L’ancienne députée Zehava Gal-On a relancé la polémique autour des images de Jénine, où des combattants du YAMAM ont été filmés tirant sur des terroristes déjà immobilisés après leur arrestation. Dans une interview à la radio publique israélienne, elle rejette l’idée même d’une enquête et qualifie l’incident d’« exécution », suscitant un tollé immédiat.
Gal-On affirme avoir visionné plusieurs fois la séquence : « C’est une exécution — je n’en croyais pas mes yeux. Les Palestiniens étaient à terre, mains levées. Ils ont été abattus. » Interrogée sur sa sévérité envers des soldats risquant leur vie, elle répond que le dévouement de Tsahal n’autorise pas toutes les pratiques : « Les soldats de l’armée israélienne risquent leur vie pour l’État, mais cela ne permet pas de transformer la norme ‘Elor Azaria’ en procédure. Tout n’est pas permis. »
Elle accuse le ministre de la Sécurité nationale de légitimer un climat où les limites se brouillent : « Pourquoi avons-nous besoin de la peine de mort si l’on exécute des gens avant même de les juger ? Nous devons nous défendre, oui, mais pas à n’importe quel prix. »
Ses propos déclenchent une vague de critiques, notamment de la part de militants pro-sécurité et de familles de soldats. Pour eux, l’incident de Jénine s’inscrit dans un contexte de combat urbain extrême, où les terroristes peuvent se relever, dissimuler des armes ou déclencher des engins explosifs dissimulés. La vidéo, disent-ils, ne peut être interprétée sans tenir compte des conditions du terrain.
Cette controverse survient alors que les forces israéliennes multiplient les opérations en Cisjordanie contre les cellules armées, dont plusieurs ont utilisé Jénine comme refuge. La question des règles d’engagement reste une ligne de fracture politique majeure : les uns dénoncent une dérive morale, les autres estiment qu’une telle critique affaiblit des unités d’élite déjà sous pression.
Gal-On, figure de la gauche israélienne, n’en est pas à sa première déclaration choc, mais celle-ci attise particulièrement les tensions dans une opinion encore marquée par les attaques du Hamas et par un durcissement général du climat sécuritaire.
L’affaire devrait continuer d’alimenter le débat entre défense des droits humains et impératifs opérationnels, avec en toile de fond une société israélienne fracturée entre méfiance croissante et exigence de fermeté.






