Alors que l’attention du public se concentre sur la possibilité d’une frappe contre l’Iran, le commentateur militaire Yossi Yehoshua livre une lecture bien plus rassurante et structurée de la situation. Invité de l’émission centrale de la radio Kol Haï, animée par Avi Blum, il décrit un niveau de coopération exceptionnel entre Israël et les États-Unis et affirme que Jérusalem se trouve aujourd’hui dans l’une des meilleures postures stratégiques de son histoire récente.
Yehoshua met d’abord en garde contre l’obsession du calendrier. Selon lui, attendre une date ou spéculer sur le moment exact d’une attaque est une erreur fondamentale. « Ce n’est pas une opération israélienne classique », explique-t-il, rappelant que le centre de gravité est désormais américain. Il insiste sur la puissance et la profondeur de l’engagement de Washington, soulignant qu’il s’agit de la première puissance militaire mondiale, dotée de capacités incomparables, et que la situation actuelle est bien plus favorable qu’à toute autre période récente.
L’un des éléments les plus marquants de son intervention concerne la qualité du renseignement israélien sur l’Iran. Selon Yehoshua, les responsables américains ont été littéralement stupéfaits par les informations fournies par Israël, tant sur le plan du renseignement humain que sur celui des capacités opérationnelles. Il révèle qu’un haut responsable américain du commandement central, le CENTCOM, a effectué une visite rare et intensive en Israël, multipliant les réunions prolongées avec l’état-major de Tsahal et le chef du renseignement militaire. « Ils ont été impressionnés par nos méthodes, par l’activité de l’armée de l’air et par la profondeur de notre connaissance du terrain iranien », affirme-t-il, ajoutant que le flux d’informations devient encore plus efficace lorsque le régime iranien est fragilisé de l’intérieur.
Sur le plan diplomatique, Yehoshua exprime une inquiétude claire concernant l’éventualité d’un accord nucléaire partiel que pousserait le président Donald Trump. Il avertit qu’un tel accord serait dangereux s’il ne traite pas simultanément trois piliers essentiels : le programme nucléaire, les missiles balistiques et les réseaux terroristes régionaux de l’Iran, notamment le Hezbollah et les Houthis. « Un accord qui n’intègre pas ces trois dimensions ne doit pas être vendu comme un succès », tranche-t-il. Selon lui, l’objectif stratégique d’Israël n’est pas nécessairement un effondrement immédiat du régime iranien, mais un affaiblissement profond et durable de l’axe du mal, susceptible d’accélérer des dynamiques internes déjà à l’œuvre.
Le commentateur s’attarde également sur les capacités défensives d’Israël, qu’il décrit comme sans équivalent dans le monde. Il évoque notamment l’accord de production de missiles Arrow en Allemagne, qu’il qualifie de véritable « multiplicateur de force », car il garantit des lignes de production supplémentaires et une autonomie accrue en cas de conflit prolongé. Il rejette fermement les rumeurs de pénurie d’intercepteurs, assurant qu’une amélioration significative a été réalisée tant dans les stocks que dans la gestion de l’armement. À l’appui de ses propos, il cite un chiffre saisissant : un taux d’interception de 86 %, un niveau qu’aucune autre armée au monde n’atteint actuellement. À cela s’ajoute l’entrée progressive en service des systèmes laser, appelés à fournir une réponse efficace et bien moins coûteuse face aux menaces de courte portée.
Concernant les proxys iraniens, Yehoshua estime que le Hezbollah a été sévèrement affaibli, avec une perte pouvant atteindre 80 % de ses capacités, même s’il conserve encore un potentiel de nuisance. Là aussi, il se veut rassurant : Israël, affirme-t-il, a préparé des plans détaillés et structurés pour faire face à toute escalade au nord. « Il n’y a pas lieu de céder à l’angoisse », insiste-t-il, appelant la population à réduire son niveau d’anxiété et à prendre conscience de la solidité de la position israélienne actuelle.
Au terme de l’entretien, le message est clair : malgré les tensions, Israël n’est pas dans une posture de faiblesse, bien au contraire. « Nous sommes dans un état stratégique bien meilleur, certainement meilleur qu’au 7 octobre », conclut Yehoshua. Un constat partagé par le présentateur, qui reconnaît qu’il est rare de sortir d’une analyse sécuritaire aussi lourde avec un sentiment de calme et de confiance.






