Harcèlement incessant des lignes de dons liées aux tombes de tsadikim : existe-t-il une solution juridique aux « appels fantômes » ?

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Harcèlement incessant des lignes de dons liées aux tombes de tsadikim : existe-t-il une solution juridique aux « appels fantômes » ? Le phénomène des « tsintoukim » – ces appels très courts destinés à inciter le destinataire à rappeler ou à prêter attention à une collecte – prend une ampleur préoccupante, notamment au sein du public orthodoxe. Derrière ce qui pourrait sembler être une simple nuisance téléphonique se cache, pour de nombreux foyers, une véritable perturbation du quotidien.

Lors d’une émission radiophonique en Israël, une auditrice, identifiée sous le prénom de Vered, a décrit une situation devenue insupportable. Selon son témoignage, elle reçoit quatre, cinq, parfois six appels par jour provenant de lignes de dons diverses. « Des appels fantômes en permanence, des collectes, des promesses de délivrance, des bénédictions, toutes sortes de choses », a-t-elle expliqué. Elle précise qu’elle a cessé de compter tant la fréquence est élevée.

Le problème ne se limite pas à une simple irritation. Il affecte directement la routine professionnelle et familiale. Son mari, qui consacre chaque jour deux heures à l’étude de la Torah pendant sa journée de travail, est régulièrement interrompu par des appels provenant de numéros inconnus. Ne sachant pas s’il s’agit d’un contact professionnel important, il interrompt son étude pour répondre, avant de découvrir qu’il s’agit d’un message de collecte enregistré. « Pourquoi ai-je dû sortir de mon étude pour ça ? », se demande-t-il, selon son épouse.

Vered elle-même fait face à la même difficulté. Dans l’attente d’appels provenant des établissements scolaires de ses enfants ou de son lieu de travail, elle se retrouve fréquemment confrontée à des enregistrements automatisés sollicitant des dons pour diverses causes religieuses, souvent liées à des tombes de tsadikim ou à des institutions communautaires.

Le journaliste spécialisé dans les affaires haredi, Nati Kalish, a confirmé que le phénomène est massif, particulièrement sur les téléphones dits « casher ». Selon lui, il n’est pas rare qu’un utilisateur reçoive entre cinq et dix appels par jour. À l’approche de fêtes comme Pourim, la situation s’aggrave encore, en raison de l’intensification des campagnes de dons.

Une évolution technique renforce la frustration des usagers. Les collecteurs utilisent désormais des numéros qui semblent ordinaires, voire professionnels, afin d’augmenter le taux de réponse. Le destinataire ne peut plus distinguer, au premier coup d’œil, un appel commercial d’un appel potentiellement important lié à son activité ou à sa famille. Résultat : beaucoup finissent par ne plus répondre aux numéros inconnus, avec le risque de manquer des communications essentielles.

Sur le plan juridique, la situation apparaît complexe. Par le passé, certaines personnes ont intenté des actions en justice et obtenu des compensations. Toutefois, une difficulté s’est installée ces dernières années : si l’organisation propose un mécanisme de désinscription – par exemple en appuyant sur une touche pour retirer son numéro de la liste – il devient plus difficile de démontrer un préjudice ouvrant droit à réparation.

Or, dans la pratique, cette désinscription semble peu efficace. Plusieurs utilisateurs témoignent avoir demandé la suppression de leur numéro à de multiples reprises, sans succès durable. Les appels reprennent depuis d’autres numéros, créant une impression de démultiplication constante des lignes.

Au-delà de la question légale, une interrogation éthique se pose : ces méthodes sont-elles réellement efficaces en termes de collecte ? Vered affirme qu’après chaque appel intrusif, elle se promet de ne plus donner à l’organisation concernée. Malgré cela, certains observateurs estiment que si ces campagnes persistent, c’est qu’elles demeurent rentables pour les structures qui les exploitent.

Le phénomène des appels fantômes liés aux lignes de dons soulève ainsi des enjeux de protection de la vie privée, de régulation des communications commerciales et de respect du temps des citoyens. Entre liberté de collecte et droit à la tranquillité, l’équilibre reste difficile à trouver.

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