Vers une guerre régionale incontrôlable ? Les Houthis menacent directement la marine américaine en cas d’attaque contre l’Iran

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A view shows a military parade held by the Houthis to mark the anniversary of their takeover in Sanaa, Yemen September 21, 2023. Houthi Media Office/Handout via Reuters
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Une nouvelle déclaration incendiaire en provenance du Yémen vient renforcer le sentiment d’un basculement possible vers une confrontation régionale majeure au Moyen-Orient. Un porte-parole militaire des Houthis a averti explicitement que toute implication des États-Unis dans une attaque contre l’Iran entraînerait des frappes directes contre les navires américains et leurs bâtiments de guerre en mer Rouge. Cette menace, formulée sans ambiguïté, s’inscrit dans une séquence de tensions militaires, diplomatiques et stratégiques d’une rare intensité, alors que Washington finalise sa posture dans la région et qu’Israël se prépare à tous les scénarios.

Selon le message relayé par des médias régionaux, le porte-parole houthi a déclaré que si les États-Unis participaient à une « agression » contre l’Iran aux côtés d’Israël, les forces armées houthis considéreraient la marine américaine comme une cible légitime. La mer Rouge, déjà théâtre de multiples attaques contre la navigation internationale depuis le début de la guerre à Gaza, serait alors transformée en zone de combat directe entre un acteur non étatique soutenu par Téhéran et la première puissance militaire mondiale.

Cette déclaration ne survient pas dans le vide. Les Houthis, mouvement armé chiite soutenu par l’Iran et implanté au Yémen, ont multiplié ces derniers mois les attaques contre des navires commerciaux et militaires, affirmant agir en solidarité avec Gaza et dans le cadre de ce qu’ils présentent comme un « axe de résistance ». Jusqu’à présent, Washington a répondu par des frappes ciblées et des opérations défensives, cherchant à contenir la menace sans provoquer une escalade régionale incontrôlable. Mais l’avertissement actuel marque un changement de ton significatif : il ne s’agit plus seulement de perturber le commerce maritime, mais de frapper directement la marine américaine si l’Iran est attaqué.

Le message des Houthis vise autant Washington que ses alliés. Il rappelle que toute opération militaire contre l’Iran ne resterait pas confinée au territoire iranien ou à ses installations stratégiques, mais déclencherait des réactions en chaîne sur plusieurs fronts. La mer Rouge, le golfe d’Aden, voire l’océan Indien pourraient devenir des zones d’affrontement direct, mettant en danger les routes commerciales vitales reliant l’Asie, l’Europe et le Moyen-Orient. Dans un contexte économique mondial déjà fragile, les conséquences seraient lourdes, tant sur le plan énergétique que logistique.

Pour les États-Unis, la menace est prise au sérieux. La présence navale américaine dans la région a été renforcée ces dernières semaines, avec des groupes aéronavals, des destroyers équipés de systèmes antimissiles et une coordination accrue avec les alliés régionaux. La marine américaine est habituée à opérer dans des environnements hostiles, mais l’idée d’une confrontation ouverte avec un acteur irrégulier utilisant des missiles, des drones et des tactiques asymétriques pose un défi particulier. Chaque attaque réussie, même limitée, aurait un impact politique et symbolique considérable.

Du point de vue israélien, cette déclaration confirme ce que de nombreux responsables sécuritaires répètent depuis des années : toute confrontation majeure avec l’Iran ne serait pas une guerre classique, mais un conflit régional impliquant des proxies sur plusieurs théâtres. Les Houthis, le Hezbollah au Liban, des milices en Irak et en Syrie constituent autant de leviers que Téhéran peut actionner pour étendre le conflit et compliquer les calculs stratégiques de ses adversaires. L’avertissement lancé depuis le Yémen s’inscrit donc dans une logique de dissuasion indirecte, visant à augmenter le coût perçu d’une attaque contre l’Iran.

Il convient toutefois de souligner que les Houthis ne sont pas un simple acteur local. Depuis plusieurs années, ils ont démontré leur capacité à frapper loin, avec des missiles balistiques et des drones capables d’atteindre des cibles à des centaines, voire des milliers de kilomètres. Leur discours martial n’est pas seulement rhétorique : il s’appuie sur des capacités opérationnelles réelles, acquises et perfectionnées avec le soutien iranien. Cela explique pourquoi leurs déclarations sont analysées avec attention dans les capitales occidentales.

La question centrale demeure celle de la crédibilité et de l’intention. Les Houthis chercheraient-ils réellement à engager un affrontement direct avec la marine américaine, au risque de subir des représailles massives, ou s’agit-il avant tout d’un message politique destiné à renforcer la position de l’Iran dans un bras de fer stratégique ? Dans les deux cas, le simple fait que cette option soit publiquement évoquée témoigne d’un niveau de tension extrêmement élevé. Dans un environnement aussi volatil, une erreur de calcul, un incident en mer ou une frappe mal interprétée pourraient suffire à déclencher une escalade rapide et difficilement contrôlable.

À ce stade, Washington continue d’affirmer que sa priorité est la dissuasion et la protection de la liberté de navigation, tout en laissant entendre que toutes les options restent sur la table si ses forces ou ses intérêts sont attaqués. De leur côté, les Houthis cherchent à se positionner comme un acteur central de la confrontation régionale, capables d’influencer directement les décisions des grandes puissances.

Une chose est certaine : la menace proférée contre la marine américaine illustre à quel point le Moyen-Orient se trouve aujourd’hui à un point de bascule. Une attaque contre l’Iran ne serait pas un événement isolé, mais le déclencheur potentiel d’un conflit élargi, où la mer Rouge deviendrait l’un des premiers champs de bataille.

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