La guerre contre l’Iran a une durée de vie limitée, mais ce qui vient après pourrait durer bien plus longtemps. C’est le scénario avancé par Sharon Idan, ancien journaliste de la chaîne publique Kan 11 et officier de réserve, qui s’est exprimé ce jeudi sur le conflit en cours. Sa prédiction est tranchée : le round actuel contre l’Iran se terminera d’ici une dizaine de jours. Mais, ajoute-t-il aussitôt, un second round suivra, selon Srugim.
Le tableau qu’il dessine pour l’après-Iran est celui d’une guerre de longue haleine au Liban. Idan estime que le Premier ministre Netanyahu cherchera à s’engager profondément dans le secteur du Hezbollah et à maintenir une présence militaire israélienne au Liban pendant de longs mois. La formule qu’il utilise est explicite : « une année d’agenda sécuritaire lourd ». Et au bout de cette année, selon lui, Netanyahu ira aux élections avec en arrière-fond des vents de guerre — en se présentant comme celui qui a commencé le « grand ménage » et qui doit être reconduit pour l’achever.
Cette lecture n’est pas sans fondement stratégique. Depuis le début des opérations, le front nord avec le Hezbollah s’est réactivé parallèlement aux frappes contre l’Iran. Le ministre de la Défense Israel Katz a déjà évoqué publiquement la possibilité d’une extension des opérations au Liban si le gouvernement libanais ne prend pas le contrôle de son territoire. La logique décrite par Idan — une transition fluide d’un théâtre d’opérations à un autre — correspond à ce que plusieurs analystes militaires israéliens décrivent comme une « guerre séquentielle par phases », destinée à démanteler successivement les piliers de l’axe iranien dans la région.
La réaction des internautes à ces propos, rapportée par Srugim, est révélatrice d’un malaise plus profond dans la société israélienne. Beaucoup se disent perdus face aux objectifs réels de la guerre et à son horizon temporel. Certains expriment leur lassitude d’avoir à courir vers les abris nuit après nuit, d’autres s’irritent de l’absence de cadres scolaires pour leurs enfants. Un sentiment de guerre sans fin et sans boussole claire commence à s’installer dans une partie du public, même chez ceux qui soutiennent les opérations militaires.
La question que pose implicitement l’analyse de Sharon Idan est celle de la cohérence entre stratégie militaire et calendrier politique. Si le prochain round contre le Hezbollah est déjà en préparation, et si l’agenda sécuritaire est destiné à durer une année entière, alors la frontière entre nécessité opérationnelle et calcul électoral devient difficile à tracer. C’est précisément ce flou que ressentent de nombreux Israéliens — et que la prédiction d’un officier de réserve, formulée publiquement, vient mettre en lumière.
Source : Srugim https://www.srugim.co.il/news/1299307






