Le nouveau chef du Mossad pose une ligne rouge : qui a saboté son arrivée — rentre chez lui

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Pendant des années, une réalité absurde, presque inimaginable, s’était installée dans les couloirs des organisations sécuritaires israéliennes les plus sensibles. Une réalité dans laquelle des hauts responsables d’une organisation s’autorisaient à saboter le dirigeant désigné, à mettre des bâtons dans les roues de sa nomination — et une fois la décision entérinée, à continuer leur travail comme si rien ne s’était passé. Ce phénomène, qui était autrefois considéré comme une violation élémentaire de la confiance, est devenu une norme silencieuse et préoccupante. Désormais, avec l’entrée en fonction de Roman Gofman à la tête du Mossad et sa décision de mettre de l’ordre dans la maison, il semble qu’il soit arrivé à la conclusion qu’il n’y avait pas d’autre choix : jusqu’ici, et pas plus loin.

Le précédent du Shin Bet

La mémoire organisationnelle israélienne est courte, mais elle regorge d’exemples troublants. On ne peut pas ne pas se souvenir des événements au Shin Bet, où un responsable de très haut rang avait activement sabordé la nomination de Zini. Des documents avaient été transmis, des rumeurs avaient été soufflées, le tout dans le but de faire échouer l’arrivée de cet homme à son poste.

Mais l’épisode véritablement hallucinant n’était pas le sabotage lui-même — c’était ce qui s’était passé le lendemain : Zini n’avait pas accompli l’acte de leadership qui s’imposait, et ces mêmes éléments subversifs étaient restés dans le système pendant une très longue période.

Ce qui se passe aujourd’hui au Mossad

Les informations sur ce qui se passe dans le bureau du nouveau directeur du Mossad, Roman Gofman, montrent que cette vieille maladie est toujours là. Des officiers ou des hauts responsables qui agissent contre leur commandant, mais ne songent pas un instant à poser les clés et à partir au moment où la nomination entre en vigueur. Qu’attendent-ils exactement ? La réponse réside dans un dysfonctionnement systémique profond.

Ces personnes se sont tout simplement habituées au fait qu’au nom de la « ממלכתיות » — ce mot passe-partout qui sert souvent à préserver le pouvoir du vétéran face à l’élu — tout est permis. Elles se sont habituées au fait que l’échelon politique hiérarchique, en particulier celui identifié à la droite, ne sait pas toujours ou n’ose pas toujours procéder à des nominations qui créent une véritable gouvernabilité intra-organisationnelle. Elles ont appris qu’il est possible de continuer à miner de l’intérieur, avant et après la nomination, sans en payer le prix professionnel.

Une déclaration d’intentions

L’acte de Gofman n’est pas seulement un geste personnel — c’est une déclaration d’intentions. Là où il n’existe pas de confiance absolue entre le commandant et ses subordonnés, et là où un subordonné s’autorise à tenter de déterminer qui sera son directeur, il n’y a plus d’organisation. Celui qui a saboté le dirigeant et n’est pas parti de lui-même au moment du changement de direction témoigne d’une incompréhension élémentaire de l’éthique du commandement.

Il est heureux que cela s’arrête. Il est temps de rendre la gouvernabilité aux organisations sécuritaires. Il est temps de clarifier que le sabotage n’est pas une « opinion différente », mais une ligne rouge — et que celui qui la franchit se retrouve dehors. Le nettoyage de Gofman n’est pas seulement nécessaire pour le bureau du directeur du Mossad : c’est une leçon importante pour l’ensemble de la fonction publique en Israël.


À lire sur notre site : la nomination explosive de Roman Gofman à la tête du Mossad — un choix qui a divisé le système sécuritaire, et quand l’ex-chef du Mossad Tamir Pardo a franchi une ligne morale que beaucoup jugent impardonnable.

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