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Dernier otage israélien retrouvé mort : Trump salue la fin d’un drame, mais la colère explose contre les complices du Hamas

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La restitution du corps de Ran Gvili, dernier otage israélien détenu par le Hamas, marque un moment lourd et profondément symbolique dans la guerre déclenchée le 7 octobre. Pour la première fois depuis plus d’une décennie, Israël ne compte plus d’otages aux mains d’organisations terroristes à Gaza. Cette réalité tragique, confirmée après l’identification formelle du corps, a suscité des réactions immédiates au plus haut niveau politique, aux États-Unis comme en Israël, mais aussi une vague de colère face à ce que beaucoup considèrent comme une hypocrisie internationale persistante.

Le président des États-Unis, Donald Trump, a publiquement salué le retour du dernier otage décédé, parlant de la clôture d’un chapitre douloureux pour Israël et pour les familles endeuillées. Derrière le message officiel, le geste revêt une portée politique claire : il s’inscrit dans une ligne de soutien affirmé à Israël et à son combat contre le terrorisme islamiste, dans un contexte régional toujours extrêmement instable. Cette déclaration intervient alors que Washington tente de maintenir un équilibre délicat entre pression diplomatique, alliances régionales et réalités sécuritaires sur le terrain.

À Jérusalem, un autre geste, plus silencieux mais lourd de sens, a attiré l’attention. L’ambassadeur des États-Unis en Israël, Mike Huckabee, a retiré la broche jaune symbolisant les otages. « Je ne veux plus jamais la revoir », a-t-il déclaré. Cette phrase, brève et brutale, résume le traumatisme collectif provoqué par des mois d’attente, d’espoir et finalement de deuil. La broche, portée par de nombreux responsables politiques et diplomates en solidarité avec les familles, était devenue le symbole d’une blessure ouverte. Son retrait ne marque pas une victoire, mais la fin d’une attente insoutenable, payée au prix de vies humaines.

La confirmation de l’identité de Ran Gvili a été obtenue rapidement grâce à des éléments précis et incontestables. Les autorités israéliennes ont pu s’appuyer sur un implant métallique présent dans sa jambe, conséquence d’une blessure subie lors de son service militaire, sur l’uniforme qu’il portait encore au moment de sa mort, ainsi que sur des dossiers dentaires permettant une correspondance formelle. Cette identification rapide n’atténue en rien la douleur, mais elle a permis à la famille de sortir de l’incertitude, cette torture psychologique qui accompagne chaque dossier d’otage non élucidé.

Mais au-delà de l’émotion, la restitution du corps a ravivé un débat politique et moral beaucoup plus large. Jared Kushner, figure centrale des précédentes tentatives de médiation au Moyen-Orient, a remercié publiquement le Qatar, la Turquie et l’Égypte pour leur rôle supposé dans la libération du dernier otage. Cette déclaration a provoqué une onde de choc et une indignation immédiate dans une partie de l’opinion israélienne et pro-israélienne. Pour de nombreux observateurs, remercier ces pays revient à blanchir leur responsabilité indirecte dans la tragédie.

Le Qatar est régulièrement accusé d’avoir financé le Hamas, lui offrant une bouée financière qui a permis au mouvement terroriste de se renforcer pendant des années. La Turkey, quant à elle, est soupçonnée d’avoir accueilli et soutenu des cadres du Hamas, tout en fermant les yeux sur leurs activités. L’Egypt, enfin, est depuis longtemps pointée du doigt pour la contrebande d’armes vers Gaza via des réseaux clandestins, malgré son rôle officiel de médiateur. Dans ce contexte, parler d’« aide » à la libération sans rappeler ces faits est perçu comme une falsification morale de la réalité.

La mort de Ran Gvili n’est donc pas seulement la fin d’un dossier d’otage ; elle est devenue un symbole. Le symbole du prix payé par Israël face à un terrorisme soutenu, armé et financé bien au-delà de Gaza. Le symbole aussi d’une communauté internationale qui, trop souvent, distingue artificiellement entre « médiateurs » et « complices », selon des intérêts géopolitiques fluctuants.

Pour Israël, la page se tourne, mais elle est tachée de sang. La disparition du dernier otage ne signifie pas la fin du combat, ni la fin de la douleur. Elle rappelle que chaque geste diplomatique, chaque déclaration publique, chaque remerciement adressé à des acteurs ambigus a un poids immense face aux familles endeuillées et à une nation marquée. Le message envoyé aujourd’hui par Jérusalem et par une partie de Washington est clair : la mémoire des otages ne sera pas instrumentalisée, et la responsabilité morale de ceux qui ont permis leur enlèvement ne sera pas effacée par des formules diplomatiques.

Dire « c’était le destin » n’est pas fuir la responsabilité : une défense de l’empathie face au deuil

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Je suis horrifié par le niveau de haine déversé contre une mère d’un bébé décédé parce qu’elle a dit que sa mort était un acte du destin.

Beaucoup ont écrit de manière dure en affirmant qu’elle se dédouane, ou qu’elle dédouane la personne de la crèche de toute responsabilité. Qu’elle choisit la croyance plutôt que la responsabilité. Que c’est dangereux, sectaire ou moralement vide. Qu’elle se moque totalement de la vie de son enfant.

Si vous voulez comprendre le point de vue depuis lequel elle parle, sans la diaboliser, veuillez lire ce qui suit.

Vous n’êtes pas obligés d’être d’accord ni d’accepter cela. J’écris pour les personnes curieuses, celles qui présument de la bonne intention des autres, et qui veulent comprendre comment une mère peut dire une chose pareille d’une manière cohérente, morale et saine.

Même l’approche la plus moderniste du judaïsme, celle du rabbin Soloveitchik, l’un des penseurs juifs les plus sérieux, titulaire d’un doctorat en philosophie de l’Université de Berlin et profondément ancré dans la pensée existentielle occidentale, repose sur une idée centrale :
le judaïsme est fondé sur le paradoxe.

D’un côté, nous croyons à 100 % au libre arbitre.
Les personnes sont à 100 % responsables de leurs actes.
La vie humaine est sacrée.
Être vigilant quant à la vie humaine est l’obligation morale la plus élevée.

Et en même temps, le judaïsme affirme aussi que rien ne peut arriver à une personne si Dieu ne le décrète pas d’en haut.

Les deux sont vrais. En même temps.

Le Rav Soloveitchik décrit ces deux manières d’exister dans le monde comme deux alliances :
l’alliance du destin et l’alliance de la vocation.

Le destin est ce qui nous arrive sans notre consentement.
L’accident.
La maladie.
La perte qui brise une vie.

La vocation est ce que nous faisons après que le destin frappe.
La manière dont nous réagissons.
Ce que nous exigeons de réparer.
Ce que nous construisons à partir des ruines.

Voici la partie que beaucoup manquent.

On ne peut pas vivre dans la vocation avant d’avoir reconnu le destin.

Si l’on essaie de passer directement à la colère, au blâme, à la réforme et à la mise en accusation publique sans permettre à l’âme humaine de dire d’abord « cela m’est arrivé », on ne crée pas de justice. On brise des êtres humains.

Une mère plongée dans le deuil n’est pas dans un registre de vocation.
Elle est en mode survie.

Plus tard, la société devra poser des questions difficiles, examiner les systèmes, s’assurer que justice soit rendue.
Cela relèvera de la vocation.

Mais exiger un langage de vocation d’un parent dont le monde vient de s’effondrer n’est pas de la clarté morale.
C’est de la cruauté déguisée en vertu.

Ainsi, lorsque Hani Katz, la mère du petit Ari, dit que la mort de son enfant était son destin, elle ne dit pas que personne ne doit être tenu responsable.

Ce qu’elle dit est ceci :

Elle a confié son enfant à des personnes qu’elle croyait compétentes, chaleureuses et professionnelles, après avoir confié trois enfants à cette même crèche pendant sept ans. Il y avait vingt enfants avec deux à trois nourrices (et non cinquante comme cela a été rapporté). Elle a pris la meilleure décision possible avec les informations dont elle disposait. Et malgré cela, la tragédie est survenue.

Et oui, connaissant les personnes à qui elle a confié ses enfants, elles ont fait de leur mieux. Et elles aussi ont été frappées par le destin.

Appeler cela le destin n’est ni un déni ni de l’apathie.

Dans la pensée juive, la responsabilité humaine et la volonté divine coexistent. Les personnes choisissent leurs actes, et pourtant aucun mal n’atteint une personne sans que Dieu ne le permette. Comme on le dit parfois : le libre arbitre d’autrui s’arrête au bout de ton nez.

C’est le cadre intellectuel et spirituel dans lequel elle se tient.

Elle utilise le seul langage qui lui permet de rester en vie assez longtemps pour qu’un jour elle puisse choisir la vocation.

Vous n’êtes pas obligés d’accepter cela.
Vous n’êtes pas obligés d’y croire.

Mais si vous avez de l’empathie et de l’intégrité, vous ne pouvez pas la traiter de manipulée, de membre d’une secte, de folle, ni dire qu’elle se moquait de la vie de son enfant.

Le désaccord est légitime.
La déshumanisation ne l’est pas.

Leah Zakh Aharoni

Note de la rédaction : Cet article est un texte d’opinion. Les propos exprimés n’engagent que leur auteure et ne reflètent pas nécessairement les positions de l’équipe rédactionnelle.

 

La photo du bébé près des toilettes : ce que les réseaux ont jugé trop vite

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Si, au cours des derniers jours depuis la tragédie à la crèche de Jérusalem, vous avez écrit quelque chose du genre :
« Des parents haredim irresponsables à qui leurs enfants n’importent pas et qui acceptent donc de telles conditions »
ou
« Les haredim ne devraient pas avoir d’enfants qu’ils ne peuvent pas assumer financièrement »

Rendez-vous service : levez-vous de votre chaise et allez à Jérusalem parler avec Hani Katz, la mère d’Ari, pour lui demander pardon.

Depuis le 7 octobre, Hani Katz, avec son cousin et un groupe de bénévoles haredim, ont rendu visite à 2 000 shiv’ot de nos soldats tombés et des victimes du massacre.
Ils ont fait des dons par l’intermédiaire de leur entreprise de bijoux – Tachchic – en offrant à chacune des mères endeuillées un collier gravé avec la photo du soldat ou de la personne assassinée.

Ce fait, à lui seul, devrait témoigner de la nature des personnes exceptionnelles qui ont perdu leur bébé cette semaine.

Et pourtant, ces derniers jours, les réseaux sociaux sont remplis de stéréotypes qui donnent à ceux qui les écrivent le sentiment d’être « moralement supérieurs ».

Les personnes qui ont écrit de telles choses doivent assumer la responsabilité de leurs paroles.
Pas seulement en supprimant leurs publications et leurs commentaires, mais aussi en demandant pardon à Hani Katz, dont le deuil a été encore alourdi par un jugement public totalement erroné.

Oui — en écrivant un nouveau post, en reconnaissant leur erreur et en promettant qu’à l’avenir ils ne sauteront pas à des conclusions rapides, empreintes de haine.

Car la majorité de ce qui a été écrit et partagé dans les publications est tout simplement faux.

Dans l’immeuble, il y avait trois crèches différentes.
Au total, environ 50 enfants se trouvaient dans le bâtiment, et ils ont tous été évacués vers l’hôpital parce que la situation n’était pas claire.

La photo qui circule sur les réseaux sociaux montrant un bébé endormi près des toilettes n’est pas une preuve de négligence. Un bénévole de ZAKA a placé ce bébé à cet endroit afin de dégager le passage (pour qu’on ne marche pas sur lui) pendant qu’ils sauvaient des vies.

Trois autres enfants de Hani fréquentent la même crèche. Elle décrit les femmes qui s’occupent des enfants comme des personnes chaleureuses et dévouées, semblables à une seconde famille.

Hani et ses cousins gèrent un réseau de sept bijouteries. Ce n’est pas une femme qui fuit ses responsabilités. Il est logique de supposer qu’elle a choisi la crèche de ses enfants avec soin.

Ce n’est pas une famille qui prend des raccourcis ou rogne sur les valeurs.
Ce n’est pas une famille qui traite la vie avec mépris.

Mais, en l’espace de quelques heures, beaucoup ont cru savoir exactement ce qui s’était passé.

Il ne s’agit pas d’un refus d’entendre la critique. Il s’agit d’humilité, de retenue, et de reconnaître le moment où nous glissons vers une croyance stéréotypée et la confirmation d’un point de vue erroné.

Il est important de comprendre que les médias ne représentent pas fidèlement la vérité et manipulent constamment les faits. Il est donc préférable d’utiliser un raisonnement simple et de donner aux gens le bénéfice du doute avant de croire le pire à propos de personnes dont l’opinion n’est pas la nôtre.

Une tragédie n’est pas une tribune pour la supériorité morale.

Avant d’écrire un post la prochaine fois, nous devons nous arrêter. Vérifier les faits et nous interroger sur nos hypothèses de départ.

Et souvenez-vous, s’il vous plaît, que des êtres humains, portant une douleur immense, se trouvent de l’autre côté de notre sentiment de certitude.

Certaines paroles resteront gravées et ne pourront pas être retirées, mais la responsabilité et la demande de pardon sont encore possibles.

J’ajoute une prière pour que vous ne connaissiez plus la douleur et pour qu’il n’y ait plus de tragédies de ce genre 🙏

Leah Zakh Aharoni

Note de la rédaction : Cet article est une tribune d’opinion. Son contenu n’engage que son auteure et ne représente pas nécessairement la ligne éditoriale du site.

Génocide communicationnel : quand l’indignation mondiale devient sélective

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Il existe des crimes que l’on commet avec des armes, et d’autres que l’on perpètre avec des mots, des silences et des chiffres manipulés. Le génocide communicationnel appartient à cette seconde catégorie. Il ne tue pas directement, mais il efface, relativise, inverse les rôles, et prépare le terrain à la répétition des massacres. Alors que le monde se dit aujourd’hui bouleversé par les images en provenance d’Iran, où le régime des ayatollahs aurait recruté des tueurs étrangers pour écraser des manifestations civiles, il est impossible de ne pas constater le contraste brutal avec le traitement médiatique réservé aux victimes israéliennes du 7 octobre, jour de Sim’hat Torah.

Face aux manifestants iraniens, l’émotion internationale est immédiate. Les mots employés sont clairs : répression, dictature, crimes contre l’humanité. Les visages sont humanisés, les victimes reconnues, les récits relayés avec empathie. Les slogans de solidarité fleurissent sur les plateaux de télévision occidentaux. Les réseaux sociaux s’embrasent pour dénoncer le régime de Téhéran. Cette réaction serait légitime si elle n’était pas aussi terriblement asymétrique.

Car lorsque des hommes, des femmes, des enfants israéliens ont été massacrés avec une barbarie méthodique par les terroristes du Hamas le 7 octobre, la réponse mondiale n’a pas été l’empathie, mais une vague d’antisémitisme sans précédent. Là où l’on aurait dû voir une condamnation unanime, on a vu des justifications, des relativisations, parfois même une inversion morale des responsabilités. Les victimes sont devenues suspectes, leur souffrance conditionnelle, leur mort contextualisée.

La différence de traitement ne s’arrête pas à l’émotion ; elle s’ancre profondément dans le discours médiatique. Durant la guerre déclenchée par le Hamas, les rédactions internationales ont diffusé sans la moindre vérification les chiffres fournis par l’organisation terroriste elle-même, parlant de « dizaines de milliers de civils palestiniens tués », d’« affamement volontaire », de « génocide ». Ces accusations, reprises mot pour mot par des ONG autoproclamées de défense des droits de l’homme, ont été relayées comme des faits établis, sans contradictoire, sans prudence, sans esprit critique.

À l’inverse, lorsque les chaînes d’opposition iraniennes, telles qu’Iran International, évoquent plus de 30 000 manifestants exécutés en l’espace de deux jours, la prudence devient soudain la règle. Les médias occidentaux abaissent les chiffres à moins de 10 000. Certaines organisations internationales parlent même de moins de 5 000 morts. Cette réduction drastique intervient pourtant alors que circulent des images insoutenables de salles entières remplies de corps, exécutés par balles, parfois encore reliés à des perfusions et à des appareils de surveillance cardiaque dans des hôpitaux transformés en lieux d’exécution.

Cette dissonance n’est pas accidentelle. Elle révèle un système. Les ayatollahs ne se contentent pas de recruter des mercenaires étrangers pour écraser leur propre peuple ; ils ont manifestement compris que la guerre moderne se gagne aussi sur le terrain médiatique. À l’instar de leurs alliés idéologiques, ils ont importé des combattants de l’information, des experts en narration, capables de brouiller les chiffres, de semer le doute, de diluer l’horreur.

Ce mécanisme n’est pas nouveau pour Israël. Depuis des décennies, l’État hébreu est confronté à une hostilité médiatique structurelle, où chaque action défensive est présentée comme une agression, et chaque crime commis contre ses citoyens est immédiatement relativisé par un « contexte ». Le 7 octobre a marqué un paroxysme : des scènes de décapitations, de viols, de familles brûlées vives ont été accueillies par des manifestations de joie dans certaines capitales occidentales, pendant que les plateaux télé cherchaient déjà à expliquer « les causes profondes » du massacre.

Ce deux poids, deux mesures constitue en soi une forme de violence. Il nie la dignité des victimes israéliennes, il banalise le terrorisme, et il envoie un message clair aux bourreaux : tout dépend de qui vous êtes et de qui vous tuez. Lorsque la communication devient un champ de bataille, l’effacement de la vérité devient une arme stratégique.

Il est donc urgent de nommer ce phénomène pour ce qu’il est : un génocide communicationnel. Non pas parce qu’il remplace les massacres physiques, mais parce qu’il les accompagne, les justifie et les prépare. Tant que le monde continuera à hiérarchiser les morts, à sélectionner ses indignations et à manipuler les chiffres selon l’identité des victimes, aucune promesse de « plus jamais ça » ne pourra être prise au sérieux.

Après que tout le monde est parti, il est resté

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Après que tout le monde est parti, il est resté.
Le silence est revenu lentement, lourd, presque irréel. Les pas se sont éloignés, les voix se sont tues, et le cimetière s’est vidé de ceux qui avaient pleuré, serré des mains, murmuré des condoléances. Il ne restait plus que lui, la terre fraîchement retournée, et un amour qui n’avait pas trouvé le moment de devenir promesse.

Il a sorti la bague de sa poche.
Il s’est agenouillé.
Mais il était déjà trop tard.

Nevo et Adi devaient se marier. Ce n’était pas un projet vague, ni un rêve flou. C’était une certitude. Il l’avait su dès la première fois que leurs regards s’étaient croisés. Elle aussi le savait. Elle savait qu’il allait lui faire sa demande. Il avait même acheté la bague exacte dont elle rêvait : une grande pierre de saphir, entourée de trois petits diamants. Pas une approximation. Pas un compromis. La bague qu’elle voulait, telle qu’elle l’avait décrite, telle qu’elle l’avait imaginée.

Mais Adi avait insisté pour rejoindre la réserve. Pour aider. Pour être là où il fallait être. Parce qu’il y avait des gens qui avaient besoin d’elle, et parce qu’elle faisait partie de ceux qui ne détournent pas le regard quand le pays saigne.

Ils avaient de grands rêves. Des projets précis. Des discussions sur l’avenir. Une vie entière devant eux. Jusqu’à ce qu’une roquette maudite tranche tout. En une seconde. Sans avertissement. Sans justice. Et que leur avenir commun soit remplacé par le deuil.

Quand Adi a été enterrée, Nevo lui a demandé pardon.
Pas pour ne pas l’avoir aimée assez.
Pas pour avoir douté.
Mais pour ne pas avoir posé un genou à terre tant qu’elle était encore au-dessus du sol, et non en dessous.

Alors après que tout le monde est parti, il est resté.

Il a sorti la bague de sa poche. Cette bague avec une grande pierre de saphir et trois petits diamants. Exactement comme Adi la voulait. Il s’est agenouillé. Et il a proposé.

Pas devant une foule.
Pas sous une houppa.
Pas avec des applaudissements.

Il a proposé à la femme qu’il aimait, là où il ne restait plus que la mémoire, la terre et l’absence. Un geste qui n’efface pas la mort, mais qui refuse qu’elle efface l’amour. Un geste qui ne change rien aux faits, mais qui dit tout sur ce que signifie être fidèle, même quand il n’y a plus rien à attendre en retour.

Cette histoire n’est pas seulement une tragédie. C’est un témoignage brutal de ce que la guerre vole à ceux qui n’ont rien demandé. Des vies, des futurs, des moments simples qui n’arriveront jamais. Mais c’est aussi une leçon silencieuse sur l’amour. Un amour qui n’est pas conditionné par le temps, par la réussite, par la présence physique. Un amour qui survit même quand tout est perdu.

Nevo n’a pas fait sa demande trop tard.
Il l’a faite à l’endroit exact où l’amour cesse d’être une promesse pour devenir un engagement éternel.

Parce que certains amours ne meurent pas.
Ils restent.
Même quand tout le monde est parti.

Guy Hochman à New York : quand l’art refuse de se taire

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Le comédien israélien Guy Hochman est venu à New York avec une intention simple : rencontrer son public et monter sur scène. Rien de plus. Rien de moins. Mais cette semaine, à Manhattan, l’art s’est heurté à la haine, et le courage a pris le pas sur le confort.

Mardi soir, la représentation prévue dans un lieu de spectacle de Manhattan a été brutalement annulée. À l’extérieur de la salle, des manifestants masqués ont provoqué des troubles, créant une situation suffisamment tendue pour entraîner un important déploiement de la police de New York, le NYPD, et la fermeture du site pour raisons de sécurité. Le message était clair : faire pression, intimider, empêcher un artiste israélien de se produire.

Pour beaucoup, l’histoire se serait arrêtée là. Annulation, communiqué officiel, retour à l’hôtel, silence. Mais Guy Hochman n’a pas choisi cette option.

Au lieu de se replier, il est resté. Il est sorti dehors. Dans le froid glacial new-yorkais, sans scène, sans projecteurs, sans protection symbolique. Face à lui, son public — des spectateurs venus exprès pour le voir, le soutenir, l’entendre. Et là, sur le trottoir, il a fait ce qu’il sait faire de mieux : il a joué. Il a parlé. Il a tenu.

Ce moment, improvisé et brut, dépasse largement le cadre d’un simple sketch. Il raconte quelque chose de plus profond sur la liberté artistique aujourd’hui. Sur ce que signifie créer quand certains veulent vous réduire au silence non pas pour ce que vous dites, mais pour ce que vous êtes. Hochman n’a pas répondu par la colère. Il a répondu par l’art.

Plus tard dans la soirée, il a annoncé que la représentation officielle était reportée au lendemain, dans un lieu alternatif, volontairement tenu secret afin de garantir la sécurité des artistes et du public. Là encore, une décision lucide, responsable, mais ferme : la peur ne dicte pas l’agenda.

Ce qui s’est joué à New York n’est pas un incident isolé. De plus en plus, des artistes israéliens — musiciens, comédiens, écrivains — se retrouvent confrontés à des tentatives de censure déguisées en militantisme. Le cas de Guy Hochman illustre une réalité dérangeante : dans certaines capitales occidentales, la pression idéologique tente désormais de décider qui a le droit de monter sur scène.

Mais cette histoire raconte surtout l’inverse : la résilience. Celle d’un artiste qui comprend que renoncer, parfois, est exactement ce que l’on attend de vous. Et qui choisit donc de ne pas renoncer.

Il y a dans ce geste — jouer dehors, dans le froid, sans décor — quelque chose de profondément israélien. Une obstination tranquille. Une capacité à continuer même quand les conditions sont injustes. Une conviction que la culture n’est pas un luxe, mais une nécessité.

Ce soir-là, Guy Hochman n’a pas seulement fait rire. Il a rappelé que l’art n’a pas besoin d’une scène parfaite pour exister. Il a montré que le courage ne se manifeste pas toujours dans de grands discours, mais parfois dans un simple refus de disparaître.

Art. Courage. Persévérance.
Même quand ce n’est pas confortable.

Il mérite le respect. Et beaucoup d’amour. 💙
Crédit : Infinity Grup

De la foi en la coexistence à la lucidité morale : confession d’un réveil après le 7 octobre

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J’ai soutenu la paix et la coexistence toute ma vie.
Je les ai défendues avec sincérité, avec engagement, parfois avec naïveté.

J’ai organisé une fête de la paix réunissant des centaines d’Israéliens et de Palestiniens de Judée-Samarie. J’ai conduit des enfants de Gaza vers des hôpitaux israéliens pour qu’ils reçoivent des soins. J’ai cru, profondément, à la bonne volonté fondamentale de chaque être humain : le désir universel de vivre tranquillement, de travailler dignement, peu importe son origine.

J’avais aussi une critique sans limites envers mon pays et mon peuple. Je dénonçais notre racisme, notre militarisme, notre arrogance supposée, notre incapacité — selon moi — à reconnaître la douleur de l’autre camp. J’attribuais à Israël la responsabilité principale de cette guerre sans fin.

Pire encore, je regardais avec mépris ceux que je considérais comme « la foule incitée » : les électeurs de droite, les messianiques, les “arsim”, les colons, les ultra-orthodoxes. Tous ceux dont je m’étais volontairement distingué pour préserver une image morale qui me rassurait.

Aujourd’hui, je le dis avec douleur : je me suis rempli de haine fraternelle.
D’une haine envers des gens qui sont pourtant ma chair et mon sang.
Des gens grâce auxquels je vis ici, j’aime ici, j’élève mes enfants ici, je me sens en sécurité ici — et, pour être honnête, je profite aussi de la vie ici.

J’ai développé une haine envers mon identité, mes racines, mes sources. J’ai craché dans le puits dont j’ai bu. Au nom des drapeaux que je brandissais, je me suis coupé de mon propre cœur.

C’est le plus grand regret que je porte cette année : m’être détaché de mon peuple, de mon pays magnifique et de mon identité juive.


Je ne sais pas si je suis meilleur aujourd’hui.
Mais je sais une chose.

Le 7 octobre, comme chacun d’entre nous, je me suis retrouvé face à face avec le mal absolu.
Et quand on voit le mal à visage découvert, on ne peut pas rester le même.

Ce jour-là, je me suis réveillé.
Je me suis réinitialisé.
J’ai annulé toutes les conceptions erronées qui m’avaient conduit à m’identifier davantage à ce mal qu’à mes propres frères.

Le mal dont je parle n’a pas besoin d’être décrit. Nous savons tous ce qu’il a fait. Nous savons tous à quoi il ressemble.

Depuis que j’ai vu sa cruauté à nu, toute critique que j’avais envers mon peuple est devenue secondaire, voire insignifiante. On ne joue pas à des jeux idéologiques quand une épée est posée sur la gorge. Ces monstres ne sont pas moi. Ils ne sont pas mon peuple. Nous vivons peut-être côte à côte, mais nous appartenons à deux galaxies totalement différentes : l’une sanctifie la vie, l’autre sanctifie la mort.

« Merci à la lumière qui m’a réveillé de mon sommeil, et aux ténèbres qui ont réveillé ma lumière », ai-je écrit récemment.
Car le cadeau caché dans l’obscurité qui relève la tête, c’est précisément le réveil de la lumière.

Et c’est ce qui s’est produit.

Face au mal pur qui s’est levé pour nous anéantir, notre peuple — grand et magnifique — s’est réveillé pour défendre son amour de la vie. Sous nos yeux s’est révélée une lumière immense.

Des soldats.
Des parents endeuillés.
Des survivants du festival Nova.
Des ex-otages revenus de captivité.
Des musiciens, des bénévoles, des soignants, des enseignants, des entrepreneurs, des militants civiques.

Quels êtres humains extraordinaires nous avons ici.
Quelle lumière émane de nos visages, de nos paroles.
Quelle force d’âme, quelle noblesse, quelle générosité, quelle solidarité, quelle vitalité collective.
Et quelle abondance d’amour.

Même si cette lumière semble parfois s’estomper aujourd’hui, noyée dans les divisions internes et les tensions, nous n’avons pas le droit de l’oublier. Car c’est uniquement ensemble, solides et unis, que nous pourrons faire face à ce mal qui n’a pas encore dit son dernier mot.


Je ne sais pas si je suis meilleur aujourd’hui.
Mais je sais ceci, avec une clarté absolue :

Jamais, jamais, jamais je ne comparerai mon peuple — aucun membre de mon peuple — à ces monstres qui n’ont pas leur place dans l’humanité.
Jamais je ne traiterai mes frères de nazis ou de “Nukhba”.
Jamais je ne ferai davantage confiance à ce mal absolu qu’aux miens, quels que soient nos désaccords.

Le dieu de ces monstres est le diable.
Et le diable n’est pas le Dieu de notre peuple.

Depuis le 7 octobre, une ligne est claire pour moi :
quiconque soutient les atrocités de ces monstres n’est pas de mon côté.
Quiconque établit une équivalence morale entre eux et nous n’est pas mon ami.

Les mots ont un poids immense. La vie et la mort sont entre les mains de la langue.
Nous sommes au cœur d’une guerre entre les fils de la lumière et les fils des ténèbres — c’est ainsi que je le crois.

En Israël, comme en Europe, en Australie, aux États-Unis et dans tout le monde occidental, nous faisons face à des forces qui veulent ramener le monde des siècles en arrière : vers la domination de la violence, la négation de la liberté des femmes, l’écrasement de l’individu, la culture du viol, de la possession, du meurtre et de la peur.

Ces forces menacent la civilisation elle-même.
Pas seulement Israël.
Nos enfants. Nos filles. Nos mères. Nos anciens. Toute personne libre.

Nous sommes probablement au début d’une tempête mondiale.
Car lorsque l’obscurité est récompensée, elle se renforce.

Ce mal ne peut être arrêté que par une ligne rouge claire et ferme. Sans cela, il continue d’avancer, de grignoter la vie, de tester les limites.

Aujourd’hui, nous sommes peut-être les seuls à le comprendre pleinement. Mais bientôt, avec nous, tous les défenseurs de la liberté se réveilleront. Et ce jour-là, Israël ne sera plus diffamé, mais reconnu. Non plus isolé, mais respecté.

Nous devons rester forts. Unis. Et ne pas céder.
Jusqu’à ce que ce mal soit privé de son pouvoir.

Car au final — toujours — la lumière finit par vaincre.

Que cette année soit une année de renforcement de la lumière, ici et dans le monde entier.
Et qu’au fond du cœur monte une prière simple et urgente :
que tous nos otages rentrent à la maison, bientôt. Amen.

Mark Tsion Melloul

Le porte-avions américain Abraham Lincoln entre dans la zone iranienne : une démonstration de force sous menace réelle

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La tension militaire au Moyen-Orient franchit un nouveau seuil. Le groupe aéronaval américain centré autour du porte-avions USS Abraham Lincoln a officiellement pénétré la zone de responsabilité du CENTCOM, dans l’océan Indien, se rapprochant ainsi dangereusement de l’Iran. Une avancée stratégique majeure, confirmée par une source américaine de haut rang et révélée par la correspondante sécurité nationale de Fox News, Jennifer Griffin.

Si le groupe de combat n’a pas encore atteint sa position opérationnelle finale permettant des frappes immédiates, son entrée dans la zone constitue un signal clair adressé à Téhéran : les États-Unis se préparent à toutes les options. Cette manœuvre s’inscrit dans un renforcement massif de la présence militaire américaine dans la région, incluant également le déploiement d’escadrons de chasse F-15 et d’avions de transport stratégique C-17, acheminant équipements lourds et capacités logistiques avancées.

Mais plus le Lincoln s’approche, plus les risques augmentent.

Des experts en sécurité maritime et en guerre asymétrique alertent sur une menace spécifique et grandissante : les capacités iraniennes en matière de drones armés. L’Iran a bâti, au fil des années, un arsenal redoutable de drones bon marché mais efficaces, conçus précisément pour contourner la supériorité technologique occidentale.

Parmi les voix les plus alarmantes figure Cameron Chell, PDG de la société Draganfly et spécialiste mondial des systèmes de drones. Selon lui, la principale menace ne réside pas dans une frappe unique, mais dans ce que les stratèges appellent des attaques de saturation. Des centaines de drones explosifs pourraient être lancés simultanément vers une cible navale, submergeant les systèmes de défense les plus avancés.

« Les systèmes actuels n’ont pas été conçus pour intercepter des essaims coordonnés d’une telle ampleur en un laps de temps aussi court », explique-t-il. Même les défenses antimissiles les plus sophistiquées atteignent rapidement leurs limites face à des attaques massives et multiples. Dans un tel scénario, la probabilité qu’au moins une partie des drones atteigne leur cible devient élevée.

Or, un groupe aéronaval, aussi puissant soit-il, reste une cible imposante : visible au radar, relativement lente, et symboliquement précieuse. Le Abraham Lincoln représente à la fois un atout stratégique colossal et un objectif de choix pour l’Iran, désireux de démontrer sa capacité à frapper le cœur de la puissance américaine.

Cette montée en tension se produit alors que l’Iran traverse une phase d’instabilité interne aiguë. Depuis la fin du mois de décembre, des manifestations de grande ampleur secouent le pays. Les organisations de défense des droits de l’homme font état de plus de 5 400 victimes et de dizaines de milliers de cas de répression en cours d’enquête. Dans ce contexte explosif, les autorités iraniennes redoutent une frappe extérieure qui pourrait précipiter un effondrement du régime.

Selon plusieurs sources sécuritaires, le guide suprême iranien Ali Khamenei aurait même été transféré dans un bunker souterrain fortifié à Téhéran, signe d’une inquiétude réelle au sommet du pouvoir.

Le président américain Donald Trump a commenté la situation avec prudence, confirmant qu’« une grande flotte » se dirige vers l’Iran. « Nous préférerions qu’il ne se passe rien », a-t-il déclaré, « mais nous observons la situation de très près ». En parallèle, les Gardiens de la Révolution iraniens affirment avoir « le doigt sur la gâchette », accentuant encore le climat de confrontation.

Ainsi, la présence du Abraham Lincoln dans la zone CENTCOM n’est pas seulement un déploiement militaire classique. Elle est le symbole d’un équilibre extrêmement fragile entre dissuasion et escalade. Chaque mouvement, chaque déclaration, chaque drone lancé à l’essai peut désormais faire basculer la région dans un affrontement direct aux conséquences imprévisibles.

Le message américain est clair : la puissance est prête.
Le message iranien l’est tout autant : le prix d’une attaque serait élevé.

Entre démonstration de force, menaces asymétriques et instabilité interne iranienne, la région s’approche d’un point de rupture. Et le porte-avions Abraham Lincoln, fleuron de la marine américaine, avance désormais dans des eaux où la supériorité technologique ne garantit plus l’immunité.

Israël conditionne l’ouverture du passage de Rafah au retour total des otages : une ligne rouge stratégique assumée

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Le Bureau du Premier ministre israélien a confirmé un élément central des négociations en cours avec Washington et les acteurs régionaux : dans le cadre du plan en 20 points proposé par le président Donald Trump, Israël a accepté, de manière conditionnelle et strictement encadrée, une ouverture limitée du passage de Rafah. Cette ouverture ne concernerait que le passage de personnes, excluant tout transfert de marchandises, et serait placée sous un mécanisme de contrôle israélien complet, tant sur le plan sécuritaire que du renseignement.

Cette décision, présentée comme un geste diplomatique calculé, repose sur une condition non négociable : le retour de tous les otages israéliens vivants, ainsi qu’un engagement total, vérifiable et effectif du Hamas pour localiser, identifier et restituer l’ensemble des otages décédés. Israël insiste sur un point fondamental : il ne s’agit pas d’une promesse générale ou d’une déclaration d’intention, mais d’un effort à 100 %, mesurable et concret, sans quoi aucune ouverture du passage de Rafah ne sera mise en œuvre.

Le passage de Rafah, situé entre la bande de Gaza et l’Égypte, est depuis des années un levier stratégique majeur dans le rapport de force régional. Son ouverture ou sa fermeture constitue un instrument de pression politique, sécuritaire et humanitaire. En acceptant une ouverture partielle, limitée aux personnes et sous supervision israélienne, Jérusalem cherche à démontrer sa capacité à conjuguer fermeté sécuritaire et coordination internationale, sans renoncer à ses principes fondamentaux.

Parallèlement à cette annonce, le communiqué officiel souligne que l’armée israélienne mène actuellement une opération ciblée d’envergure, destinée à exploiter l’ensemble des informations de renseignement récemment obtenues concernant le sort du soldat captif Ran Goyaili z״ל. Cette opération, décrite comme précise et méthodique, vise à recouper données humaines, interceptions et renseignements de terrain afin de localiser son corps et permettre son retour en Israël.

Le cas de Ran Goyaili z״ל occupe une place centrale dans la décision politique actuelle. Aux yeux de l’État d’Israël, le devoir de ramener ses soldats, vivants ou morts, ne relève pas d’un symbole, mais d’un engagement moral et national absolu. Le Bureau du Premier ministre a réaffirmé que l’État d’Israël est déterminé à ramener ce héros israélien pour qu’il repose dans un cimetière israélien, conformément à la tradition et à l’éthique militaire du pays. Aucun effort, aucun moyen et aucun levier ne sera épargné pour atteindre cet objectif.

L’accord conclu avec les États-Unis précise que l’ouverture du passage de Rafah n’interviendra qu’après la fin de cette opération militaire et uniquement si les conditions sécuritaires et humanitaires définies sont strictement respectées. Cette coordination étroite avec Washington illustre le rôle central joué par l’administration américaine dans la tentative de stabilisation régionale, tout en reconnaissant la primauté des impératifs sécuritaires israéliens.

À Jérusalem, cette approche est perçue comme une réponse directe aux critiques internationales récurrentes accusant Israël de blocage humanitaire. Le message envoyé est clair : Israël n’ignore pas la dimension humaine du conflit, mais refuse catégoriquement que des gestes humanitaires soient utilisés par une organisation terroriste comme outil de chantage ou comme couverture pour la poursuite de ses activités militaires.

La condition posée au Hamas constitue également un précédent stratégique. Pour la première fois de manière aussi explicite, une concession potentielle d’ampleur – même limitée – est liée non seulement au retour d’otages vivants, mais aussi à la restitution complète des corps des victimes israéliennes. Cette exigence reflète une évolution profonde de la doctrine israélienne depuis le 7 octobre : la fin de l’acceptation tacite de zones d’ombre, de listes incomplètes et de réponses partielles.

Sur le plan régional, l’ouverture conditionnelle de Rafah place également l’Égypte face à ses responsabilités. Le mécanisme de contrôle israélien prévu implique une coopération sécuritaire étroite, visant à empêcher toute exploitation du passage par des cellules terroristes ou des réseaux de contrebande. Israël entend ainsi empêcher que Rafah ne redevienne un axe logistique majeur au service du Hamas ou de ses alliés.

En définitive, cette décision illustre une ligne politique cohérente : aucune normalisation, aucune ouverture et aucun geste diplomatique ne peuvent précéder la résolution totale de la question des otages. Pour Israël, il ne s’agit ni de vengeance ni de posture politique, mais d’un principe existentiel. Tant que chaque otage ne sera pas revenu, vivant ou pour une sépulture digne, aucune page ne pourra être tournée.

Les États-Unis déploient leur puissance aérienne au Moyen-Orient tandis que l’Iran renforce ses capacités côtières : montée coordonnée des tensions régionales

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Un nouveau palier stratégique semble être franchi au Moyen-Orient. Selon un communiqué émanant du centre de l’Armée de l’air américaine, les forces aériennes des États-Unis s’apprêtent à lancer un exercice militaire de grande ampleur, s’étalant sur plusieurs jours à travers l’ensemble de la région. L’objectif affiché est explicite : démontrer la capacité américaine à projeter rapidement et efficacement une force de combat aérienne crédible, prête au combat et dissuasive.

L’United States Air Force présente cet exercice comme un pilier de la doctrine de « paix par la puissance ». Dans le langage militaire américain, cette formule ne relève pas de la rhétorique mais d’une logique opérationnelle bien rodée : afficher une supériorité claire afin de décourager toute initiative hostile avant même qu’elle ne se matérialise. Il s’agit donc moins d’un entraînement routinier que d’un signal stratégique adressé à l’ensemble des acteurs régionaux, alliés comme adversaires.

Cette démonstration de force intervient dans un contexte régional déjà extrêmement volatil. La guerre prolongée autour de Gaza, les tensions persistantes entre Israël et le Hezbollah au Liban, l’instabilité en Syrie et les menaces répétées de Téhéran ont contribué à transformer le Moyen-Orient en un échiquier où chaque mouvement militaire est scruté et interprété comme un message politique. La capacité américaine à déployer rapidement une aviation de combat dans cet environnement vise à rappeler que Washington conserve une liberté d’action totale et une supériorité technologique décisive.

Presque simultanément, des informations en provenance d’Iran font état de manœuvres préoccupantes menées par les Gardiens de la Révolution islamique. Selon ces rapports, le Corps des Gardiens de la Révolution procède actuellement au transfert et au déploiement de lanceurs de missiles et de systèmes anti-navires le long des axes côtiers de la province d’Hormozgan, une région stratégique bordant le détroit d’Ormuz.

Cette zone n’est pas anodine. Le détroit d’Ormuz constitue l’un des passages maritimes les plus sensibles au monde, par lequel transite une part significative du commerce énergétique mondial. Tout renforcement militaire iranien dans cette région est immédiatement interprété comme une tentative de dissuasion agressive, voire comme une préparation à une capacité de blocage maritime en cas d’escalade majeure avec les États-Unis ou leurs alliés.

Le déploiement de missiles anti-navires le long de la côte iranienne s’inscrit dans une doctrine asymétrique assumée par Téhéran. Conscient de son infériorité face aux flottes occidentales en haute mer, le régime iranien mise depuis des années sur des systèmes mobiles, difficiles à détecter, capables de menacer des navires militaires ou commerciaux à courte et moyenne portée. Cette stratégie vise à augmenter le coût potentiel de toute confrontation directe, en particulier pour les forces américaines stationnées ou déployées dans la région.

La concomitance entre l’exercice aérien américain et les mouvements iraniens n’est pas perçue comme fortuite par les analystes sécuritaires. Elle illustre un jeu de dissuasion croisée, où chaque camp cherche à afficher ses capacités sans franchir, pour l’instant, le seuil du conflit ouvert. Les États-Unis démontrent leur aptitude à projeter une puissance aérienne écrasante sur l’ensemble du Moyen-Orient, tandis que l’Iran rappelle sa capacité à menacer les voies maritimes stratégiques et à compliquer toute intervention militaire.

Pour Israël, cette évolution est suivie avec une attention particulière. Toute escalade impliquant l’Iran, que ce soit directement ou par l’intermédiaire de ses proxies régionaux, a des implications immédiates pour la sécurité israélienne. La coordination étroite entre Jérusalem et Washington sur le plan militaire et du renseignement constitue dès lors un facteur central de stabilité relative, même dans un environnement de plus en plus tendu.

Au-delà des acteurs directement impliqués, ce bras de fer envoie également un message clair aux puissances régionales et internationales. Le Moyen-Orient reste un théâtre où la puissance militaire, plus que les déclarations diplomatiques, structure les équilibres. La démonstration américaine vise à rassurer ses alliés et à dissuader toute aventure stratégique iranienne, tandis que Téhéran cherche à prouver qu’il dispose toujours de leviers capables de perturber l’ordre régional et mondial.

En définitive, ces développements parallèles traduisent une réalité inquiétante : la région évolue sur une ligne de crête, où la dissuasion et la provocation avancent côte à côte. Tant que les signaux resteront démonstratifs et non opérationnels, l’équilibre tiendra. Mais chaque exercice, chaque missile déplacé, chaque démonstration de force rapproche un peu plus le Moyen-Orient d’un point de bascule dont personne ne peut prédire l’issue.