Quand le Shin Bet parle de sécurité nationale… et que l’ironie s’impose

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Le Shin Bet, sous la direction de David Zini, a récemment publié un communiqué affirmant que les opérations de contrebande vers Gaza constituent une menace directe pour la sécurité de l’État. Une déclaration forte, sans ambiguïté, qui s’inscrit pleinement dans la mission officielle du service de sécurité intérieure. Mais le contexte dans lequel elle intervient rend cette prise de position impossible à ignorer.

Car dans le même temps, un membre de la famille proche du chef du Shin Bet est impliqué dans une affaire liée précisément à ces réseaux de contrebande vers Gaza. Une situation qui, au minimum, soulève un malaise public et politique. Non pas nécessairement en raison d’une responsabilité directe — que seule la justice peut établir — mais en raison du décalage saisissant entre le discours institutionnel et la réalité personnelle qui l’entoure.

Ce qui frappe particulièrement, c’est le retournement de narration que cette affaire met en lumière. Pendant des années, certains critiques affirmaient que David Zini ne serait pas capable d’agir avec le sens de l’État requis pour une fonction aussi sensible. On l’accusait d’être « idéologique », « messianique », « sectoriel », suggérant qu’il privilégierait ses appartenances ou ses convictions au détriment de l’intérêt général. Aujourd’hui, la réalité semble produire une ironie cruelle : ce n’est pas une supposée idéologie qui pose question, mais une situation humaine et familiale profondément embarrassante.

Car le Shin Bet ne se contente pas d’être une institution parmi d’autres. Il incarne l’autorité morale et sécuritaire de l’État. Lorsqu’il désigne une menace, il le fait au nom de la sécurité collective, avec une exigence absolue de cohérence, d’exemplarité et de distance personnelle. Dans ce contexte, toute ambiguïté — même indirecte — affaiblit la portée du message, nourrit la suspicion et ouvre un espace dangereux pour la défiance publique.

Il ne s’agit pas ici de juger des faits encore en cours d’examen, ni d’établir des culpabilités par association familiale. Mais il serait tout aussi irresponsable de prétendre que cette coïncidence n’a aucune importance. En Israël, pays où la sécurité nationale est une question existentielle, la perception compte presque autant que les faits. Et la perception actuelle est troublante.

Ce qui est également révélateur, c’est la manière dont certains débats passés apparaissent aujourd’hui sous un jour nouveau. Les attaques idéologiques contre Zini, souvent excessives et caricaturales, semblent rétrospectivement passer à côté du véritable enjeu : la capacité d’un responsable sécuritaire à préserver une séparation totale entre sa fonction, son entourage et toute zone grise potentielle. La question n’était peut-être pas celle de la foi ou de l’appartenance, mais celle de la gouvernance et de l’exemplarité.

Dans une démocratie confrontée à des menaces permanentes, les institutions de sécurité ne peuvent se permettre ni soupçon ni ironie involontaire. Le Shin Bet doit rester au-dessus de toute ambiguïté, et ceux qui le dirigent doivent être conscients que chaque mot, chaque communiqué, chaque décision est scruté à la loupe.

Au final, cette affaire rappelle une vérité simple mais essentielle : dans les fonctions les plus sensibles de l’État, il ne suffit pas d’avoir raison sur le fond. Il faut aussi être irréprochable dans la forme. Faute de quoi, même un message juste risque de perdre sa force — et c’est la sécurité collective qui en paie le prix.

 

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