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Gal Hirsch alerte : « 26 otages ne sont plus en vie, la vie de deux autres est en danger »

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Le coordinateur des affaires des otages et disparus, Gal Hirsch, a livré ce matin devant la commission de la Sécurité nationale de la Knesset un rapport glaçant sur l’état des captifs encore détenus par le Hamas. Selon les informations collectées par ses services, 48 otages sont actuellement recensés :

  • 20 seraient encore en vie,
  • 2 se trouveraient dans un état critique, leur vie étant gravement menacée,
  • 26 auraient malheureusement trouvé la mort en captivité.

« D’après les renseignements en notre possession, il ne fait aucun doute que nous faisons face à une tragédie nationale d’une ampleur inédite », a-t-il déclaré, insistant sur l’urgence d’un règlement qui place la question humanitaire au centre.

Cette annonce, rapportée par le journaliste Amihai Stein, intervient alors que les familles des otages accentuent la pression sur le gouvernement pour qu’il conclue un accord de libération, dénonçant la lenteur des négociations. Le témoignage de Hirsch apporte une précision macabre mais essentielle : le temps joue contre Israël, et chaque jour réduit les chances de retrouver les captifs en vie.

Du côté politique, cette déclaration risque de relancer le débat déjà explosif autour de la stratégie gouvernementale. Les opposants à Benjamin Netanyahou l’accusent de sacrifier la cause des otages au profit d’objectifs militaires changeants. Les partisans du Premier ministre rétorquent que céder aux exigences du Hamas équivaudrait à une défaite stratégique pour Israël.

Quoi qu’il en soit, l’intervention de Gal Hirsch met en lumière une vérité difficile : l’État d’Israël doit décider rapidement s’il privilégie la libération des vivants à tout prix ou s’il poursuit une logique de pression militaire visant à détruire les capacités terroristes du Hamas, au risque d’abandonner une partie de ses citoyens en captivité.

Horreur en Argentine : trois jeunes femmes torturées et assassinées en direct sur Instagram

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Un fait divers atroce secoue l’Argentine et au-delà. Trois jeunes femmes – Morena Verdi (20 ans), sa cousine Brenda del Castillo (20 ans) et Lara Gutiérrez (15 ans) – ont été attirées le 19 septembre dans une maison de la banlieue de Buenos Aires avec la promesse de 300 dollars et d’une soirée festive. Cinq jours plus tard, leurs corps mutilés étaient retrouvés enterrés dans la cour de ce que la presse locale appelle désormais la « maison de l’horreur ».

Selon les enquêteurs argentins, les victimes auraient été piégées par Tony Janzen Loverde, chef de cartel péruvien plus connu sous le surnom de Pequeño J (« J le petit »). L’homme les accusait d’avoir dérobé quatre kilos de cocaïne. Les témoignages recueillis décrivent des tortures d’une cruauté inouïe : doigts sectionnés, ongles arrachés, passages à tabac et asphyxie avec un sac en plastique. Morena aurait succombé à cette méthode, tandis que les deux autres ont été exécutées peu après.

Le plus glaçant est que ces sévices auraient été diffusés en direct sur un compte privé d’Instagram, suivi par une quarantaine de personnes. Sur l’enregistrement, on entendrait le trafiquant déclarer : « Voilà ce qui arrive à ceux qui volent ma drogue ». Si Meta, maison-mère d’Instagram, affirme n’avoir trouvé « aucune preuve » d’un tel streaming, elle assure coopérer pleinement avec les autorités judiciaires.

La découverte des corps mercredi dernier a déclenché une vague d’indignation nationale. Des milliers de manifestants se sont rassemblés devant le Parlement à Buenos Aires, scandant des slogans contre la violence faite aux femmes et brandissant les portraits des victimes. « Même aux animaux, on n’inflige pas de telles choses », s’est indigné Antonio del Castillo, grand-père de deux des jeunes femmes. Le père de Brenda a, lui, confié qu’il n’avait pas pu reconnaître sa fille tant les tortures avaient défiguré son corps.

Cinq personnes ont déjà été arrêtées, dont trois hommes et deux femmes soupçonnés d’avoir apporté une aide logistique. L’un d’entre eux a été capturé en Bolivie, près de la frontière. Mais le chef présumé, Pequeño J, reste en fuite, et un mandat d’arrêt international a été émis.

Ce triple féminicide vient rappeler la réalité tragique des violences de genre en Argentine. Selon les associations locales, une femme est assassinée toutes les 36 heures dans le pays, souvent dans un contexte de criminalité organisée ou de violences conjugales. Le mouvement féministe Ni Una Menos, qui lutte depuis 2015 contre le fléau, a dénoncé un « crime atroce qui illustre la faillite de l’État à protéger ses citoyennes ».

Au-delà de l’Argentine, ce drame soulève aussi la question de la responsabilité des plateformes numériques. Si les faits de retransmission en direct sont confirmés, Instagram serait accusé d’avoir servi de vecteur à une mise en scène macabre, rappelant d’autres précédents où des meurtres ou attentats furent diffusés en live. L’affaire pourrait alors ouvrir la voie à de nouvelles régulations, notamment en Amérique latine, où les cartels exploitent déjà réseaux sociaux et messageries cryptées pour recruter, intimider et terroriser.

Dans les rues de Buenos Aires, les proches des victimes ont organisé une marche silencieuse, ponctuée de cris de douleur et d’appels à la justice. Trois cercueils blancs, portés par des camarades de classe et des voisins, ont symbolisé une jeunesse brisée par la barbarie. « Il faut protéger les femmes plus que jamais », a lancé le père de Brenda. Une phrase qui résonne désormais comme un cri national.

Polémique en Israël : Milvitzky attaque Ben Gvir après la convocation du père du futur chef du Shin Bet

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L’affaire prend une tournure politique explosive. Le député Hanoch Milvitzky (Likoud) a vivement critiqué dimanche le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, après la convocation à une enquête du rabbin Yossef Zini, père du nouveau chef désigné du Shin Bet, David Zini. « C’est une démarche dont on ne saurait exagérer la gravité », a déclaré Milvitzky, accusant Ben Gvir d’inaction et de silence face à un acte jugé « incompréhensible ».

Les faits remontent à jeudi soir, quelques minutes seulement après la confirmation officielle par la commission Gronis de la nomination du général (rés.) David Zini à la tête du service de sécurité intérieure. Des policiers se sont alors présentés au domicile de son père, âgé de 77 ans, à Ashdod, afin de lui remettre une convocation. Selon la presse israélienne, le rabbin Zini aurait refusé de les suivre.

Cette convocation trouve son origine dans des enregistrements diffusés par Channel 13, où l’on entend le rabbin tenir des propos incendiaires contre la Cour suprême, allant jusqu’à dire qu’« il faudrait faire exploser la Haute Cour ». Ces déclarations, interprétées comme des menaces, ont conduit un citoyen à déposer plainte, déclenchant une enquête préliminaire.

Toutefois, des zones d’ombre demeurent. Le journaliste Avishai Greenzweig (i24NEWS) a révélé que les policiers n’avaient pas encore obtenu l’autorisation formelle d’un haut responsable de la police des enquêtes criminelles, condition préalable à une convocation. L’ordre a donc été annulé a posteriori. La police israélienne a confirmé les faits, précisant qu’une enquête est bien ouverte pour « suspicion de menaces » et que la convocation officielle se fera ultérieurement, une fois les autorisations validées.

L’opposition comme certains membres de la coalition dénoncent une instrumentalisation politique. Pour Milvitzky, la situation est claire : « Le fait que le père du futur chef du Shin Bet soit convoqué immédiatement après la confirmation de son fils est un message de déstabilisation inacceptable. » À droite, certains craignent une tentative de discréditer David Zini à travers son entourage familial. À gauche, on insiste sur la nécessité de protéger les institutions judiciaires contre toute menace, rappelant que les propos du rabbin sont « inqualifiables ».

Itamar Ben Gvir, au cœur des critiques, reste silencieux. Une posture qui alimente les soupçons et laisse la scène politique s’enflammer. Dans ce climat tendu, la nomination de David Zini, déjà contestée par plusieurs anciens directeurs du Shin Bet, s’ouvre sur un parfum de crise institutionnelle.

Identifié : l’officier SS qui a exécuté le « dernier Juif de Vinnitsa » etait un professeur de francais

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L’une des photographies les plus emblématiques et terrifiantes de la Shoah vient de livrer un nouveau secret. Le cliché connu sous le nom du « dernier Juif de Vinnitsa » — montrant un homme agenouillé au bord d’une fosse commune, sur le point d’être abattu d’une balle dans la nuque par un officier nazi — a désormais un nom associé à son bourreau. Selon une recherche historique publiée en Allemagne, l’homme armé n’était autre que Jakobus Ohnen, instituteur allemand devenu officier SS, responsable de massacres massifs en Ukraine en 1941.

Ce cliché, longtemps utilisé comme symbole des massacres par balles perpétrés en Europe de l’Est, avait été présenté pour la première fois au procès Eichmann à Jérusalem en 1961. Mais jusqu’ici, ni le lieu exact, ni la date, ni l’identité du tueur n’étaient connus. Le travail de l’historien Jürgen Matthäus, ancien directeur de recherche au musée de l’Holocauste de Washington, vient combler ce vide.

Une exécution à Berdytchiv, 28 juillet 1941

L’étude établit que la photo fut prise dans la citadelle de Berdytchiv, en Ukraine, le 28 juillet 1941, trois semaines après la conquête de la ville par la Wehrmacht. Ce jour-là, environ 180 Juifs furent exécutés et jetés dans des fosses creusées à la hâte par leurs coreligionnaires. La scène immortalise l’instant où un officier SS, lunettes et casquette sur la tête, arme à la main, se tient derrière une victime agenouillée, déjà résignée. Tout autour, une vingtaine de soldats allemands assistent à la scène sans le moindre signe d’émotion.

L’auteur du meurtre, identifié grâce à l’analyse d’archives photographiques et au croisement de journaux militaires, était Jakobus Ohnen, né en 1906 près de la frontière hollandaise. Professeur d’anglais, de français et d’éducation physique, il avait rejoint les SA avant d’intégrer les SS au début des années 1930. En 1941, il commandait une unité mobile de 700 hommes chargés de « nettoyer » l’arrière-front allemand. Sa troupe s’est distinguée par son efficacité meurtrière : plus de 100 000 civils — principalement des Juifs — furent assassinés jusqu’à l’automne 1942.

Une image devenue symbole universel

L’histoire de cette photographie est aussi singulière que macabre. Elle fut découverte à Munich en 1945 par un soldat américain, transmise à un rescapé polonais, puis introduite comme pièce à conviction à Jérusalem en 1961. Reproduite dans des centaines d’ouvrages et d’expositions, elle a longtemps circulé sous le titre erroné de « dernier Juif de Vinnitsa », la ville voisine de Berdytchiv.

L’enquête récente repose sur un négatif retrouvé dans le journal personnel d’un officier autrichien de la Wehrmacht, Walter Materna, qui décrivait froidement les exécutions de ce 28 juillet. Des recoupements iconographiques et des analyses par intelligence artificielle ont confirmé à 99 % qu’il s’agissait bien de Jakobus Ohnen. L’identité de la victime, elle, reste inconnue.

Le poids de l’histoire et la mémoire

Cette avancée rappelle combien l’histoire de la Shoah reste encore en partie à écrire, même sur des documents pourtant célèbres. En donnant un nom au meurtrier, les chercheurs renforcent le caractère concret d’un crime trop souvent réduit à l’anonymat bureaucratique des bourreaux. La photographie ne représente plus seulement un archétype de la barbarie nazie : elle pointe un individu, un visage, un professeur devenu assassin de masse.

À Berdytchiv, haut lieu du judaïsme hassidique avant-guerre, il ne restait que 15 Juifs vivants lorsque l’Armée rouge libéra la ville en 1944. Ils étaient plus de 20 000 trois ans plus tôt. Le cliché, désormais mieux documenté, continue d’incarner cette destruction totale.

Israël–Argentine : refroidissement diplomatique sur fond de pétrole aux Malouines

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Les signaux d’alerte se multiplient autour de Benjamin Netanyahou. Alors qu’Israël traverse une période de relative isolation internationale en raison de la guerre à Gaza, un accroc inattendu s’est produit avec l’un de ses alliés sud-américains les plus constants, l’Argentine. Selon la radio publique israélienne, des responsables de Buenos Aires auraient exprimé leur colère après la révélation qu’une société privée israélienne levait des fonds pour développer des forages pétroliers dans l’archipel contesté des Malouines (Falklands).

Une « trahison » symbolique

Pour l’Argentine, qui revendique depuis le XIXᵉ siècle la souveraineté sur ces îles contrôlées par Londres, l’affaire prend des allures de provocation. « Nous avons toujours soutenu Israël dans les instances internationales, y compris face à une hostilité croissante. Nous attendons en retour une considération minimale pour notre propre cause nationale », aurait confié un haut diplomate argentin.

La question des Malouines demeure l’une des blessures ouvertes de la mémoire argentine : la guerre de 1982 contre le Royaume-Uni, perdue dans le sang, continue d’alimenter un sentiment d’injustice. L’ONU classe d’ailleurs l’archipel comme territoire non autonome, c’est-à-dire disputé, et encourage depuis des décennies une reprise des négociations.

Une visite diplomatique reportée

Dans ce climat, la présidence argentine a confirmé que la visite prévue de Benjamin Netanyahou à Buenos Aires, après son passage à Washington, était repoussée. Officiellement, le président Javier Milei justifie cette décision par le calendrier électoral national : des législatives approchent, et un déplacement d’un dirigeant étranger pourrait brouiller le message politique interne. Mais plusieurs sources évoquent un malaise direct lié au dossier pétrolier.

Selon le quotidien Ynet, l’entourage du président argentin a insisté pour présenter la mesure comme « une décision générale concernant tous les visiteurs étrangers à ce stade ». Pourtant, dans les coulisses, la colère provoquée par l’implication israélienne dans les Malouines est manifeste.

Entre fidélité et calculs

La situation est d’autant plus sensible que Javier Milei, populiste pro-israélien et proche idéologiquement de Netanyahou, s’était imposé comme un allié fidèle d’Israël en Amérique latine, rompant avec les positions plus critiques de ses prédécesseurs. Sa colère met donc en lumière un paradoxe : même un dirigeant affichant son attachement à l’État hébreu ne peut ignorer une cause nationale aussi consensuelle en Argentine que celle des Malouines.

Pour Netanyahou, ce revers est symboliquement lourd. Alors que Washington et certaines capitales européennes durcissent leur discours, perdre le soutien enthousiaste de Buenos Aires — au moins temporairement — accentue l’impression d’un isolement diplomatique croissant.

Enjeux géopolitiques

Au-delà de la querelle bilatérale, l’affaire illustre la difficulté pour Israël de séparer son économie mondialisée de ses relations politiques. Les entreprises privées qui cherchent des opportunités dans des zones litigieuses peuvent, volontairement ou non, créer des tempêtes diplomatiques. L’affaire des Malouines pourrait pousser Jérusalem à mieux encadrer la présence de ses sociétés dans des territoires sensibles au regard du droit international.

Pour l’Argentine, l’épisode tombe à point nommé : il permet au gouvernement Milei de réaffirmer sa fibre nationaliste à l’approche d’élections cruciales, tout en rappelant à ses partenaires internationaux que la question des Malouines reste non négociable.

L’incident, même limité, révèle une réalité gênante pour Israël : ses alliés, même les plus proches, n’hésitent plus à marquer leur désaccord lorsque leurs intérêts stratégiques sont en jeu. Entre pétrole, mémoire et politique intérieure, l’ombre des Malouines vient s’ajouter aux défis diplomatiques déjà nombreux pour Netanyahou.

Tragédie à Rehovot : un homme de 75 ans meurt en chutant d’un balcon en construisant sa soukka

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À quelques jours de la fête de Soukkot, alors que de nombreuses familles israéliennes s’affairent à ériger la traditionnelle cabane commémorant l’Exode, la ville de Rehovot a été secouée par un drame bouleversant. Un homme âgé d’environ 75 ans a trouvé la mort dimanche matin, après avoir fait une chute mortelle depuis le balcon de son appartement situé dans un immeuble de la rue Binyamin. Il préparait sa soukka, comme le font chaque année des milliers de fidèles, lorsqu’il a perdu l’équilibre et s’est écrasé au sol.

Le drame en pleine préparation de fête

Selon les premiers éléments, l’homme s’affairait sur le balcon de son domicile, à une hauteur significative, pour installer les structures de bois et de toile destinées à former la soukka familiale. C’est alors qu’il a chuté lourdement dans la cour intérieure de l’immeuble. Les voisins, témoins de la scène, ont immédiatement appelé les secours. Rapidement, des équipes du Magen David Adom (équivalent israélien de la Croix-Rouge) et de l’organisation de secours ZAKA sont arrivées sur place.

Le médecin urgentiste Shmil Bacher, dépêché sur les lieux, a décrit une scène insoutenable : « Nous avons été conduits jusqu’à la victime, qui gisait inconsciente dans la cour. Elle ne présentait aucun signe de vie. Nous avons procédé à des vérifications médicales rapides, mais ses blessures multiples étaient d’une gravité extrême. Nous avons malheureusement dû constater le décès sur place. »

Le témoignage des secours

Du côté de ZAKA, organisation reconnue pour son engagement dans les situations de catastrophe et sa mission de préserver la dignité des défunts, les propos étaient tout aussi marqués par l’émotion. Elhanan Roth, commandant de l’unité ZAKA 360, a expliqué : « Nos bénévoles arrivés sur place ont appris des voisins que le défunt travaillait à la construction de sa soukka lorsqu’il a perdu pied et basculé dans le vide. Les équipes médicales n’ont rien pu faire, ses blessures étaient trop sévères. Nous nous sommes attachés à traiter la scène avec respect et à recueillir les éléments nécessaires, tout en accompagnant la famille sous le choc. »

Une fête de Soukkot endeuillée

La fête de Soukkot, l’une des trois grandes fêtes de pèlerinage du calendrier juif, symbolise la fragilité de la vie et la confiance dans la protection divine. Ironie tragique, c’est justement au moment où il érigeait cet abri temporaire que le septuagénaire a trouvé la mort. La communauté de Rehovot, choquée par le drame, s’est empressée de manifester son soutien à la famille. Les voisins ont décrit un homme chaleureux et actif, connu dans son immeuble comme une figure respectée et attachée aux traditions.

Un appel pressant à la prudence

Au-delà de l’émotion, les responsables de ZAKA et du Magen David Adom ont tenu à adresser un message clair à l’ensemble de la population israélienne. Chaque année, à l’approche de Soukkot, de nombreux accidents surviennent lors de la construction des cabanes : chutes, électrocutions en raison de branchements sauvages pour l’éclairage, ou blessures liées à l’utilisation d’outils. « Nous appelons chaque famille à agir avec prudence, à ne pas travailler seule lorsqu’il s’agit d’installer une soukka en hauteur, à utiliser des équipements de sécurité adaptés et à éviter les improvisations dangereuses. Ce genre de tragédie peut et doit être évité », a rappelé Elhanan Roth.

En Israël, les services de secours constatent régulièrement une hausse des interventions pendant cette période. Les chutes de hauteur représentent un risque majeur, notamment pour les personnes âgées qui, par tradition ou par attachement, souhaitent construire elles-mêmes leur soukka sans recourir à une aide extérieure.

Le choc dans la communauté

À Rehovot, une atmosphère lourde régnait dans le voisinage. Plusieurs habitants de la rue Binyamin ont raconté avoir entendu un bruit sourd avant de découvrir la victime étendue au sol. Certains ont tenté d’apporter les premiers secours avant l’arrivée du MDA, en vain. « C’était un homme très respecté, toujours souriant. On le voyait chaque année préparer sa soukka avec soin et fierté. Personne n’aurait pu imaginer qu’un tel malheur arriverait », confiait une voisine en larmes.

La fragilité au cœur du symbole

Ce drame tragique résonne d’autant plus fort qu’il survient à l’approche d’une fête dont la signification centrale est justement de rappeler la vulnérabilité de l’homme. Pendant une semaine, les familles juives quittent symboliquement le confort de leur maison pour habiter dans une cabane fragile, couverte de branchages, en mémoire de l’errance des Hébreux dans le désert après la sortie d’Égypte. C’est un moment de joie, de convivialité et de spiritualité, mais cette année à Rehovot, il sera marqué par le deuil.

La mort de ce septuagénaire rappelle à quel point les préparatifs festifs peuvent se transformer en tragédie lorsque la sécurité n’est pas assurée. Elle souligne aussi l’importance pour les autorités locales et les organisations de secours de renforcer, année après année, les campagnes de sensibilisation à la prudence. À Rehovot, l’ambiance de fête s’est muée en tristesse, et la communauté accompagnera la famille endeuillée à l’approche de Soukkot. Un rappel cruel mais essentiel : la vie est fragile, et la vigilance reste la meilleure protection.

Ne sous-estimez plus le Yémen : l’Iran a fait des Houthis une menace balistique souterraine pour Israël

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Les services de sécurité israéliens mettent en garde : les Houthis ne sont plus de simples miliciens improvisés. Grâce à l’appui iranien — transferts technologiques, ingénieurs, sites de production souterrains — ils produisent désormais drones et missiles longue portée. Israël doit cesser de minimiser ce front lointain : la menace est militaire, technologique et stratégique. (ynetglobal)

Depuis plusieurs mois, les indices s’accumulent et confirment une vérité inconfortable : ce qui frappe Israël depuis le Yémen n’est pas l’œuvre d’un État failli isolé, mais l’expression d’une stratégie iranienne d’exportation du savoir-faire balistique. Les services israéliens ont repéré des capacités de production locale de UAV et de missiles basées sur l’expertise fournie par Téhéran, et — inquiétant — l’usage systématique d’installations souterraines pour fabriquer et stocker ces armes. (ynetglobal)

Cette évolution explique pourquoi les attaques venues de l’autre bout de la Mer Rouge prennent une ampleur et une portée inédites. Les frappes contre Eilat et d’autres zones du sud montrent que des vecteurs « low-cost » mais efficaces — drones suicides, missiles à trajectoire quasi balistique — ont été mis au point et lancés à grande distance. Les réponses israéliennes, y compris des raids massifs contre des cibles à Sanaa, confirment la gravité du phénomène et la nécessité d’une riposte calibrée. (The Guardian)

Au-delà des frappes, un autre signe alarmant remonte des services de renseignement : des programmes d’entraînement et de mobilisation populaire, baptisés « al-Aqsa Flood » ou « Tufan al-Aqsa », se multiplient. Ces cours visent à préparer — en théorie — des forces de mobilisation locales aptes à mener des incursions massives et coordonner des attaques d’envergure. Les Israéliens ne font donc pas seulement face à des roquettes ; ils font face à une combinaison de moyens aériens, de capacités industrielles et d’aspirations de projection terrestre qui, si elles étaient mises en œuvre conjointement, pourraient produire des impacts dévastateurs. (ACLED)

Il faut bien mesurer les conséquences opérationnelles de cette réalité. Les sites souterrains compliquent radicalement la neutralisation par des frappes aériennes classiques : il faut davantage de renseignement humain, des capacités de pénétration, des opérations de précision et souvent des frappes répétées pour détruire des ateliers enterrés. Par ailleurs, la résilience d’une chaîne de production — reconstitution d’éléments, redéploiement de lignes d’assemblage — rend vaines certaines tentatives ponctuelles de démantèlement si elles ne s’inscrivent pas dans une stratégie de long terme. (Times of Israel)

Sur le plan politique, l’irrigation iranienne de ce front traduit une logique claire : contourner la confrontation directe avec l’État israélien en armant des acteurs régionaux capables d’exporter la pression stratégique. Le Yémen devient ainsi un maillon d’une « ceinture de déni » partagée entre groupes armés et États parrains — un modèle hybride, moins vulnérable aux représailles classiques, plus difficile à dissuader. Ignorer ce modèle, ou le minimiser, reviendrait à accepter une érosion progressive de la profondeur stratégique israélienne. (Times of Israel)

Que faire, en pratique ? D’abord, l’État doit cesser toute sous-estimation publique : alerter la population, adapter la posture défensive et multiplier les couches d’interception (terrestre, naval, aérien, laser, guerre électronique). Ensuite, coordonner étroitement le renseignement humain, technique et satellitaire pour cartographier les réseaux de production et leurs sites souterrains. Troisièmement, frapper non seulement les plateformes de lancement mais aussi les nœuds logistiques et industriels — y compris à l’étranger — qui alimentent ces capacités, en coopération avec partenaires régionaux et internationaux. Enfin, conjuguer pression militaire et efforts visant à couper les flux financiers et industriels qui rendent ces programmes viables. (Reuters)

La leçon est stratégique et géopolitique : la distance géographique n’est plus une protection. L’Iran a transformé le Yémen en laboratoire d’exportation de capacités offensives et l’emploie comme levier contre Israël. Face à une menace désormais industrialisée et souterraine, la réponse israélienne doit être systémique, intégrée et soutenue par un effort diplomatique pour isoler les maillons de soutien. Sous-estimer aujourd’hui, c’est s’exposer demain à des chocs plus lourds et à des incursions plus complexes. (ynetglobal)

Israël organise des vols de secours pour rapatrier des pèlerins bloqués en Roumanie

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La fin de la fête de Roch Hachana a tourné au casse-tête logistique pour plusieurs centaines de pèlerins israéliens revenus d’Ouman. Après avoir franchi la frontière roumaine depuis l’Ukraine, ils se sont retrouvés bloqués et incapables de rejoindre Israël. Face à cette situation, le gouvernement a sollicité les compagnies aériennes nationales afin de déployer des vols spéciaux de secours.

Des pèlerins coincés aux portes de l’Europe

Chaque année, des dizaines de milliers de fidèles affluent dans la ville ukrainienne d’Ouman pour se recueillir sur la tombe du rabbin Nahman de Bratslav, figure fondatrice du mouvement hassidique. Mais en 2025, le retour vers Israël a été semé d’embûches. Des retards massifs aux postes-frontières de Roumanie, notamment à Tulcea, ont empêché de nombreux pèlerins d’embarquer à temps. Certaines compagnies ont même annulé des vols faute de passagers présents à l’aéroport.

Résultat : des centaines d’Israéliens, parfois en famille, se sont retrouvés bloqués en Roumanie, sans solution immédiate pour regagner leur pays. D’après certains témoignages, des voyageurs ont évoqué des « retards intentionnels » de la part des autorités locales, ce que Bucarest n’a pas confirmé. Mais la principale explication semble être la saturation : les flux massifs de pèlerins dépassent largement les capacités d’infrastructures frontalières déjà limitées.

Intervention politique directe

Alertés par les familles et par les médias, plusieurs ministres israéliens ont pris l’initiative de contacter directement les compagnies aériennes. La ministre des Transports Miri Regev, le ministre des Finances Bezalel Smotrich et le président du Shas, Aryeh Deri, ont ainsi demandé à El Al et à Israir d’affréter des vols supplémentaires.

El Al a répondu dès samedi soir en déployant un vol spécial de 300 places au départ de Bucarest. Ce dimanche, Israir prévoit d’envoyer trois vols de secours depuis Bucarest et Bakou, avec 540 sièges disponibles par avion. La demande a été telle que tous les billets ont été vendus en quelques heures.

Des précédents sensibles

Ce n’est pas la première fois que des Israéliens se retrouvent bloqués à l’étranger à la suite de fermetures ou de perturbations aériennes. On se souvient du précédent de l’opération « Am Kelavi », lorsque l’espace aérien avait été temporairement fermé et que des milliers de passagers n’avaient pas pu regagner Israël. À ce jour, aucun accord de compensation n’a été conclu pour ces voyageurs, et plusieurs recours collectifs sont encore pendants devant la justice.

Dans ce contexte, la nouvelle vague de passagers bloqués pourrait relancer le débat sur la responsabilité des compagnies et du gouvernement en cas de perturbations massives. Les transporteurs aériens, déjà fragilisés par les procédures judiciaires, craignent de se voir à nouveau exposés à une avalanche de plaintes.

Une logistique hors norme

Pour les compagnies aériennes, l’opération représente un effort exceptionnel. Organiser en quelques heures des vols transfrontaliers, mobiliser des équipages, trouver des créneaux dans des aéroports saturés et absorber des centaines de passagers supplémentaires n’est pas chose aisée. Mais la pression publique et l’enjeu religieux de ce rapatriement ont contraint El Al et Israir à faire preuve de réactivité.

Selon des sources proches du ministère des Transports, d’autres vols pourraient être ajoutés dans les prochains jours si le nombre de pèlerins bloqués reste important. L’objectif affiché est clair : ramener en Israël tous les voyageurs d’Ouman avant la fin des fêtes de Tichri.

Conséquences diplomatiques et sociales

L’épisode pourrait également avoir des répercussions diplomatiques. La Roumanie, partenaire stratégique d’Israël en Europe de l’Est, se retrouve pointée du doigt par plusieurs voix qui l’accusent de ne pas avoir su gérer correctement l’afflux de voyageurs. Bucarest devra probablement justifier sa gestion face à Jérusalem, qui souhaite éviter que ces tensions ne se répètent lors des prochains pèlerinages.

Sur le plan intérieur, ce nouvel incident met en lumière les tensions récurrentes entre le pouvoir politique, soucieux d’apporter des solutions rapides aux citoyens, et les compagnies aériennes, contraintes de jongler entre exigences financières, contraintes juridiques et impératifs de sécurité.

Ce dimanche, l’espoir renaît pour les pèlerins toujours coincés en Roumanie et en Azerbaïdjan : les vols de secours devraient permettre à plusieurs centaines d’entre eux de retrouver leurs familles en Israël à temps pour les fêtes. Mais la crise souligne une nouvelle fois la fragilité des dispositifs de retour massifs et la nécessité de mieux anticiper ces flux religieux récurrents. Entre ferveur spirituelle, logistique aérienne et enjeux politiques, la « saga d’Ouman » continue de poser un défi annuel à l’État d’Israël.

Faites attention lors de votre mariage : ne vous retrouvez pas entre deux clans de bandits rivaux – un hall d’événements fermé pour liens avec le crime organisé

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La police a révélé qu’un vaste réseau criminel opérait derrière un hall de mariage du centre d’Israël, utilisant des prête-noms pour blanchir de l’argent. Résultat : le lieu a été fermé, laissant des dizaines de couples sans salle à quelques semaines de leur mariage. L’affaire illustre une dérive inquiétante où la fête la plus intime peut se transformer en levier pour la pègre.

Tout devait être parfait : salle décorée, invitations envoyées, fournisseurs réservés. Mais pour des dizaines de couples, le rêve s’est brutalement effondré. Un hall d’événements, situé au cœur du pays, a été fermé par la police après qu’une enquête eut mis en évidence son contrôle par un puissant réseau criminel. Derrière la façade de glamour et de musique, c’était un montage financier destiné à blanchir des millions de shekels grâce aux fêtes de mariages, bar-mitsvas et autres célébrations.

L’affaire a commencé par une simple demande : le propriétaire du lieu avait sollicité un permis d’exploitation, comme l’exige la loi. Mais les services de renseignement de la police ont rapidement détecté des irrégularités. Derrière la demande se cachaient en réalité des prête-noms — les fameux « kophim » (singes), ces hommes de paille sans casier judiciaire mais manipulés par des clans mafieux. « Très vite, nous avons compris que l’endroit n’était qu’une couverture », confie un officier de la police centrale. « Les revenus de l’activité servaient à financer des criminels actifs sur le terrain, tout en permettant le blanchiment de capitaux considérables. »

La justice a tranché : malgré les protestations du propriétaire, qui affirmait ne rien avoir à voir avec le crime organisé, le tribunal a validé la position de la police. Conséquence directe : fermeture immédiate du hall et annulation des événements programmés. Des dizaines de couples se sont retrouvés sans lieu pour leur mariage, certains à trois semaines de la date prévue. « Nous avons tout planifié, payé les avances, envoyé les invitations », raconte A., fiancé désespéré. « Aujourd’hui nous ne savons pas quoi faire. C’est une blessure terrible. »

L’impact ne se limite pas à l’aspect émotionnel. Des familles entières, qui avaient économisé pendant des mois, voient leur argent volatilisé. Les prestataires – traiteurs, photographes, décorateurs – se retrouvent également pris dans le tourbillon, avec des pertes financières parfois irréversibles.

Mais derrière ces drames personnels, c’est un phénomène national qui inquiète. Selon la police, des dizaines de salles de fêtes en Israël sont aujourd’hui infiltrées par des organisations criminelles, qu’elles soient juives ou arabes. Ces structures rapportent chaque année des centaines de millions de shekels, tout en servant de terrain fertile pour des activités illégales : blanchiment, emploi de travailleurs clandestins, parfois même confrontations violentes entre clans rivaux. D’où l’avertissement brutal des forces de l’ordre : un mariage peut, sans que vous le sachiez, se dérouler au beau milieu d’un champ de bataille mafieux.

Ces derniers mois, plusieurs établissements ont été fermés dans le centre et le nord du pays. Certains, construits illégalement sur des terrains agricoles, ont même été rasés par les bulldozers de l’Administration foncière israélienne, aux frais des propriétaires. Les enquêtes ont révélé des ramifications inquiétantes, avec des connexions entre la gestion des salles et des trafics bien plus lourds : drogue, racket, prêts usuraires.

La police entend durcir encore ses procédures. Chaque demande de licence commerciale est désormais passée au crible, avec vérification des flux financiers et des actionnaires. « Les fêtes sont terminées pour les criminels », martèle un haut responsable. « Toute salle suspecte sera fermée, et des actes d’accusation seront déposés. »

Pour les couples, une recommandation : vérifier scrupuleusement que le lieu choisi dispose d’une licence commerciale valide délivrée par la police. Sans ce document, le risque est énorme : non seulement de voir l’événement annulé, mais aussi de se retrouver, le soir du mariage, pris entre deux clans qui règlent leurs comptes à coups de balles.

Le message est clair. Derrière les lumières et la musique, certaines salles de fête cachent une réalité sombre. Israël, confronté à une criminalité organisée de plus en plus inventive, doit protéger ses citoyens jusque dans les moments les plus intimes. Car si un mariage est censé symboliser l’union et l’avenir, il ne devrait jamais devenir l’otage d’une guerre entre mafias

« L’ange » démasqué — Ashraf Marwan, l’espion qui a trompé Israël : une affaire digne d’Hollywood

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Nommé « l’ange » par le Mossad, Ashraf Marwan fut longtemps célébré comme le plus précieux informateur israélien sur l’Égypte. Un nouveau dossier révèle aujourd’hui une autre vérité possible : Marwan aurait été l’acteur principal d’une vaste opération de désinformation égyptienne, destinée à plonger Israël dans la confusion à la veille de la guerre du 6 octobre 1973. Entre trahison présumée, manipulation et zones d’ombre de l’espionnage, cette histoire a tous les ingrédients d’un thriller international — et pourrait bien finir à Hollywood.

Pendant des décennies, la figure d’Ashraf Marwan a occupé une place ambiguë dans les mémoires du renseignement israélien. Petit-fils politique du régime nassérien et gendre d’un cercle de pouvoir égyptien, il devient, à partir de 1970, la source la plus prolifique d’informations sur Le Caire pour le Mossad. Ses livraisons documentaires et ses confidences ont permis d’observer de l’intérieur les préparatifs militaires et les choix des dirigeants arabes. Il était « l’homme qui savait ».

Or, selon un long dossier publié cette semaine, fondé sur des documents de renseignements inédits, la réalité serait plus complexe — et plus sombre. Ashraf Marwan aurait, durant plusieurs années, alternativement servi les intérêts israéliens et œuvré contre eux. Le reportage affirme que, dans les mois précédant la guerre d’octobre 1973, Marwan a participé à des réunions de préparation stratégique entre responsables égyptiens et syriens. Au lieu d’alerter Tel-Aviv sur la date vraie de l’offensive, il aurait transmis des avertissements erronés, voire soigneusement décalés, aux services israéliens. Résultat : des alertes imprécises, une vigilance retardée, et, au matin du 6 octobre, un État pris de court.

La portée de ces révélations est considérable. Si Marwan fut, comme le laisse entendre le reportage, un élément volontaire de « l’opération de leurre » égyptienne — alors qualifiée de chef-d’œuvre d’ingénierie psychologique — la trahison dépasse la simple faute personnelle pour devenir une manipulation stratégique. Les plus hauts responsables du renseignement israélien, y compris des figures respectées comme Shlomo Gazit, auraient été dupés. Gazit lui-même, cité dans les archives, aurait décrit Marwan comme « l’implant parfait au cœur du renseignement israélien », un homme qui a su lever les soupçons et conduire au discrédit généralisé.

La réaction officielle n’a pas manqué. Le Mossad a rapidement rejeté les allégations comme une « falsification de la réalité historique », rappelant que l’évaluation du renseignement repose souvent sur des signaux contradictoires et que l’action des agents sur le terrain ne se réduit jamais à des schémas manichéens. Pourtant, la publication de nouveaux documents réactive un débat ancien : quelle part d’erreur relève de la duplicité volontaire, et quelle part relève de l’incertitude inhérente au renseignement ?

Au-delà du détail factuel, l’affaire Marwan met en lumière deux enseignements stratégiques. D’abord, la vulnérabilité des services qui cherchent à monnayer l’« accès » au pouvoir ennemi : un informateur peut se révéler être un vecteur de désinformation. Ensuite, l’impact durable des opérations psychologiques : un mensonge bien placé peut modifier l’issue d’une bataille, la perception publique et la mémoire nationale.

Sur le plan humain, l’histoire est celle d’un homme pris entre loyautés familiales, ambitions personnelles et jeux géopolitiques. Elle pose des questions morales : peut-on comprendre — et pardonner — la duplicité lorsqu’elle s’enracine dans des logiques de survie ou d’intérêt national ? Qui décide en dernière instance de la frontière entre l’agent utile et le traître ?

Dans un autre registre, le matériau fait rêver les scénaristes. Trahisons, appartements feutrés, documents top secrets, réunions nocturnes à la frontière du Caire, hauts responsables manipulés : tous les ingrédients d’un grand film d’espionnage sont réunis. Hollywood — qui a longtemps exploité la lumière crue du renseignement pour ses récits — trouverait là une saga à la fois épique et intime. Un film pourrait suivre l’ascension de Marwan, son ambivalence morale, la tension tragique du 5 au 6 octobre, et la postérité d’un mensonge qui changea la face d’une guerre.

Plus qu’un simple biopic, l’adaptation pourrait interroger le spectateur sur la nature même de la vérité en temps de guerre. Elle inviterait à comprendre comment l’information peut être façonnée, trafiquée et utilisée comme arme stratégique. Le personnage central — fascinant et répulsif — offrirait un rôle en or à un acteur cherchant une complexité morale à l’écran.

Quelles que soient les conclusions historiques, le procès de la mémoire commence aujourd’hui. L’affaire Ashraf Marwan rouvrira des plaies, suscitera débats et réécritures, et, vraisemblablement, donnera aux créateurs de cinéma matière à une œuvre qui tentera de capturer l’ambivalence d’un homme et l’ironie cruelle de l’histoire : celui qui fut appelé « l’ange » aura peut-être offert à la postérité un récit plus trompeur encore que ses propres messages.