Il y a des actes qui choquent non pas seulement par ce qu’ils sont, mais par le moment où ils sont commis. Ce lundi soir, dans un supermarché Yohananof de Rehovot, pendant que les sirènes hurlaient et que missiles iraniens fonçaient vers Israël, une cliente a profité de la panique générale pour voler le sac à main d’une employée réfugiée dans l’abri antiatomique. La police a ouvert une enquête.
Trente secondes de chaos, une vie dévalisée
Les faits se sont déroulés lors de la salve de missiles iraniens qui a frappé Israël dans la soirée de lundi. Comme dans tous les lieux publics du pays, la sirène a déclenché un mouvement immédiat et instinctif : employés et clients ont couru vers le local sécurisé du magasin — le mamad — pour se mettre à l’abri. Dans la précipitation, les postes de travail ont été abandonnés, les affaires personnelles laissées sur place. C’est précisément dans cette fenêtre de vulnérabilité qu’une cliente aurait agi.
Selon les premières constatations effectuées sur place, la suspecte aurait profité de l’absence de l’employée pour s’emparer de son sac à main, qui contenait de l’argent liquide et des cartes bancaires. Elle aurait ensuite quitté le magasin peu après les faits, avant même la fin de l’alerte. Ce n’est qu’au moment où la sirène a cessé et où l’employée a regagné son poste que le vol a été découvert.
« Une sensation très difficile pour toute l’équipe »
La réaction du personnel du magasin mêle indignation et consternation. « C’est un acte ignoble — une cliente a profité du fait que l’employée courait vers l’abri pendant l’alerte pour lui voler son sac », a déclaré une source au sein du magasin. « C’est une sensation très difficile pour toute l’équipe, surtout quand cela se produit à un moment où tout le monde craint pour sa sécurité. »
Ce dernier détail concentre toute la violence symbolique de l’événement. L’alerte aux missiles n’est pas un prétexte commode — c’est une menace réelle, vécue dans la peur par chacun des présents. Exploiter précisément ce moment de vulnérabilité collective et individuelle pour commettre un vol dit quelque chose sur le degré de cynisme de l’acte. Une plainte officielle a été déposée auprès de la police, qui a ouvert une enquête pour identifier et localiser la suspecte.
Un fait divers qui dit quelque chose de plus grand
Dans un pays en état de guerre, où des missiles tombent et où des familles enterrent leurs morts, ce type d’incident peut sembler anecdotique. Il ne l’est pas. Il rappelle que les crises révèlent les caractères — dans les deux sens. Depuis le début de l’opération Shaagat HaAri, des dizaines de témoignages circulent sur des gestes de solidarité, d’entraide et de courage ordinaire. Le vol du supermarché de Rehovot vient s’y inscrire en négatif — comme le contrepoint sombre d’une société qui, sous les bombes, reste traversée par toutes les dimensions de l’humanité.
La police de Rehovot cherche actuellement à identifier la suspecte, vraisemblablement captée par les caméras de surveillance du magasin.






