Dans un entretien diffusé dans la nuit de mercredi sur la chaîne américaine Fox News, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a exposé sa vision pour l’avenir de la bande de Gaza, conditionnée selon lui à un impératif absolu : le désarmement total du Hamas.
Interrogé sur la possibilité de voir émerger, à l’horizon 2026, une autorité à Gaza avec laquelle Israël pourrait coexister, Netanyahou a répondu sans détour. Un nouveau pouvoir n’est envisageable, a-t-il affirmé, que si le Hamas est privé de toute capacité militaire. « Si le Hamas reste armé, il tirera dans le dos de tout gouvernement alternatif », a-t-il déclaré, ajoutant qu’un autre avenir pour Gaza est possible uniquement dans un contexte de démilitarisation complète. Selon lui, cette réalité est comprise par tous, y compris par la population de Gaza elle-même, qu’il affirme majoritairement favorable à la disparition de la domination armée du Hamas.
Le chef du gouvernement israélien a également été interrogé sur la transition vers une éventuelle « phase B » d’un accord concernant Gaza. Il a rappelé que le Hamas s’était engagé à déposer les armes, engagement qui, selon lui, reste largement théorique. Il a évoqué environ 20 000 combattants armés de fusils d’assaut, un arsenal total estimé à près de 60 000 armes, ainsi qu’un réseau de centaines de kilomètres de tunnels terroristes. « Il faut confisquer toutes les armes et démanteler l’infrastructure souterraine », a insisté Netanyahou, soulignant que le Hamas exécute ceux qui s’opposent à son autorité.
Tout en reconnaissant que le Hamas refuse pour l’instant toute réelle démilitarisation, Netanyahou a déclaré qu’il fallait « donner une chance » aux tentatives internationales. Il a mentionné des efforts en cours pour constituer une force internationale capable d’assurer la stabilité à Gaza, admettant que ces initiatives n’ont, jusqu’à présent, pas abouti. « Si cela peut se faire par la voie la plus simple, tant mieux. Sinon, cela se fera autrement », a-t-il averti.
Au cours de l’entretien, Netanyahou a longuement évoqué sa coopération avec le président américain Donald Trump. Il a affirmé n’avoir eu aucun besoin de convaincre Trump concernant le Hamas. « Nous étions parfaitement alignés. Il a immédiatement dit qu’il fallait désarmer le Hamas », a-t-il expliqué, ajoutant n’avoir entendu aucune critique de la part du président américain concernant les opérations israéliennes menées pendant le cessez-le-feu.
Sur le dossier iranien, Netanyahou a soutenu les déclarations de Trump selon lesquelles le site nucléaire de Fordo aurait été totalement détruit. Il a accusé l’Iran de tenter de reconstruire ses capacités de missiles balistiques, malgré les avertissements américains. Pour lui, la question centrale reste inchangée : l’Iran doit accepter de ne pas disposer de capacité d’enrichissement d’uranium et de transférer hors de son territoire tout matériau déjà enrichi.
Le Premier ministre a également répondu aux accusations d’exactions commises par des résidents juifs en Judée-Samarie. Il a relativisé ces incidents, évoquant « environ 70 jeunes issus de foyers détruits », tout en condamnant clairement les violences, les dégradations de biens et les attaques contre des Palestiniens. « Je ne l’accepte pas », a-t-il déclaré, rejetant toute tentative de comparaison entre ces actes et le terrorisme organisé. « Il n’y a aucune symétrie », a-t-il insisté, tout en affirmant œuvrer activement pour maintenir une coexistence entre Israéliens et Palestiniens vivant dans la région.
Dans un entretien distinct accordé à Newsmax, Netanyahou a de nouveau salué Donald Trump, le qualifiant de « l’homme qui a rendu sa grandeur à l’Amérique ». Il s’est dit convaincu que l’histoire jugera favorablement son action, malgré les campagnes de dénigrement et l’opposition politique auxquelles il fait face.
Le Premier ministre a aussi évoqué le sort de l’otage israélien Raan Guaïli, promettant que l’État d’Israël le ramènera chez lui « d’une manière ou d’une autre ». Il a souligné que Trump avait rencontré la famille de l’otage et s’était montré profondément ému, le qualifiant de « plus grand ami qu’Israël ait jamais eu à la Maison-Blanche ».
Selon Netanyahou, la coordination étroite avec l’administration Trump a été déterminante pour obtenir la libération de presque tous les otages. « Ensemble, nous avons réussi à faire revenir les vingt derniers otages vivants. Personne n’y croyait, mais le président Trump et moi, nous y avons cru », a-t-il affirmé.
Enfin, Netanyahou a justifié l’attribution d’une distinction israélienne à Trump comme un signe de « profonde reconnaissance » pour son rôle dans le renforcement de la sécurité d’Israël, la transformation du Moyen-Orient et la promotion de la paix mondiale. Il a également abordé la reconnaissance par Israël du Somaliland, qu’il a présentée comme un soutien à une entité musulmane « modérée et démocratique » souhaitant rejoindre les Accords d’Abraham. « Pourquoi ne pas soutenir un État musulman démocratique qui veut la paix ? », a-t-il conclu.






