Il y a des témoignages qui valent plus que tous les communiqués. Celui du général de brigade (res.) Ram Shmueli, ancien officier supérieur de l’armée de l’air israélienne, diffusé ce mardi sur Radio Nord 104.5 FM, en fait partie. En quarante ans passés dans les cockpits d’avions de combat, cet homme a tout vu — les guerres du Liban, les opérations en Syrie, les frappes lointaines. Et pourtant, ce qu’il observe aujourd’hui le laisse sans précédent à invoquer.
S’exprimant sur le rythme opérationnel de l’armée de l’air depuis le début de l’opération « Shagat HaAri », Shmueli a décrit un effort humain hors norme : « Imaginez que vous vous préparez pendant deux ou trois heures, vous montez à bord, vous décollz, vous volez entre une heure et une heure et demie dans chaque direction, en ravitaillant en vol au passage, vous atterrissez, vous mangez quelque chose — et vous repartez pour une autre mission. Ce sont des conditions extrêmement éprouvantes. J’ai volé quarante ans sur des avions de combat et je n’ai jamais vécu quelque chose comme ça. Il faut tirer son chapeau. »
Cette déclaration n’est pas seulement un hommage aux pilotes. Elle constitue un éclairage précieux sur ce que représente concrètement la campagne aérienne en cours contre l’Iran — une cadence que les états-majors ne rendaient jamais publique aussi crûment. Shmueli a insisté sur le fait que le succès des missions repose sur une chaîne humaine complète : mécaniciens, contrôleurs, agents du renseignement, armuriers et pilotes fonctionnent comme un seul organisme. « Il est impossible de frapper les cibles si tout le monde ne travaille pas ensemble comme une chaîne humaine », a-t-il précisé, soulignant que l’engagement dépasse de loin le seul cockpit.
Sur la dimension régionale du conflit, Shmueli s’est montré lucide et glaçant à la fois : « Si l’Iran, le Hezbollah et le Hamas avaient agi ensemble avec leur pleine puissance, je ne veux même pas imaginer ce qui se serait passé. » Cette phrase résume en creux l’enjeu stratégique central de l’opération : frapper l’Iran avant que la convergence des fronts ne devienne incontrôlable. L’ancien officier a également précisé que l’objectif reste la faiblesse durable de l’Iran et la chute du Hezbollah, afin que les États de la région comprennent qu’Israël est une clé de leur avenir — et non une menace à contourner.
En toile de fond, la dimension historique de la campagne en cours est illustrée par un fait d’armes récent : pour la première fois en quarante ans, l’armée de l’air israélienne a abattu un avion ennemi en combat aérien, lorsqu’un F-35I « Adir » a descendu un Yak-130 iranien au-dessus de Téhéran — la première interception d’un appareil piloté par ce type d’avion dans l’histoire de l’aviation militaire mondiale. C’est précisément ce genre d’événement que des vétérans comme Shmueli n’avaient jamais connu au cours de leur carrière, et qui explique l’émotion contenue derrière ses mots. Quarante ans de métier, et c’est aujourd’hui que l’histoire s’écrit.
Source : Maariv







