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Ilan Carr alerte : « Aux États-Unis, l’antisémitisme se banalise – et les Juifs sont poussés en périphérie »

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À mesure que les tensions mondiales s’accroissent, la communauté juive américaine traverse une période d’inquiétude sans précédent. Dans un entretien accordé à Ynet (source : https://www.ynet.co.il), Ilan Carr, directeur général de l’IAC – l’Israeli-American Council – tire la sonnette d’alarme : l’antisémitisme s’enracine désormais dans le courant dominant, s’exprime dans les urnes, dans les universités et à travers les institutions publiques. Selon lui, si New York élit un maire aux propos ouvertement hostiles à Israël et aux Juifs, « cela peut arriver partout ».

Carr, avocat, ancien procureur à Los Angeles, officier de réserve de l’armée américaine et ex-envoyé spécial du président Donald Trump pour la lutte contre l’antisémitisme, dirige l’IAC depuis octobre 2023 — quelques jours avant l’attaque du 7 octobre. « Je suis entré directement dans le feu », confie-t-il.


« Les Juifs n’ont plus le sentiment d’être au centre, mais d’être repoussés en marge »

L’entretien commence par le sujet qui préoccupe le plus les familles juives américaines : l’élection de Zohran Mamdani à la mairie de New York, figure politique connue pour ses positions antisionistes. Pour Carr, la signification dépasse de loin les frontières de la ville :

« Si un homme qui parle ainsi peut être élu dans la plus grande ville juive du monde hors d’Israël, c’est la preuve que les idées antisémites ont infiltré le mainstream américain. »

Selon lui, la communauté se sent désormais déplacée, marginalisée :
« Les Juifs et les Israéliens-Américains ont été un pilier dans l’histoire des États-Unis. Aujourd’hui, nous avons le sentiment d’être repoussés vers la périphérie. »


Sur les campus : une hostilité persistante malgré la fin des blocages

Carr décrit une atmosphère étouffante dans les universités américaines. Même si les barrages et campements pro-Hamas ont disparu, « l’hostilité, elle, reste quotidienne ». Il cite des cas où :

  • Des étudiants cachent leur Magen David.
  • D’autres retirent leurs t-shirts pro-Israël.
  • Certains hésitent à parler hébreu en public.

« Les étudiants juifs sont encore effrayés. Nous travaillons avec des jeunes très courageux qui restent en première ligne, et nous sommes là pour les soutenir. »

Dès octobre 2023, l’IAC a organisé l’une des plus grandes manifestations pro-Israël à Times Square, mobilisant des dizaines de milliers de participants. Le mouvement a ensuite traversé les campus du pays : UCLA, MIT, Columbia.

Carr revendique une approche directe :
« Nous avons été plus agressifs que d’autres. Peut-être que c’est l’esprit israélien, mais ça a fonctionné. »


Dans les écoles publiques : « On dit à des enfants juifs qu’ils n’ont pas le droit de se plaindre »

La situation est encore plus préoccupante dans l’enseignement primaire et secondaire. Carr révèle à Ynet que l’IAC a déjà traité « plus de 700 cas d’antisémitisme dans les écoles et sur les campus ».

Les exemples qu’il cite sont glaçants :

  • Des enseignants affirmant qu’Israël commet un génocide.
  • Des cours décrivant les Israéliens comme des oppresseurs.
  • Des élèves juifs victimes de harcèlement à qui l’on répond :

    « Vous n’avez pas le droit de vous plaindre — les Israéliens tuent des Palestiniens. »

L’IAC a formé plus de 3 000 enseignants à reconnaître l’antisémitisme, à comprendre le sionisme et à replacer la réalité israélienne dans son contexte.

Carr raconte notamment l’exemple de Beverly Hills, où l’ensemble du réseau éducatif a été formé à la demande des autorités scolaires.


L’arme politique : replacer la communauté au cœur des décisions locales

Pour Carr, la leçon est claire : la bataille ne se gagne pas seulement dans la rue, mais dans les institutions locales.
Il explique que la majorité des Israélo-Américains ignorent l’importance des élections locales — écoles, municipalités, conseils de district — alors que « ce sont exactement ces lieux qui déterminent les programmes scolaires, les règles disciplinaires et le climat civique ».

L’IAC pousse désormais les familles à s’impliquer :

  • Comprendre quels candidats soutiennent une ligne équitable.
  • Questionner les élus.
  • Mobiliser les électeurs juifs lors des scrutins municipaux.

« Si nous ne votons pas, l’ennemi occupe les institutions. »

L’organisation a déjà envoyé des questionnaires à près de 100 candidats locaux dans le New Jersey — tous ont répondu, « parce qu’ils ont compris que nous représentons une vraie force ».


Un mouvement devenu central après le 7 octobre

Depuis l’attaque du Hamas, l’IAC est devenu l’un des acteurs les plus influents de la communauté juive américaine. Il a organisé :

  • Les premières manifestations massives à Times Square.
  • Le fameux « Shabbat vide » devenu symbole mondial.
  • Des mobilisations continues dans plusieurs États.

Carr décrit « des divisions de soldats civils » prêtes à intervenir partout dans le pays.

Deux réalisations majeures ont marqué 2024–2025 :

  1. L’IAC a été admis à l’unanimité à la Conférence des présidents des organisations juives majeures des États-Unis.
  2. Il a obtenu quatre sièges au Congrès sioniste mondial, une première dans son histoire.

Préserver l’identité : un enjeu aussi vital que la lutte contre la haine

L’IAC a été fondé pour répondre à un problème crucial : le taux d’assimilation très élevé parmi les Israéliens-Américains.
Pour Carr, la guerre du 7 octobre a réveillé quelque chose de fondamental :

« Ils veulent investir dans leur identité. Ils veulent se reconnecter à Israël. »

L’IAC développe aujourd’hui des programmes pour les enfants et adolescents, multipliant les événements qui renforcent l’identité et le lien culturel.

« Nous ne faisons pas qu’amener les Israéliens vers le monde juif américain », conclut Carr.
« Nous amenons les Juifs américains vers l’expérience israélienne. C’est seulement avec une identité unifiée que nous construirons un avenir fort. »


Un rendez-vous majeur : le sommet IAC de 2026

En janvier 2026, l’IAC tiendra son 10ᵉ sommet annuel, à Hollywood (Floride).
Il s’agit du plus grand rassemblement pro-israélien d’Amérique du Nord, avec plus de 5 000 participants attendus : survivants libérés, élus des deux partis, entrepreneurs, universitaires et philanthropes.

Donald Trump, président en exercice, a été invité. Il est déjà intervenu lors des éditions précédentes.

 

Un volontaire juif hongrois tombé au combat est enfin enterré à Kyiv : un dernier hommage six mois après sa mort

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Six mois après être tombé sur le front ukrainien, le jeune volontaire juif hongrois Beniamin Asher, 21 ans, a enfin été enterré ce jeudi à Kyiv. Sa dépouille, retenue durant des mois dans une zone de combats violents, n’a été restituée que cette semaine aux autorités ukrainiennes.
Source : https://www.kikar.co.il

L’émotion était intense dans la capitale : plus d’une centaine de membres de la communauté juive, soldats, bénévoles et habitants se sont rassemblés pour lui rendre hommage. Beniamin Asher est le premier volontaire juif étranger documenté à être tombé dans les rangs de l’armée ukrainienne depuis l’invasion russe de février 2022 — un symbole lourd de sens pour une communauté éprouvée par trois années de guerre.


« Un Juif ne peut pas rester chez lui face à l’injustice »

Le cortège funéraire s’est déplacé jusqu’au cœur de Kyiv, où son cercueil a été exposé selon la tradition locale.
Le grand rabbin de la communauté, Rav Moshe Asman, a prononcé un discours bouleversant :

« Par nature, un Juif ne peut rester assis chez lui lorsqu’il voit l’injustice, lorsque des innocents sont tués. Beniamin est venu de Hongrie et a donné sa vie pour protéger ce peuple du terrorisme russe. Nous prions pour une paix véritable, rapidement. »

Le père du soldat, arrivé spécialement de Hongrie, portait une kippa durant toute la cérémonie. Les participants — soldats, civils, membres de la communauté juive ukrainienne — se sont relayés pour le soutenir, l’embrasser, l’aider à réciter le Kaddish au cimetière.


Le parcours d’un jeune homme déterminé à se battre pour une cause juste

Avant son engagement en Ukraine, Beniamin Asher servait dans l’armée hongroise où il avait été affecté à un poste administratif, loin de ses aspirations. Peu après le début de la guerre, il a informé sa hiérarchie qu’il quittait l’armée et partait en Ukraine comme volontaire.

Ses camarades l’avaient surnommé « Nemo », parce qu’il parlait peu mais agissait toujours avec détermination.

Un commandant ukrainien a confié aux médias locaux :

« Il creusait, tenait les positions, se battait comme un véritable fantassin. »

Devenu ensuite secouriste militaire, il a circulé sur plusieurs positions avancées pour prendre en charge les blessés. Par la suite, il a été transféré dans une unité logistique chargée de préparer et d’acheminer des équipements pour les drones de combat, devenus essentiels sur le front.

Selon ses compagnons d’armes, il prenait chacune de ses missions avec un sérieux exemplaire.


Un dernier combat dans la région de Kharkiv

En mai 2025, Asher est envoyé sur la ligne de front dans la région de Kharkiv, théâtre de combats acharnés. Le 24 mai, alors qu’il aide un autre volontaire étranger, il est repéré par des drones russes.

L’un de ses camarades raconte :

« Les drones l’ont suivi et frappé. On lui a ordonné de reculer, mais il a refusé. Il voulait rester sur sa position, continuer à défendre. »

Sa mort, alors qu’il s’obstinait à protéger son unité, a profondément marqué son bataillon.


« Son cœur et son âme appartenaient à l’Ukraine »

Son père, présent à la cérémonie, a expliqué pourquoi il souhaitait que son fils repose en Ukraine :

« Le cœur et l’âme de Beniamin étaient liés à l’Ukraine et à son peuple. D’autres unités lui ont été proposées — j’ai entendu dire qu’il en avait même visité certaines. Mais cela ne lui suffisait pas. Il ne voulait pas être dans une unité ‘calme’. Il voulait être là où on avait réellement besoin de lui : au front. »

Selon lui, Beniamin ne cherchait ni la gloire, ni l’idéologie : seulement la conviction de défendre les victimes d’une agression brutale.


Un hommage national de la communauté juive ukrainienne

La Fédération des communautés juives d’Ukraine (FJCU) a publié un message solennel :

« Au nom de tous les Juifs du pays, nous partageons la profonde douleur de la famille Asher. Beniamin n’a pas détourné les yeux : il a donné sa vie pour l’Ukraine. Ce geste noble ne sera jamais oublié. Son nom rejoint la longue liste des soldats juifs tombés, et sera mentionné dans nos prières et dans l’étude de la Torah en son souvenir. »

La FJCU a rappelé que plus de 100 soldats juifs ukrainiens sont tombés au combat depuis 2022, un chiffre qui ne cesse de croître alors que les tensions restent vives sur le front est.

Elle a également cité l’un des enseignements qui animait le jeune volontaire :

« Chaque bonne action, même petite, ajoute de la lumière dans le monde et le change pour le mieux. »


Une guerre qui continue de faucher des jeunes volontaires

L’histoire de Beniamin Asher illustre tragiquement la nature internationale du conflit russo-ukrainien : des volontaires étrangers, motivés par des idéaux de liberté ou de solidarité, rejoignent une guerre dont l’issue reste incertaine.

Elle rappelle également que les Juifs d’Europe de l’Est, hachés par des siècles de persécutions, continuent de se trouver en première ligne lorsque surgissent les menaces contre les civils.

Pour l’armée ukrainienne, Beniamin Asher représente ces jeunes combattants qui, malgré le danger extrême, choisissent de rester au front. Son histoire restera inscrite dans la mémoire de Kyiv comme celle d’un jeune homme venu d’un pays étranger, animé par un sens profond du devoir moral.

 

Pour la première fois, Haïfa ouvre une ligne directe vers Sofia : une nouvelle ère pour l’aviation du Nord

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Un changement majeur s’annonce pour les voyageurs du Nord d’Israël : la compagnie Air Haifa a annoncé ce lundi l’ouverture d’une liaison aérienne directe entre Haïfa et Sofia, capitale de la Bulgarie. Une nouvelle étape dans le développement fulgurant de cette jeune compagnie, qui s’installe progressivement comme un acteur capable de transformer la mobilité aérienne régionale.
Source : https://www.n12.co.il

Avec un prix de lancement extrêmement attractif — 79 dollars le trajet, valable durant les trois premiers jours — ce nouveau vol répond à une demande croissante pour des destinations européennes accessibles, notamment à l’approche de la saison de ski 2026.


Une annonce stratégique pour attirer les voyageurs du Nord

Jusqu’à présent, les habitants de Haïfa, de la Galilée et du littoral nord devaient se rendre à Tel-Aviv ou Ovda pour trouver un vol régulier vers Sofia. Cette situation compliquait les voyages, rallongeait les trajets terrestres et décourageait même certains Israéliens.

L’annonce d’Air Haifa change la donne. Désormais, un vol direct de 3 h 50 reliera le port du Nord à l’une des capitales européennes les plus recherchées pour les vacances d’hiver. La compagnie présente cette ligne comme « un pont pratique, rapide et économique » entre Israël et les grandes stations bulgares.


Un coup d’accélérateur pour la saison de ski

La Bulgarie fait partie des destinations les plus prisées par les Israéliens recherchant une expérience de ski abordable. Les stations de Borovets et Bansko, accessibles rapidement depuis Sofia, voient affluer chaque année des milliers de touristes israéliens attirés par :

  • des prix inférieurs à ceux des Alpes,
  • des infrastructures modernes,
  • des forfaits accessibles aux familles,
  • un environnement hospitalier et francophile.

Avec cette nouvelle ligne, Air Haifa mise clairement sur ce marché hivernal en pleine croissance. « Nous voulons offrir aux habitants du Nord une alternative directe, simple et économique », indiquait la compagnie lors de l’annonce.


Air Haifa : une jeune compagnie qui monte en puissance

La compagnie a effectué son premier vol commercial le 30 septembre 2025, depuis l’aéroport Ben Gourion vers l’aéroport d’Eilat–Ramon. Ce premier parcours affichait une occupation complète, preuve d’un engouement immédiat du public.

La nouvelle liaison vers Sofia est rendue possible grâce à l’intégration récente de nouveaux avions dans sa flotte. Air Haifa entend ainsi consolider sa présence et devenir une référence pour les voyageurs israéliens souhaitant éviter la congestion de Ben Gourion.

Le modèle d’Air Haifa repose sur trois piliers :

  • Vols courts et directs vers l’Europe et la région.
  • Tarifs bas, particulièrement attractifs en période de lancement.
  • Départs depuis Haïfa, ce qui réduit les distances pour des centaines de milliers de résidents.

Cette stratégie fait écho à ce que plusieurs pays européens ont développé depuis longtemps : valoriser les aéroports régionaux pour fluidifier le trafic national.


Une ouverture économique pour Haïfa et son littoral

L’impact de cette nouvelle ligne dépasse la seule facilité de voyage. Elle pourrait dynamiser :

  • le tourisme entrant vers le Nord d’Israël,
  • l’activité de l’aéroport de Haïfa,
  • la croissance économique régionale,
  • les emplois liés au secteur aérien et touristique.

Les autorités municipales et régionales espèrent que cette première ligne vers l’Europe en appellera d’autres : Athènes, Chypre, Bucarest, ou encore hubs européens secondaires.

L’objectif est clair : faire de Haïfa un véritable aéroport international, capable d’attirer des compagnies étrangères et d’ouvrir de nouvelles routes.


Réactions du public : enthousiasme immédiat

Sur les réseaux sociaux, l’annonce a été accueillie avec un grand enthousiasme, notamment par les habitants du Nord, souvent contraints de longs déplacements pour prendre l’avion. Beaucoup saluent :

  • le prix imbattable de 79 dollars,
  • la proximité de l’aéroport,
  • le gain de temps,
  • la possibilité de partir en court séjour sans passer par Tel-Aviv.

L’accès direct à Sofia est également perçu comme une excellente opportunité pour les familles et les étudiants, qui composent une part importante des voyageurs israéliens en Bulgarie.


Une concurrence accrue dans le marché des vols court-courriers

Avec cette nouvelle annonce, Air Haifa se positionne frontalement sur un segment où des compagnies comme Wizz Air ou Ryanair ont longtemps régné : le low-cost vers l’Europe de l’Est.

Cependant, Air Haifa bénéficie d’un avantage majeur :
➡️ la proximité géographique.
Depuis Haïfa, se rendre à l’aéroport demande parfois moins de 15 minutes depuis le centre-ville.

Cet atout pourrait convaincre une partie importante des voyageurs du Nord de privilégier cette nouvelle compagnie plutôt que de monter jusqu’à Tel-Aviv.


Vers une transformation durable de l’aéroport de Haïfa ?

Les experts du secteur aérien israélien estiment que cette nouvelle ligne pourrait être décisive dans l’évolution de l’aéroport de Haïfa. Si la fréquentation augmente, le gouvernement pourrait être poussé à accélérer :

  • les travaux d’extension de la piste,
  • l’amélioration des infrastructures,
  • l’ouverture à de plus gros avions.

En ce sens, la liaison Haïfa–Sofia pourrait servir de test grandeur nature pour valider la viabilité commerciale de futures routes européennes directes.


Conclusion : une première qui pourrait changer le paysage aérien israélien

Avec ce vol inaugural vers Sofia, Air Haifa marque un tournant symbolique : pour la première fois, l’aéroport de Haïfa devient une porte d’entrée directe vers l’Europe. Une avancée attendue depuis des années, et susceptible de bouleverser les habitudes de voyage de centaines de milliers d’habitants du Nord.

Si cette expérience s’avère concluante, elle pourrait ouvrir la voie à une transformation durable : davantage de destinations, davantage de compagnies, et peut-être la renaissance d’un aéroport régional longtemps sous-utilisé.

 

Les combattants de « Force 100 » exigent l’ouverture d’une enquête contre Gali Baharav-Miara

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Israeli soldiers accused of abusing a Palestinian detainee at the Sde Teman detention center last year, and their attorneys, speak to the press following the resignation of Military Advocate General Maj. Gen. Yifat Tomer-Yerushalmi, after video footage from the incident was leaked to the press, outside the Supreme Court in Jerusalem, November 2, 2025. Photo by Yonatan Sindel/Flash90 *** Local Caption *** כוח 100 מגיבים התפטרות הפצ"רית פרשה בית משפט עליון שדה תימן כוח 100

Les combattants de l’unité « Force 100 », au cœur de l’affaire dite de Shdé Teman et directement touchés par la fuite de vidéos et le traitement judiciaire qui s’en est suivi, exigent désormais que la police ouvre une enquête formelle visant la conseillère juridique du gouvernement, Gali Baharav-Miara. Dans une lettre adressée à la division des enquêtes de la police et transmise par leur avocat, Me Haïm Bleicher (organisation Honenou), ils demandent une mise à jour sur l’état des investigations et le placement en détention de suspects liés au « cacher ou déformer » de l’affaire.

Selon eux, les fuites provenant du sommet de la procureur militaire ont causé des dommages massifs : pertes financières, impossibilité de travailler, traumatisme psychologique, diffamation publique et souffrance morale considérable. Dans le courrier, Me Bleicher accuse Baharav-Miara d’avoir fait obstruction à la bonne conduite de l’enquête initiale : elle aurait ignoré son devoir d’examiner sérieusement l’origine de la fuite du fameux enregistrement et aurait, au contraire, contribué à étouffer ce que « beaucoup connaissaient déjà » au sein de la hiérarchie judiciaire militaire.

L’avocat affirme qu’il existe un soupçon raisonnable de « corruption institutionnelle », avançant que la cheffe du système judiciaire pourrait avoir violé la confiance publique, abusé de sa fonction et même contribué à la rédaction de déclarations trompeuses remises à la Cour suprême. Selon lui, les conséquences pour les combattants et pour l’État sont « immenses et dévastatrices ».

Me Bleicher exige donc une enquête en profondeur : saisie de téléphones, de documents, de supports informatiques et interrogatoires de tous les juristes impliqués, y compris la conseillère juridique en personne. Il affirme que seule une enquête déterminée pourrait stopper la « propagation d’une corruption institutionnelle dangereuse ».

Il ajoute que les combattants de Force 100, considérés selon la loi comme victimes d’infraction, méritent transparence et justice : « Nous parlons d’actes qui portent atteinte à la sécurité nationale et à la confiance du public dans l’État de droit. Ceux qui ont commis ces actes doivent en payer le prix total. »

L’affaire, qui touche à la fois le système judiciaire militaire et civil, devrait désormais revenir aux enquêteurs de la police, appelés à statuer sur l’ouverture d’une procédure pénale au plus haut niveau.

Drame en mer : un passager chute du pont d’un paquebot réservé aux adultes et disparaît

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Un homme de 76 ans, ressortissant britannique, est porté disparu après être tombé du pont du Marella Explorer 2, un navire de croisière réservé aux adultes et appartenant à la compagnie Marella Cruises (groupe TUI). L’incident s’est produit au large de Tenerife, jeudi 27 novembre, déclenchant une vaste opération de recherche maritime et aérienne.

Selon Salvamento Marítimo, l’organisme espagnol chargé des sauvetages en mer, l’alerte a été reçue immédiatement et a enclenché un déploiement coordonné : hélicoptère, bateau de patrouille Rio Guadiana en renfort depuis La Palma, et mobilisation du navire de croisière lui-même, qui a participé aux recherches malgré son immense structure de quatorze ponts.

Pendant deux jours, les équipes espagnoles ont quadrillé la zone, scrutant les eaux depuis les airs et la surface, dans l’espoir de repérer le passager. Les autorités indiquent qu’elles ont continué à coordonner les recherches jusqu’à la tombée de la nuit, sans qu’aucune piste nouvelle ne soit identifiée. À ce stade, aucun élément ne permet de déterminer les circonstances exactes de la chute : accident, malaise ou autre événement encore inconnu.

La disparition d’un passager en pleine mer soulève chaque fois un sentiment de vulnérabilité : malgré les technologies modernes, la hauteur des ponts, la puissance des courants et l’immensité de l’océan rendent les recherches extrêmement difficiles. Les croisières, souvent perçues comme des bulles sécurisées, rappellent alors la réalité des risques en haute mer.

Le Marella Explorer 2, immobilisé temporairement pour participer aux opérations, a ensuite repris son itinéraire après coordination avec les autorités maritimes espagnoles. Une enquête doit désormais établir la chronologie exacte des faits, les dernières images disponibles ainsi que les témoignages de l’équipage et des passagers.

L’absence de nouvelles pour l’instant ne fait qu’accroître l’inquiétude. En attendant les conclusions officielles, les secours restent mobilisés, conscients que chaque heure qui passe réduit les chances de retrouver le passager en vie.

Une esthéticienne d’origine palestinienne se vante d’avoir humilié un couple juif – et la vidéo se retourne contre elle

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Une esthéticienne palestinienne de Staten Island, Amaan Massoud, propriétaire de la marque de beauté Pure with Nature, fait face à une vague d’indignation après avoir publié sur TikTok une vidéo où elle raconte, en se moquant, comment elle a volontairement humilié un couple juif lui demandant de l’aide dans un parking à New York. La vidéo, rapidement supprimée mais largement relayée sur X, a été vue des centaines de milliers de fois.

Dans son récit filmé, Massoud explique que le couple l’a approchée pour lui demander de passer sa carte bancaire afin de payer leur stationnement, en lui proposant de la rembourser en espèces. Elle raconte avoir refusé sèchement et posé une condition : « Je le ferai seulement si vous dites Free Palestine. » Selon elle, l’homme, déconcerté, lui aurait répondu en arabe : « Excuse-moi ? », puis « non » d’un ton ferme. Massoud se moque du couple, critiquant leur « audace » d’oser demander de l’aide « en étant ce qu’ils sont et ce qu’elle est ».

Elle poursuit sa tirade en ridiculisant l’homme pour avoir détourné le regard et conclut sa vidéo dans une insulte vulgaire : « Vous savez quoi ? Allez vous faire foutre. » Le ton méprisant, assumé, et le caractère gratuit de l’humiliation ont immédiatement suscité des réactions outrées sur les réseaux sociaux.

Les internautes s’indignent : « Humilier des Juifs dans un parking ne fait rien avancer pour les Palestiniens », écrit l’un d’eux. D’autres dénoncent la banalisation d’un discours agressif et le mépris envers les Juifs. Un autre utilisateur écrit : « Free Palestine est devenu un prétexte pour justifier l’antisémitisme. »

La polémique prend d’autant plus d’ampleur que Massoud dirige une entreprise de produits cosmétiques, exposée sur les réseaux, et que ses propos pourraient désormais affecter sa réputation professionnelle. Le contraste entre son image publique et la cruauté assumée de sa vidéo renforce encore la réaction de rejet.

L’affaire illustre, une fois encore, comment les réseaux sociaux peuvent transformer un geste de provocation en scandale national, surtout dans un climat déjà explosif autour des questions identitaires et du conflit israélo-palestinien. Ce qui se voulait une « blague » filmée a exposé une animosité ouverte et un mépris assumé — et rappelle jusqu’où peut aller la rhétorique anti-juive lorsqu’elle est encouragée en ligne.

Zeava Gal-On tranche : “Les soldats ont procédé à une exécution”

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L’ancienne députée Zehava Gal-On a relancé la polémique autour des images de Jénine, où des combattants du YAMAM ont été filmés tirant sur des terroristes déjà immobilisés après leur arrestation. Dans une interview à la radio publique israélienne, elle rejette l’idée même d’une enquête et qualifie l’incident d’« exécution », suscitant un tollé immédiat.

Gal-On affirme avoir visionné plusieurs fois la séquence : « C’est une exécution — je n’en croyais pas mes yeux. Les Palestiniens étaient à terre, mains levées. Ils ont été abattus. » Interrogée sur sa sévérité envers des soldats risquant leur vie, elle répond que le dévouement de Tsahal n’autorise pas toutes les pratiques : « Les soldats de l’armée israélienne risquent leur vie pour l’État, mais cela ne permet pas de transformer la norme ‘Elor Azaria’ en procédure. Tout n’est pas permis. »

Elle accuse le ministre de la Sécurité nationale de légitimer un climat où les limites se brouillent : « Pourquoi avons-nous besoin de la peine de mort si l’on exécute des gens avant même de les juger ? Nous devons nous défendre, oui, mais pas à n’importe quel prix. »

Ses propos déclenchent une vague de critiques, notamment de la part de militants pro-sécurité et de familles de soldats. Pour eux, l’incident de Jénine s’inscrit dans un contexte de combat urbain extrême, où les terroristes peuvent se relever, dissimuler des armes ou déclencher des engins explosifs dissimulés. La vidéo, disent-ils, ne peut être interprétée sans tenir compte des conditions du terrain.

Cette controverse survient alors que les forces israéliennes multiplient les opérations en Cisjordanie contre les cellules armées, dont plusieurs ont utilisé Jénine comme refuge. La question des règles d’engagement reste une ligne de fracture politique majeure : les uns dénoncent une dérive morale, les autres estiment qu’une telle critique affaiblit des unités d’élite déjà sous pression.

Gal-On, figure de la gauche israélienne, n’en est pas à sa première déclaration choc, mais celle-ci attise particulièrement les tensions dans une opinion encore marquée par les attaques du Hamas et par un durcissement général du climat sécuritaire.

L’affaire devrait continuer d’alimenter le débat entre défense des droits humains et impératifs opérationnels, avec en toile de fond une société israélienne fracturée entre méfiance croissante et exigence de fermeté.

Les hackers iraniens affirment avoir pénétré la voiture d’un scientifique nucléaire israélien

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Un groupe de pirates informatiques liés à l’Iran, connu sous le nom de « Handala », affirme avoir réussi à s’introduire dans le véhicule d’un scientifique nucléaire israélien de haut rang et y avoir déposé un bouquet de fleurs rouges. Les images publiées par le groupe montrent ce qui semble être un intérieur de voiture, un bouquet posé sur le siège, et un message menaçant rédigé à la première personne.

Les hackers prétendent également avoir divulgué l’identité du scientifique visé et publié une liste de noms et de numéros de téléphone qu’ils attribuent — encore une fois selon leur version — à des membres de l’unité 8200. Aucun organisme de sécurité israélien ne confirme ces assertions, laissant ouverte la possibilité qu’il s’agisse d’un exercice de propagande destiné à semer la peur.

Dans le message adressé au « scientifique », les auteurs écrivent : « Hier, tu as reçu notre bouquet. C’est un objet apparemment inoffensif, mais as-tu remarqué son poids ? As-tu senti la présence derrière lui, les mains qui l’ont porté, les pas qui se sont éloignés juste avant que tu n’ouvres la porte ? Dis-nous comment va ta voiture. As-tu entendu le léger clic quand tu as touché la poignée ? Était-ce familier ? » Le ton, presque narratif, cherche à suggérer une intrusion physique, une proximité inquiétante.

Le texte poursuit : « Nous marchons dans tes rues. Nous respirons ton air. Nous nous tenons dans les endroits que tu pensais inaccessibles. L’illusion de sécurité de ton régime s’est déjà effondrée, silencieusement, sans alarme, sans avertissement. Dis à ton Premier ministre ceci : qu’il se préoccupe moins de contrôler les gens et davantage de les nourrir. La faim sous ses pieds s’intensifie d’heure en heure. »

Rien, à ce stade, ne permet de confirmer que les auteurs ont réellement pénétré le véhicule ou approché un scientifique, et l’absence de réaction officielle renforce l’hypothèse d’une opération de guerre psychologique. Le groupe Handala, actif depuis plusieurs années, s’attribue régulièrement des actions spectaculaires contre Israël, souvent sans preuve concrète.

Pour les experts israéliens, le danger ne réside pas seulement dans la possibilité d’une intrusion réelle, mais aussi dans la capacité de tels messages à semer l’inquiétude parmi les chercheurs, les militaires et les responsables de la sécurité. En évoquant une proximité physique avec une figure sensible, les hackers cherchent à créer l’impression que nulle cible n’est inaccessible — même si la réalité est toute autre.

De tels messages s’inscrivent dans un effort plus large des organisations cyber iraniennes pour alimenter la guerre de perception. Même en l’absence de preuves tangibles, la diffusion de photos, de listes de noms ou de récits détaillés contribue à façonner un récit où l’Iran apparaît capable d’atteindre le cœur même du système israélien. C’est précisément cette ambiguïté — entre menace réelle et manipulation — qui constitue l’arme principale de ce type d’opérations.

« Assis au sol sans tirer » : les révélations sur l’échec de l’armée de l’air le 7 octobre

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Pendant près de trois heures, la plupart des avions de l’armée de l’air israélienne sont restés au sol, incapables de frapper les terroristes du Hamas qui franchissaient la barrière de Gaza. C’est l’un des constats les plus accablants d’un an de travail mené par le brigadier-général Oren Solomon, chargé d’examiner la conduite opérationnelle du commandement de Gaza le jour de l’attaque. Les témoignages diffusés dans un reportage télévisé exposent une chaîne d’erreurs, d’occasions manquées, et une difficulté profonde à comprendre la situation en temps réel.

Selon Solomon, tout commence dès la nuit précédant l’attaque. L’armée de l’air reçoit des informations de renseignement sur des mouvements inhabituels du Hamas, mais aucune véritable évaluation n’est effectuée. « Tout le monde reçoit le téléphone rouge, dit “oui, compris”, et raccroche. Aucun processus opérationnel n’est lancé », explique-t-il. Une jeune officier de la salle d’alerte passe plus de cinquante appels pour obtenir des informations supplémentaires auprès du renseignement militaire, sans succès. Les signaux existent, mais ne sont pas exploités.

À quatre heures du matin, le chef d’état-major Eyal Zamir effectue une évaluation de la situation et écarte presque totalement l’hypothèse d’une attaque aérienne du Hamas, et ce sans consultation avec le commandant de l’armée de l’air. Quelques heures plus tard, les postes israéliens sont aveuglés par des salves de drones et des roquettes artisanales qui détruisent plus de 80 % des dispositifs de surveillance. Six paramoteurs transportant des terroristes s’élèvent dans le ciel. Pendant ce temps, les autorités militaires continuent de fonctionner selon des hypothèses dépassées.

À 6h43, face à l’ampleur de la pénétration terrestre, la division de Gaza déclenche un protocole d’urgence. Pourtant, les avions israéliens reçoivent l’ordre d’exécuter une attaque préplanifiée, baptisée « Harv Demoklès », visant des infrastructures souterraines où ne se trouve personne. Alors même qu’à 6h53, un officier de la division avertit : « Nous avons plusieurs infiltrations massives. Nous élargissons l’autorisation de feu, d’accord ? », la coordination aérienne répond : « 100 % ». Mais les frappes sur les points d’infiltration n’arrivent pas.

Solomon décrit alors l’instant critique : « Au lieu de décoller pour frapper immédiatement les terroristes sur la barrière, les avions attendent. Ils planifient. Pendant presque trois heures, ils restent au sol. » Le commandant de division Aviram Rosenfeld supplie à plusieurs reprises l’armée de l’air d’attaquer la barrière. Le commandement sud, lui, insiste pour poursuivre l’opération prévue en profondeur. À 9h45, un ancien officier du renseignement de la division entre dans la salle de commandement et hurle : « Attaquez la barrière, pas les tunnels ! » Il est déjà trop tard.

Ce n’est qu’à 10h30 que des dizaines d’avions frappent enfin — non pas les terroristes qui se déplacent librement en territoire israélien, mais des centres opérationnels en profondeur, totalement déconnectés de l’urgence en cours. D’autres escadrons, mobilisés en parallèle sur une opération visant les stocks de roquettes du Hamas, ne peuvent intervenir. La chaîne de commandement, figée dans une doctrine trop centralisée, étouffe toute initiative.

Plus tard, dans un séminaire interne, des pilotes expriment frontalement leur frustration. « La centralisation nous tue », déclare l’un d’eux. « Les ordres nous tuent », ajoute un autre. « Pas de tir sans autorisation, pas d’initiative. Celui qui ose est réprimandé. » Le commandant de l’armée de l’air, le général Tomer Bar, reconnaît : « Nous avons échoué. Nous n’avons pas remis en question l’idée que le Hamas était dissuadé. Notre préparation n’était pas adaptée. »

Le reportage révèle aussi des dilemmes tragiques : un pilote hésitant à frapper un véhicule par peur d’y toucher des soldats israéliens captives ; un autre observant une colonne de pick-up blancs — ceux-là mêmes qui quitteront la rave party de Reïm après avoir massacré des centaines de jeunes — sans recevoir l’autorisation de tirer faute d’identification claire. Dans le chaos du 7 octobre, personne dans le centre de commandement aérien n’informe les unités en vol de l’existence d’une fête de plusieurs milliers de jeunes ni de la présence de ces pick-up dans la zone.

Quatre mois plus tôt, un pilote avait pris sur lui de violer un ordre lors d’un accrochage près de Jénine, sauvant potentiellement la vie de soldats. L’armée avait alors jugé son initiative justifiée. Pourtant, ce précédent ne s’est pas répercuté dans la doctrine opérationnelle. Le 7 octobre, l’incapacité à agir autrement que selon des procédures figées a contribué à laisser passer l’irréparable.

L’armée israélienne affirme aujourd’hui que l’armée de l’air a respecté toutes les consignes reçues, mais reconnaît le « grave échec » dans la défense de la population. Les extraits du séminaire révèlent cependant un malaise plus profond : un système où la peur de se tromper l’emporte sur la nécessité d’agir, et où des décisions cruciales sont prises loin du terrain, alors que des milliers de vies dépendent de secondes perdues.

L’exemption de l’armée aux haredim, une disposition choquante quoique …  —  Par Philippe ARNON

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Pour un observateur étranger, c’est à dire ne vivant pas en Israël et donc, percevant mal les subtilités existentielles de ce pays ô combien particulier, pour ne pas dire, iconoclaste, permettre à une partie de la population de ne pas accomplir ce que beaucoup dans toutes les nations du monde, appellent son devoir patriotique, est jugé injuste et donc déconcertant. D’autant plus qu’Israël, depuis sa création en 1948, est constamment visé, par ses voisins d’abord, puis par des pays plus lointains et enfin, par des hordes qui grossissent chaque jour plus, surtout en Occident bref, pour être concret et pragmatique, est voué pour tous, à disparaître et plus prosaïquement, à être purement et simplement exterminé ! Dès sa création, l’Etat a ainsi été contraint d’instaurer le service militaire obligatoire pour tous les hommes et femmes juifs. Or, après l’énormité de l’Holocauste, le judaïsme est fragillisé : 6 millions d’exterminés ont ruiné la foi, beaucoup en effet reprochent amèrement à Dieu sa passivité, son indifférence et finissent par se dire, dans une logique qu’on peut qualifier alors d’instinctive, que les Juifs ne sont pas finalement le peuple élu et partant, que Dieu n’a plus sa raison d’être. Et ce sentiment est aggravé par le fait que les quelques survivants désirant retourner dans leur domicile, sont confrontés à l’animosité et même à l’agressivité des autochtones comme en Pologne notamment. On a tous en tête le pogrom de Kielce qui s’est produit le 4 juillet 1946. Israël devient alors le seul lieu où vivre. Mais pour sa légitimation, j’allais dire géographique, Israël ne peut se passer du judaïsme, à savoir, de la spiritualité qui lui est propre. Israël sans le judaïsme, c’est une fleur dans le désert qu’on n’arrose pas et qui très vite, va s’assécher et donc mourir. Alors en 1949, l’Etat concède aux partis religieux ultra-orthodoxes, c’est à dire aux haredim, l’exemption de l’armée aux étudiants à temps plein des yeshivas : Torato Umanuto (la Torah est son métier). Il s’agit de revivifier le judaïsme, de renouer avec le bouillonnement du judaïsme dans les siècles passés.
Seulement voilà, cette exemption est devenue tout de suite un vrai problème dans la société israélienne. Beaucoup pensent en effet qu’il est tout à fait anormal que tous les jeunes hommes israéliens fassent l’armée, en termes concrets, aillent « se faire trouer la peau » pendant que les étudiants des yeshivas eux, sont bien à l’abri occupés à leurs études, en d’autres termes, sont bien « planqués ». Mais ce qui les mettent encore plus en colère c’est que certains d’entre les haredim, à savoir les antisionistes stricts, ne reconnaissent pas du tout l’Etat d’Israël tant que la venue du Messie ne s’est pas produite. C’est pourquoi ils refusent donc de servir l’armée, ne reconnaissent pas le gouvernement et les institutions publiques. Par contre, ils sont bien contents de vivre en Israël -ce qui est contradictoire-, de recevoir des subventions pour leurs yeshivas, des aides au logement et des allocations sociales. Bref, pour la majorité des Israéliens, ils vivent en parasites. Et ce qui déplaît également aux Israéliens lambdas, c’est que les haredim vivent dans des zones quasi fermées car ils n’aiment pas qu’on les traverse et encore moins les fréquentent, et avec des coutumes très strictes. Ces mêmes Israéliens lambdas reprochent aux Haredim le statut que ceux-ci réservent aux femmes. Ils les voient comme des gens vivant en marge, qui logiquement ne se mélangent pas et qui plus est, regardent souvent les autres avec une vraie condescendance. Bref, ils sont en fait un Etat dans l’Etat. Certains disent enfin que depuis que les Haredim étudient la Torah, c’est à dire depuis le XVIIIème siècle, même s’il y a toujours eu des yeshivas, ces mêmes Haredim ont dû depuis en extraire toutes les subtilités et qu’ainsi finalement, aujourd’hui, ils chercheraient un peu midi à quatorze heures ! Ce qui ferait d’eux des gens inutiles à la collectivité.
Il a résulté de ce véritable choc intra-israélien, une évolution chaotique de l’exemption avec plusieurs phases. De 1950 à 1970, toutes les tentatives de réforme pour recruter certains Haredim, ont échoué. De 1980 à 1990, l’Etat met en place des « frameworks » c’est à dire des cadres institutionnels et politiques qui gèrent les relations particulières avec les Haredim : ainsi, quelques milliers d’entre eux peuvent servir dans des unités spéciales ou civiles mais la mesure reste marginale. En 2002, la Knesset vote une loi pour évidemment rendre la conscription obligatoire pour les Haredim de 18 ans qu’elle assortit de sanctions en cas de refus. Celui-ci est pourtant toujours massif. En 2014, un accord politique prévoit un quota progressif mais là encore le refus est massif. De 2021 à 2025, on assiste à une pression de la Cour suprème qui décide en 2024 que l’exemption générale est illégale et qui oblige l’Etat à définir des quotas et des sanctions claires. Le Haredi doit avoir passé deux ans dans une yeshiva entre 14 ans et 18 ans. On en est là aujourd’hui : à la Knesset, les débats sont houleux sur le sujet, le refus demeure et seuls entre 5% et 10% de Haredim convoqués répondent à l’appel.
Naturellement, et à l’observation, on a vraiment l’impression que les Haredim sont des privilégiés, que leur argument consistant donc à étudier la Torah pour conforter le judaïsme n’est qu’un passe-droit relativement hypocrite vu le comportement par ailleurs souvent arrogant qu’ils manifestent vis à vis de la population israélienne en général et enfin qu’ils forment ainsi une sorte de noblesse au sens français du terme avec ce que cela sous-entend de dégoût et de rejet. En fait, l’Israélien lambda a l’impression que les Haredim ne servent pas l’intérêt général de la nation en la nourrissant de la spiritualité juive mais servent tout simplement, et bien égoïstement, leurs seuls intérets. Tout cela est vrai !  Ceci étant, face à l’effritement du judaïsme et à la laïcisation importante du peuple d’Israël, on doit reconnaître objectivement que la présence des Haredim par leur développement humain dû à la fécondité de leurs épouses, constitue un vrai rempart, un moyen incontestable de préservation du pays. Peut-être, les Haredim devraient-ils être moins cassants, plus tolérants, moins sectaires, moins renfermés, plus ouverts à leurs coreligionnaires, plus souriants finalement. Enfin, il n’est sans doute pas exacte d’affirmer péremptoirement que l’étude de la Torah n’a plus de raison d’être parce qu’avec le temps, elle a désormais révélé tous ses artifices, qu’elle a été déchiffrée et n’a donc plus rien à révéler. Au contraire, ne dit-on pas que « La Torah est plus large que la mer », c’est à dire qu’elle est infinie. En effet, face aux réalités nouvelles que sont la technologie, la bioéthique, l’économie et l’organisation sociale, une adaptation s’impose. Et puis, et surtout, à l’évidence, étudier la Torah, c’est se joindre à Hashem et ainsi affirmer que la vie a un sens parce que c’est Lui le Créateur de la Vie. C’est Le remercier d’avoir offert à Son peuple cette terre merveilleuse qui a pour nom Israël. Et je suis convaincu que si les Haredim et tous les autres Israéliens décidaient de faire chacun un pas vers l’autre, c’est fou comme Israël s’en sortirait renforcé, ce qui aujourd’hui, plus que jamais, est fondamental.
Je suis goy. Vive Israël !
Philippe ARNON