Le président argentin Javier Milei a atterri ce dimanche en Israël pour ce qui constitue sa troisième visite d’État depuis son entrée en fonctions. Fidèle à son habitude, il a choisi d’ouvrir ce séjour officiel non pas par un rendez-vous protocolaire dans un ministère, mais devant le Mur des Lamentations — un geste devenu sa signature à chaque passage à Jérusalem. À ses côtés, une délégation de haut rang : le ministre des Affaires étrangères Gerardo Werthein, la secrétaire présidentielle Karina Milei, l’ambassadeur argentin en Israël, le rabbin Shimon Axel Wahnish, et son épouse.
La rencontre avec Benjamin Netanyahu a rapidement pris un tour qui dépasse le simple échange diplomatique habituel. Le Premier ministre israélien n’a pas mâché ses mots pour qualifier cette relation : « Il n’est pas seulement un ami, c’est quelqu’un que j’admire comme un grand dirigeant. » Avant même l’arrivée de Milei, Netanyahu avait posté un message de bienvenue au ton particulièrement chaleureux : « Bienvenue en Israël, bienvenue à Jérusalem. Un grand ami de l’État d’Israël. Israël et l’Argentine se tiennent ensemble, plus forts que jamais. »
Les Accords Isaac : l’Amérique latine entre dans le jeu
Au-delà des déclarations, les deux dirigeants ont signé des mémorandums d’entente dans deux domaines particulièrement sensibles : la défense et l’intelligence artificielle. Mais c’est la signature des « Accords Isaac » qui marque le moment le plus significatif de cette visite. Cette initiative, calquée sur les Accords d’Abraham qui avaient normalisé les relations entre Israël et plusieurs pays arabes en 2020, vise à créer un cadre de coopération diplomatique, économique et culturelle entre Israël et les démocraties d’Amérique latine.
Le nom n’est pas choisi au hasard : Isaac, fils d’Abraham dans la tradition biblique, symbolise la continuité d’un héritage. L’idée est de porter dans l’hémisphère occidental la dynamique de rapprochement entamée avec les pays du Golfe. Une première phase prévoit de cibler l’Uruguay, le Panama et le Costa Rica, avec des projets conjoints dans les technologies, la sécurité et le développement économique déjà à l’étude.
Le ministre des Finances Bezalel Smotrich, lui aussi présent lors de la cérémonie, n’a pas caché son enthousiasme : « Nous connectons une ligne aérienne qui relie deux parties du globe. Je l’appellerais la ligne morale, la ligne de la lumière. » Quant au ministre des Affaires étrangères Gideon Saar, il a tenu à souligner le caractère inédit de cet alignement : « Nous voulons vous remercier pour votre leadership. »
Un honneur sans précédent pour le Jour de l’Indépendance
Ce qui distingue cette visite des précédentes, c’est l’annonce faite par Netanyahu d’un geste symbolique exceptionnel : pour la première fois dans l’histoire d’Israël, un dirigeant étranger se verra accorder l’honneur d’allumer une torche lors des cérémonies officielles du Jour de l’Indépendance. Un privilège habituellement réservé aux figures israéliennes emblématiques, qui témoigne de la profondeur accordée à cette relation bilatérale.
Netanyahu a résumé l’état d’esprit de la rencontre en quelques phrases directes : « Nous vivons une époque de grands défis. Nous avons participé à la guerre avec les États-Unis contre l’Iran qui cherche à nuire à la civilisation. Nous avons accompli des choses colossales. La guerre n’est pas terminée. » Dans ce contexte géopolitique chargé, Milei incarne à ses yeux un allié qui « se tient du bon côté de l’Histoire » — une formulation revenue dans plusieurs prises de parole lors de cette conférence de presse commune.
L’Argentine de Milei représente aujourd’hui quelque chose de rare sur la scène internationale : un pays occidental qui assume publiquement et sans ambiguïté son soutien à Israël, y compris dans les enceintes où ce soutien est coûteux politiquement. À l’ONU, Buenos Aires a systématiquement voté contre les résolutions jugées hostiles à l’État hébreu. L’ambassadeur argentin, le rabbin Shimon Axel Wahnish, est lui-même l’architecte des Accords Isaac, conçus dès l’été 2025 après que Milei a reçu le Prix Genesis — parfois surnommé le « Nobel juif » — à Jérusalem.
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