Six jours après le déclenchement des hostilités, le conflit entre Israël, les États-Unis et l’Iran — ainsi que son bras armé libanais le Hezbollah — prend une ampleur sans précédent. Dans la nuit du mercredi au jeudi 5 mars 2026, Israël a mené des frappes aériennes intenses dans le quartier de Dahieh, dans la banlieue sud de Beyrouth, tandis que les forces américaines intensifiaient leur campagne de bombardement contre les infrastructures balistiques iraniennes. En parallèle, un scénario cauchemar se précise : celui d’une tentative d’invasion des villages du nord d’Israël par des milliers de combattants du Hezbollah.
La guerre est désormais multifrontale, et chaque heure qui passe dessine un peu plus le visage d’un Moyen-Orient en train de se recomposer dans le sang.
Dahieh en flammes : une nuit de frappes ciblées
Dans la nuit de mercredi à jeudi, des médias libanais ont rapporté qu’Israël avait frappé un immeuble dans le quartier de Dahieh à Beyrouth, sans avertissement préalable d’évacuation, à proximité du Conseil islamique chiite suprême. Peu après, une nouvelle frappe a visé un autre bâtiment, celui-ci ayant reçu un ordre d’évacuation.
L’armée israélienne a publié une déclaration officielle annonçant qu’elle avait commencé à frapper des infrastructures du Hezbollah à Beyrouth. Des alertes avaient également été déclenchées dans le nord du pays après l’intrusion d’un drone depuis le Liban — sans faire de victimes.
Plus tard dans la nuit, Tsahal a frappé un appartement dans le camp de réfugiés de Nahr el-Bared, à Tripoli, dans le nord du Liban. Selon la chaîne Al-Hadath, il s’agirait de l’élimination d’un haut responsable du Hamas au Liban.
À Beyrouth, les destructions captées sur vidéo dans le quartier de Dahieh montrent une dévastation considérable. Le porte-parole arabophone de Tsahal, l’amiral Avichay Adraee, avait diffusé en amont un ordre d’évacuation d’urgence aux habitants du quartier de Gouviri, les avertissant de la proximité d’installations appartenant au Hezbollah.
La veille, le ministère de la Santé libanais avait annoncé trois morts et six blessés dans des frappes sur l’autoroute menant à l’aéroport, dans la banlieue de Dahieh.
La riposte de Naïm Qassem : des mots face aux bombes
Dans ce contexte d’escalade, le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Qassem, s’est exprimé pour la première fois depuis le début de la guerre. Il a affirmé que le tir de roquettes constituait une réponse à ce qu’il a qualifié d’agression israélo-américaine. Il a également rejeté la thèse selon laquelle les roquettes du Hezbollah auraient provoqué l’attaque, affirmant qu’elles n’étaient qu’une réponse à quinze mois de violations israéliennes, incluant l’élimination du guide suprême iranien Ali Khamenei.
Qassem s’en est aussi pris au gouvernement libanais, l’accusant, selon les sources, de s’aligner sur les exigences israéliennes plutôt que de condamner l’agression.
Les B-2 et B-1B américains : la puissance de feu qui a changé la donne
Si les frappes israéliennes à Beyrouth font l’effet d’une guerre conventionnelle, c’est du côté américain que la véritable rupture stratégique s’est opérée. Dès le deuxième jour du conflit, l’armée américaine a conduit une série de frappes de précision qui ont révélé la puissance dévastatrice de son aviation stratégique : des bombardiers ont détruit des infrastructures de missiles iraniens en moins de 48 heures.
L’opération a débuté par un vol direct depuis la base de Whiteman, dans le Missouri, couvrant plus de 10 000 miles. Dix bombardiers furtifs B-2 Spirit — les appareils les plus avancés de l’arsenal américain — ont pénétré les réseaux de radar denses de Téhéran, larguant des bombes anti-bunkers de 2 000 livres sur des complexes de missiles balistiques fortifiés.
Après cette première vague d’aveuglément des défenses iraniennes, trois bombardiers B-1B Lancer, capables de transporter jusqu’à 45 tonnes d’armement, ont neutralisé les cibles secondaires et réduit en cendres les centres de commandement iraniens. La combinaison de la furtivité du B-2 et de la puissance de feu du B-1B a permis d’obtenir des résultats inaccessibles par d’autres moyens.
Le chef d’état-major interarmées, le général Dan Kain, a souligné que la capacité à frapper depuis les bases nationales américaines représente un avantage stratégique décisif, sans nécessiter de bases avancées ni de mettre en danger des soldats dans la région.
Des images satellites du commandement central américain (CENTCOM) révèlent une destruction totale : des complexes de missiles qui constituaient une menace existentielle ont été réduits à néant en moins de deux jours. L’opération israélo-américaine conjointe a également ciblé des personnalités humaines de premier plan, selon des sources citées dans la presse israélienne.
Le cauchemar du nord : des milliers de combattants aux portes d’Israël
Au-delà des théâtres d’opérations au Liban et en Iran, c’est peut-être la menace la plus immédiate qui inquiète le plus les états-majors israéliens. Au cours des dernières 24 heures, le scénario d’une tentative d’invasion des villages du nord par la force Radwan du Hezbollah a été sérieusement envisagé, au point que le niveau politique a ordonné à Tsahal de renforcer ses troupes dans la région.
Dans les discussions menées conjointement par les niveaux politique et militaire, la crainte s’est précisée que l’unité commando du Hezbollah tente une opération d’infiltration, potentiellement en coordination avec les Gardiens de la Révolution iraniens agissant via leur bras libanais.
Cette éventualité est envisagée même dans le cas où Tsahal serait déjà entré en territoire libanais. En conséquence, l’armée a augmenté ses effectifs aussi bien à l’intérieur du Liban qu’en périphérie des localités du nord, afin d’être prête à répondre à ce scénario.
Les écoles fermées, un pays en état de guerre
Sur le front intérieur, la vie quotidienne est profondément perturbée. Le ministre de l’Éducation Yoav Kish a indiqué être en discussions avec le commandement du front intérieur, précisant qu’il faudrait être prudent cette semaine, et que si le niveau de menace diminuait la semaine prochaine, un retour à l’enseignement en présentiel serait envisageable.
Le ministère de l’Éducation a confirmé que l’enseignement à distance se poursuivrait les jeudi et vendredi 5 et 6 mars dans l’ensemble du système scolaire, avec un accent mis sur l’approfondissement pédagogique et le maintien du lien éducatif entre enseignants et élèves.
Un calendrier pour vaincre : l’objectif de deux semaines
Pour la première fois depuis le début du conflit, un responsable militaire de haut rang israélien a défini des objectifs opérationnels et esquissé un calendrier pour atteindre les buts fixés face à l’Iran. Ce niveau de transparence — ou de communication stratégique — traduit une volonté d’afficher la maîtrise de la situation, dans un contexte où chaque heure apporte son lot de développements dramatiques.
La mécanique de guerre est désormais enclenchée à pleine vitesse. Beyrouth brûle dans la nuit, Téhéran compte ses missiles détruits, et le nord d’Israël retient son souffle. La question n’est plus de savoir si ce conflit va s’élargir encore — il l’est déjà. Elle est de savoir combien de temps il faudra avant qu’une forme de résolution, quelle qu’elle soit, vienne mettre fin à ce basculement historique du Moyen-Orient.











