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Un Israélo-Américain de retour du Maroc, arrêté pour espionnage au profit de l’Iran

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Les services de sécurité israéliens ont annoncé hier l’arrestation d’un Israélo-Américain, revenu récemment du Maroc, soupçonné d’avoir mené des activités d’espionnage au profit de l’Iran. Selon le communiqué officiel, l’homme aurait transmis à ses contacts iraniens des informations sensibles sur des personnalités politiques et sécuritaires de premier plan, notamment l’ancien chef d’état-major Herzi Halevi et le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir.

Les enquêteurs affirment que le suspect a également pris des photos et vidéos de rues, de bâtiments et de sites stratégiques dans plusieurs villes israéliennes, avant de les envoyer à ses commanditaires. Ce mode opératoire correspond, selon le Shin Bet, à une méthode classique de renseignement iranien consistant à cartographier le territoire israélien à travers des agents ayant une double nationalité ou des facilités d’entrée sur le territoire.

Les premiers éléments de l’enquête révèlent que le suspect aurait été approché lors d’un séjour prolongé au Maroc, où il aurait rencontré un agent opérant sous couverture civile. L’Iran, qui entretient des réseaux actifs en Afrique du Nord et en Turquie, utilise souvent ces points de passage pour recruter, former et briefer ses agents avant de les envoyer en mission en Israël.

Les autorités israéliennes rappellent que ce n’est pas la première fois que Téhéran tente d’exploiter des binationaux ou des voyageurs pour collecter du renseignement. En 2022 déjà, plusieurs citoyens arabes-israéliens avaient été arrêtés après avoir été recrutés par les Gardiens de la Révolution via les réseaux sociaux. Cette fois, le fait qu’il s’agisse d’un Israélo-Américain met en lumière une nouvelle stratégie : élargir le spectre des cibles pour échapper aux radars habituels.

Un haut responsable sécuritaire cité par Haaretz a déclaré : « Les Iraniens cherchent en permanence à pénétrer le tissu israélien par des moyens détournés. Ils ciblent les failles psychologiques, les besoins financiers ou les idéologies extrêmes. Chaque arrestation de ce type confirme leur obstination et souligne la nécessité d’une vigilance permanente. »

Le dossier est particulièrement sensible car il concerne des personnalités au cœur de la vie politique et militaire israélienne. Herzi Halevi, qui a récemment quitté ses fonctions de chef d’état-major de Tsahal, reste un acteur influent dans le débat sécuritaire. Quant à Itamar Ben Gvir, ministre controversé et figure de l’extrême droite, il fait régulièrement l’objet de menaces. La possibilité que leurs déplacements ou habitudes aient été surveillés par un agent lié à l’Iran soulève des inquiétudes évidentes.

Les services de sécurité insistent toutefois sur le fait qu’aucune donnée classifiée n’aurait été compromise. Le suspect aurait principalement collecté des informations de terrain, à usage potentiel pour la préparation d’attentats ou pour évaluer la sécurité des responsables israéliens. Un officier du Shin Bet souligne : « Même des images banales de rues, si elles sont compilées méthodiquement, peuvent servir de base opérationnelle. C’est précisément pourquoi nous considérons ce type d’activité comme extrêmement grave. »

Sur le plan diplomatique, cette affaire risque d’attiser encore davantage les tensions entre Israël et l’Iran, déjà exacerbées par les attaques de drones houthistes contre Eilat et les frappes israéliennes contre des positions iraniennes en Syrie. Elle pourrait également relancer la coopération sécuritaire entre Israël et les États-Unis, puisque le suspect détient également la nationalité américaine. Washington n’a pas encore réagi officiellement, mais la question de la radicalisation d’expatriés ou de binationaux est déjà au centre de l’agenda sécuritaire américain.

La justice israélienne a prolongé la détention du suspect afin de permettre la poursuite de l’enquête. Des chefs d’accusation d’espionnage aggravé et de contacts avec un agent étranger devraient être déposés prochainement. Si ces accusations sont confirmées, l’homme risque une peine de prison lourde pouvant aller jusqu’à la perpétuité.

Cette arrestation intervient dans un climat de méfiance accru en Israël, où la société vit depuis le 7 octobre dans une atmosphère d’alerte permanente. Les appels répétés des autorités à signaler tout comportement suspect prennent aujourd’hui une résonance particulière. Comme l’a résumé un analyste du Jerusalem Post : « L’Iran ne cherche pas seulement à frapper militairement Israël. Il veut aussi saper la confiance des citoyens dans leur sécurité quotidienne. »

L’affaire de l’Israélo-Américain arrêté pour espionnage sera désormais un test pour la capacité des services israéliens à neutraliser non seulement les roquettes et drones ennemis, mais aussi les infiltrations plus subtiles qui visent le cœur même de la société israélienne.

Encore un raté de Naftali Bennett : sa loi sur la limitation de mandat… sera sans effet immédiat sur Netanyahou

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La scène politique israélienne connaît une nouvelle secousse avec la réapparition d’une proposition emblématique de l’ancien Premier ministre Naftali Bennett : limiter à huit ans la durée totale du mandat de chef de gouvernement. Présenté comme un outil démocratique destiné à régénérer la vie politique et à éviter la concentration excessive de pouvoir, ce projet a cependant une faille majeure – il ne serait pas appliqué rétroactivement. Autrement dit, Benjamin Netanyahou resterait éligible au poste de Premier ministre jusqu’en 2034 au minimum, soit encore près d’une décennie de gouvernance potentielle.

C’est le journaliste politique Amit Segal qui a révélé les détails : selon lui, la rédaction actuelle du texte ne permet pas d’inclure les mandats passés. Cette précision est loin d’être anodine, car elle vide en grande partie le projet de sa portée immédiate. En pratique, le Premier ministre en exercice, déjà au pouvoir plus de 16 ans cumulés, resterait largement en dehors du champ de contrainte que Bennett entend imposer à ses successeurs.

La proposition n’est pas nouvelle. Bennett avait déjà tenté de faire passer une loi similaire en mai 2022, à l’époque où il dirigeait une coalition hétéroclite. Le projet avait alors été bloqué in extremis : la Knesset s’était ajournée sans même inscrire la question au vote, ce qui avait enterré la mesure dans les limbes parlementaires. Cette fois encore, les chances de concrétisation paraissent minces, malgré le climat politique délétère.

L’idée de limiter la durée de fonction d’un Premier ministre n’est pas propre à Israël. Aux États-Unis, la Constitution fixe un maximum de deux mandats présidentiels de quatre ans. En France, la présidence est encadrée par deux quinquennats. Mais en Israël, pays sans Constitution formelle et régi par des lois fondamentales souvent malléables, le poste de Premier ministre est jusqu’ici illimité dans le temps, tant que les majorités parlementaires le permettent.

Les partisans de la réforme de Bennett y voient une nécessité vitale. Ils estiment que la domination de Netanyahou a transformé la vie politique israélienne en une polarisation permanente, où tout se résume au soutien ou à l’opposition au chef du Likoud. Selon eux, une limitation de mandat ouvrirait la voie à un renouvellement démocratique, à une nouvelle génération de dirigeants, et mettrait fin à ce qu’ils qualifient d’« ère Bibi sans fin ».

Mais les critiques dénoncent un projet conçu davantage comme une manœuvre politique qu’une véritable réforme démocratique. Puisqu’il ne s’appliquerait pas à Netanyahou, le texte apparaît comme un simple affichage destiné à séduire l’électorat centriste et à ressusciter l’image d’homme d’État de Bennett. Les partisans de Netanyahou ironisent déjà sur une « loi fantôme », sans conséquence immédiate, qui témoigne davantage de l’obsession de ses rivaux que d’une vision cohérente.

Le timing de cette relance est également révélateur. Alors que le pays est englué dans une guerre coûteuse à Gaza, dans une confrontation indirecte avec l’Iran et dans une crise diplomatique croissante avec l’Égypte, l’idée de se concentrer sur des débats institutionnels paraît à beaucoup comme déconnectée des urgences nationales. Certains analystes rappellent que la société israélienne vit depuis le 7 octobre une succession de traumatismes, et que ce type de proposition, loin de rassembler, risque au contraire de rallumer les divisions internes.

Du côté du Likoud, la réaction ne s’est pas fait attendre. Des députés de la majorité affirment que toute tentative de cibler Netanyahou par une loi de ce type serait « antidémocratique », car elle reviendrait à priver l’électorat de son choix. Pour eux, seul le peuple doit décider de la durée du mandat d’un Premier ministre, par le biais des élections. En creux, cette argumentation illustre la stratégie constante de Netanyahou : se présenter comme la victime d’élites qui chercheraient à écarter par la loi ce qu’elles n’arrivent pas à battre dans les urnes.

À gauche et au centre, la réception est plus nuancée. Certains députés estiment que la réforme est nécessaire mais dénoncent le manque de courage politique de Bennett, qui refuse d’y inclure une clause rétroactive. D’autres considèrent qu’il s’agit d’une diversion inutile tant que la guerre et la crise sécuritaire ne sont pas résolues.

Ce débat illustre une fois de plus l’impasse politique israélienne : une opposition qui peine à se fédérer autour d’un projet commun, un Premier ministre qui reste solidement installé malgré les scandales et les critiques, et une société divisée entre ceux qui veulent tourner la page et ceux qui persistent à voir en Netanyahou le seul leader capable d’assurer la survie d’Israël.

En attendant, la proposition de Bennett semble condamnée au même sort que sa précédente tentative : être discutée, commentée, puis enterrée. Mais elle aura au moins eu le mérite de rappeler une vérité crue : tant que rien n’encadre légalement la durée d’un mandat, Netanyahou reste libre de s’accrocher au pouvoir – et l’électorat israélien de continuer à le lui confier.

 

Trump joue sa carte arabe : et si Gaza devenait le fardeau de la Turquie et de l’Arabie saoudite ?

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En marge de l’Assemblée générale de l’ONU, Donald Trump a réuni les dirigeants de plusieurs pays arabes et musulmans pour discuter du « jour d’après » à Gaza. Derrière l’image d’une diplomatie offensive, se dessine une stratégie plus calculée : transférer sur Ankara et Riyad la responsabilité et le financement de la reconstruction de l’enclave. Une manière de se poser en faiseur de paix… tout en ménageant ses intérêts intérieurs.

Un sommet discret mais lourd de sens
Le président américain a convié autour de lui des représentants de Qatar, Égypte, Arabie saoudite, Jordanie, Turquie, Indonésie et Pakistan. Objectif affiché : bâtir une « coalition islamique » chargée de gérer Gaza après la chute du Hamas. Pour le Dr. Shay Har-Zvi, chercheur à l’université Reichman, « Trump veut créer un front arabe-musulman qui prendra la relève du Hamas dans la gouvernance, avec un investissement colossal estimé à plusieurs dizaines de milliards de dollars ». Une approche en ligne avec les projets présentés par Tony Blair et Jared Kushner, qui imaginent une autorité régionale de transition pour administrer Gaza.

Le calcul Trump : Nobel en ligne de mire
À quelques jours de l’annonce du prix Nobel de la Paix (10 octobre), l’ancien président veut se placer comme l’architecte d’un règlement inédit. La photo de groupe avec les puissances sunnites pourrait l’y aider. Mais cette ambition masque une réalité : plutôt que d’impliquer directement Washington dans le « bourbier gazaoui », Trump cherche à déléguer la gestion politique et financière à la Turquie et à l’Arabie saoudite — deux pays qu’il estime avoir les moyens et l’influence pour « tenir » l’enclave.

Une opposition frontale à Macron et aux Européens
Trump a rejeté avec vigueur les appels de dirigeants occidentaux, Emmanuel Macron en tête, à reconnaître un État palestinien. « Ce serait une récompense au Hamas pour les atrocités du 7 octobre », a-t-il tonné. Preuve de sa fermeté, son administration a empêché Mahmoud Abbas de se rendre à New York, obligeant le président de l’Autorité palestinienne à s’exprimer par visioconférence.

Les otages comme ligne rouge
Le président américain a répété à la tribune : « Un seul message : libérez les otages, maintenant ». Selon la Maison-Blanche, pas de sortie de crise sans restitution des 48 captifs encore détenus à Gaza. Cette condition, qui correspond à une exigence unanime de l’opinion israélienne, pourrait devenir l’argument central de Trump face à Netanyahou lors de leur rencontre prévue lundi à New York.

Netanyahou au carrefour stratégique
Deux options s’offrent désormais au Premier ministre israélien :

  • L’option militaire : conquérir Gaza, au risque de mettre en péril la vie des otages et d’aggraver l’isolement international d’Israël.
  • L’option Trump : accepter une médiation arabe pour mettre fin à la guerre, récupérer les otages et ouvrir la voie à une normalisation historique avec Riyad et d’autres capitales musulmanes.

Pour Dr. Har-Zvi, « choisir la voie politique permettrait à Israël d’accroître sa puissance stratégique, d’intégrer davantage ses alliances arabes et de délégitimer définitivement le Hamas ».

Trump ne cache pas son ambition personnelle, mais derrière ses calculs, une réalité s’impose : Israël se retrouve au cœur d’un marchandage international où son avenir sécuritaire pourrait dépendre d’Ankara et de Riyad. Reste à savoir si Netanyahou acceptera ce scénario, ou s’il préférera le champ de bataille à la diplomatie.

Mots-clés : Donald Trump, ONU, Gaza, otages, Netanyahou, Arabie saoudite, Turquie, Hamas, normalisation, diplomatie américaine

Un migrant musulman entre dans un restaurant à Monaco et commence à prier…

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À Monaco, un simple incident survenu dans un restaurant a suffi pour relancer un vieux débat européen : où s’arrête la liberté religieuse, et où commence l’exigence de neutralité et de respect des règles de la vie collective ? Selon des témoins, un client de confession musulmane aurait entamé une prière à l’intérieur de l’établissement. Le gérant, invoquant le droit de maintenir l’ordre et la neutralité de son commerce, lui aurait demandé poliment de sortir. Le client aurait refusé, déclarant qu’il avait le droit de prier « où il le souhaitait ».

L’incident n’a duré que quelques minutes, mais son écho médiatique a été immédiat, car il s’inscrit dans un contexte européen marqué par des tensions croissantes autour de l’expression religieuse dans les espaces publics et privés.

Un dilemme juridique et symbolique

En théorie, la liberté de religion est garantie par les constitutions européennes ainsi que par la Convention européenne des droits de l’homme (article 9). Mais cette liberté connaît des limites : un restaurateur, en tant que propriétaire privé, dispose du droit de fixer des règles internes, tant qu’elles ne sont pas discriminatoires. De son côté, un client est tenu de respecter le règlement de l’établissement.

La question se complique lorsque l’expression religieuse est jugée trop visible ou perturbatrice par certains, et perçue comme un droit fondamental par d’autres. En France, la jurisprudence du Conseil d’État a confirmé à plusieurs reprises la légitimité d’interdire des comportements religieux dans des espaces privés accueillant du public, si ces comportements nuisent au bon fonctionnement du lieu. À Monaco, micro-État très proche du modèle français, ce même équilibre est recherché.

Le spectre de la laïcité à la française

La France voisine, qui a codifié le principe de laïcité depuis 1905, est souvent citée en exemple ou en repoussoir. Sur son sol, les prières de rue, les signes religieux ostentatoires dans les écoles ou les entreprises, et plus récemment le port de certaines tenues comme l’abaya, ont suscité des polémiques répétées. Pour les partisans d’une stricte neutralité, autoriser des pratiques religieuses visibles dans les restaurants, entreprises ou espaces collectifs risque de miner le vivre-ensemble. Pour d’autres, interdire ces pratiques équivaut à nier l’identité et la dignité de millions de croyants.

Entre tolérance et crispations identitaires

L’affaire monégasque intervient dans un climat où l’Europe peine à trouver un équilibre. D’un côté, l’immigration, notamment en provenance du Maghreb et du Moyen-Orient, a accru la visibilité de l’islam sur le continent. De l’autre, des mouvements politiques populistes exploitent chaque incident pour dénoncer une « islamisation » supposée, accentuant la polarisation de l’opinion publique.

Des chercheurs en sciences sociales soulignent que la grande majorité des musulmans en Europe pratiquent leur foi de manière discrète et respectueuse, mais que les tensions médiatisées autour d’actes minoritaires contribuent à stigmatiser l’ensemble de la communauté. Pour eux, la question dépasse le seul cas d’une prière dans un restaurant : elle renvoie à l’intégration, à la reconnaissance des minorités et à la capacité des sociétés européennes à rester fidèles à leurs propres principes démocratiques.

Le rôle des États et des institutions

Les gouvernements européens, eux, oscillent entre fermeté et inclusion. Certains pays scandinaves, comme la Suède et le Danemark, ont récemment restreint certaines manifestations religieuses, notamment après des incidents liés à des autodafés du Coran. La Suisse, en 2009, avait déjà voté l’interdiction des minarets, une décision critiquée par l’ONU. En revanche, l’Allemagne et le Royaume-Uni adoptent souvent une approche plus souple, cherchant à concilier pluralisme et cohésion sociale.

À Monaco, où l’incident a eu lieu, la réaction des autorités reste mesurée. Aucun texte n’interdit la prière dans un lieu public, mais les établissements privés peuvent faire valoir leur règlement interne. Le débat, cependant, dépasse les frontières du rocher monégasque : il s’inscrit dans une réflexion continentale sur le modèle de société que veut incarner l’Europe du XXIᵉ siècle.

Entre deux visions de l’Europe

Derrière cet épisode anecdotique, deux visions de l’Europe s’affrontent. Pour les uns, l’Europe doit rester un espace laïque où les pratiques religieuses se vivent dans la sphère privée, loin des regards et des frictions. Pour les autres, elle doit refléter la diversité de ses habitants, quitte à tolérer des comportements visibles qui peuvent heurter certaines sensibilités.

Le danger, préviennent les analystes, est double : une crispation excessive autour de la religion pourrait alimenter l’extrémisme et la marginalisation ; à l’inverse, une permissivité sans cadre pourrait donner l’impression d’un affaiblissement de l’autorité publique et nourrir les discours nationalistes.

Une question qui ne disparaîtra pas

Le cas monégasque n’est sans doute qu’un prélude à d’autres débats similaires à venir. Dans un continent confronté à des défis migratoires, identitaires et sécuritaires, chaque geste, chaque mot, chaque incident prend une valeur symbolique décuplée. La gestion de ces situations exige sang-froid, clarté juridique et, surtout, un effort renouvelé de pédagogie auprès des citoyens.

L’Europe du futur ne pourra ignorer cette tension entre laïcité et liberté religieuse. Elle devra choisir si elle veut être une forteresse de neutralité stricte ou un laboratoire de coexistence. Mais dans tous les cas, il sera impossible de faire l’économie d’un débat franc, rigoureux et respectueux sur ce qui unit et divise ses peuples.

 

La polémique Eden Golan : un cheeseburger, une étoile de David et une tempête en ligne

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La chanteuse Eden Golan, représentante d’Israël à l’Eurovision 2024, a déclenché un torrent de réactions après avoir publié une vidéo TikTok où elle apparaît en train de manger un hamburger avec du fromage, tout en portant une bague en forme d’étoile de David. Le geste, anodin pour certains, a suscité des critiques virulentes sur la question de la cacherout et du symbole religieux.


Début de semaine, Eden Golan dévoilait son nouveau single en hébreu, intitulé Sexit (« Sexy »). Dans le cadre de sa promotion, la chanteuse a partagé un court extrait sur TikTok : on la voit déguster un hamburger, vraisemblablement au fromage, avec une bague Magen David bien visible à son doigt. En quelques heures, la vidéo a enflammé les réseaux sociaux.

Pour une partie de ses abonnés, la combinaison entre symbole religieux et non-respect apparent des règles alimentaires juives constitue un « hiloul hashem » (profanation du nom divin). Les critiques s’appuient sur l’interdit biblique de mélanger viande et produits laitiers. L’affaire a pris une tournure publique lorsque Stav Katzin, ancienne participante de Big Brother, a publié un message appelant au respect de la cacherout : « La Torah nous enseigne que la viande représente le jugement et la vie, et le lait le chesed, la bonté. Les mélanger affaiblit l’âme. Quand une célébrité agit ainsi en public, cela crée une confusion spirituelle et un exemple négatif. »

Mais la chanteuse n’a pas été abandonnée à la vindicte populaire. Nombreux sont ceux qui ont pris sa défense, rappelant qu’elle est libre de ses choix personnels et que les critiques relèvent plus du jugement moral que d’une véritable indignation religieuse : « Laissez-la tranquille », peut-on lire dans certains commentaires, « qui êtes-vous pour juger ce qu’elle mange ? » D’autres relativisent en évoquant la possibilité qu’il s’agisse de fromage végétalien ou simplement d’un œuf posé sur la viande.

Jusqu’à présent, Eden Golan n’a pas répondu publiquement à la controverse. Ce silence laisse le champ libre aux interprétations et renforce l’ampleur du débat, preuve qu’en Israël, la moindre entorse apparente à la tradition, surtout lorsqu’elle est associée à un symbole national ou religieux, peut devenir affaire publique.

Au-delà de la polémique, l’épisode souligne la tension permanente entre identité religieuse, image publique et liberté individuelle dans la société israélienne contemporaine. Eden Golan, figure montante de la culture pop, incarne cette ligne de fracture : une jeunesse qui revendique sa modernité tout en restant étroitement scrutée par les gardiens de la tradition.

 

Israël : Miki Zohar coupe les vivres aux Ophir après la victoire d’un film jugé « pro-palestinien »

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Le ministre israélien de la Culture et des Sports, Miki Zohar, a annoncé la suspension immédiate du financement public des prix Ophir, équivalent local des Oscars. En cause : la victoire du film La Mer, accusé de présenter une vision « pro-palestinienne » et d’attaquer Tsahal en pleine guerre contre le Hamas.


La cérémonie des Ophir, organisée hier soir, s’est transformée en champ de bataille politique. Plusieurs lauréats ont profité de leur tribune pour dénoncer le gouvernement et la guerre qui se poursuit à Gaza. Mais l’élément déclencheur est venu du choix du jury : désigner La Mer comme représentant officiel d’Israël aux Oscars 2026.

Pour Miki Zohar, ministre de la Culture et des Sports, c’en est trop. « Après la victoire honteuse du film pro-palestinien La Mer, financé par l’argent des contribuables israéliens, j’annonce que je stoppe immédiatement le financement de ce festival déconnecté », a-t-il déclaré ce matin. Dans un communiqué, il accuse l’œuvre primée de « présenter les soldats de Tsahal et l’État d’Israël de manière calomnieuse et mensongère ».

Le ministre a poursuivi sur un ton sévère : « Il n’y a pas plus grande gifle au visage des citoyens israéliens que cette cérémonie embarrassante. Le fait que ce film, qui diffame nos soldats héroïques alors qu’ils risquent leur vie pour nous défendre, ait été couronné, n’étonne malheureusement plus personne. »

Cette décision provoque déjà un séisme dans le monde culturel. Les partisans du ministre estiment qu’il est impensable que l’argent public serve à récompenser une production perçue comme hostile à Israël au moment où le pays est engagé dans un conflit existentiel. À l’inverse, plusieurs voix du milieu artistique dénoncent une attaque directe contre la liberté de création et la diversité des points de vue.

L’affaire illustre une fracture profonde dans la société israélienne : entre ceux qui voient dans la culture un prolongement de la lutte nationale, et ceux qui la considèrent comme un espace d’expression critique indispensable. Mais en pleine guerre, la tolérance aux récits qui remettent en cause l’image de Tsahal se réduit comme peau de chagrin.

 

Super-Spartiate ? Pourquoi la comparaison de Netanyahou avec la Grèce antique divise

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En déclarant récemment qu’Israël devait se transformer en « super-Spartiate » pour faire face à son isolement international, le Premier ministre Benyamin Netanyahou a ravivé un vieux débat intellectuel et politique : celui du modèle historique sur lequel Israël devrait s’appuyer pour forger son identité collective. La référence à Sparte, cité-État guerrière de la Grèce antique, touche à un nerf sensible de la mémoire israélienne.

Un débat ancien, de Ben Gourion à Netanyahou

Dès la fondation de l’État, David Ben Gourion avait réfléchi à cette alternative : Israël devait-il ressembler à Athènes, foyer de la démocratie, des arts et de la philosophie, ou à Sparte, société militaire où le service des armes était central ? Faute de trancher, Ben Gourion avait puisé dans les deux modèles. La question n’a jamais disparu. Plus récemment, l’artiste Yehoram Gaon avait lui aussi affirmé que « ce pays doit être une Sparte ».

Dans son ouvrage Fortress Israel, le journaliste américain Patrick Tyler voyait déjà Israël se détourner du modèle athénien pour s’enfermer dans une logique spartiate. En choisissant ce terme de « super-Sparte », Netanyahou n’a donc pas improvisé : il a repris une image enracinée dans l’imaginaire politique israélien.

Sparte, Athènes : images d’Épinal et réalités historiques

Pour l’opinion publique, Athènes et Sparte apparaissent comme deux pôles opposés : l’une, démocratique, tournée vers la culture ; l’autre, militariste et autoritaire. Mais la réalité historique est plus complexe.

  • Sparte, malgré sa réputation de société guerrière, limitait ses guerres de conquête et avait inscrit dans sa loi l’interdiction d’affronter sans cesse le même ennemi. Ses femmes bénéficiaient d’un statut et d’un rôle politique plus affirmés qu’à Athènes.
  • Athènes, de son côté, était certes une démocratie… mais réservée à une minorité d’hommes libres, tandis que les femmes et les esclaves vivaient sous tutelle. Elle dirigeait un empire de « cités alliées » réduites à la soumission et n’hésitait pas à détruire des populations entières, comme à Mélos en 416 av. J.-C.

Ainsi, vouloir chercher Israël dans l’un ou l’autre modèle antique est un piège rhétorique : ni Sparte ni Athènes n’offrent un reflet crédible de la société israélienne contemporaine.

Une métaphore à double tranchant

Si l’expression de Netanyahou choque une partie de la société, c’est qu’elle suggère une identité réduite à la survie militaire, au détriment des dimensions démocratiques et culturelles d’Israël. Mais pour ses partisans, l’image parle d’elle-même : un État assiégé doit assumer sa force et bâtir sa cohésion sur la discipline et la puissance armée. Dans le contexte de la guerre contre le Hamas et des pressions diplomatiques, l’analogie spartiate apparaît comme une manière de revendiquer une identité de résilience et de résistance.

Israël, un modèle singulier

Au fond, comme le rappelle l’historien Neil Bar, auteur de Égaux – L’histoire de Sparte, aucune comparaison ne peut vraiment rendre compte de la spécificité israélienne. « L’histoire ne se répète pas, et elle ne rime même pas », écrit-il. Israël est une réalité unique, forgée par la mémoire de la Shoah, par l’aliyah des communautés juives du monde entier, et par un environnement régional où la survie nationale reste une préoccupation quotidienne.

Plutôt que de chercher dans la Grèce antique des modèles de substitution, le défi israélien est de construire un équilibre propre : assurer la sécurité, tout en préservant la vitalité démocratique et culturelle qui fait la richesse du pays. Dans ce sens, Israël n’a pas besoin d’être Athènes ni Sparte. Israël doit être Israël, avec ses contradictions et sa singularité.

 

Offensive à Gaza : Londres et Berlin fustigent Israël, l’Autorité palestinienne appelle Washington à intervenir

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La nouvelle phase de l’opération terrestre israélienne à Gaza suscite une vague de réactions hostiles en Europe et au sein des instances internationales. Alors que Tsahal a lancé une offensive massive contre les infrastructures du Hamas dans le cœur de Gaza City, la diplomatie britannique et allemande s’est élevée contre ce qu’elles considèrent comme une escalade dangereuse.

La ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper, a dénoncé sur X une action « horrifiante et irresponsable », estimant qu’elle « ne fera qu’entraîner davantage d’effusion de sang, tuer des civils innocents supplémentaires et mettre en danger les otages ». Londres réclame une « trêve immédiate », la libération de tous les captifs et l’acheminement « sans restriction » d’aide humanitaire.

En Allemagne, le gouvernement a jugé cette opération comme « un pas dans la mauvaise direction », signe de la gêne croissante à Berlin, allié traditionnel d’Israël mais soumis à de fortes pressions internes et européennes.

La Palestinian Authority (AP), pour sa part, appelle directement les États-Unis à empêcher Israël de poursuivre l’assaut, accusant Jérusalem de pratiquer un « déplacement forcé » de population. Les Pays-Bas ont également exprimé leur inquiétude, avertissant que « l’escalade entraîne de nouvelles victimes, des déplacements massifs et des expulsions forcées ».

Enfin, le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme a condamné ce qu’il appelle « un massacre qui doit cesser immédiatement », dans une rhétorique souvent alignée sur les discours accusant Israël de violations massives, sans toujours distinguer entre combattants et civils utilisés comme boucliers humains par le Hamas.

Pour Israël, ces critiques ignorent l’essentiel : l’opération vise à détruire les bastions militaires du Hamas, responsables du massacre du 7 octobre 2023 et de la détention de dizaines d’otages. Tsahal rappelle avoir multiplié les avertissements à la population civile pour qu’elle évacue les zones de combat, tout en accusant le Hamas de bloquer ces départs et de transformer Gaza City en champ de bataille urbain pour prolonger la guerre.

Cette fracture diplomatique illustre une fois de plus le décalage entre la perception européenne et la réalité sécuritaire israélienne. Alors que Londres, Berlin et La Haye plaident pour une désescalade, Jérusalem insiste : sans victoire totale contre le Hamas, aucune paix durable n’est envisageable.

 

L’Europe brandit l’arme économique : Israël sous la menace de sanctions commerciales

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À Jérusalem, l’inquiétude monte. Après les propos de Benyamin Netanyahou sur un « isolement diplomatique » croissant, l’Union européenne s’apprête à examiner des mesures inédites contre Israël, avec au cœur du débat la suspension partielle des avantages commerciaux dont bénéficie l’État hébreu.

Une réunion cruciale à Bruxelles

Les commissaires européens doivent se réunir mercredi pour examiner une proposition inspirée par la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen. L’idée : geler certains volets des accords de libre-échange avec Israël, un mécanisme qui réduit taxes et droits de douane pour les produits israéliens exportés vers l’UE.
Mais la procédure est complexe : même si la Commission valide le texte, il faudra ensuite un vote à la majorité qualifiée du Conseil européen — soit 65 % de la population de l’UE représentée. Pour l’heure, Berlin et Rome s’opposent aux sanctions, bloquant toute majorité.

« Sur la voie de Sparte »

Un haut responsable israélien a confié à Ynet : « Si le commerce est touché, nous serons vraiment sur la voie de Sparte. » L’expression renvoie à la rhétorique employée ces derniers jours par Netanyahou, comparant Israël à une Sparte moderne, isolée mais résiliente et armée.
L’avertissement est lourd de sens : l’UE est le premier partenaire commercial d’Israël, avec un volume de 42,6 milliards d’euros en 2024, dont 37 % liés à des régimes de préférences tarifaires.

Sanctions ciblées et divisions internes

Outre le commerce, Bruxelles discute aussi de sanctions individuelles contre certains ministres israéliens. Les précédentes tentatives avaient échoué, mais les Pays-Bas ont déjà appliqué des mesures restrictives contre Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich en invoquant l’accord de Schengen.
Les diplomates européens jugent que plus Israël avancera dans son offensive à Gaza ou dans d’éventuelles mesures d’annexion en Judée-Samarie, plus la dynamique en faveur de sanctions gagnera du terrain.

Des gestes symboliques mais lourds de conséquences

Pour l’instant, les sanctions effectives décidées par Bruxelles restent limitées, touchant surtout des enveloppes d’aide extérieure considérées comme marginales. Certaines institutions, comme Yad Vashem, ont été explicitement exclues de toute mesure. Mais la perspective d’un coup de frein sur le commerce inquiète fortement les milieux économiques israéliens, qui craignent une perte de compétitivité immédiate face à des concurrents asiatiques ou américains.

Israël face au défi de la résilience

À Jérusalem, la ligne officielle reste de minimiser l’effet d’isolement et de rappeler les alliances stratégiques solides avec Washington, Londres, New Delhi ou encore Tokyo. Mais dans les faits, une réduction des échanges avec l’UE obligerait Israël à accélérer son virage vers l’Asie et à renforcer son autosuffisance économique — un scénario qui alimente les discours comparant l’État hébreu à une « super-Sparte », prête à affronter l’hostilité de son environnement.

 

Drame à Beer Yaakov : un homme de 89 ans retrouvé mort, coincé dans la fenêtre de son domicile

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Un tragique accident s’est produit ce mardi à Beer Yaakov. Un homme âgé de 89 ans a été retrouvé sans vie, coincé dans une petite fenêtre de son domicile alors qu’il tentait d’y pénétrer. Selon ses voisins, la porte de la maison ne s’ouvrait pas et l’octogénaire aurait cherché à entrer par une ouverture latérale, dans laquelle il s’est retrouvé prisonnier.

Alertés rapidement, les services de secours et les volontaires de ZAKA se sont rendus sur place. Les pompiers ont procédé à l’extraction du corps, tandis que les équipes de ZAKA ont pris en charge la dépouille conformément aux rites juifs. « Il s’agit d’une scène extrêmement difficile », ont témoigné Moti Atia et Shmuel Levy, volontaires de l’organisation. « D’après les voisins, le défunt n’a pas réussi à ouvrir la porte et a tenté de passer par un petit châssis. Malheureusement, il s’est retrouvé coincé et a perdu la vie. »

Le corps de la victime a été libéré pour inhumation après les constatations. Cet accident dramatique rappelle la vulnérabilité des personnes âgées face à des situations banales du quotidien, qui peuvent parfois tourner au drame.