Le gang de jeunes SSQ a reçu des armes d’une organisation criminelle du centre du pays

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Les révélations s’accumulent sur le gang de jeunes SSQ, et chaque nouveau détail aggrave le tableau. Selon une enquête publiée par Mako, les membres de cette bande — dont certains sont mineurs — se sont approvisionnés en armes auprès d’une grande organisation criminelle du centre d’Israël, dans le cadre d’un accord de services mutuels qui place définitivement SSQ dans la catégorie des acteurs structurés de la criminalité organisée, et non plus dans celle des bandes de rue improvvisées.

Un criminel au fait des détails de cet arrangement a livré sa version sans détour : « Ils ont fait pour nous des travaux sales, ils ont reçu des pistolets, des grenades à éclats, des grenades paralysantes, des pistolets airsoft et quelques milliers de dollars pour frapper nos ennemis. Ce sont une force puissante et solide. » La formule est froide, presque managériale. Ce qui se dessine derrière elle est nettement plus préoccupant : une organisation criminelle établie qui sous-traite sa violence à des adolescents, les arme, les rémunère, et les intègre à son dispositif opérationnel.

Des armes, des mineurs, et une escalade continue

En l’espace d’un an, douze membres du gang — âgés de 17 à 21 ans — ont été arrêtés alors qu’ils se rendaient armés à des actions contre des rivaux. Certains étaient impliqués dans une fusillade visant un bureau de change au centre de Tel Aviv ; ils ont été condamnés et incarcérés. Mais l’organisation, loin de se désintégrer, a continué à opérer, à recruter, à étendre son rayon d’action.

La semaine passée, huit nouveaux membres du gang ont fait l’objet d’une déclaration de poursuites à la suite d’une série d’agressions et de coups de couteau contre des jeunes dans le centre de Tel Aviv. Certains des suspects ont mis en cause d’autres membres de la bande au cours de leurs interrogatoires. L’un d’eux, lors de son audition, a fourni une justification qui en dit long sur l’état d’esprit qui règne dans ces cercles : « Nous sommes venus leur donner des coups comme ça, sans raison particulière. On ne s’entend tout simplement pas avec eux. » Dix jeunes âgés de 12 à 16 ans ont déjà été arrêtés dans le cadre de cette vague. Des filles impliquées dans l’agression d’une jeune fille de 12 ans ont également été interpellées et seront présentées à la justice.

Une terreur qui s’étend aux plus jeunes

Ce qui caractérise la phase actuelle des activités de SSQ, c’est l’abaissement continu du seuil d’âge — tant du côté des auteurs que des victimes. Un garçon de 12 ans agressé par des membres du gang a reçu un avertissement explicite après l’incident : « Si tu oses porter plainte contre nous à la police, nous brûlerons la maison de tes parents sur toi. Nous te tuerons. Fais attention. » Une menace de mort directe, formulée contre un enfant. Le père d’une des victimes a exprimé publiquement son désarroi : « Au lieu d’eux être en détention, ce sont nos enfants qui sont en résidence surveillée. Ils ne sortent plus dans la rue de peur d’être attaqués. C’est absurde. Il est temps que le système judiciaire sévisse contre eux. »

SSQ a été identifiée pour la première fois en novembre 2024 dans un reportage de Mako, qui documentait des dizaines de jeunes — dont beaucoup sont des enfants de travailleurs étrangers — semant la terreur dans le sud de Tel Aviv, armés de couteaux, de matraques et de cutters. Depuis, le phénomène n’a cessé de s’amplifier. La bande a étendu ses activités à d’autres quartiers de la ville et au-delà, tissé des liens avec des organisations criminelles adultes, et multiplié les incidents violents d’une gravité croissante.

De la rue aux réseaux criminels

Les dernières semaines ont mis en lumière une accélération inquiétante. La veille du Jour du Souvenir, des suspects liés à SSQ ont commis un braquage violent dans un restaurant de Tel Aviv. Quarante-huit heures plus tard, au matin du Jour de l’Indépendance, deux adolescents âgés de 14 et 15 ans ont été poignardés dans le nord de Tel Aviv. En début de semaine, une fillette de 12 ans a été victime d’un lynchage organisé — dents brisées, téléphone volé — par plusieurs membres du gang qui l’avaient délibérément prise en embuscade.

Face à cette spirale, le ministre de la Sécurité intérieure Itamar Ben Gvir a demandé l’implication du Shin Bet — le service de sécurité intérieure — dans la lutte contre SSQ. Une démarche qui illustre à la fois la gravité de la situation et le sentiment d’impuissance des forces de police classiques face à un phénomène qui a débordé les catégories habituelles de la délinquance juvénile pour s’inscrire dans les dynamiques de la criminalité organisée.

La police, de son côté, craint que les armes obtenues via ce réseau ne se répandent également parmi les membres du gang actifs dans le nord et le centre de Tel Aviv. Elle redoute aussi que la prochaine étape soit l’acquisition de machettes et de pistolets en vue de braquages ciblant spécifiquement des adolescents : téléphones portables, trottinettes, espèces. La rue comme marché, la violence comme mode opératoire, et derrière tout cela, une organisation criminelle qui a trouvé dans ces mineurs une main-d’œuvre à la fois bon marché et facilement remplaçable.


Le phénomène SSQ s’inscrit dans un contexte plus large de montée de la criminalité organisée en Israël, dont plusieurs facettes ont déjà été documentées sur ce site : La mafia de Jérusalem s’empare d’un quartier de luxe à Yavne et Portrait d’un mafieux arabe au cœur de la haute société israélienne.

 

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