Un drame d’une violence extrême a bouleversé la ville de Pardes Hanna-Karkur et, au-delà, l’ensemble de l’opinion publique israélienne. Le parquet de l’État a déposé un acte d’accusation particulièrement grave contre Vladimir Danilov, 54 ans, résident de la localité, soupçonné d’avoir assassiné son épouse dans des circonstances aggravées, après des années de violences physiques et psychologiques répétées. L’affaire met en lumière, une fois de plus, la réalité tragique de la violence conjugale, même au cœur de familles apparemment ordinaires.
Un crime commis au sein du foyer familial
Selon l’acte d’accusation, les faits se sont déroulés dans l’appartement familial, alors que les cinq enfants du couple se trouvaient à l’intérieur du domicile. Dans la nuit du drame, le couple se serait enfermé dans la salle de bain, dont la porte a été verrouillée de l’intérieur. Une violente altercation aurait éclaté, sur fond de soupçons du mari concernant une prétendue relation extraconjugale de son épouse.
Au cours de cet affrontement, l’accusé aurait consommé de la cocaïne, avant de passer à l’acte. La victime aurait tenté de fuir, en vain. Elle a été mortellement poignardée. Les cris de la mère ont réveillé les enfants, qui ont essayé d’ouvrir la porte de la salle de bain. C’est à ce moment-là, selon le dossier judiciaire, que le père leur aurait annoncé froidement : « Il n’y a plus de maman ».
Les enfants, témoins indirects de l’horreur
Après le départ de l’accusé de l’appartement, les enfants ont découvert leur mère gisant sans vie sur le sol de la salle de bain. Les secours et la police ont été appelés immédiatement, mais les équipes du Magen David Adom n’ont pu que constater le décès. La scène, décrite comme particulièrement choquante, a profondément marqué les premiers intervenants.
Les témoignages recueillis auprès des enfants dressent un tableau glaçant : selon eux, leur mère vivait sous la peur permanente. Ils affirment que leur père la violentait physiquement et mentalement depuis près de trente ans, la rabaissant, la frappant, la tirant par les cheveux et la terrorisant quotidiennement.
Des années de violences, de menaces et de silence
L’enquête révèle que le couple était marié depuis 31 ans. Durant cette période, la victime aurait subi une violence conjugale continue, sans jamais déposer plainte. Les enfants expliquent que leur mère craignait qu’une plainte ne fasse qu’aggraver la situation : elle avait peur qu’il soit relâché et qu’il se venge.
À la fin du mois de décembre 2025, de nouveaux conflits ont éclaté, notamment pour des raisons financières. L’accusé a alors quitté le domicile conjugal pour s’installer à Zikhron Yaakov. Toutefois, même à distance, les menaces ont continué. Il aurait envoyé à son épouse des messages vocaux agressifs, remplis d’insultes et d’intimidations.
Un élément particulièrement bouleversant figure dans le dossier : peu avant sa mort, la victime aurait envoyé un message vocal en pleurs, disant clairement qu’elle voulait vivre et qu’elle ne voulait pas mourir. Ce message est aujourd’hui considéré comme une preuve clé illustrant son état de détresse.
Une accusation de meurtre avec circonstances aggravées
Le parquet a retenu contre Vladimir Danilov les chefs d’accusation de meurtre aggravé et de menaces. L’avocate représentant la famille de la victime a déclaré que l’acte d’accusation décrit une « longue et terrible histoire de terreur domestique », soulignant que la victime a vécu pendant des décennies sous l’emprise de la violence.
Cette affaire relance un débat douloureux mais essentiel en Israël : celui de la protection des victimes de violences conjugales, de la difficulté à porter plainte, et du prix parfois mortel du silence. Les autorités rappellent régulièrement que les mécanismes d’aide existent, mais de nombreux cas montrent que la peur, la dépendance économique et la pression familiale empêchent encore trop souvent les victimes de demander de l’aide.
Un électrochoc pour la société israélienne
Ce crime ne se limite pas à un fait divers tragique. Il agit comme un miroir brutal des failles sociales, institutionnelles et humaines face à la violence au sein du couple. Le fait que les enfants aient été présents dans l’appartement au moment du meurtre ajoute une dimension traumatique durable, dont les conséquences psychologiques s’étendront sur toute leur vie.
Alors que la justice suit désormais son cours, beaucoup espèrent que cette affaire servira de signal d’alarme, incitant à une prise de conscience collective, à un renforcement des dispositifs de prévention et à une meilleure protection des victimes avant qu’il ne soit trop tard.








