Après 694 jours d’angoisse et d’attente, le corps d’Idan Shtaywi ז״ל, enlevé au festival Nova le 7 octobre 2023, a été restitué à Israël grâce à une opération conjointe de Tsahal et du Shin Bet. Contrairement à ce que l’on avait cru pendant de longs mois, Idan n’a pas été assassiné sur place : il a combattu les terroristes du Hamas, a sauvé des participants à la fête et a été exécuté plus tard, en territoire ennemi.
Étudiant en durabilité et gouvernance à l’Université Reichman, passionné de photographie et de nature, Idan avait rejoint le festival pour filmer ses amis musiciens. Lorsque l’attaque a commencé, il a aidé un jeune homme et une jeune femme qu’il ne connaissait pas à fuir. Mais leur véhicule a été pris pour cible : les deux passagers ont été tués, et Idan, blessé, a été capturé et emmené à Gaza. Pendant un an, sa famille a cru — ou voulu croire — qu’il était vivant. « J’ai prié chaque matin, j’ai mis les téfilines en espérant qu’il rentrerait sain et sauf », a confié son père Eli. « Mais ils l’ont tué lâchement, après qu’il s’est battu comme un lion. »
Tsahal a localisé ses restes dans un complexe souterrain sous l’hôpital européen de Khan Younès, un site utilisé par le Hamas pour diriger ses attaques tout en exploitant cyniquement des infrastructures civiles. « Voilà où est allé l’argent de l’aide humanitaire », a accusé le porte-parole de l’armée, le général Effi Dufrin, en montrant les tunnels aménagés. « Ce lieu devait soigner, il a servi à planifier meurtres et massacres. »
La douleur de la famille est immense. « Je n’ai jamais accepté de m’asseoir pour la shiva », a dit le père, qui avait mené une grève de la faim devant la résidence du Premier ministre en 2024 pour réclamer la libération de son fils. Son frère Omri a évoqué la mémoire de leurs grands-parents survivants de la Shoah : « Je vis cela comme une nouvelle tragédie juive. Idan est parti danser, il n’est jamais revenu. Mais il a sauvé d’autres vies. C’est ainsi qu’il doit être rappelé. »
Du côté politique, les hommages se sont multipliés. Le président Isaac Herzog a salué « un jeune homme courageux, tombé en héros », exprimant son espoir que le retour de son corps apporte « un peu de consolation » à ses proches. Le Premier ministre Benyamin Netanyahou a promis de « poursuivre le combat jusqu’au retour de tous les otages, vivants ou morts ».
Pour le siège des familles des otages, cette restitution est une victoire amère : « C’est un cercle douloureux qui se ferme, mais aussi un rappel cruel du danger constant de voir nos proches disparaître sous les ruines de Gaza. La seule voie vers la victoire israélienne passe par le retour de tous les captifs. »
Idan Shtaywi n’était pas seulement une victime du 7 octobre, il en fut aussi un héros. Son histoire résonne comme un symbole : face à la barbarie, il a choisi d’aider, de sauver, de se battre. En le ramenant sur sa terre, Israël honore son courage et réaffirme son engagement : personne ne sera abandonné, ni les vivants, ni les morts.
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