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« Une chose pareille, on ne l’avait jamais entendue » : Elkana Buchbut raconte l’instant où il est entré à Gaza comme otage

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Dans un témoignage bouleversant diffusé vendredi sur la chaîne Réseau 13, l’ancien otage Elkana Buchbut est revenu sur l’un des moments les plus traumatisants de son enlèvement : le passage dans la bande de Gaza par le même point d’entrée qu’il avait emprunté des années plus tôt… en tant que soldat combattant.

Invité de l’émission « Pot’him Shishi », Buchbut a expliqué avoir été kidnappé le 7 octobre depuis le site du festival Festival Nova, près du kibboutz Reïm. Dès les premières minutes de sa captivité, il se retrouve violemment frappé au haut du corps, encerclé par une foule de Gazaouis déchaînés. « Des gens sortaient de partout, des portails, des rues, c’était le chaos absolu », a-t-il raconté.

Mais le choc le plus profond survient quelques instants plus tard, lors de son transfert. Blessé, jeté à l’arrière d’un pick-up, il reconnaît soudain l’itinéraire. Les repères, la route, l’entrée. Tout lui est familier. Trop familier.

Ancien combattant de l’unité Orev Golani, engagé lors de l’opération Plomb durci en 2008-2009, Buchbut explique que son unité avait pénétré la bande de Gaza sous couverture blindée… par le passage de Nahal Oz. Le même axe. Le même portail.

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« Quinze ans plus tard, je suis repassé par exactement le même endroit. Mais cette fois-ci, pas comme soldat. Comme otage. »
Une phrase courte, dite sans emphase, mais qui a glacé le plateau.

Pendant le trajet, alors qu’il perdait du sang et subissait des coups, ses yeux suivaient malgré lui le paysage. « Je voyais la route que je connaissais par cœur. Là où j’étais entré armé, entraîné, entouré de camarades… j’étais maintenant sans défense, livré à eux. » Ce contraste, a-t-il confié, a été l’un des instants les plus déstabilisants psychologiquement de toute sa captivité.

Buchbut a résumé l’état d’esprit qui l’a accompagné durant tout le calvaire en une phrase glaçante :
« À partir du moment où tu es entre leurs mains, absolument tout peut arriver. »
Selon lui, la seule seconde où il a commencé à entrevoir une issue possible a été celle où il a été transféré dans un véhicule fermé du Comité international de la Croix-Rouge — un moment infime, mais qui marquait enfin la fin de l’inconnu total.

Ce témoignage rare, précis et d’une force brute, illustre de manière presque symbolique l’effondrement de toutes les certitudes : un homme qui a franchi la frontière de Gaza pour défendre Israël y est revenu, des années plus tard, captif et sans protection. Une boucle tragique, que même les mots peinent à contenir.

Le virage saoudien : Mohammed ben Salmane s’éloigne des Accords d’Abraham – et ce n’est pas un hasard

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Le recentrage stratégique opéré par l’Arabie saoudite au cours des derniers mois ne relève ni de l’hésitation ni de l’improvisation. Il traduit, au contraire, une lecture froide et lucide de la réalité par Mohammed ben Salmane, confronté à une équation existentielle : préserver la stabilité interne d’un royaume en mutation accélérée, tout en maintenant sa marge de manœuvre géopolitique. Dans ce contexte, l’éloignement relatif de Riyad vis-à-vis de la logique des Accords d’Abraham apparaît moins comme un renoncement que comme un calcul de survie.

Sur la scène internationale, l’Arabie saoudite traverse une phase de réhabilitation spectaculaire. Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche a rétabli une couverture stratégique américaine directe, tandis que l’affaiblissement structurel de l’Iran offre à Riyad un répit inédit. Cette conjoncture favorable permet au prince héritier de déplacer le centre de gravité de sa politique : moins de symboles diplomatiques coûteux, davantage de consolidation interne. La priorité n’est plus l’architecture régionale de normalisation, mais la gestion des fractures domestiques qu’a ouvertes le projet le plus ambitieux de son règne : Vision 2030.

Car le cœur du problème est là. Vision 2030 n’est pas un simple programme économique ; c’est une tentative de refondation civilisationnelle. En cherchant à sortir l’économie de la dépendance au pétrole, MBS s’attaque à un contrat social vieux d’un siècle : prospérité matérielle contre passivité politique. L’« État-rentier » a façonné des habitudes, des attentes et des résistances. Transformer des bénéficiaires de rentes en acteurs productifs requiert du temps, de la confiance et des résultats visibles — trois ressources aujourd’hui sous tension.

Les chiffres sont implacables. L’objectif d’attirer 100 milliards de dollars par an d’investissements directs étrangers reste hors de portée : les flux réels plafonnent très en-deçà de la cible. La plupart des montants annoncés relèvent d’un recyclage de capitaux publics plutôt que de créations industrielles nouvelles. Plus préoccupant encore, la Public Investment Fund — censée financer les mégaprojets — a vu ses liquidités se contracter fortement. À cela s’ajoute un « prix d’équilibre » du pétrole proche de 95 dollars le baril pour boucler le budget, alors que les cours évoluent nettement en dessous. Résultat : déficits structurels, arbitrages douloureux et redimensionnement de projets emblématiques comme NEOM.

Sur le plan sociétal, la réforme heurte trois piliers historiques. D’abord, l’héritage de l’économie pétrolière qui a atrophié l’esprit entrepreneurial. Ensuite, la marginalisation des femmes, longtemps justifiée par des normes sociales, mais désormais reconnue comme un handicap économique majeur — leur intégration bouleverse des équilibres familiaux et identitaires sensibles. Enfin, l’establishment religieux wahhabite, source de légitimité du pouvoir saoudien, que MBS cherche à subordonner à l’État. Chaque front ouvert fragilise un peu plus le consensus traditionnel.

Dans ce contexte, la normalisation ouverte avec Israël devient un multiplicateur de tensions internes. Elle expose le prince héritier à l’accusation de rompre avec des repères religieux et culturels alors même que les bénéfices économiques promis tardent à se matérialiser. S’éloigner, temporairement, de la dynamique des Accords d’Abraham réduit le coût politique interne, sans fermer définitivement la porte. Parallèlement, Riyad explore des partenariats perçus comme plus « naturels » par son opinion — avec la Turquie et le Pakistan — offrant des assurances symboliques et sécuritaires à moindre friction domestique.

Pour Israël, la leçon est stratégique. La tentation de lire l’Arabie saoudite à travers le seul prisme de la normalisation est une erreur d’analyse. La trajectoire de MBS est contrainte par des dynamiques internes puissantes, imprévisibles et parfois contradictoires. Une normalisation future reste possible — et serait un gain majeur — mais elle dépendra d’une stabilisation économique et sociale encore incertaine.

La prudence s’impose donc. Construire des attentes excessives sur la stabilité saoudienne serait risqué. Dans l’intervalle, Israël gagnerait à diversifier ses ancrages régionaux et extra-régionaux, en consolidant notamment ses partenariats avec des pôles perçus comme plus prévisibles, à commencer par l’Inde. Le réalisme commande d’accepter que, pour Riyad aujourd’hui, la survie interne prime sur l’audace diplomatique.

Visite historique : le ministre israélien de l’Éducation renforce la coopération académique avec les Émirats arabes unis

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Le ministre israélien de l’Éducation, Yoav Kisch, a achevé cette semaine une visite officielle de plusieurs jours aux Émirats arabes unis, marquant une étape diplomatique et académique significative dans les relations entre les deux pays. Il s’agit du tout premier déplacement d’un ministre israélien de l’Éducation dans l’État du Golfe depuis la signature des Accords d’Abraham, un signal politique fort quant à l’approfondissement de la coopération au-delà des seuls volets sécuritaire et économique.

À la tête d’une délégation conjointe du ministère de l’Éducation et du Conseil de l’enseignement supérieur, Yoav Kisch a conduit une série de rencontres de haut niveau axées sur l’enseignement, la recherche et l’innovation. Le moment central du déplacement a été sa réunion avec la ministre émiratie de l’Éducation, Sara Al Amiri, figure clé de la stratégie scientifique et technologique d’Abou Dhabi. Les échanges ont porté sur la structuration de partenariats durables entre systèmes éducatifs, la mobilité académique et la mise en commun de capacités de recherche dans des domaines de pointe.

Le programme de la visite a inclus des déplacements dans plusieurs institutions universitaires considérées comme des vitrines de l’ambition émiratie. La délégation israélienne s’est notamment rendue à Khalifa University, établissement phare en ingénierie et sciences appliquées, ainsi qu’à Mohamed bin Zayed University of Artificial Intelligence, première université au monde entièrement dédiée à l’intelligence artificielle. Ces visites ont permis des discussions approfondies sur des projets de recherche conjoints, l’échange de doctorants et de chercheurs, et l’alignement de programmes académiques sur les besoins futurs des économies fondées sur la connaissance.

Un accent particulier a été mis sur l’intelligence artificielle, identifiée par les deux parties comme un levier stratégique. Les responsables ont évoqué la possibilité d’un projet commun structurant dans ce domaine, combinant l’écosystème israélien de l’innovation et l’investissement massif des Émirats dans les infrastructures de recherche et de calcul avancé. Dans un contexte mondial de compétition technologique accrue, ce rapprochement académique est perçu comme un multiplicateur de puissance scientifique et économique pour les deux pays.

Au-delà de la technologie, les échanges ont également abordé des sujets plus sensibles liés aux contenus éducatifs. Des discussions ont eu lieu concernant les programmes et manuels scolaires dans le système éducatif émirati, notamment la manière dont y sont présentés Israël et la Shoah. Pour Jérusalem, ces questions revêtent une importance stratégique, car elles touchent à la lutte contre la désinformation et à la construction d’une compréhension historique partagée dans la région. Le fait que ces thèmes soient abordés ouvertement lors d’un tel déplacement témoigne d’un niveau de confiance politique inhabituel au Moyen-Orient.

La délégation comprenait plusieurs figures de premier plan du monde académique israélien, dont la directrice générale du Conseil de l’enseignement supérieur et des présidents d’universités. Leur présence souligne que la visite ne se limitait pas à un geste diplomatique symbolique, mais visait à jeter des bases concrètes pour des coopérations institutionnelles à long terme. Les échanges techniques ont porté sur des mécanismes de financement de la recherche, la reconnaissance mutuelle de diplômes et la création de cadres facilitant les projets bilatéraux.

Pour des raisons de sécurité, l’ensemble du déplacement s’est déroulé sous le sceau de la discrétion et n’a été rendu public qu’après le retour de la délégation en Israël. Cette précaution illustre à la fois la sensibilité persistante de ce type de coopération régionale et la détermination des deux gouvernements à la faire progresser malgré les tensions géopolitiques actuelles.

Au plan stratégique, cette visite s’inscrit dans une dynamique plus large d’élargissement des Accords d’Abraham vers des domaines civils structurants. L’éducation et la recherche constituent des piliers de stabilité à long terme, capables de créer des réseaux d’intérêts communs indépendants des cycles politiques. Pour Israël, l’accès aux ressources financières et aux plateformes internationales des Émirats représente une opportunité majeure. Pour Abou Dhabi, le partenariat avec un écosystème académique israélien reconnu mondialement renforce son ambition de devenir un hub scientifique global.

En définitive, le déplacement de Yoav Kisch aux Émirats arabes unis dépasse le cadre d’une visite protocolaire. Il marque une volonté explicite de transformer la normalisation diplomatique en coopération intellectuelle et technologique profonde, avec l’intelligence artificielle comme vecteur central. Dans un Moyen-Orient en recomposition, ce type de partenariat éducatif pourrait s’avérer l’un des acquis les plus durables des Accords d’Abraham.

Après les critiques, le porte-parole de Tsahal rassure la population : « Aucun changement dans les consignes »

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Colonel Zvika Haimovich of the Israeli air defence corps stands in front of an Arrow II battery, a U.S.-backed Israeli missile shield, during an interview with Reuters at his base in Palmachim, south of Tel Aviv May 29, 2013. Israel tracks every heavy missile fired in the Syrian civil war, keen to study Damascus's combat doctrines and deployments and ready to fend off a feared first attack on its turf, Haimovich said on Thursday. To match Interview: SYRIA-CRISIS/ISRAEL-MISSILES Picture taken May 29, 2013. REUTERS/Amir Cohen (ISRAEL - Tags: MILITARY POLITICS CIVIL UNREST)

Après plusieurs jours de tensions régionales et de critiques liées à l’absence de prises de parole officielles, le porte-parole de Tsahal, le général de brigade Efi Defrin, a diffusé vendredi midi une déclaration vidéo adressée directement au public, centrée sur la situation face à l’Iran.

Dans ce message, rare ces dernières semaines, Defrin a tenu à transmettre un signal clair de calme et de continuité, affirmant que « Tsahal est en permanence prête, aussi bien sur le plan défensif qu’offensif », tout en soulignant qu’aucune modification n’a été décidée concernant les consignes du Commandement du Front intérieur.


« Tsahal agit avec responsabilité et sang-froid »

Le porte-parole a expliqué que, face à l’évolution de la situation régionale, le chef d’état-major conduit des évaluations sécuritaires continues avec l’ensemble des instances concernées.
« Notre responsabilité est de gérer la situation de manière réfléchie, professionnelle et responsable. Nous sommes en état de préparation maximale pour un large éventail de scénarios », a-t-il déclaré.

Defrin a également rappelé que les capacités militaires ont été renforcées ces dernières semaines sur l’ensemble des frontières, évoquant notamment les propos récents du chef d’état-major lors d’une visite dans les unités de défense aérienne :
« Chaque citoyen israélien doit savoir que Tsahal est prête, à tout moment, et à grande échelle, tant en défense qu’en attaque. »


Appel à la responsabilité publique : éviter les rumeurs

Reconnaissant le climat d’incertitude et de nervosité qui s’est installé dans le débat public, alimenté par les spéculations médiatiques autour de l’Iran, le porte-parole a lancé un appel explicite à la population :
« C’est naturel et compréhensible, mais je vous demande de vous appuyer uniquement sur les communiqués officiels de Tsahal et les canaux institutionnels. Évitez la diffusion de rumeurs qui accroissent inutilement l’inquiétude. »

Il a insisté à plusieurs reprises sur un point central :
« Il n’y a aucun changement dans les directives du Commandement du Front intérieur. »
Toute évolution éventuelle, a-t-il assuré, sera communiquée de manière ordonnée, claire et immédiate.


Un message destiné à apaiser avant le week-end

La diffusion de cette déclaration, à la veille de l’entrée du shabbat, intervient clairement comme une volonté de rétablir un cadre officiel et rassurant, après des critiques publiques sur le silence de l’armée face aux rumeurs de confrontation imminente avec l’Iran.

« Je serai ici. Nous continuerons d’agir avec responsabilité et discernement, et nous informerons le public uniquement lorsqu’il y aura un besoin réel », a conclu Defrin.

L’ancienne candidate à la conversion au judaïsme accusée d’avoir aidé le Hamas : le parcours troublant de Rania Dandan

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L’affaire a provoqué une onde de choc dans le nord d’Israël. Rania Dandan, 51 ans, résidente de Kiryat Motzkin, issue d’une famille arabe chrétienne, est aujourd’hui inculpée pour assistance à une organisation terroriste, après avoir, selon l’acte d’accusation, pris part à des activités de propagande et de soutien opérationnel au profit du Hamas. L’enquête, menée conjointement par la police israélienne et le Shin Bet, met en lumière un dossier à la fois sécuritaire et humain, mêlant radicalisation numérique, guerre psychologique et un passé personnel pour le moins paradoxal.

Selon le parquet du district de Haïfa, Rania Dandan aurait agi sciemment au service de réseaux affiliés au Hamas à l’étranger, dans le cadre d’une intensification des activités de « l’axe 48 » – une structure opérant principalement dans la guerre cognitive et psychologique contre la société israélienne. Les enquêteurs affirment qu’elle a participé à la diffusion de fausses informations destinées à semer la peur, en collaborant avec des profils fictifs sur les réseaux sociaux et des groupes Telegram liés à l’organisation terroriste.

L’acte d’accusation détaille une activité soutenue : édition, correction et traduction de contenus voués à être publiés sous de fausses identités israéliennes, conseils pour rendre ces profils crédibles, et envoi de messages rédigés pour des campagnes de désinformation coordonnées. Plus grave encore, Dandan aurait proposé de photographier des codes QR et des identifiants de dispositifs numériques situés dans des lieux publics – administrations, banques, caisses de santé et stations de transports – afin de permettre à des activistes du Hamas de pirater des écrans d’information et d’y diffuser des messages de propagande pro-Hamas.

Ce qui rend l’affaire particulièrement déroutante, c’est le parcours personnel antérieur de l’accusée. Pendant des années, Rania Dandan a publiquement affirmé vouloir se convertir au judaïsme. Dans des entretiens accordés par le passé à des médias israéliens, elle racontait son admiration pour la vie religieuse juive et son émotion profonde à l’étude de la Méguilat Ruth, symbole biblique de la conversion et de l’intégration au peuple juif. Elle décrivait ses démarches répétées auprès des tribunaux rabbiniques, ses tentatives pour intégrer une communauté religieuse, et la frustration – voire l’humiliation – ressentie face aux refus essuyés.

Installée tour à tour à Acre puis à Kiryat Motzkin, elle expliquait avoir tout entrepris pour mener une vie conforme aux exigences de la conversion, sans jamais parvenir à finaliser le processus. « J’ai pleuré en étudiant l’histoire de Ruth. J’ai ressenti chacune de ses épreuves », disait-elle alors, convaincue que son destin était de rejoindre le peuple juif. Or, selon les autorités, ce même passé n’a pas empêché un basculement idéologique radical, sur fond de guerre et de polarisation extrême depuis le 7 octobre.

Dans son voisinage, la stupeur domine. Des habitants décrivent une femme discrète, au parcours de vie complexe, et peinent à concilier l’image qu’ils avaient d’elle avec les accusations lourdes qui pèsent désormais. « Je n’arrive pas à croire qu’elle soit impliquée dans une affaire aussi grave », confie une voisine. « Qu’est-ce qui a pu provoquer un tel retournement ? L’idéologie ? L’argent ? La colère ? »

Pour les services de sécurité, l’affaire illustre un phénomène préoccupant : l’exploitation des fragilités personnelles par des réseaux terroristes, qui recrutent à distance des individus capables d’opérer dans l’espace informationnel israélien. Le parquet a retenu contre Rania Dandan les chefs d’accusation de contact avec un agent étranger et de tentative de fournir des services et des moyens à une organisation terroriste, des infractions passibles de lourdes peines de prison.

Au-delà du cas individuel, ce dossier met en lumière l’ampleur de la guerre de l’information menée contre Israël, et la nécessité, selon les autorités, d’une vigilance accrue face aux opérations de propagande, même lorsqu’elles proviennent de profils inattendus. L’enquête se poursuit, tandis que la justice devra désormais trancher sur la responsabilité pénale d’une femme dont le parcours personnel contraste de manière saisissante avec les faits qui lui sont reprochés.

Diplomates israéliens privés d’électricité à Kyiv par –18 °C : « l’hiver le plus dur depuis le début de la guerre »

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Les frappes russes massives contre les infrastructures civiles de Kyiv ont provoqué ces derniers jours une dégradation dramatique de la situation humanitaire dans la capitale ukrainienne. Des centaines de milliers de foyers sont aujourd’hui privés d’électricité, de chauffage et parfois d’eau courante, alors que les températures plongent jusqu’à –18 degrés. Dans ce contexte extrême, les diplomates israéliens et leurs équipes locales continuent pourtant d’assurer leurs fonctions, à l’ambassade comme à leur domicile, dans des conditions qualifiées d’« intenables ».

Selon des témoignages recueillis sur place, la majorité des envoyés israéliens vivent dans des appartements où l’alimentation électrique est irrégulière, voire inexistante pendant de longues périodes. L’absence de chauffage contraint certains à porter des manteaux à l’intérieur, jour et nuit. Il y a quelques jours, la consule Kati Nachshon est restée bloquée près de trois heures dans l’ascenseur glacé de son immeuble à la suite d’une panne de courant, illustrant la brutalité du quotidien imposé par les coupures.

« Kyiv pourrait devenir une ville fantôme »

L’ambassadeur d’Israël en Ukraine, Mikhaïl Brodsky, dresse un tableau sans précédent depuis le début de la guerre :
« Cet hiver est le plus difficile que Kyiv ait connu depuis le début du conflit. Les infrastructures détruites et le froid extrême pourraient transformer la ville en ville fantôme. Malgré tout, nous tenons bon et faisons le maximum pour remplir notre mission et apporter de l’aide aux Israéliens et aux Juifs présents en Ukraine. »

Malgré les bombardements et la crise énergétique, l’ambassade d’Israël continue de fonctionner et accueille le public, appuyée par un personnel local confronté aux mêmes pénuries. Les autorités ukrainiennes ont envisagé un report de la rentrée scolaire, mais, paradoxalement, de nombreux parents préfèrent envoyer leurs enfants à l’école, où le chauffage fonctionne encore, plutôt que de les laisser dans des appartements glacés.

Réseaux sous pression, transports perturbés

La municipalité de Kyiv a annoncé le passage des services d’urgence en régime maximal. Des équipes déploient des stations de chauffage mobiles afin d’alimenter des infrastructures vitales — hôpitaux, maternités, centres communautaires — tandis que les compagnies d’énergie tentent de rétablir progressivement l’électricité et le chauffage dans les quartiers résidentiels. Les transports publics sont, eux aussi, fortement perturbés par la surcharge du réseau et les conditions météorologiques extrêmes.

Le maire de Kyiv a qualifié la récente attaque combinée de l’une des plus destructrices depuis le début de la guerre, visant directement des installations critiques de la capitale. Il a recommandé à ceux qui le peuvent de quitter temporairement la ville pour des zones disposant d’électricité et de chauffage.

Bilan humain et inquiétudes

Selon des sources ukrainiennes, la dernière vague de frappes aurait inclus un missile balistique hypersonique, au sein d’une offensive combinant des centaines de drones et des dizaines de missiles contre des cibles à travers le pays. À Kyiv, au moins quatre personnes ont été tuées. Les services sociaux alertent sur un risque vital immédiat pour des dizaines de milliers de personnes, notamment les personnes âgées, les enfants et les habitants dépourvus de générateurs.

Mobilisation de la communauté juive

Face à l’urgence, les synagogues et établissements éducatifs juifs ont reçu du carburant pour leurs générateurs et du matériel de secours, fournis par le réseau Chabad Ukraine (JRNU), engagé dans une opération d’urgence à Kyiv et dans d’autres villes. Des familles juives sans chauffage ont été invitées à se relocaliser temporairement vers le village éducatif Or Avner, à Jytomyr, où les systèmes de chauffage fonctionnent.

« Des habitants vivent une situation intenable, dans le froid et l’obscurité nuit après nuit. Cette aide sauve des vies », témoigne un rabbin de Kyiv. Le rabbin Simcha Levenhartz, émissaire de Chabad dans la capitale, résume :
« Les communautés juives sont devenues des points de chaleur et de lumière. Les gens viennent se réchauffer, manger, recharger leurs téléphones et reprendre un peu de force. »

« Vous êtes l’avenir du pays, je vous aime » : l’appel inattendu de Naftali Bennett au public haredi

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L’ancien Premier ministre israélien Naftali Bennett a créé la surprise en publiant, mercredi soir, une lettre ouverte adressée aux hommes et femmes du public haredi. Dans ce message diffusé sur son compte X, Bennett adopte un ton inhabituellement direct et chaleureux à l’égard de la communauté ultra-orthodoxe, tout en lançant une attaque frontale contre ses représentants politiques, qu’il accuse de maintenir le secteur dans une dépendance sociale et économique dangereuse pour l’avenir du pays.

D’emblée, Bennett choisit une approche personnelle :
« Je vous respecte et je vous aime, et c’est précisément pour cela qu’il est important pour moi de vous parler directement. »
Il rejette l’argument selon lequel son combat contre la loi actuelle sur l’exemption du service militaire serait dirigé contre les haredim eux-mêmes. « La vérité est exactement l’inverse », écrit-il. « Ce combat n’est pas contre vous, il est pour vous. »

« Vous êtes l’avenir de l’État d’Israël »

L’ancien chef du gouvernement affirme que le poids démographique du public haredi est un fait objectif, et non un slogan idéologique. Selon lui, « dans deux générations, les haredim représenteront près de la moitié de la population juive en Israël ». Cette réalité, explique-t-il, impose une responsabilité partagée : assurer l’avenir économique, sécuritaire et social du pays ne pourra se faire sans l’intégration pleine et volontaire de cette population.

Bennett insiste sur un point qu’il juge fondamental :
« Votre foi n’est pas un problème, à Dieu ne plaise. En tant que Juif croyant, qui aime la Torah et ceux qui l’étudient, j’ai un profond respect pour votre mode de vie. Je ne cherche pas à changer vos croyances ni votre vision du monde. »

Une attaque frontale contre les dirigeants politiques haredim

C’est dans la suite du texte que le ton se durcit. Bennett accuse une « petite clique d’apparatchiks » d’exploiter politiquement et économiquement la communauté haredi. Selon lui, ces responsables empêchent volontairement les jeunes d’acquérir des compétences de base — comme l’anglais ou des outils professionnels —, les dissuadent de servir dans l’armée et bloquent toute initiative individuelle visant à une insertion digne sur le marché du travail.

« Même lorsqu’un jeune ou une jeune femme souhaite avancer de son plein gré, ces apparatchiks menacent, exercent des pressions, pratiquent l’ostracisme et dressent des murs autour de ceux qui osent sortir de la prison qu’ils ont construite », écrit Bennett.

Il va plus loin encore en dénonçant ce qu’il décrit comme une hypocrisie sociale :
« Alors que la majorité du public haredi ploie sous le coût de la vie, ces dirigeants qui prélèvent leur “commission” sont des multimillionnaires, partant en croisière sur le Danube, avec des violonistes jouant en leur honneur. »

Service militaire, économie et survie nationale

Pour Bennett, la question dépasse largement le débat sur le service militaire. Il avertit que si la population haredi continue de croître sans accès réel au travail et à l’autonomie économique, l’économie israélienne s’effondrera. De même, sans une participation plus large à l’effort de défense, « il n’y aura plus personne pour protéger le pays face à des ennemis déterminés à nous tuer tous — religieux, laïcs et haredim — simplement parce que nous sommes juifs ».

« Ce serait la fin de l’État d’Israël, tout simplement », tranche-t-il.

Le « projet des serviteurs » et la vision de Bennett

Bennett présente ce qu’il appelle la « loi des serviteurs » comme un tournant historique. Selon lui, cette réforme vise à affaiblir le pouvoir des apparatchiks, tout en renforçant les haredim eux-mêmes. Elle offrirait des incitations concrètes à ceux qui choisissent de travailler, d’étudier des professions ou de servir dans l’armée, et accorderait des avantages substantiels aux soldats haredim qu’il qualifie de « Hachmonéens de notre génération ».

Il décrit une vision inspirée de modèles existants, notamment celui des communautés haredies actives économiquement à Brooklyn :
« Quand ces dirigeants perdront leur emprise, quelque chose de merveilleux se produira. Les immenses talents que vous possédez s’exprimeront à la fois dans l’étude de la Torah et dans la technologie, l’entrepreneuriat, la médecine et l’innovation — tout cela sans renoncer à un mode de vie haredi. »

« Je vous aime et je crois en vous »

En conclusion, Bennett affirme que cette transformation permettrait au public haredi d’acquérir une puissance économique considérable, capable de soutenir encore davantage le monde de l’étude de la Torah. Israël deviendrait, selon lui, un pays plus fort, plus riche et plus stable, assurant la pérennité de la présence juive sur sa terre.

« C’est ma vision. Elle peut sembler lointaine, mais elle est réaliste. C’est la seule voie pour survivre ici. Et elle dépend avant tout de vous — des pionniers courageux parmi vous qui choisiront de participer à la réparation de l’État. Je vous aime et je crois en vous. »

Un accord secret entre Israël et l’Iran révélé : des messages échangés via la Russie avant l’éclatement des manifestations

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Un rapport publié par le Washington Post révèle un épisode diplomatique discret mais hautement sensible : quelques jours seulement avant le déclenchement des vastes manifestations en Iran, Israël et l’Iran auraient échangé des messages indirects par l’intermédiaire de la Russie, s’engageant mutuellement à ne pas lancer d’attaque préventive l’un contre l’autre.

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Selon le quotidien américain, les discussions auraient été initiées par Israël, qui aurait fait savoir à Téhéran qu’il n’envisageait aucune frappe tant qu’il ne serait pas lui-même attaqué. Un haut responsable régional, cité anonymement par le journal, a résumé la position iranienne en ces termes : « Pour l’Iran, c’était une bonne affaire ».

Le rapport précise que ces échanges ont eu lieu avant l’explosion des protestations internes en Iran et ne permet pas de déterminer si cet engagement tacite est toujours en vigueur aujourd’hui. Depuis, la situation régionale s’est nettement détériorée. Ces dernières heures, une escalade significative des tensions est observée entre l’Iran, les États-Unis et Israël, sur fond de spéculations croissantes concernant une éventuelle frappe américaine imminente.

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Dans ce contexte, des mesures de précaution renforcées ont été prises sur plusieurs théâtres — aérien, maritime et terrestre — traduisant un niveau d’alerte élevé dans l’ensemble de la région.

Une analyste de premier plan, interrogée par le Washington Post, souligne la complexité de la position israélienne. Ancienne responsable de la recherche au Mossad et aujourd’hui chercheuse senior à l’Institut pour les études de sécurité nationale (INSS) à Tel-Aviv, elle explique :
« Israël laisse les États-Unis mener la danse, mais il est évident qu’un changement de régime en Iran transformerait profondément le Moyen-Orient — y compris la situation du Hezbollah. En parallèle, Israël sait qu’il pourrait devenir une cible d’une riposte iranienne, et a donc déjà pris de nombreuses mesures pour renforcer sa protection et son niveau de préparation. »

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Cette révélation met en lumière l’existence de canaux de communication indirects entre deux ennemis jurés, même au cœur de périodes de très forte tension. Elle souligne également à quel point la crise iranienne actuelle s’inscrit dans un jeu stratégique régional beaucoup plus large, où calculs militaires, pressions internes et équilibres internationaux s’entrecroisent étroitement.

Trump sur le fils exilé du shah : « Il a l’air sympathique, mais je ne sais pas comment il serait accueilli dans son pays »

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Le président des États-Unis, Donald Trump, s’est exprimé dans la nuit de mercredi à jeudi lors d’un entretien accordé à l’agence Reuters, évoquant la vague de manifestations en Iran et l’hypothèse d’un changement de régime à Téhéran.

Interrogé sur le rôle potentiel de Reza Pahlavi, fils exilé du dernier shah d’Iran, Trump a livré une appréciation prudente :
« Il a l’air d’être quelqu’un de bien, mais je ne sais pas comment il serait accepté dans son pays. »

Sans soutenir explicitement une alternative politique précise, le président américain n’a pas exclu la possibilité d’un effondrement du régime iranien sous la pression de la rue. « Tout régime peut tomber », a-t-il déclaré, ajoutant : « Cela va être une période intéressante. »

Les propos de Trump s’inscrivent dans un contexte de tensions croissantes en Iran, marqué par des protestations persistantes contre le pouvoir en place et une attention internationale accrue sur l’évolution de la situation intérieure du pays.

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Au cours du même entretien, le président américain a également abordé d’autres dossiers internationaux, notamment la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Il a critiqué le président ukrainien Volodymyr Zelensky, estimant que son attitude constituait, selon lui, un obstacle à la conclusion d’un accord mettant fin au conflit.

Cette interview illustre la ligne adoptée par Donald Trump : prudence publique sur l’avenir politique de l’Iran, ouverture assumée à l’hypothèse d’un bouleversement du régime, et volonté de replacer les crises internationales majeures dans une lecture globale des rapports de force mondiaux.

Juste avant une frappe de Trump : « le joker de l’Iran qui bloque tout »

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À la suite des déclarations du président des États-Unis Donald Trump sur une possible action contre l’Iran, la planification opérationnelle se concentre désormais au Pentagone. Les responsables militaires américains sont chargés d’élaborer les scénarios d’action, mais un point central demeure non tranché : quel objectif stratégique Washington cherche-t-il réellement à atteindre face à Téhéran ?

À ce stade, aucune indication claire ne permet de déterminer si l’administration américaine vise un changement de régime en Iran ou, plus modestement, un affaiblissement ciblé du pouvoir iranien afin de le contraindre à revenir à la table des négociations. L’option privilégiée pourrait consister à imposer de nouvelles limites au programme nucléaire iranien et au développement de capacités balistiques, sans aller jusqu’à une opération destinée à renverser le régime.

Selon les analystes sécuritaires, c’est précisément là que réside ce que certains décrivent comme le « joker » de l’Iran : sa capacité à compliquer toute décision américaine en rendant les conséquences d’une frappe imprévisibles. Téhéran dispose de leviers multiples — militaires, régionaux et politiques — qui pèsent sur les calculs de Washington. Cette réalité oblige les planificateurs américains à mesurer non seulement l’efficacité immédiate d’une action militaire, mais aussi ses répercussions à moyen et long terme dans l’ensemble du Moyen-Orient.

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Les discussions internes portent notamment sur l’usage éventuel de moyens aériens lourds, symbolisés par des appareils stratégiques comme le B-52 Stratofortress, capables de frapper à longue distance. Toutefois, même avec de tels moyens, la question demeure : une démonstration de force suffirait-elle à modifier le comportement iranien, ou risquerait-elle au contraire d’enclencher une escalade régionale difficile à contenir ?

Dans ce contexte, l’incertitude stratégique reste totale. Tant que l’objectif politique final n’est pas clairement défini — affaiblissement du régime ou transformation en profondeur de l’équilibre du pouvoir à Téhéran —, toute option militaire demeure suspendue à ce « joker » iranien qui, pour l’instant, continue de bloquer les décisions les plus radicales.