Le fait que des rabbins aient donné leur aval ne signifie pas qu’il ne s’agit pas d’une escroquerie : attention, voici comment investir intelligemment

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Lors d’un entretien approfondi diffusé dans l’émission Davar Rishon, animée par Moshé Mans, le planificateur financier agréé Daniel Shvaks a lancé un avertissement clair au public israélien, et plus particulièrement au public haredi, face à la multiplication d’investissements séduisants mais potentiellement dangereux. Auteur du livre à succès Pas seulement pour les millionnaires et titulaire d’une licence officielle de l’Autorité des marchés financiers, Shvaks a mis en garde contre des promesses qui mêlent habilement vérités partielles et illusions, au risque de piéger des investisseurs peu avertis.

Au fil de la discussion, il a évoqué des exemples concrets devenus familiers ces dernières années : des projets de mines d’or en Éthiopie, des campagnes de financement participatif pour des produits présentés comme révolutionnaires – tels que des tire-laits innovants – ou encore des terrains soi-disant « dégelés » et prêts à la construction. Selon lui, ces offres reposent souvent sur des récits convaincants, mais dissimulent dans leurs petites lignes des risques majeurs. « Quand quelqu’un vous promet des gains élevés en très peu de temps, sans aucun risque, c’est presque toujours une escroquerie », a-t-il affirmé sans détour.

L’entretien a débuté par la description d’un scénario typique : un avrekh disposant de 100 000 shekels, désireux d’améliorer sa situation financière, tombe sur une annonce vantant des mines d’or à l’étranger ou une start-up prometteuse. Tout semble crédible : des photos, des témoignages, parfois même des articles de presse. Pourtant, comme l’explique Shvaks, la question essentielle est rarement posée : qui exploite réellement ces ressources, quels sont les coûts de production, et surtout, existe-t-il une viabilité économique à long terme ?

Il a également insisté sur une confusion fréquente autour des prospectus d’investissement. Beaucoup de particuliers croient qu’un prospectus constitue une validation officielle de la solidité du projet. En réalité, il s’agit surtout d’un document informatif, listant les données financières et juridiques, mais sans évaluer la pertinence ou la rentabilité de l’investissement. « Le prospectus vous dit en substance : à vous de décider », a-t-il résumé, en soulignant que nombre d’entreprises échouent non pas faute d’idées, mais parce qu’elles ne parviennent pas à commercialiser efficacement leurs produits.

Shvaks a ensuite détaillé plusieurs « signaux d’alerte » qui devraient immédiatement éveiller la méfiance. Parmi eux figurent les promesses de rendements spectaculaires en peu de temps, les offres limitées dans le temps destinées à créer une pression artificielle, et le fait de solliciter directement le grand public plutôt que des investisseurs institutionnels expérimentés. « Si le projet est réellement exceptionnel, pourquoi les professionnels n’y investissent-ils pas ? », interroge-t-il. Un autre danger majeur réside dans la dilution des actions, souvent mentionnée discrètement dans les contrats : l’investisseur se retrouve avec une part qui perd de la valeur à mesure que de nouveaux capitaux sont levés.

Un point particulièrement sensible concerne la confiance accordée à des labels ou à des « certifications rabbiniques ». Shvaks a été catégorique : l’aval rabbinique porte sur la conformité halakhique, par exemple à travers un heter iska, mais ne constitue en aucun cas une garantie économique. « Les rabbins ne vérifient pas la rentabilité financière, et ils ne rembourseront pas les pertes », a-t-il rappelé. Selon lui, cette confusion est particulièrement répandue dans le secteur haredi, où la confiance communautaire et la visibilité dans certains médias donnent un sentiment de sécurité trompeur.

Alors, comment investir de manière responsable ? Shvaks recommande d’allouer 80 à 90 % de son capital à des investissements structurés et relativement sûrs, comme les marchés financiers à long terme, avec une diversification géographique entre Israël et l’étranger. Il met toutefois en garde contre une dépendance exclusive à des indices comme le S&P 500, rappelant que les fluctuations monétaires peuvent réduire significativement les rendements à court terme. Les investissements spéculatifs, s’ils existent, devraient se limiter à une fraction minime du patrimoine et passer par des cadres réglementés.

Enfin, il conseille à toute personne hésitant face à une opportunité précise – qu’il s’agisse d’un terrain ou d’un projet entrepreneurial – de consulter un conseiller agréé, dont la licence peut être vérifiée publiquement. « Dépenser quelques milliers de shekels en conseil peut éviter des pertes de plusieurs centaines de milliers », a-t-il conclu, soulignant que patience et prudence restent les piliers d’une réussite financière durable.

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