Syrie : un bébé juif grandit parmi des combattants de Daech après la radicalisation de sa mère

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Une affaire d’une gravité exceptionnelle, révélée récemment dans le cadre d’une enquête journalistique diffusée sur Now 14, met en lumière un parcours personnel qui s’est transformé en tragédie humaine et sécuritaire. Une jeune femme juive israélienne, originaire de l’une des grandes villes du pays, vit aujourd’hui en Syrie avec son enfant, un bébé reconnu comme juif selon la halakha, dans un environnement contrôlé par l’organisation terroriste Islamic State.

Selon les informations rendues publiques, la jeune femme a entamé en 2013 un processus de conversion à l’islam. Pour des raisons de respect de la vie privée, son identité complète n’est pas révélée. La conversion aurait été formalisée au bureau d’Ikrima Sabri, figure religieuse connue pour ses positions radicales, situé sur le Mont du Temple. Le processus aurait été accompagné par le cheikh Rassan Atamna, l’un des fondateurs du centre islamique Dar al-Salam à Kafr Qara, aujourd’hui décédé.

Après sa conversion, la jeune femme épouse Salah al-Din Mahamid, enseignant originaire de Kafr Qara. En 2014, alors que son épouse est enceinte, Mahamid est arrêté par les autorités israéliennes pour suspicion d’implication dans des activités liées à Daech. À l’époque, son avocat affirme qu’il s’agit d’un individu sans antécédents criminels, issu d’une famille respectée, récemment intégré au système éducatif. Après plusieurs jours de détention, il est relâché.

Peu de temps après, le couple quitte Israël. Leur itinéraire les conduit d’abord en Turquie, puis en Syrie. D’après les éléments de l’enquête, c’est à ce moment-là que le mari rejoint officiellement l’organisation État islamique. Des documents, images et messages retrouvés ultérieurement attesteraient de son implication au sein de l’organisation terroriste.

C’est en Syrie que naît leur enfant. Selon la loi juive, l’enfant est considéré comme juif à part entière, sa mère étant née juive. Pourtant, il grandit dans un environnement dominé par une idéologie djihadiste extrême, entouré de symboles, d’armes et de combattants de Daech. Des images diffusées dans le cadre de l’enquête montrent l’enfant en présence de membres armés de l’organisation, dans un contexte qualifié de profondément inquiétant par les journalistes ayant travaillé sur le dossier.

Le sort du père demeure incertain. Selon des rumeurs circulant dans la région de Wadi Ara, Salah al-Din Mahamid aurait été tué lors des combats en Syrie. Toutefois, aucune confirmation officielle n’a pu être obtenue à ce stade. Les tentatives visant à localiser précisément la femme et l’enfant se sont heurtées à l’opacité totale régnant dans les zones contrôlées ou anciennement contrôlées par Daech.

Elhanan Groner, journaliste et militant ayant participé à la révélation de l’affaire pour le média Hakol Hayehudi, a qualifié ce dossier de « l’un des plus extrêmes et des plus difficiles » qu’il ait rencontrés. Selon lui, cette histoire illustre comment un processus idéologique progressif, débutant en marge de la société, peut conduire à une rupture totale avec l’environnement d’origine et à une immersion complète dans un univers terroriste.

L’affaire soulève des questions lourdes et complexes. Comment une jeune femme issue d’une famille juive israélienne a-t-elle pu être entraînée dans un tel engrenage idéologique ? Quels mécanismes ont permis un départ vers une zone de guerre sans intervention préventive ? Et surtout, quel est aujourd’hui le sort réel de l’enfant, pris au piège d’un conflit et d’une idéologie qu’il n’a évidemment pas choisie ?

Les autorités israéliennes n’ont pas communiqué officiellement sur d’éventuelles démarches en cours visant à localiser ou à rapatrier l’enfant. Le dossier touche à des problématiques extrêmement sensibles, mêlant droit international, sécurité, terrorisme, statut personnel et responsabilité parentale.

Au-delà du cas individuel, cette affaire met en lumière les dangers de la radicalisation religieuse et idéologique, y compris lorsqu’elle touche des individus sans passé criminel ni marginalité apparente. Elle rappelle également que les conséquences de ces trajectoires ne s’arrêtent pas aux individus concernés, mais peuvent affecter des enfants innocents, privés de toute protection et de tout choix.

Alors que de nouveaux éléments pourraient encore émerger, le dossier continue de susciter une profonde inquiétude en Israël. Il incarne, pour beaucoup, l’un des visages les plus sombres de l’endoctrinement extrémiste et de ses ravages humains.

 

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