« PLUS DANGEREUX D’ÊTRE JUIF » : Danny Danon retourne la situation contre Piers Morgan

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Le décor était posé d’avance. Lundi soir, sur le plateau de « Uncensored », l’émission de Piers Morgan, l’ambassadeur d’Israël auprès des Nations unies Danon savait exactement quel angle l’attendait : la violence attribuée aux habitants juifs de Judée-Samarie, dossier devenu en quelques semaines l’argument central des chancelleries européennes contre Israël. Il n’a pas esquivé. Il a déplacé le terrain.

Morgan l’a d’abord poussé sur une déclaration embarrassante — non pas celle d’un adversaire, mais celle d’un allié. L’ambassadeur des États-Unis en Israël, Mike Huckabee, avait qualifié de terroristes les habitants juifs de Judée-Samarie impliqués dans des actes de violence. Huckabee s’est-il trompé, a demandé l’animateur, en employant ce mot ?

La différence entre un criminel et un terroriste

Danny Danon a répondu oui, tout en prenant soin de ne pas attaquer l’homme. Huckabee, a-t-il rappelé, est un grand ami d’Israël. Mais la qualification, elle, est erronée — et l’ambassadeur a expliqué pourquoi en s’appuyant sur une grille d’analyse qui est celle des services de sécurité.

Quand on parle d’activité terroriste, a-t-il développé, il faut chercher un schéma récurrent, un budget, une idéologie derrière les actes. Or dans le cas présent, on a affaire à quelques dizaines de criminels. Personne ne se tient derrière eux. Personne ne les organise. Il faut les mettre derrière les barreaux, et c’est ce que fait Israël. Comparez maintenant avec le terrorisme du Hamas : une idéologie djihadiste radicale, une organisation, une structure, un financement. Ça, c’est du terrorisme.

L’ambassadeur a également rappelé à son interlocuteur un élément que la citation tronquée de Huckabee avait fait disparaître. Le diplomate américain avait explicitement mis en garde contre l’extension de l’étiquette à l’ensemble de la population. Il parlait de quelques dizaines d’individus commettant des actes odieux, a souligné Danon, et il disait précisément qu’il ne fallait pas coller cette étiquette à toute une communauté de plus d’un demi-million de personnes.

Puis est venue l’analogie destinée au public britannique : c’est comme si vous preniez la ville entière de Liverpool pour la qualifier de communauté de criminels. Sur les actes eux-mêmes, Danon n’a laissé aucune ambiguïté : nous les condamnons, point. Le président, le Premier ministre — nous agissons, nous arrêtons, nous inculpons, et nous en faisons davantage.

Le renversement

Morgan est revenu à la charge en évoquant ce qu’il présente comme de véritables actes de terrorisme, incendies criminels et homicides visant des Arabes de la région. C’est là que l’échange a basculé.

Selon Danon, la réalité est exactement inverse de celle que décrivent les plateaux occidentaux. Il est plus dangereux, affirme-t-il, d’être un Juif vivant en Judée-Samarie qu’un Palestinien. Et il a immédiatement enchaîné sur ce qu’il considère comme le nœud du problème médiatique : dans votre émission comme dans les autres, personne ne parle de la violence subie par les communautés juives ; l’attention se concentre uniquement sur les actes criminels commis par ces quelques dizaines d’individus que nous condamnons.

Vous ne trouverez, a-t-il insisté, aucun responsable israélien pour soutenir ces actes. Nous y sommes opposés, ils ne font pas partie de notre société — et c’est là que se situe la différence.

Restait le message politique, formulé pour des oreilles qui ne sont pas celles de Piers Morgan. Danon a estimé que la communauté internationale avait besoin d’un retour au réel. Étiqueter les communautés juives comme terroristes ne les déplacera nulle part, a-t-il dit. Et il a visé nommément les voix qui montent du Royaume-Uni et qui, selon lui, adressent des menaces à Israël. Il est temps de regarder la réalité en face : les communautés juives ne bougeront pas. Elles resteront en Judée-Samarie pour toujours.

La formule tombait à un moment choisi. Vingt-quatre heures plus tard, douze pays occidentaux annonçaient des sanctions commerciales visant précisément ces localités, et Israël répliquait en ordonnant la fermeture du consulat britannique de Jérusalem. Le passage télévisé de Danon, présenté comme une simple joute médiatique, était en réalité une position de négociation exposée en direct — et la réponse israélienne, quelques heures plus tard, en a été la traduction diplomatique.

L’entretien complet est disponible ici : https://www.youtube.com/watch?v=wGE1yQXP5BY

Sur ce dossier et le climat sécuritaire en Judée-Samarie, nos articles précédents apportent des éléments de contexte : l’affaire de la prise de possession de terres juives dans le Gush Etzion, la bataille européenne autour de la zone E1 et de Maalé Adoumim, et les tensions entre Netanyahou et le gouvernement travailliste britannique.

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