NETANYAHOU DEPUIS LE MONT HERMON : « tout l’axe » iranien finira par s’effondrer

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Le décor n’a pas été choisi au hasard. Mercredi, Benyamin Netanyahou s’est rendu sur la frontière syrienne, accompagné du ministre de la Défense Israël Katz et du chef d’état-major adjoint, le général de division Tamir Yadaï. Sur place, ils ont reçu un point de situation opérationnel du chef du commandement Nord, le général de division Rafi Milo, et du commandant de la 210e division, le général de brigade Yaïr Peli.

Puis le Premier ministre a pris la parole, debout au sommet du mont Hermon.

Il a d’abord planté la carte, littéralement, en désignant les points cardinaux autour de lui. À la veille de Roch Hachana, a-t-il dit, nous sommes au sommet de l’Hermon, sur la couronne de l’Hermon. Damas est ici. Le Liban est là. Le Golan syrien est de ce côté. Et nous contrôlons toute la zone depuis la couronne de l’Hermon jusqu’au Yarmouk, et d’ici jusqu’à la mer Méditerranée — un contrôle absolu, comme on n’en a jamais vu.

Ce que recouvre ce « contrôle absolu »

La formule est spectaculaire ; elle décrit une réalité qui date de moins de deux ans.

Après la chute du régime de Bachar el-Assad en décembre 2024, l’armée israélienne a pris le contrôle de la zone tampon patrouillée par les Nations unies dans le sud de la Syrie, qu’elle occupe depuis. Elle a également mené plusieurs centaines de frappes aériennes à travers le pays, visant principalement les moyens militaires de l’ancienne armée syrienne, afin qu’ils ne tombent pas entre les mains des nouvelles autorités. Le sommet syrien de l’Hermon — 2 814 mètres, point le plus élevé de toute la région — figure parmi les positions prises à ce moment-là.

Ce dispositif fait l’objet de discussions sécuritaires entre Israël et Damas sous médiation américaine depuis plus d’un an. Aucun accord n’en est sorti à ce jour. Les nouvelles autorités syriennes affirment ne pas vouloir de conflit avec Israël ; Jérusalem, pour sa part, reste méfiante à l’égard d’un pouvoir issu de l’insurrection islamiste.

C’est dans ce cadre que Netanyahou a formulé sa ligne rouge, et il l’a répétée deux fois. Nous ne permettrons à aucune armée terroriste de s’installer sur notre frontière, a-t-il déclaré. Il a présenté ce résultat comme l’une des réalisations monumentales obtenues dans ce qu’Israël nomme officiellement la guerre de la Renaissance — Milhemet HaTekouma —, nom donné au conflit ouvert le 7 octobre 2023.

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« Nous en sommes très proches »

Le reste du propos regarde plus loin que la Syrie.

Depuis ces sommets, a poursuivi le Premier ministre, il reste du travail. La tâche principale est de vaincre le régime terroriste en Iran. Nous en sommes très proches. Nous savons que tout l’axe finira par s’effondrer.

Cette dernière phrase est celle qui a fait le titre, et elle mérite qu’on en pèse la portée. Netanyahou ne parle pas de contenir l’Iran, ni de retarder son programme, ni de négocier. Il parle de défaite d’un régime et d’effondrement d’un système d’alliances — le réseau de forces que Téhéran entretient de Beyrouth à Sanaa. Prononcée depuis un sommet militaire, à la veille du Nouvel An juif, la formule relève autant du calendrier politique que de l’évaluation stratégique. Israël vote fin octobre.

Il a conclu en souhaitant une bonne année aux citoyens d’Israël et aux soldats qu’il a qualifiés d’héroïques, à l’œuvre sur place.

Ces déclarations n’arrivent pas dans le vide. Elles suivent une série d’alertes que les services israéliens font remonter depuis plusieurs semaines.

La première, et la plus lourde, est une évaluation militaire selon laquelle l’Iran préparerait une offensive coordonnée sur le modèle du 7 octobre, mobilisant simultanément le Hamas à Gaza, les Houthis au Yémen, le Hezbollah au Liban et les milices pro-iraniennes en Irak. Il s’agit d’une appréciation de renseignement, pas d’un fait établi — mais elle éclaire le vocabulaire employé sur l’Hermon.

La deuxième est une frappe israélienne conduite le 19 août contre la base aérienne d’Abou Douhour, dans la province d’Idlib, au nord-ouest de la Syrie. Huit impacts sur la piste, des dégâts matériels, aucune victime selon la télévision syrienne. Le bureau du Premier ministre a justifié l’opération en expliquant que Damas était sur le point de rompre un statu quo sécuritaire convenu en autorisant le déploiement de troupes turques sur ce terrain, et qu’Israël avait averti à plusieurs reprises sans être écouté. La Syrie a dénoncé une agression et une violation de sa souveraineté ; la Turquie a condamné l’attaque et appelé la communauté internationale à réagir.

La troisième est l’élimination, dans la région, d’un individu que Tsahal présentait comme préparant des attaques imminentes.

Trois signaux, trois théâtres, une même grammaire. Et un Premier ministre qui, plutôt que de commenter tout cela depuis un pupitre à Jérusalem, a choisi de le faire depuis le point le plus haut du dispositif israélien, avec Damas dans le champ de la caméra. Le message est adressé aux électeurs israéliens. Il est aussi adressé, sans ambiguïté, à ceux qui se trouvent de l’autre côté de la ligne de crête.

Sur l’Iran et la sécurité régionale, nos articles précédents complètent le tableau : notre rubrique Iran et sécurité régionale, le vote de l’Assemblée générale de l’ONU sur la « Palestine » et les sanctions ciblées préparées par Israël contre les dirigeants de l’Autorité palestinienne.

 

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