Le rabbin Moshé Hillel Hirsch, dirigeant de la faction ultra-orthodoxe Degel HaTorah, a prononcé samedi soir, à l’issue du chabbat, un discours d’une rare gravité devant les responsables et les candidats de son parti. À un mois des élections, l’objectif de la rencontre ne laissait guère de place au doute : mobiliser les troupes avant un scrutin que le rabbin Hirsch lui-même a qualifié d’exceptionnel. Parmi les personnes présentes figuraient les députés Yaakov Asher et Yitzhak Pindrus, aux côtés des nouveaux candidats inscrits sur la liste : les rabbins Rosenthal, Weispish et Zaltz.
Le rabbin Hirsch a ouvert son intervention par une mise en garde sévère. « En fait, nous sommes confrontés à une campagne comme il n’y en a pas eu depuis que je suis en terre d’Israël », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que la situation actuelle des Juifs en terre d’Israël n’avait, selon lui, jamais été telle qu’aujourd’hui. Le ton était donné : pour le dirigeant de Degel HaTorah, l’enjeu de ce scrutin dépasse largement les habituels calculs de sièges.
Le cœur de son propos a porté sur la relation d’Israël avec son allié historique. « Le monde entier est contre nous, y compris l’Amérique, dont nous pensions qu’elle était de notre côté — ce n’est pas vrai », a-t-il tranché devant l’assistance. Le rabbin Hirsch a affirmé que de larges pans de l’opinion publique américaine adoptent aujourd’hui des positions hostiles à Israël. Il a poussé le raisonnement jusqu’à évoquer un scénario de guerre : si, à Dieu ne plaise, un conflit éclatait et qu’Israël avait besoin que l’Amérique lui envoie du matériel pour l’aider, « ils nous diront qu’ils ne peuvent pas », a-t-il averti. Israel Hayom a diffusé des extraits vidéo de cette partie du discours, sous le titre : « Les Américains sont contre nous, il faut arrêter le renforcement de la gauche ».
C’est à partir de ce constat que le dirigeant haredi a articulé son appel au vote. Selon lui, le peuple juif a besoin aujourd’hui d’une « grande assistance divine », et c’est précisément le renforcement de la gauche qui prive Israël de cette protection venue du Ciel. « Cela vient du renforcement de la gauche », a-t-il insisté, appelant les personnes présentes comme l’ensemble des électeurs à tout mettre en œuvre pour empêcher ce renforcement.
Le rabbin Hirsch a également tenu à répondre aux voix, au sein même du public haredi, qui expriment lassitude ou colère envers le système politique. « Il y a des gens qui disent que cela ne sert à rien, qu’ils n’agissent pas et n’agiront pas — ce n’est pas vrai ! », a-t-il martelé, jugeant qu’il n’y a pas de place pour l’amertume. Il a appelé chaque électeur à fournir, selon ses mots, « le maximum du maximum » de participation au scrutin en faveur de la liste ג’ (Guimel).
Vers la fin de son intervention, le rabbin Hirsch a fixé un objectif électoral chiffré et sans ambiguïté pour la liste Yahadout HaTorah : « Si, à Dieu ne plaise, il n’y a pas ici quelque chose de grand, moins de dix mandats pour nous, ce n’est pas bon », a-t-il déclaré. À ses yeux, un vote massif en faveur du parti, capable d’accroître son poids politique, reste « le seul moyen d’empêcher la gauche d’exercer son pouvoir en Israël ».
Ce discours intervient dans un climat déjà tendu au sein de Degel HaTorah. Plus tôt dans le mois, les députés sortants Moshé Gafni et Ouri Maklev avaient été écartés de la liste du parti, une décision qui avait suscité de vives critiques dans la communauté haredie, tant sur le fond de ce choix que sur la manière dont il avait été mené.
Le rabbin Hirsch a conclu son allocution par une bénédiction adressée aux militants et aux participants du rassemblement. « Que le Ciel aide chacun d’entre vous », a-t-il souhaité, promettant à chaque militant de recevoir une assistance divine dans son engagement. Il a terminé sur ces mots : « Nous l’emporterons largement, et il y aura sanctification du Nom des Cieux. »
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