’une clarté brutale a été envoyé depuis le sol britannique. Quatre bombardiers stratégiques B-1 Lancer de l’US Air Force ont atterri sur la base de la Royal Air Force de Fairford, dans le Gloucestershire, en Angleterre — dont l’un arborant sur son fuselage le nom peint en grandes lettres : « Symphony of Destruction ». Quelques heures plus tard, Donald Trump publiait sur Truth Social l’une des menaces les plus explicites de toute la guerre : l’Iran était désormais « sous sérieuse considération pour une destruction complète et une mort certaine ».

Fairford, rampe de lancement vers l’Iran

La base de Fairford n’est pas une base ordinaire. C’est l’une des deux installations britanniques que le Premier ministre Keir Starmer a autorisées le 1er mars pour des opérations américaines défensives contre les sites iraniens de missiles — l’autre étant Diego Garcia, dans l’océan Indien. Starmer, qui a publiquement critiqué les frappes américano-israéliennes, a néanmoins consenti à ce que les infrastructures britanniques servent de point d’appui à des opérations jugées défensives vis-à-vis des intérêts du Royaume-Uni.

L’arrivée des B-1 à Fairford représente une escalade qualitative par rapport aux semaines précédentes. Trois appareils ont atterri samedi — dont la « Symphony of Destruction » et un second surnommé « Alien With an Attitude » — tandis qu’un quatrième avait été aperçu dès vendredi soir. La présence combinée de ces bombardiers lourds à portée de l’Iran constitue une démonstration de force délibérée, orchestrée en synchronisation avec le durcissement de ton de Trump.

Le B-1 Lancer : une machine de guerre hors norme

Le Rockwell B-1B Lancer, surnommé « Bone » par ses équipages — de la prononciation anglaise de « B-One » — est le bombardier le plus rapide de l’arsenal américain. Entré en service en 1986, l’appareil a été conçu pour pénétrer des défenses adverses à très basse altitude, à vitesse supersonique. Il mesure un peu plus de 44 mètres de long, pèse environ 86 tonnes à vide et peut décoller avec plus de 216 tonnes en charge maximale.

Ses performances en font un outil de projection mondiale redoutable. Sa vitesse maximale dépasse les 1 448 km/h — environ Mach 1,25 — et son rayon d’action opérationnel excède 9 400 kilomètres sans ravitaillement en vol, ce qui signifie qu’il peut atteindre Téhéran depuis le Royaume-Uni sans escale. Il emporte jusqu’à 56 700 kilogrammes de charge utile répartis dans trois soutes internes, dont 24 missiles de croisière AGM-158 JASSM, des bombes guidées par GPS de la famille JDAM ou des munitions conventionnelles de gros tonnage. Son coût unitaire avoisine les deux milliards de dollars.

Ce que sa présence confirme, selon les analystes militaires, c’est que la supériorité aérienne sur l’Iran est désormais établie. Lors des premiers jours de l’opération « Rugissement du Lion », seuls les bombardiers furtifs B-2 Spirit et les chasseurs F-35 — capables d’opérer dans des environnements de défense antiaérienne denses — pouvaient pénétrer l’espace aérien iranien. L’arrivée des B-1, moins furtifs mais dotés d’une capacité d’emport incomparable, signale que les systèmes de défense aérienne iraniens ont été suffisamment dégradés pour permettre à des appareils moins discrets d’opérer en quasi-impunité au-dessus du territoire ennemi.

Trump : « destruction complète et mort certaine »

Depuis le début du conflit, Donald Trump a multiplié les déclarations menaçantes sur les réseaux sociaux. Mais le message du 7 mars franchit un nouveau seuil dans sa rhétorique. Le président américain a évoqué, sur Truth Social, que des « zones et des groupes de personnes qui n’étaient pas considérés comme cibles jusqu’à ce moment » étaient désormais « sous sérieuse considération pour une destruction complète et une mort certaine » en raison du « mauvais comportement de l’Iran ».

La formulation est délibérément vague sur les cibles visées, mais son message stratégique est limpide : Washington est prêt à élargir le spectre des frappes au-delà des cibles militaires et nucléaires déjà atteintes. Le lendemain, Trump avait affirmé que les États-Unis préparaient un « grand coup » contre l’Iran et que l’opération avançait « comme prévu ». Dans un entretien au Daily Mail, il avait estimé que le conflit durerait « quatre semaines ou moins » — une fenêtre qui, depuis la mi-semaine, avait glissé vers « quatre à six semaines » selon la Maison Blanche.

Trump a également réitéré sa position de fond : aucun accord avec Téhéran n’est envisageable sauf « capitulation totale ». Il a précisé vouloir s’impliquer dans la désignation des futurs dirigeants iraniens et dans la reconstruction du pays après la guerre.

Une escalade calculée

L’arrivée des B-1 à Fairford s’inscrit dans une mécanique d’escalade progressive et contrôlée. Le Pentagone a annoncé son intention d’accélérer le rythme des frappes. Le déploiement de bombardiers lourds conventionnels, capables d’emporter des dizaines de missiles de croisière longue portée depuis un territoire allié à moins de cinq heures de vol de Téhéran, constitue un renforcement opérationnel concret — pas seulement symbolique.

Reste la question de la doctrine. Depuis 2013, les États-Unis disposent des GBU-57 Massive Ordnance Penetrator, bombes antibunker de 13 600 kilogrammes conçues spécifiquement pour détruire des installations souterraines profondes comme Fordo — le site nucléaire iranien enfoui dans une montagne à une quarantaine de mètres de profondeur. Ces munitions, emportées par les B-2, ont déjà été utilisées lors de la guerre de juin 2025 contre les sites de Fordo, Natanz et Ispahan. Leur emploi potentiel dans le cadre de cette nouvelle campagne plane comme une menace non formulée derrière l’arrivée des bombardiers en Europe.

La « Symphony of Destruction » posée sur le tarmac de Fairford n’est pas un accident de communication. C’est un message.

Tomer Bar aux commandes au-dessus de Téhéran : le général de l’armée de l’air israélienne a lui-même volé en Iran

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Il ne s’est pas contenté de donner les ordres depuis un poste de commandement. Le général Tomer Bar, commandant de l’armée de l’air israélienne, a personnellement pris part à des missions opérationnelles au-dessus du territoire iranien depuis le début de la guerre le 28 février. C’est la révélation qui circule dans les médias israéliens cette semaine, confirmée par des sources militaires : le chef de la force aérienne israélienne a lui-même piloté un F-15 lors des frappes nocturnes menées sur Téhéran, s’inscrivant dans une tradition de commandement par l’exemple qui est la marque des officiers supérieurs de Tsahal.

« Le plus grand raid aérien de l’histoire de l’armée de l’air »

Le 28 février, quelque 200 aéronefs israéliens ont participé à la première vague de frappes sur l’Iran — ce que l’armée a qualifié de « plus grand raid aérien de son histoire ». Tomer Bar, qui dirige la force aérienne depuis avril 2022, avait préalablement accompagné le chef d’état-major Eyal Zamir à la base aérienne de Hatzerim pour évaluer l’état de préparation des escadrilles. Les sources militaires décrivent des « dizaines de réunions d’information et de discussions opérationnelles » dans les semaines précédant l’offensive.

Dans la nuit du 6 au 7 mars, l’armée de l’air a mené une nouvelle vague de frappes d’envergure sur Téhéran, guidée par le renseignement militaire. C’est lors de cette séquence que Tomer Bar a personnellement piloté.

Mehrabad : cœur du réseau de contrebande d’armes vers le Liban

L’opération de nuit visait principalement l’aéroport international Mehrabad de Téhéran — l’un des deux aéroports desservant la capitale iranienne, situé dans l’ouest de la ville et assurant essentiellement des vols domestiques. Selon le communiqué militaire israélien, Mehrabad servait de « plaque tournante logistique » pour la Force Qods du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, chargée du financement et de l’armement des organisations proxies de l’Iran dans la région.

Lors de cette frappe, 16 avions appartenant à l’unité « Force Qods » des Gardiens de la Révolution ont été détruits. Ces appareils étaient utilisés, selon l’armée israélienne, pour transférer armes et fonds vers l’organisation terroriste Hezbollah au Liban. La destruction de cette flotte vise directement à perturber la chaîne logistique qui permettait à l’Iran d’alimenter son réseau de proxies au Moyen-Orient — un réseau que Tel Aviv cherche à démanteler depuis des années, et que la guerre a offert l’occasion de frapper à sa source.

Le centre de commandement de la défense aérienne anéanti

Les frappes nocturnes ne se sont pas arrêtées à l’aéroport. L’armée israélienne a également annoncé avoir détruit la principale salle de contrôle de la force aérienne des Gardiens de la Révolution à Téhéran — le centre chargé de l’évaluation de la situation aérienne et de la coordination de la défense de l’espace aérien iranien.

Dans un communiqué, Tsahal a précisé que cette frappe « affaiblit encore davantage le contrôle et le commandement iraniens, ainsi que leur défense aérienne ». Le chef d’état-major Eyal Zamir avait annoncé quelques jours plus tôt que plus de 80 % des systèmes de défense aérienne iraniens avaient été détruits depuis le début des hostilités, et que 60 % des lanceurs de missiles balistiques avaient été mis hors d’usage. La destruction du principal centre de commandement de la défense antiaérienne parachève ce démantèlement méthodique.

D’autres cibles ont également été frappées lors de la même séquence : des installations de stockage d’armes de la Force Qods et un site de fabrication et de lancement de missiles balistiques.

Un général qui pilote — une tradition israélienne

Le fait que Tomer Bar ait lui-même pris les commandes d’un appareil de combat au-dessus de l’Iran n’a pas surpris ceux qui connaissent son parcours. Né en 1969, nommé commandant de la force aérienne en avril 2022, Bar est un pilote de carrière qui a commandé plusieurs escadrons et bases aériennes avant d’accéder au sommet. Lors de la guerre de Gaza et des échanges avec l’Iran en avril 2024, il avait déjà participé personnellement à des sorties de combat.

Cette pratique du commandant qui vole avec ses troupes est profondément ancrée dans la culture de l’armée de l’air israélienne. Elle répond à une logique à la fois symbolique — montrer l’exemple — et opérationnelle : les officiers supérieurs qui continuent de piloter maintiennent une connaissance directe des conditions réelles du combat aérien. Dans un conflit de l’ampleur de la guerre contre l’Iran — la plus grande campagne aérienne de l’histoire d’Israël — la présence du commandant dans le ciel iranien envoie aussi un message politique : l’engagement est total, à tous les niveaux de la chaîne de commandement.

La désinformation iranienne en parallèle

Fait notable dans ce contexte : des rumeurs de propagande iranienne ont affirmé, dans les jours suivant le début des hostilités, que Tomer Bar avait été tué lors d’une frappe du CGRI. Des captures d’écran circulant sur des réseaux pro-iraniens ont relayé cette information, accompagnée d’une vieille photo du général. La désinformation a été rapidement démontée : Bar était vivant, visible lors de briefings opérationnels, et s’adressait publiquement aux pilotes dès le 28 février pour féliciter leur action. Son vol personnel en Iran dans la nuit du 6 au 7 mars constitue, à sa façon, la réponse la plus directe à ces rumeurs.

 

Gantz lâche une phrase explosive sur les soldats américains en Iran et déclenche une tempête outre-Atlantique

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En temps de guerre, les mots comptent autant que les bombes. Benny Gantz vient d’en faire l’expérience à ses dépens — ou peut-être délibérément — avec une déclaration qui a mis le feu aux poudres aux États-Unis à un moment particulièrement sensible.

Gantz a déclenché une vive controverse aux États-Unis après avoir déclaré, lors d’une interview sur la chaîne Sky News, qu’il n’excluait pas la possibilité de « bottes sur le terrain en Iran ». maariv

Le contexte rend cette déclaration d’autant plus explosive. Depuis le lancement de l’opération conjointe israélo-américaine contre l’Iran, beaucoup s’interrogeaient sur la nature exacte de la relation entre la grande puissance et le petit État sioniste — et bien sûr sur les liens entre le Premier ministre Benyamin Netanyahou et le président Donald Trump. Bien qu’il fût connu que la guerre contre l’Iran aurait un coût lourd, la mort de six soldats américains semble avoir provoqué une première vague de réactions aux États-Unis, de la part de personnes affirmant que les États-Unis ne combattent pas leur propre guerre, mais celle d’Israël. maariv

Dans ce climat déjà tendu, la phrase de Gantz est tombée comme une pierre dans un étang. Suggérer que des soldats américains pourraient être déployés sur le sol iranien, même sous forme de question ouverte, a immédiatement alimenté le débat déjà vif sur la nature de l’engagement américain dans ce conflit. Pour une frange de l’opinion publique américaine — et de certains élus du Congrès — c’est exactement le genre de déclaration qui confirme leurs craintes : qu’Israël cherche à entraîner davantage les États-Unis dans une guerre dont ils ne veulent pas porter seuls le fardeau.

La distinction entre une guerre menée par les États-Unis dans leur propre intérêt et une guerre menée pour le compte d’Israël est une ligne de fracture politique américaine ancienne, mais elle se ravive avec une intensité particulière dès lors que des cercueils reviennent au pays. Six soldats morts, c’est peu dans l’absolu — mais c’est énorme politiquement dans une Amérique où le souvenir de l’Irak et de l’Afghanistan reste vivace.

Gantz, qui se positionne dans l’opposition israélienne tout en soutenant le gouvernement de guerre, joue une partition délicate. Sa déclaration sur les bottes américaines en Iran peut être lue de plusieurs façons : comme un appel à un engagement renforcé des alliés, comme une tentative de partager la responsabilité, ou comme une maladresse politique majeure à un moment où Washington est déjà en train de peser le prix de son soutien.

Dans tous les cas, une chose est certaine : la phrase a été entendue, et elle a froissé.

Les soldats ultra-orthodoxes derrière les frappes sur l’Iran : « Notre mission est de faire revenir chaque avion sain et sauf »

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On retient les images des F-35 qui décollent, des explosions sur Téhéran, des généraux qui tracent des flèches sur des cartes. On retient moins ceux qui travaillent dans l’ombre, dans les bunkers souterrains des bases de l’armée de l’air, pour que chaque avion soit prêt avant de partir et intact à son retour. Ce sont les soldats des det »k — les abris souterrains blindés — et parmi eux, des hommes qui portent la kippa et les tsitsit.

Derrière la série de frappes au cœur de l’Iran, aux côtés des pilotes, se trouvent les techniciens det »k — les abris souterrains blindés — des soldats ultra-orthodoxes de l’armée de l’air. Ces hommes travaillent 24 heures sur 24, responsables du ravitaillement en carburant, de l’armement, du départ et de la réception des avions. srugim

Un det »k (abréviation hébraïque d’abri souterrain) est une structure en béton renforcé dans les bases de l’armée de l’air, conçue pour protéger les avions de combat, les équipages et les munitions contre les attaques de missiles ou de bombes. srugim

Tsahal a indiqué que dans le cadre du programme « Léchem Chamaïm » (« Pour le ciel »), les soldats det »k ultra-orthodoxes permettent aux avions de combat d’atteindre des résultats significatifs, dans un cadre de service qui leur permet de maintenir leur mode de vie ultra-orthodoxe. srugim

Ces hommes incarnent une réalité souvent ignorée dans le débat israélien sur le service militaire des ultra-orthodoxes : certains ont choisi de servir, dans des unités adaptées à leur style de vie, et ils servent au cœur des opérations les plus importantes que l’État d’Israël ait jamais menées.

Le commandant det »k ultra-orthodoxe de l’escadron 109, sergent-major avancé D., a déclaré : « Nous agissons comme il le faut pour garantir la disponibilité des avions, la sécurité des pilotes et la préparation des appareils pour le prochain vol. Nous comprenons parfaitement l’importance de notre travail et notre contribution au succès de la mission — garantir que chaque avion accomplisse sa mission et rentre sain et sauf. » srugim

Pendant que les médias suivent les trajectoires des missiles et les déclarations des généraux, ces hommes en tenue militaire et chapeau noir maintiennent en vie la machine de guerre israélienne, un ravitaillement à la fois, une arme à la fois. Leur contribution est silencieuse. Elle est pourtant au cœur de tout.