Des enregistrements radios inédits du char commandé par le capitaine Omer Neutra ז״ל ont été rendus publics dans le cadre du documentaire « La vérité de Golani », diffusé sur Kan 11. Ces communications, captées au matin du 7 octobre, retracent minute après minute le combat désespéré mené par son équipage face à des dizaines de terroristes du Hamas.
Pendant près de vingt minutes, on entend le commandant de char appeler des renforts alors que son blindé est la cible de tirs de RPG et d’explosifs placés contre la coque. Lorsque l’espoir d’un soutien immédiat s’amenuise, il donne finalement l’ordre à ses hommes de sortir du char et de charger les assaillants.
Un affrontement contre des dizaines d’assaillants
Le char – désigné « équipe 3 » – appartenait au 77e bataillon de la 7e brigade blindée. À l’aube du 7 octobre, alors que l’attaque coordonnée du Hamas frappe les localités du sud d’Israël, l’unité est dépêchée vers la barrière de sécurité à la frontière de Gaza.
À bord se trouvent :
- le capitaine Omer Neutra, commandant de peloton,
- le chargeur, le sergent Oz Daniel ז״ל,
- le conducteur, le sergent Shaked Dahan ז״ל,
- et le tireur, le sergent-chef Nimrod Cohen, seul membre de l’équipage revenu vivant de captivité.
Les enregistrements révèlent une bataille intense et asymétrique. Le char est isolé, attaqué de toutes parts. Des roquettes antichars frappent le blindage. Des charges explosives sont placées au contact du véhicule. Malgré cela, la coordination interne reste disciplinée. Les appels à l’aide se succèdent, calmes mais urgents.
« Sortez et chargez »
Selon les extraits diffusés, après environ vingt minutes de demandes répétées de renfort, le commandant ordonne à l’équipage de quitter le blindé et d’engager les terroristes au sol. Cette décision marque un tournant dramatique : sortir d’un char immobilisé sous le feu ennemi équivaut à s’exposer directement à une supériorité numérique écrasante.
Ces enregistrements constituent un témoignage rare de la réalité opérationnelle des premières heures de l’attaque : isolement tactique, chaos initial, combats rapprochés improvisés.
Un soldat venu de New York
Omer Neutra avait 21 ans. Originaire de Long Island, dans l’État de New York, il était monté en Israël comme soldat isolé. N’ayant aucune obligation légale de servir, il avait choisi de renoncer à des études universitaires aux États-Unis pour s’engager dans Tsahal.
Il avait effectué une année préparatoire dans le nord du pays avant son incorporation. Proche de la communauté juive américaine, sportif accompli – football, basket-ball, volley-ball – il était capitaine de plusieurs équipes durant sa scolarité. Ses proches le décrivent comme charismatique, optimiste, « illuminant la pièce dès son entrée ».
Enlevé lors des combats du 7 octobre, il est tombé en captivité aux mains du Hamas.
Une dimension historique et mémorielle
La diffusion de ces enregistrements dépasse le cadre médiatique. Elle s’inscrit dans un effort plus large de documentation et de préservation des témoignages du 7 octobre, notamment à travers le projet numérique 7.10.360 lancé par le diffuseur public israélien.
Ces archives sonores offrent une perspective brute sur la chaîne de commandement, la gestion du stress en situation extrême et la détermination des équipages blindés face à une offensive surprise d’ampleur.
Pour les familles, elles constituent également une trace vivante des derniers instants de leurs proches au combat.
Un éclairage sur les premières heures de la guerre
Les communications radios confirment plusieurs éléments analysés par les experts militaires : la multiplicité des points d’infiltration, l’usage massif d’armes antichars portables, et la saturation initiale des systèmes de réponse.
Dans ce contexte, les équipages isolés ont souvent combattu sans appui immédiat, retardant l’avancée des assaillants au prix de lourds sacrifices.
La diffusion complète des enregistrements dans le documentaire vise à présenter une chronologie précise des événements, au-delà des récits fragmentaires des premières semaines.






