L’armée prouve encore qu’elle n’est pas adaptée aux haredim

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La polémique déclenchée ces dernières heures autour d’un détenu haredi auquel il n’aurait pas été permis de mettre les téfilines a ravivé, d’un coup, un vieux débat israélien : l’institution militaire peut-elle réellement s’adapter au mode de vie des ultra-orthodoxes, ou s’agit-il d’un ajustement de façade qui se fissure dès qu’un incident concret survient ? Dans une tribune publiée ce mardi matin, l’avocat Natan Rosenblat affirme que l’affaire constitue une preuve supplémentaire de ce que, selon lui, les dirigeants rabbiniques répètent depuis des décennies : l’armée, par nature, reste un cadre essentiellement laïque et donc incompatible avec la vie religieuse haredie.

L’auteur explique qu’il n’avait pas souhaité réagir immédiatement, tant l’information lui semblait difficile à croire au regard des efforts déployés par l’armée pour convaincre l’opinion qu’un jeune haredi peut y entrer et en ressortir en restant haredi. Mais, écrit-il, le scandale a pris une dimension nouvelle lorsque le porte-parole de l’armée a confirmé l’incident. Sur le plan factuel, plusieurs médias ont rapporté que l’armée avait reconnu qu’un détenu n’avait pas pu mettre les téfilines en détention, l’explication officielle évoquant un dysfonctionnement procédural et précisant que cela allait à l’encontre des règles internes, avec un rappel des procédures afin d’éviter une répétition.

C’est dans ce contexte que Rosenblat replace l’épisode dans une séquence plus large. Il rappelle qu’il y a environ deux semaines a été publiée une nouvelle directive d’état-major (référencée 31.0902) destinée à encadrer le service des haredim et à fixer des principes d’intégration tout en préservant leur dignité, leur mode de vie et leur foi. La logique affichée : donner des outils aux commandants pour permettre un service « correct » sans heurter les exigences religieuses. Cette publication a, selon lui, suscité un enthousiasme chez certains acteurs en marge du public haredi, convaincus que l’armée avait enfin trouvé la « méthode » pour faire basculer des étudiants de yeshiva vers des unités combattantes.

Mais la tribune soutient que l’emballement n’a pas résisté à la réalité. Rosenblat affirme que, très vite, des témoignages ont commencé à circuler, laissant entendre qu’il n’existerait pas, au niveau de l’état-major, de plan sérieux et cohérent pour rendre l’armée véritablement compatible avec les haredim. Il décrit ces efforts comme une opération d’image visant à attirer des jeunes et des avrekhim vers un cadre qui, au final, mettrait en danger leur identité religieuse. Il évoque même, dans un ton polémique, l’idée d’une « illusion » conçue pour arracher des hommes à leur yiddishkeit.

L’auteur insiste ensuite sur ce qu’il présente comme une contradiction structurante : d’un côté, une directive qui promet des ajustements, de l’autre, des règles et priorités internes qui rendraient ces ajustements impossibles à maintenir. Dans son texte, il mentionne un écho médiatique selon lequel une instruction opposée aurait été mise en avant, faisant primer le principe d’intégration des femmes dans tous les espaces de l’armée sur la volonté d’aménager des cadres compatibles avec les exigences haredies. Pour Rosenblat, ce point est décisif : si le cadre ne peut pas garantir l’absence de mixité dans les espaces où des haredim sont censés servir, alors tout le reste devient théorique, car « celui qui craint Dieu » évitera ces lieux.

C’est là que l’affaire des téfilines devient, dans sa démonstration, un symbole. Rosenblat écrit qu’il ne croit pas que les policiers de la police militaire soient, par essence, animés d’une cruauté volontaire au point d’empêcher un détenu de mettre les téfilines. Il dit connaître l’institution depuis longtemps et affirme n’y avoir généralement pas observé un tel degré de dureté. À ses yeux, le problème serait plutôt un manque de compréhension profond : une incapacité culturelle à saisir ce que représente, concrètement, la hiérarchie des valeurs d’un haredi et l’importance de certains gestes religieux. Autrement dit, l’incident ne prouverait pas une méchanceté individuelle, mais une inadéquation institutionnelle.

La tribune se conclut sur une idée centrale : si, au sommet, on publie des textes promettant une adaptation, mais que sur le terrain un incident aussi élémentaire survient — puis est confirmé officiellement — alors, selon l’auteur, la thèse des rabbins opposés à l’intégration s’en trouve renforcée. Il y voit une validation rétrospective des avertissements anciens selon lesquels on ne peut pas « confier » l’âme religieuse de jeunes hommes à des commandants qui, même de bonne foi, ne comprennent pas suffisamment leur univers et leurs impératifs. Pour Rosenblat, l’épisode referme définitivement, au moins dans l’opinion haredie, l’argument selon lequel une directive suffirait à transformer l’institution.

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